Dictionnaire de la Peinture 2003Éd. 2003
V

Vardanega (Gregorio)

Peintre et sculpteur italien (Possagno 1923-Paris 2007).

Après des études à l'École des beaux-arts de Buenos Aires, il adhère au groupe Art concret en 1946 et oriente ses recherches vers le chromocinétisme, jeu coloré de formes en mouvement, conjugué à l'utilisation de matières transparentes (verre, Plexiglas). Vardanega participe aux expositions du groupe, dont les recherches, encouragées par l'action de Torrès-Garcia, se rattachent au courant de l'abstraction géométrique. Un séjour en Europe, en 1948-49, lui permet d'entrer en contact avec des artistes tels que Pevsner, Vantongerloo, Max Bill. En 1950, il expose dans la gal. parisienne Colette Allendy, puis participe à une exposition du groupe sud-américain M. A. D. I. De retour à Buenos Aires en 1957, il figure parmi les artistes non figuratifs argentins. En 1959, il s'installe à Paris et participe, en 1967, à l'exposition du M. A. M. de la Ville " Lumière et mouvement ". La gal. Denise René lui consacre de nombreuses expositions à partir de 1968. Mêlant couleur, lumière et mouvement, les œuvres de Vardanega se présentent comme de véritables architectures-sculptures (Éclair électronique, 1968 ; Tour orthogonale chromocinétique, 1970). Il se consacre également à la peinture (Espaces chromatiques, 1967-68). Vardanega est représenté au M. A. M. de la Ville de Paris et dans les musées de Buenos Aires.

Vargas (Luis de)

Peintre espagnol (Séville v.  1506 id. 1567).

Il jouit, de son vivant, d'une très grande renommée, mais aucune des œuvres qu'il exécuta pendant ses deux longs séjours en Italie (1527-1534 et 1541-1549) n'a pu être identifiée. Il passa à Séville ses dernières années. Perino del Vaga, qui fut peut-être son maître, exerça en tout cas une influence décisive sur sa peu abondante production, conservée à Séville. Le Retable de la Nativité (1555, cathédrale), œuvre la plus ancienne que nous connaissions de cet artiste, est également la plus représentative de son talent. La composition ascendante, héritée de Raphaël, dirige toute la ferveur vers la Vierge, dont l'attitude, empreinte d'élégance et de recueillement, inspirera les Immaculées Conceptions de Montañés. L'importance accordée aux thèmes secondaires (animaux, natures mortes) révèle l'étude des peintres des Pays-Bas, Kempeneer et Sturm, installés à Séville. L'Allégorie de l'Immaculée Conception (1561, cathédrale), surnommée la " Gamba " par un peintre italien contemporain, à cause de la perfection de la jambe d'Adam, s'inspire peut-être d'une peinture de Vasari. Cette œuvre, d'une grande habileté technique, fut l'un des principaux modèles des artistes sévillans du XVIIe s. La Pietà (1564, Séville, S. Maria la Blanca) manque d'intensité dramatique ; la part de l'atelier de Vargas doit également être prépondérante dans les Préparatifs de la Crucifixion (Philadelphie, Museum of Art). La Purification (Madrid, coll. part.) se déroule dans un décor architectural romain et obéit au canon maniériste. Selon Pacheco, Vargas introduisit à Séville la technique de la fresque, mais ses peintures murales ont été détruites ou très mal conservées ; le Jugement dernier (musée de Séville), peint pour l'hôpital de la Miséricorde, qui lui fut jadis attribué, est l'œuvre de son disciple Luis de Valdivieso.

variante

Nom donné aux différentes versions d'un même sujet ; elles sont exécutées par un même artiste.

   Cette définition en usage est souvent confondue avec celle de version. En fait, la variante se distingue de la version en ce qu'elle n'est, d'une œuvre à l'autre, qu'une modification de détail tant de la forme que de la représentation. Le terme s'applique également à des œuvres exécutées par un même artiste.

