Larousse Médical 2006Éd. 2006
M

méningée (artère)

Chacune des artères qui irriguent les méninges.

   Les artères méningées sont au nombre de deux : l'artère méningée moyenne et l'artère méningée postérieure.

Artère méningée moyenne

C'est une branche de l'artère maxillaire interne, elle-même issue de la carotide externe. Elle pénètre dans le crâne par un petit trou rond puis se divise en rameaux irriguant la partie latérale de la boîte crânienne.

Artère méningée postérieure

C'est une branche collatérale de l'artère vertébrale, qui se divise dans la cavité crânienne au niveau de la fosse du cervelet. Elle peut aussi naître à partir d'une branche de la carotide externe.

méninges

Enveloppes du système nerveux central, au nombre de trois.

   On distingue la dure-mère, fibreuse et épaisse, qui protège l'encéphale et la moelle épinière et les sépare de l'os ; la pie-mère, fine membrane adhérant à la surface du tissu nerveux ; l'arachnoïde, située entre la dure-mère et la pie-mère, et séparée de celle-ci par l'espace sous-arachnoïdien qui contient le liquide cérébrospinal.

Voir : arachnoïdite, dure-mère, méningiome, méningite, méningococcie.

méningiome

Tumeur bénigne se développant aux dépens de l'arachnoïde, feuillet moyen des méninges (enveloppes du système nerveux central).

   Un méningiome survient habituellement entre 20 et 60 ans et forme une tumeur bien délimitée, attachée à la dure-mère (feuillet superficiel des méninges) ; il repousse le tissu nerveux sous-jacent sans l'envahir. L'évolution est très lente et s'étend sur de nombreux mois, voire sur des années.

   S'il est dans le crâne, le méningiome provoque des signes spécifiques de l'endroit où il se trouve (par exemple, une paralysie), accompagnés de maux de tête, de vomissements et de crises d'épilepsie. S'il est dans la colonne vertébrale, il provoque une compression de la moelle épinière : douleur, paralysie, abolition de la sensibilité dans une région du corps. Le diagnostic est confirmé par le scanner et l'imagerie par résonance magnétique (I.R.M.). Parfois, à des fins chirurgicales, une artériographie est réalisée pour mettre en évidence les vaisseaux nourriciers du méningiome.

   Le traitement consiste à retirer chirurgicalement la tumeur si cela est possible. Dans le cas contraire, les symptômes sont corrigés par administration de médicaments.

méningite

Inflammation des méninges et du liquide cérébrospinal qu'elles contiennent entre leurs feuillets.

   De nombreuses affections peuvent s'accompagner d'une réaction inflammatoire des méninges, comme les maladies cancéreuses ou les maladies systémiques (lupus érythémateux, sarcoïdose, etc.). Cependant, les méningites les plus fréquentes sont infectieuses et classées en deux groupes selon que le liquide cérébrospinal est purulent ou clair.

Méningites purulentes

Elles sont dues à l'infection par une bactérie, méningocoque, pneumocoque ou Hæmophilus influenzæ.

— La méningite à méningocoque, également appelée méningite cérébrospinale, se déclare souvent par épidémies dans les collectivités d'enfants ou d'adultes jeunes. Il existe des porteurs sains du germe (hébergeant le germe dans la muqueuse du pharynx mais ne développant pas la maladie), susceptibles de le disséminer par voie aérienne.

— La méningite à pneumocoque succède souvent à une infection des cavités internes de l'oreille ou des sinus de la face, parfois à une infection respiratoire ; son évolution est souvent très grave.

— La méningite à Hæmophilus influenzæ est prévenue par la vaccination.

SYMPTÔMES ET ÉVOLUTION

La maladie se déclare rapidement par une fièvre et un syndrome méningé : association de maux de tête, de vomissements, de douleur et de raideur de la colonne vertébrale et de photophobie (sensation pénible à la lumière). La survenue d'un purpura pétéchial (hémorragies cutanées punctiformes) est caractéristique du méningocoque. En l'absence de traitement, l'infection risque de s'étendre au cerveau (méningoencéphalite) et de provoquer un coma, des troubles du comportement, des paralysies, des convulsions. Le germe peut en outre passer dans le sang, entraînant une septicémie, et se diffuser aux viscères. La dissémination du méningocoque peut se traduire par un purpura fulminans, ou méningococcie fulminante, septicémie foudroyante évoluant en quelques heures.

DIAGNOSTIC ET TRAITEMENT

Une méningite purulente constitue toujours une urgence médicale ; le diagnostic est établi par ponction lombaire. Le traitement repose sur l'antibiothérapie par voie intraveineuse et dure habituellement dix jours pour les méningites à méningocoque, au moins deux semaines pour les méningites à pneumocoque ou à Hæmophilus influenzæ.

PRÉVENTION

Dans le seul cas du méningocoque, du fait du mode de contagion et de la possibilité de porteurs sains, une antibiothérapie préventive s'impose chez les sujets ayant été en contact étroit avec un maladeEn cas de méningite à méningocoque de type C, la vaccination des enfants et des adultes jeunes ayant été en contact avec le malade est justifiée dans un délai maximal de 48 heures. La vaccination contre Hæmophilus et contre le pneumocoque est recommandée chez tous les nourrissons.

Méningites à liquide clair

Elles sont exceptionnellement causées par un champignon microscopique, plus souvent par une bactérie (bacille de Koch, Listeria monocytogenes, rickettsie) ou par un virus (méningite virale). Certaines maladies virales, comme les oreillons, la chorioméningite lymphocytaire (ou maladie d'Armstrong) ou la méningite multirécurrente de Mollaret, comportent communément une atteinte méningée.

   Une méningite à liquide clair se traduit, comme une méningite purulente, par un syndrome méningé. Une méningite tuberculeuse, due au bacille de Koch, présente une évolution subaiguë et peut se compliquer d'une atteinte du tronc cérébral (atteinte des nerfs oculomoteurs avec troubles de la vision, de la déglutition et coma). L'aspect clinique des méningites à Listeria est souvent similaire. L'apparition de signes de souffrance cérébrale (coma, troubles du comportement, paralysies, convulsions) traduit une méningoencéphalite et est généralement le fait d'une méningite due au virus de l'herpès.

   Le diagnostic repose sur la ponction lombaire. Le traitement est fonction de la cause infectieuse : antiviral (aciclovir) pour les méningoencéphalites herpétiques, efficace à condition d'être administré précocement et pendant dix à quinze jours ; antibiotique pour la listériose ; antituberculeux pour la tuberculose ; antifongique pour les rares cas de méningite dus à des champignons et observés chez les malades immunodéprimés.

   Les mesures de prévention ne concernent que la tuberculose et la listériose en cas d'épidémie.