Dictionnaire du Cinéma 2001Éd. 2001
C

COLOMBIE. (suite)

Le compréhensible succès de La estrategia del caracol (Cabrera, 1993), un film assez unanimiste, relance l'intérêt pour le cinéma national, même si La gente de la Universal (Felipe Aljure, id.), avec son regard féroce sur les travers du pays, dérange un peu les spectateurs locaux. Cependant, le réalisateur colombien le plus personnel est sans doute Luis Ospina, complice de Mayolo dans des documentaires caustiques (Oiga-Vea, 1971 ; Cali de película, 1973 ; Agarrando pueblo, 1977). Il aborde le long métrage avec Pura sangre (1982), une fabulation autour du vampirisme social, dont la densité thématique, l'originalité d'approche, la capacité d'assimiler et de transformer les codes filmiques, tranchent résolument avec la banalité esthétique alors prédominante. Pourtant, il doit recourir à la vidéo et se replier sur le refuge natal de Cali, pour continuer à s'exprimer avec intelligence, humour et sensibilité, à nouveau dans un registre documentaire : Andrés Caicedo : unos pocos amigos (1986), Ojo y vista : peligra la vida del artista (1988), la trilogie Al pie, Al pelo et A la carrera (1991), Nuestra película (1993). Ospina revient enfin à la fiction sur un ton parodique, sans perdre pour autant l'ancrage dans une réalité brutale (Souffle de vie/Soplo de vida, 1998).

COLOMBIER (Jacques)

décorateur français (Compiègne 1901 - Paris 1988).

Il débute au cinéma en 1923 et devient de 1930 à 1935 l'un des piliers des studios Pathé-Natan, collaborant en particulier avec Maurice Tourneur et son frère Pierre Colombier. Il travaille ensuite pour Abel Gance (Un grand amour de Beethoven, 1936), Sacha Guitry (Ils étaient neuf célibataires, 1939 ; le Destin fabuleux de Désirée Clary, 1942), Jacques Becker (Édouard et Caroline, 1951), le tandem Gabin-Grangier (4 films de 1959 à 1963) et surtout André Cayatte (6 films, de Justice est faite, 1950, à Miroir à deux faces, 1958).

COLOMBIER (Michel)

compositeur français (Lyon 1939).

Autodidacte de la musique, il intervient occasionnellement dans le cinéma, préoccupé surtout par la musique de variétés, et ses premières partitions pour le film sont signées en collaboration avec Eddie Barclay (notamment l'Arme à gauche, de C. Sautet, 1965) et Serge Gainsbourg ou consistent simplement à écrire des chansons. Il compose aussi pour des films italiens et pour quelques films américains dès les années 70 et, lorsqu'il s'illustre avec Une chambre en ville de J. Demy (1982), sa carrière est déjà lancée aux États-Unis, et il compose pour des films tournés par Taylor Hackford, Michael Ritchie, Abrahams et Zucker, James B. Harris, Dennis Hopper, Bill Duke, et beaucoup d'autres productions indépendantes, ne revenant que rarement en France (Elisa de Jean Becker, 1995).

COLOR CONSULTANT.

Conseiller technique, consultant, pour la couleur. Aux débuts du cinéma en couleurs, technicien de la firme mettant en œuvre le procédé de cinéma en couleurs, qui conseillait l'équipe de réalisation pour ce qui concernait la couleur.

COLORIMÉTRIE.

Mesure de la couleur.

COLPI (Henri)

monteur et cinéaste français (Brig, Suisse, 1921).

Étudiant à l'IDHEC en 1944-1946, il devient critique, publie un livre, le Cinéma et ses hommes (1947), et fait du montage en 1950. Il coréalise des courts métrages : Des rails et des palmiers (1951), Architecture de lumière (1953). Très sollicité, il est le monteur d'Agnès Varda (la Pointe courte, Du côté de la Côte) et de nombreux auteurs de courts métrages, dont Pierre Prévert (Paris la belle), Henri Gruel, Ado Kyrou, Georges Franju, Jan Lenica, etc. Il est le monteur du Mystère Picasso (H.-G. Clouzot) et de Hiroshima mon amour (A. Resnais), puis passe à la mise en scène avec Une aussi longue absence en 1960. Il tourne en Roumanie Codine (1962) et Pour une étoile sans nom (1966) et, en France, Heureux qui comme Ulysse (1970) avec Fernandel. Il a publié en 1963 un livre important : Défense et Illustration de la musique de film.

COLUCHE (Michel Colucci, dit)

acteur français (Paris 1944 - Opio, Alpes-Maritimes, 1986).

Issu du café-théâtre, il fait ses débuts au cinéma en 1969 dans le Pistonné, de Claude Berri, et reprend souvent à l'écran son personnage de Français moyen, râleur, vulgaire et irrespectueux qui lui a permis au music-hall d'obtenir une forte renommée populaire. C'est avec les Vécés étaient fermés de l'intérieur (Patrice Leconte, 1976) et surtout l'Aile ou la Cuisse (C. Zidi, id.) qu'il consolide son succès et qu'il est sollicité pour de grosses productions françaises : Inspecteur La Bavure (Zidi, 1980), le Maître d'école (Berri, 1981), Deux Heures moins le quart avant Jésus-Christ (J. Yanne, 1982), Banzaï (Zidi, 1983), la Femme de mon pote (B. Blier, id.) et Tchao Pantin (Berri, id., interprétation pour laquelle il obtient un César). La Vengeance du serpent à plumes (1984) cependant est un échec, tout comme Dagobert (Dino Risi, 1984) et le Fou de guerre (id., 1985). Il a réalisé, en 1977, Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine. Il trouve la mort dans un accident de moto le 19 juin 1986.

COLUMBIA.

Née dans le Poverty Row de Los Angeles, la Columbia s'est progressivement hissée au niveau des grandes compagnies hollywoodiennes. Cette histoire à succès est liée, pour une bonne part, aux mérites d'un réalisateur : Franck Capra, qui apporta à la firme un prestige croissant, et, à partir des années 50, aux interventions de quelques grands producteurs et/ou réalisateurs indépendants, tels Sam Spiegel, Otto Preminger et Stanley Kramer. Mais ce fut d'abord l'histoire de deux frères : Jack Cohn (New York, N. Y., 1885 - id. 1956) et Harry Cohn (New York, N. Y., 1891 - Phoenix, Ariz., 1958).

En 1919, Jack Cohn, producteur et superviseur des actualités Universal Weekly, conçoit le projet d'un fan magazine cinématographique illustrant la vie privée des grandes vedettes : les « Screen Snapshots ». Il fait appel à un ancien associé, Joe Brandt, et à Harry Cohn, avec lesquels il fonde la CBC Film Sales Corporation. Outre les Screen Snapshots (qui se poursuivront pendant une trentaine d'années), la firme produit de nombreux courts métrages, qu'elle finance au coup par coup ; en 1921, elle distribue son premier long métrage : The Heart of the North (Harry Revier). Un an plus tard, Harry Cohn investit la quasi-totalité du capital de la CBC dans More to Be Pitied Than Scorned, qui remporte un beau succès financier. La compagnie continue sur sa lancée et, après avoir inscrit à son actif une vingtaine de longs métrages, se réorganise et prend, début 1924, le nom de Columbia Pictures Corporation.