Dictionnaire du Cinéma 2001Éd. 2001
C

COMIQUES (SÉRIES). (suite)

Seul le talent de Laurel et Hardy et des Marx Brothers a pu faire oublier cette évidence : le comique est aussi spécifiquement lié au cinéma muet que la comédie musicale l'est au film parlant.

Le comique pur, comme finalité en soi, n'a cependant pas disparu. Il s'est métamorphosé. C'est dans le dessin animé américain, chez Tex Avery, Tom et Jerry, Droopy, Woody Woodpecker, etc., qu'il faut rechercher les héritiers d'Onésime, Calino, Gavroche ou Zigouillard.

COMMISSION SUPÉRIEURE TECHNIQUE DE L'IMAGE ET DU SON (CST).

Créée en 1946 sous l'impulsion de Jean Painlevé, la CST regroupe la majorité des professionnels, salariés ou dirigeants d'entreprises des secteurs de l'image et du son : techniciens, créateurs, chercheurs, répartis en différents départements (son, image, laboratoires, effets spéciaux, exploitation salles...). Elle joue pour la profession un rôle d'observatoire technologique.

Les services permanents qui assurent le suivi des réunions des départements et des groupes de travail disposent de laboratoires d'essais et éditent les moyens de contrôle utilisés par les techniciens et les industriels. Ils procèdent également au contrôle technique des salles de cinéma ainsi qu'à celui des différentes activités des industries techniques : studios de prises de vues, auditoriums, laboratoires...

En plus de son rôle d'assistance technique, la CST est chargée de faire respecter — sous l'autorité du CNC — les normes et spécifications techniques en vue de la délivrance des autorisations d'exercice, conformément à la réglementation en vigueur. ( salles de cinéma.)

COMOLLI (Jean-Louis)

cinéaste français (Philippeville, Algérie, 1941).

Malgré des études de médecine et de philosophie, c'est finalement au cinéma que se consacre ce fervent cinéphile, développant une activité de critique (il écrit pour les Cahiers du cinéma jusqu'en 1978), mais aussi d'enseignant (à la FEMIS et à l'Université) et surtout de metteur en scène. En tant que réalisateur, il s'intéresse avant tout au documentaire, genre qu'il revisite avec un esprit militant et un regard volontairement politisé. Il réalise en particulier une série de films sur la vie politique de la ville de Marseille et de ses environs : Marseille de père en fils (1989), la Campagne de Provence (1992), Marseille en mars (1993), Marseille contre Marseille (1997), puis la Question des alliances (1997). Cette forte implication dans la vie politique française est en outre à l'origine d'autres projets, tels que Tous pour un ! (1988) sur le militantisme politique, Rêve d'un jour (1995) sur la vie et la mort du quotidien utopiste le Jour, Jeux de rôles à Carpentras (1998) sur les jeux d'influence qui ont suivi l'affaire de la profanation du cimetière juif de Carpentras en 1991, ou encore l'Affaire Sofri (2001) sur le procès d'Adriano Sofri et du mouvement Lotta continua en Italie en 1990. Cet esprit militant le conduit également à réaliser un certain nombre de sujets à teneur sociale, comme les Chemins du retour (1982) sur les immigrés italiens à Paris, la Vraie Vie dans les bureaux (1993) avec les employées d'une Caisse régionale d'assurances maladie, De mère en filles (1996), à propos de la vie de femmes maghrébines en banlieue, ou encore Pendant, après, avant la grève, six cheminots gare du Nord (1996), un regard sur les mouvements sociaux à Paris-Nord. Certains de ses films témoignent par ailleurs d'une sensibilité particulière pour la musique et la danse : Harmonie (1982), Belep dans autour de la terre (1990), le Concerto de Mozart (1996) avec Michel Portal ou Georges Delerue (1994). Mentionnons enfin ses quelques incursions dans le monde de la fiction, avec la Cecilia (1976), l'Ombre rouge (1981), Balles perdues (1982), le Bal d'Irène (1987), Pétition (1987) et la Jeune Fille au livre (1993).

COMPANEEZ (Jacques)

scénariste français (Saint-Pétersbourg 1906 - Paris 1956).

Sa carrière le promène d'abord en Allemagne, en Autriche et en Tchécoslovaquie. Un coup d'éclat : les Bas-Fonds (J. Renoir, 1937). Il est certain que le monde trouble, sarcastique, violent du film de Renoir lui convient, ce que confirment ses collaborations successives avec le sulfureux Pierre Chenal : l'Alibi (1937), la Maison du Maltais (1938), la Foire aux Chimères (1946), mais aussi Contre-Enquête (Jean Faurez, 1947) et le remarquable les Maudits (R. Clément, id.), puzzle psychologique sans faille dans une parfaite unité de lieu : un sous-marin. Casque d'or (J. Becker, 1952) marque l'apogée de son talent. De sa dernière période, on retiendra tout particulièrement, de Ralph Habib, les Compagnes de la nuit (1953), et la Sorcière (A. Michel, 1956). C'est un auteur prolifique, au service des sujets et des cinéastes les plus divers avec, de temps à autre, le flair d'un bon sujet. Moins homogène qu'Aurenche et Bost, il suit très bien les courbes d'un cinéma français qui sait alors être parfois pittoresque.

COMPANEEZ (Nina)

scénariste et cinéaste française (Boulogne-sur-Seine 1937).

Fille de Jacques Companeez. Sa carrière est d'abord liée à celle de Michel Deville, avec lequel elle collabore pour le scénario et les dialogues aux films suivants : Ce soir ou jamais (1961), Adorable menteuse (1962), À cause, à cause d'une femme (1963), l'Appartement des filles (id.), Lucky Jo (1964), On a volé la Joconde (1966), Martin soldat (id.), Benjamin ou les Mémoires d'un puceau (1968), l'Ours et la Poupée (1970), Bye, bye Barbara (1968), Raphaël ou le Débauché (1971). Puis elle réalise Faustine et le bel été (1972), d'une joliesse décorative dans la ligne de Benjamin, avant de s'égarer dans une comédie vulgaire, l'Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise (1973), que la présence de Brigitte Bardot ne préserve pas de l'échec. Elle poursuit ensuite sa carrière avec un certain succès à la télévision.

COMPENSATION.

Compensation optique, procédé à base de miroir ou de prisme, permettant, sur les caméras à très grande vitesse, l'immobilisation relative de l'image par rapport au film. ( CAMÉRA.)

COMPLÉMENT.

Complément optique, système ou élément placé devant l'objectif pour en modifier les caractéristiques optiques (agrandissement, déformation, distance de mise au point). Un anamorphoseur* ou une bonnette* sont des compléments optiques.