Dictionnaire du Cinéma 2001Éd. 2001
V

VIDÉO. (suite)

Enregistrement des images vidéo.

Les images peuvent être enregistrées sur plusieurs types de supports. Le premier utilisé a été le magnétoscope, permettant d'enregistrer sur un ruban magnétique, en analogique et sous forme d'aimantation rémanente, les signaux vidéo. Ces signaux vidéo peuvent être enregistrés sous forme composites (PAL, SECAM, NTSC), les magnétoscopes VHS qui utilisent de la bande magnétique en cassette (vidéocassettes) entrent dans cette catégorie, alors que les machines professionnelles (broadcast) enregistrent, le plus souvent, les informations composantes, sous forme numérique (magnétoscopes beta-numériques), souvent, avec réduction de débit ( COMPRESSION).

La généralisation progressive de la vidéo numérique et le développement des équipements informatiques permettent d'enregistrer les informations vidéo sur des disques durs d'ordinateurs ou sur des disques optiques L'enregistrement vidéo sur disque n'est, au début de ce siècle, guère à la portée du grand public. Par contre la lecture de disques optiques se développe rapidement avec l'avènement du DVD où un programme cinématographique de 90mn peut être enregistré sur un seul disque. Ces disques sont pressés, selon des techniques similaires aux CD Audio ou aux CD Rom en informatique. Il est possible, pour les professionnels de graver directement, à l'unité, de tels disques vidéo. A terme, cette technique sera également disponible pour le grand public et remplacera probablement rapidement les magnétoscopes à cassettes que nous connaissons actuellement.

VIDÉOCASSETTE.

Cassette de bande magnétique pour l'enregistrement et la restitution des images sur magnétoscope.

VIDÉODISQUE.

Disque portant un enregistrement vidéo.

VIDOR (Charles)

cinéaste américain (Budapest, Autriche-Hongrie, 1900 - Vienne, Autriche, 1959).

Formé par la UFA à Berlin, il émigre aux États-Unis en 1924. Il fait ses débuts en réalisant, avec Charles Brabin, le Masque d'or (The Mask of Fu Manchu, 1932). Sous contrat à la Columbia, il se voit confier les projets prestigieux du studio : l'Étrange Rêve (Blind Alley, 1939), une des premières intrusions de la psychanalyse dans le film criminel, Ladies in Retirement (1941), un thriller « gothique » dominé par Ida Lupino, ou la Reine de Broadway (Cover Girl, 1944), un musical bariolé où Rita Hayworth et Gene Kelly évoluent dans le milieu des mannequins de mode. Après avoir célébré les amours de Chopin et George Sand (la Chanson du souvenir [A Song to Remember], 1945), il se consacre aux biographies romancées de Hans Christian Andersen (1952), de la chanteuse Ruth Etting (les Pièges de la passion [Love Me or Leave Me], 1955), du « comedian » Joe E. Lewis (le Pantin brisé [The Joker Is Wild], 1957) et, enfin, de Franz Liszt (le Bal des adieux [Song Without End], achevé après sa mort par G. Cukor). Son chef-d'œuvre reste Gilda (1946), ce sombre joyau qui cristallise les fantasmes de l'après-guerre en sublimant les conventions du mélodrame exotique : l'extrémisme des protagonistes, le caractère obsessionnel de leurs comportements, le sadisme de leur mise en scène composent, dans le cadre abstrait d'un casino clandestin de Buenos Aires, un univers érotique où il n'est pas de plaisir sans tragédie. À bien des égards, ce jeu de masques énigmatique, cette anthologie d'actes manqués ou paroxystiques marque l'avènement à l'écran de la psychologie des obsessions et des délires.

VIDOR (Florence Cobb, dite Florence)

actrice américaine (Houston, Tex., 1895 - Pacific Palisades, Ca., 1977).

Partie à la conquête de Hollywood avec son mari King Vidor, elle est révélée par A Tale of Two Cities (F. Lloyd, 1917). Après deux comédies de C. B. De Mille, elle tourne huit films sous la direction de son mari (dont The Jack-Knife Man, 1920, et Conquering the Woman, 1922). Consacrée en 1923 par Alice Adams et Main Street, adaptations d'œuvres littéraires de prestige (Booth Tarkington, Sinclair Lewis), elle doit ses meilleures créations aux comédies sophistiquées d'Ernst Lubitsch (Comédiennes, 1923 ; le Patriote, 1928) et de Mal St. Clair (Are Parents People ?, 1925 ; The Grand Duchess and the Waiter, 1926). Elle se retire à l'avènement du parlant, après Chinatown Nights (W. Wellman, 1929). Divorcée de King Vidor, elle fut de 1928 à 1948 l'épouse du violoniste Jascha Heifetz.

VIDOR (King)

cinéaste américain (Galveston, Tex., 1894 - Paso Robles, Ca., 1982).

Son grand-père paternel était venu de Hongrie. Son père, riche négociant, exploitait marais et forêts. De ses origines il tire son grand thème : l'émigrant, le pionnier créent leur propre patrie. Il étudie à l'Académie militaire de San Antonio (qu'il déteste et abandonne) puis au collège de Fort Deposit. Sa mère l'initie à la Christian Science (dont l'un des credo est que le mal, physique ou moral, peut être guéri par des moyens spirituels). D'abord projectionniste, il tourne en amateur documentaires publicitaires et actualités, que lui achètent parfois les firmes spécialisées. En 1916, il épouse Florence Cobb, qui sera bientôt une vedette célèbre sous le nom de Florence Vidor. En attendant, le couple s'établit à Hollywood. Vidor est figurant, assistant, comptable, régisseur. Il écrit des scénarios. Il étudie le travail de Griffith sur le tournage d'Intolérance. Pour le juge Willis Brown, qui veut créer un studio et un village d'adolescents prédélinquants gérés par eux-mêmes, Vidor réalise en 1917 et 1918 une série de courts métrages dramatiques (« J'avais toujours espéré utiliser l'écran pour exprimer l'espérance et la foi »). En 1919, il travaille pour un groupe de médecins (la Brentwood Company), adeptes comme lui de la Christian Science : Vidor réalise quatre fictions de long métrage. Le succès de la première, le Tournant (1919), attire sur son auteur l'attention des sociétés de distribution. En 1920, avec son père devenu assureur, Vidor fonde son propre studio, Vidor Village. Il y dirige sept films dont six ont Florence Vidor pour vedette. Les rentrées d'argent étant trop lentes, il doit liquider son studio en 1923. Néanmoins, marginal au sein même des grandes compagnies, il est souvent son propre producteur et n'abdiquera jamais son indépendance.