Dictionnaire du Cinéma 2001Éd. 2001
C

CAPRA (Frank) (suite)

Films :

Fultah Fisher's Boarding House (CM, 1922) ; Plein les bottes (Tramp, Tramp, Tramp, 1926 ; CO Harry Edwards) ; l'Athlète incomplet (The Strong Man, id.) ; Sa dernière culotte (Long Pants, 1927) ; Pour l'amour de Mike (For the Love of Mike, id.) ; That Certain Thing (1928) ; Un punch à l'estomac (So This is Love ?, id.) ; Bessie à Broadway (The Matinee Idol, id.) ; The Way of the Strong (id.) ; Say it With Sables (id.) ; l'Épave vivante (Submarine, id.) ; The Power of the Press (id.) ; Loin du ghetto (The Younger Generation, 1929) ; l'Affaire Donovan (The Donovan Affair, id.) ; Flight (id.) ; Ladies of Leisure (1930) ; Rain or Shine (id.) ; Dirigible (1931) ; The Miracle Woman (id.) ; la Blonde platine (Platinum Blonde, id.) ; Amour défendu (Forbidden, 1932) ; American Madness (id.) ; le Thé amer du général Yen (The Bitter Tea of General Yen, 1933) ; Grande Dame d'un jour (Lady for a Day, id.) ; New York-Miami (It Happened One Night, 1934) ; la Course de Broadway Bill (Broadway Bill, id.) ; l'Extravagant Monsieur Deeds (Mr. Deeds Goes to Town, 1936) ; les Horizons perdus (Lost Horizon, 1937) ; Vous ne l'emporterez pas avec vous (You Can't Take it With You, 1938) ; Monsieur Smith au Sénat (Mr. Smith goes to Washington, 1939) ; l'Homme de la rue (Meet John Doe, 1941) ; séries Pourquoi nous combattons (Why We Fight, DOC, 1942-1945) [Prelude to War ; The Nazis Strike, CO A. Litvak ; Divide and Conquer, CO A. Litvak ; Battle of Britain, Battle of Russia, PR seulement ; Battle of China, CO A. Litvak ; Negro Soldier ; War comes to America, PR seulement], Tunisian Victory (DOC, 1944, CO Roy Boulting) ; Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and Old Lace, id.) ; Know Your Ally / Know Your Enemy (1945) ; To Down and One to Go (id.) ; La vie est belle (It's a Wonderful Life, 1947) ; l'Enjeu (State of the Union, 1948) ; Jour de chance (Riding High, 1950) ; Si l'on mariait papa (Here Comes the Groom, 1951) ; Un trou dans la tête (A Hole in the Head, 1959) ; Milliardaire pour un jour (Pocketful of Miracles, 1961).

CAPRIOLI (Vittorio)

acteur et cinéaste italien (Naples 1921 - id. 1989).

Après quelques rôles comiques : O sole mio (Giacomo Gentilomo, 1946), les Feux du music-hall (A. Lattuada et F. Fellini, 1951), il fonde avec sa femme Franca Valeri et Alberto Bonucci une célèbre équipe de théâtre de l'absurde : I Gobbi. Il interprète plus de 70 films en Italie et en France, dont le Général Della Rovere (R. Rossellini, 1959), Zazie dans le métro (L. Malle, 1960), Adieu Philippine (J. Rozier, 1962), et plus récemment de nombreuses farces érotiques. Comme metteur en scène, il dirige six films, dont les plus originaux sont ses deux premiers : Lions au soleil (Leoni al sole, 1962), satire aiguë des jeunes oisifs, et Parigi o cara (id.), grotesque histoire d'une prostituée. Il tient son dernier rôle dans Il male oscuro (1990), de Mario Monicelli.

CARASCO (Raymonde)

cinéaste française (Carcassonne 1939).

Elle entre en cinéma avec le projet d'adapter une nouvelle restée célèbre grâce à Freud, la Gradiva : le projet devient le film lui-même et Gradiva esquisse 1 (1978), étude expérimentale d'un mouvement de marche au ralenti, constitue en images une réponse à la question analytique élaborée par Freud, celle du fétiche. Avec son mari et opérateur Régis Hébraud, Raymonde Carasco entreprend ensuite une immense exploration de l'univers des Tarahumaras, qui commence en 1978 (Tarahumaras 78) et se poursuit toujours. Partie au Mexique sur les traces d'Antonin Artaud, elle a inventé une forme d'ethnographie poétique qui met l'invention descriptive au service de l'investigation approfondie des mythes. D'abord surpris et réticents, les ethnologues professionnels ont vite compris l'intérêt fondamental d'une telle recherche, qui s'inscrit dans la grande tradition des croisements entre modernité et ethnographie, celle de Picasso, Bataille, Carl Einstein ou Jean Rouch. Ce dernier est d'ailleurs le récitant de la Danse du Peyotl (1998) et du Dernier Chaman (1999), volet le plus récent à ce jour de cette fresque réalisée à l'échelle d'une vie. Raymonde Carasco est également l'auteur d'un film de fiction, Rupture (1989), avec Bulle Ogier et Mireille Perrier, de livres (notamment Hors cadre Eisenstein, 1979) et de nombreux articles sur la littérature et le cinéma.

Autres films :

Tutuguri (1980), Julien, portrait d'un voyant (1981), Los Pintos (1982), les Rayons jaunes (1983), Yumari (1985), Los Pascoleros, Ciguri 96, Artaud et les Tarahumaras (1996).

CARAX (Alex Dupont, dit Léos)

cinéaste français (Paris 1960).

Il réalise deux courts métrages (dont Strangulation Blues) et un premier long, produit par Alain Nahan, Boy Meets Girl (1984), poème en noir et blanc qui le fait d'emblée considérer par la critique comme le jeune héritier d'une « nouvelle » vague. Secret, cultivant le mystère, fidèle à son acteur/double Denis Lavant, il trouve de gros moyens pour réaliser un Mauvais Sang (1986) au romantisme à la fois noir et lumineux, tout tourné vers ses références avouées, Cocteau et Godard. Il commence le tournage des Amants du Pont-Neuf avec Juliette Binoche en 1988. Le film est interrompu pour dépassement de budget et, après une longue période d'incertitude sur sa survie, le tournage reprend et le film sort en 1991. Film événement qui déclencha des réactions très diverses et conforta Léos Carax dans sa singularité et une perception un peu superficielle d'artiste maudit, une image qu'il entretient et complète avec son principal échec public Pola X (1999).

CARBONNAUX (Norbert)

cinéaste et scénariste français (Neuilly-sur-Seine 1918 - Paris 1997).

Il apporte, avec plus ou moins de bonheur, une bouffée de fantaisie, de liberté, le goût de l'absurde dans le cinéma français, renouant avec le premier René Clair et s'apparentant parfois à Carlo Rim et Pierre Chenal, ou, mieux, à Pierre Étaix. Les nombreux dialogues qu'on lui doit également reflètent ce même ton que le conformisme de la production des films dits comiques s'efforce de tempérer, avant de le faire disparaître. Citons, parmi ses films : les Corsaires du bois de Boulogne (1954), Courte Tête (1956), le Temps des œufs durs (1958), Candide, ou l'Optimisme au XXe siècle (1961), la Gamberge (1962).