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danse

Edgar Degas, la Classe de danse
Edgar Degas, la Classe de danse

Art de s'exprimer en interprétant des compositions chorégraphiques ; activité qui s'y rapporte.

Phénomène universel et immémorial, apparenté aux gestes les plus élémentaires de l'homme, la danse, dès l'origine, s'est forgé ses rites et ses rythmes. Danser, c'est transcender le quotidien, mais c'est aussi s'initier aux mystères de la vie, de la mort, des cycles des saisons et de la fertilité de la Terre… Langage codifié avec le temps, la danse est l'accomplissement d'un ensemble de gestes, de figures et de pas qui ont soumis à leurs règles les impulsions naturelles de l'homme.

Histoire de la danse

Les peintures rupestres des sites préhistoriques d'Europe laissent supposer qu'une sorte de danse codifiée existait déjà à l'époque du paléolithique. Au cours de la longue relation qu'elle entretient ainsi avec la société, la danse a rempli bien des rôles : prière, rituel, cérémonial, divertissement social, spectacle, création artistique. Peu à peu les besoins des peuples ont trouvé leur expression dans des formes d'évolutions stylisées reflétant leurs aspirations et leurs traditions culturelles. Ces besoins et leur représentation stylistique ont subi l'influence de l'histoire, et c'est ainsi que la danse s'est développée selon deux axes fondamentaux : la ritualisation des moments capitaux d'une société et la mise en scène d'un spectacle.

Les danses anciennes et traditionnelles

De nombreux témoignages de rites dansés ont subsisté, et la mise au jour de bas-reliefs, de poteries, de temples et de sanctuaires a apporté la confirmation de l'existence d'un art conscient et élaboré, associé le plus souvent à une cérémonie magique ou religieuse. Dans l’Antiquité, les Babyloniens, les Assyriens et les Perses pratiquaient la danse astronomique et dès le IIIe millénaire avant J.-C., lors de la célébration annuelle des fêtes d'Abydos, prêtres et laïcs égyptiens se retrouvaient pour exécuter la danse de la mort et de la résurrection d'Osiris, caractérisée par un ordonnancement géométrique qui fut progressivement enrichi d'une action dramatique et de chants.

La danse dans l’Antiquité greco-latine

Les Grecs fondaient leurs danses sur la plastique du corps et sur la poésie lyrique, parlée ou chantée. Terpsichore était la muse de cet art, qui faisait partie intégrante des mystères d'Éleusis et des représentations théâtrales. Il y avait des danses guerrières (la pyrrhique, exécutée au son de la flûte par de jeunes hommes en armes), des danses religieuses, pratiquées surtout dans les cultes apolliniens (la géranos et l'hyporchème, d'origine crétoise, exécutées à Délos et à Sparte) et dionysiaques (danses frénétiques et orgiastiques des Ménades), et enfin des danses de théâtre (l'emmélie, pour les chœurs tragiques ; la cordax, pour la comédie ancienne ; la skinnis, pour le drame satyrique). Dans certaines formes, plus retenues, de danses rituelles, de gracieux cortèges de danseuses parées de guirlandes de fleurs dessinaient des cercles ondoyants autour des autels pour rendre hommage aux dieux. La Rome antique n'accorda pas la même place à la danse que les peuples du monde égéen ; mais, transmise par Athènes et par les Étrusques, elle s'insérait dans les fêtes et les réjouissances populaires. Cependant, outre les danses rituelles (danse des Saliens, dans le culte de Mars), on pouvait assisterdans la Rome antique à des ballets pantomimes qui réunissaient, en particulier sous l'Empire, mimes et danseuses.

La danse indienne

La présence d'un public fait de la danse un spectacle (à caractère sacré ou profane), qui atteint dans certaines cultures un haut degré de perfectionnement et obéit à une technique savante. Ainsi, en Inde, où la danse fut une des premières manifestations de la civilisation, les quatre styles principaux qui se rattachent à l'hindouisme révèlent une très grande complexité de langage (mudra). La danse de l'Inde est une danse d'expression essentiellement symbolique. L'une de ses formes les plus importantes est le bharatanatya (ou bharata natyam), système gestuel attribué à Bharata-Muni, considéré comme le codificateur de la danse et de l'art dramatique dans le Natyasastra (traîté de théâtre) . Il s'agit d'un système très complet et précis de mouvements des mains, des membres et du buste, assortis d'une série de trente-six mimiques servant à exprimer des idées ou des émotions avec les yeux. Cette danse, exécutée à l'origine par des danseuses sacrées à l'intérieur des temples, évoquait l'action régulatrice des dieux sur l'Univers. Le kathakali, qui respecte les règles du bharatanatya, est une représentation dansée de la mythologie hindoue, notamment des grands épisodes du Ramayana et du Mahabharata. Le kathak est une danse rythmique énergique où les pieds martèlent le sol à vive allure et où le corps tournoie avec force. Enfin le manipuri, danse acrobatique, a contribué pour une large part au renouveau de la danse indienne traditionnelle.

