Dictionnaire de la Peinture

Édition 2003

Dictionnaire de la Peinture

Ce dictionnaire présente l’ensemble des éléments nécessaires à la compréhension de l’univers de la peinture : les artistes, peintres mais aussi dessinateurs, affichistes, photographes et installateurs, les mouvements, les écoles, les groupes, les grands genres picturaux et les institutions ayant compté dans l’histoire de la peinture. Avec près de 3 000 articles, ce dictionnaire accorde une place significative à l’art contemporain, sans toutefois négliger la peinture des temps plus anciens.

couleur

Il est devenu commun de dire que " la couleur du peintre n'est pas celle du physicien ". En effet, bien que, pour l'un comme pour l'autre, la lumière constitue un phénomène déterminant, l'artiste, lui, doit manipuler des matériaux dont la texture et le comportement conditionnent des effets optiques qu'il recherche en fonction des exigences de sa propre création, création pour laquelle il opère déjà une sélection subjective constante. Même les artistes " scientifiques ", comme les cinéticiens, demeurent en partie tributaires de cette subjectivité ; leurs lumières et couleurs " objectives " dépendent aussi de leur imagination. Dans les deux cas, ce sont évidemment les formes de la recherche artistique en fonction des matériaux choisis qui engagent le jeu de la couleur.

Cuyp (les)

Peintres néerlandais.

 Jacob Gerritsz (Dordrecht 1594  – id.1652 ). Fils du peintre sur verre Gerrit Gerritsz, il fut l'élève de Bloemaert à Utrecht et travailla à Dordrecht, à l'exception d'un court séjour à Amsterdam v. 1625 (son inscription à la gilde de Dordrecht remonte à 1617). Sa spécialité fut le portrait, où il fit merveille par sa scrupuleuse véracité psychologique comme par la sobriété d'une palette très distinguée, volontairement limitée à des noirs, à des blancs et à des gris pleins de transparence comme il s'en trouve nécessairement chez un contemporain de Van Goyen. De sa formation utrechtoise, il a gardé le motif bucolique de groupes d'enfants jouant avec des animaux (chèvres ou agneaux) : les Deux Enfants du W. R. M. de Cologne (1638), la Pastorale signée du musée de Montauban en donnent de fort savoureux exemples et mêlent le naturalisme rustique le plus littéral, sinon même un peu ridicule, à un paysage vaporeux d'une grande finesse et à un coloris délicat. Il a peint ou dessiné aussi quelques tableaux d'histoire et de belles études d'animaux (Bruxelles, M. R. B. A.).

 Benjamin (Dordrecht 1612 – id. 1652). Demi-frère et élève de Jacob, il appartient pourtant au courant rembranesque par ses effets de lumière intenses et féeriques, une écriture pleine de virtuosité et sa prédilection pour une chaude harmonie de tons bruns et gris rehaussés de quelques beaux accents de lumière dorée. Membre de la gilde de Dordrecht depuis 1631, Benjamin est signalé à La Haye en 1643, mais paraît avoir surtout travaillé à Dordrecht, où il était revenu dès 1644. Ses sujets sont tantôt religieux, notamment des Adorations des bergers, dont un assez bel exemple se trouve au musée de Bordeaux, tantôt rustiques et proches de ceux des Van Ostade (intérieurs de caves ou de granges souvent agrémentés de scènes bibliques). On connaît enfin de Benjamin Cuyp quelques paysages et combats de cavalerie.

 Albert (Dordrecht 1620 – id. 1691). Fils de Jacob, notable de la ville de Dordrecht, il occupa à plusieurs reprises les fonctions de " régent ". Il a peint surtout des paysages, mais aussi des scènes bibliques, des natures mortes avec des oiseaux et des portraits (Rijksmuseum, Louvre). La diversité des genres qu'il pratiqua s'explique par le fait qu'il vivait dans une petite ville de province où les habitants, comme ce fut le cas dans les grandes villes hollandaises au XVIIe s., ne pouvaient recourir à des peintres spécialisés dans chaque genre. Il en était de même pour Hendrick ten Over, qui demeurait à Zwolle, localité encore plus isolée.