Varin (Quentin)

Peintre français (Beauvais v. 1570  – Paris 1634).

La carrière de Varin ne saurait être résumée comme on le fait encore trop souvent par la seule formule de " premier maître de Nicolas Poussin aux Andelys en 1611-1612 ". Si, en effet, Poussin apprit les rudiments de son art de Varin, des tableaux comme le Martyre de saint Clair, le Martyre de saint Vincent (1611-12, Les Andelys, église Notre-Dame), la Présentation au Temple, la Flagellation (grisailles, musée de Beauvais) et surtout la Présentation au Temple (1624, Paris, église des Carmes) et le Saint Charles Borromée (1627, Paris, Saint-Étienne-du-Mont) sont loin d'être négligeables, sans oublier les Noces de Cana du musée de Rennes. Ils montrent l'évolution du style, d'un maniérisme mi-flamand, mi-bellifontain, vers un art ouvert aux influences de l'Italie du Nord (les Bassano, Bramantino) et prouvent abondamment que la peinture française avant le retour en France de Vouet, en 1627, était loin d'être aussi médiocre qu'on le dit.

Varisco (Grazia)

Artiste italienne (Milan 1937).

Membre du Groupe T dès 1960 avec Anceschi, Boriani, De Vecchi, elle effectue des recherches sur l'art visuel et ses possibilités de variation. Les œuvres qu'elle réalise dès lors sont le résultat d'une recherche sur l'image obtenue par réfraction et interférence de la lumière. Cet intérêt pour la dynamique associée à l'ombre et à la lumière la pousse à créer des objets cinétiques. La plupart sont réalisés en partant de la superposition de surfaces, fixes ou non. L'intérêt de son œuvre réside dans la simplicité des moyens mis en œuvre pour obtenir une modification structurelle de l'objet, comme le mouvement de pales en rotation parallèle, mais de vitesse différente, visant à faire varier continuellement l'image (Espace en variation, 1961). Son travail s'insère dans une recherche artistique particulière visant à développer la perception par le spectateur d'un environnement en constant devenir. Son œuvre a fait l'objet de plusieurs présentations : gal. N à Padoue en 1962 ; musée des Arts décoratifs de Paris ; Biennale de Venise en 1964 ; gal. Schwarz à Paris en 1969.

Varley (John)

Aquarelliste britannique (Londres 1778  – id. 1842).

Après un apprentissage dans des conditions difficiles et sous la direction de J. C. Barrow, puis de Francía, il se consacra, ainsi que son frère cadet Cornelius (1781-1873) , au paysage. Il voyagea dans le pays de Galles en compagnie de G. Arnald (1763-1841) en 1798, et s'intégra par la suite au cercle du docteur Monro, où il se familiarisa avec l'art de Girtin et de Cozens. De 1799 à 1804, il exposa des paysages à Somerset House et il devint membre fondateur de l'Old Watercolour Society en 1804. Varley était un professeur de dessin réputé, dont les honoraires étaient très élevés ; il publia plusieurs brochures à l'usage des étudiants : A Treatise on the Principles of Landscape Drawing, 1816-1821 ; A Pictorial Treatise on the Art of Drawing, 1821 ; A Treatise on Zodiacal Physiognomy, 1828. Parmi ses élèves figuraient Cox, Linnell et Mulready. Aquarelliste professionnel du paysage pittoresque, il avait mis à profit les découvertes les plus accessibles de Girtin et de Turner. Toutefois, il peignait pour sa propre satisfaction des pièces fantastiques proches de l'esprit de Blake et qui influencèrent Samuel Palmer. Une cinquantaine d'aquarelles sont conservées à Londres (V. A. M.), ainsi que des études d'arbres, notamment au British Museum. Un des plus beaux paysages de Varley, Lever de soleil depuis le sommet du Cader Idris (1804), a figuré dans la coll. Paul Oppé.