Les danses asiatiques

La danse indienne a exercé une profonde influence sur le monde asiatique (Bali, Cambodge, Corée, Chine, Japon). Les danses des îles du Sud-Est asiatique proviennent d'un mélange d'influences chinoises et indiennes et de traditions religieuses et populaires indigènes. Chacune de ces îles possède une identité folklorique particulière, qu'elle exprime au travers d'une symbolique gestuelle propre : les danses du feu de Ceylan, le wayang-wong de Java, pièce extrêmement élaborée alliant danse, action et théâtre ; le lelong de Bali, pantomime dans laquelle le danseur est en mouvement constant de la tête aux pieds et exécute plusieurs gestes à la fois ; enfin, les danses du Cambodge et du Siam qui, bien que rattachées à la tradition mythologique du kathakali indien, restent cependant des danses d'action. Le Japon adapta des danses chinoises et coréennes dans des évolutions stylisées à l'occasion des fêtes impériales (bugaku) ou des cérémonies shintoïstes (kagura). Combinées aux danses rituelles agraires (tamaï), elles aboutirent aux divertissements populaires du sarugaku, puis à l'art raffiné du .

Les autres danses ancestrales

Les Hébreux ne concevaient la danse que religieuse. Mais elle se mêlait aisément aux événements heureux que traversait le peuple : c'est en dansant qu'ils remercièrent Yahvé après le passage de la mer Rouge.

Dans les pays d'islam, la danse est parfois associée à la célébration du culte. Ainsi, les derviches tourneurs entrent en transe pour mieux invoquer le nom d'Allah.

Auxiliaire des chamans en Asie et en Amérique du Nord, la danse établit le lien avec les esprits. Élément permanent du rite en Afrique noire, elle assure au groupe la pérennité des valeurs sur lesquelles se fondent sa spécificité et son identité.

Les danses populaires et folkloriques

La danse populaire et la danse folklorique trouvent toutes deux leur origine, en Occident comme en Orient, dans la culture paysanne. La danse populaire s'est développée, à l'occasion des fêtes ponctuant les activités agricoles, à partir de motifs hérités de la tradition communautaire : elle a ainsi entretenu à la fois un paganisme inconscient et le sens de l'appartenance ethnique ou régionale. La danse folklorique constitue, pour sa part, le conservatoire des danses du passé : à ce titre, elle met en œuvre des règles stylistiques et des techniques souvent complexes et a donné lieu à la création d'écoles de danse spécifiques.

Le flamenco, danse traditionnelle d'Andalousie, est probablement la plus ancienne danse du monde occidental et offre l'exemple type d'un genre plongeant ses racines dans un folklore multiple : motifs arabes et gitans, danses castillanes et aragonaises, lointaines traditions ibériques. Sur le plan technique, il est caractérisé par le travail des pieds : tantôt la pointe, tantôt le talon, tantôt le pied à plat frappe le sol en une suite rythmique modulée, accompagnée par le cliquetis des castagnettes et les rythmes de la guitare. Tout aussi important que les mouvements du corps, le port de la tête et du buste permet d'exprimer sentiments et émotions.

Les danses de salon

Les nouvelles danses, qui avaient pris naissance dans les salons de l'aristocratie française et italienne, se répandirent dans toutes les cours d'Europe pour s'intégrer ensuite à la vie sociale de la bourgeoisie. En Europe, les danses de salon connurent trois phases d'évolution, chacune caractérisée par des rythmes et des figures propres. Il y eut ainsi : l'âge de la gaillarde (1500-1650), fougueuse et expansive et qui consistait essentiellement à lancer la jambe et à sauter, exigeant des danseurs une vigueur singulière ; l'âge du menuet (1650-1750), où les gesticulations énergiques firent place à des évolutions plus resserrées dans lesquelles les pas, petits et compassés, étaient comptés ; l'âge de la valse (1750-1900), qui apporta une gaieté et une intimité nouvelles à la danse de salon et dont les gracieux tourbillons enivrèrent l'Europe tout entière.

Toutefois, à chacune de ces périodes, la danse dominante devait compter avec des formes concurrentes qui connurent plus ou moins de succès : ainsi l'élégante pavane, la branle ou la majestueuse sarabande rivalisaient avec la gaillarde, et la contredanse et le quadrille avec le menuet. Enfin, la polka et la mazurka contestèrent la suprématie de la valse.

À la fin du xixe s., néanmoins, le rythme de ces danses marquait un décalage de plus en plus accentué avec le mode de vie accéléré du monde moderne naissant. En 1891, la danse de salon connut une véritable explosion avec l'avènement d'une danse américaine, le two-step. Depuis cette époque la danse de salon n'a cessé d'être dominée par l'influence des États-Unis. Le two-step fit place au cake-walk de 1893, qui fut lui-même suivi par le ragtime. Entre 1910 et 1920, Vernon et Irene Castle subjuguèrent l'Europe et l'Amérique avec leurs duos de tango (inspiré d'une danse folklorique argentine), de matchiche brésilienne et de fox-trot américain. À travers le jazz, l'influence de la musique des Noirs américain marqua les années 1920, avec le shimmy et le charleston ; les années 1930 virent éclore les rythmes cubains et sud-américains, avec la rumba, la conga et la samba. La Seconde Guerre mondiale interrompit cette évolution, qui ne reprit que dans les années 1950, avec le mérengue et le cha-cha-cha. La bossa-nova fit son apparition dans les années 1960 et, à la même époque, la vogue du rock and roll marqua un tournant en engendrant un type de danse très libre et individualiste, dont le twist et le hustle sont deux exemples significatifs. Les années 1980 furent marquées par le breakdance, danse de rue très populaire, mélange d'arts martiaux et d'acrobatie.

L'évolution de la danse de salon est aujourd'hui due, pour une large part, à l'impact des compositeurs de musique populaire, à des phénomènes tels que le music-hall, la comédie musicale, le cinéma et à la personnalité de stars de la danse, comme Fred Astaire ou Gene Kelly, qui ont largement contribué à imposer la mode américaine dans le monde entier.

Le ballet

Dès le Moyen Âge, fêtes patronales ou personnelles sont célébrées non seulement par les rares ripailles que se permet une société de pénurie endémique, mais par des rondes et des farandoles. Le clergé a vainement tenté de contenir (le déambulatoire des églises porte primitivement le nom d'une danse en rond, la carole) puis d'interdire ces danses qui sont, à l'origine, essentiellement collectives, trépidations joyeuses et débridées, où l'on se tient tous par les mains ou bras dessus, bras dessous, en un rang bien serré.

Les cours italiennes de la Renaissance vont urbaniser la danse paysanne, la disloquer aussi : la danse en couple, cérémonieuse et réglée par des maîtres à danser, fait désormais partie des divertissements des princes de Florence, de Ferrare et de Milan, avant de gagner la France avec Catherine de Médicis. On n'est pas un gentilhomme accompli si l'on ne connaît toutes les subtilités des danses mondaines que sont le branle, la pavane ou la gaillarde. De raffinements en inventions, le bal devient, à la cour des Valois puis des Bourbons, un art véritable, le ballet de cour.

→ ballet

Technique

Séance de travail et d'entraînement du danseur, la « classe de danse » comporte une barre et des exercices au milieu (adage, batterie, tours, pointes…). Il existe un nombre considérable de poses, de positions et de combinaisons possibles, très souvent complexes. Une des cinq positions fondamentales est toujours à l'origine de tout pas ou mouvement (assemblé, attitude, arabesque, battement, dégagé, développé, glissade, relevé, rond de jambe, tous les pas de bourrée, de basque…). Les pas à terre s'exécutent avec ou sans parcours ; les temps sautés comportent les temps simples (soubresaut, petits et grands jetés…) et la batterie.

Un certain nombre de pas (piqués, déboulés, tours) peuvent être exécutés en diagonale ou en manège (autour de la salle ou de la scène). Les emplois occupés par les danseurs, qui étaient, jusqu'au xviiie s., ceux de danseur noble (en raison de son allure), de caractère (danses du – ou inspirées du – folklore), de demi-caractère (danses classique et de caractère), comportent des genres nouveaux déterminés par la nature même des œuvres interprétées (burlesque, grave ou sérieux, humoristique, romantique, comique, tragique…).

Enseignement

L'enseignement de la danse, en France, est donné à l'école de danse de l'Opéra de Paris (transférée à Nanterre en 1987), au Conservatoire national supérieur de musique et de danse (Paris et Lyon), où plusieurs classes sont ouvertes aux filles et aux garçons. Plusieurs universités abritent des unités de formation et de recherche (histoire de la danse, chorégraphie…). Un certain nombre d'écoles privées préparent au métier de danseur ou à celui de professeur de danse (réglementé par la loi du 10 juillet 1989).

Musique de danse

L'association entre la danse et la musique est fondée sur le rythme. On peut discerner deux grandes catégories : les musiques à rythmes d'origine littéraire (rythmiques grecque, hindoue, arabe savante), et les musiques à rythmes purement chorégraphiques et musicaux (la plupart des folklores). Les premiers textes médiévaux concernent des chansons dansées ou des airs à danser. Au xiiie s., on constate l'abondance des rondeaux à danser. On danse également la ductia, l'estampie. Dès le xve s. apparaît le couple binaire lent-ternaire vif, avec la basse-danse et le tourdion. Au xvie s. les premiers recueils sont imprimés. Le couple type est alors pavane-gaillarde. Au xviie s., le couple type est allemande-courante, complété surtout par sarabande et gigue. Les danses, aux xviie et xviiie s., passent du bal à la musique instrumentale (suite, sonate, symphonie) et à l'orchestre de ballet (chaconne, passacaille, tambourin, gavotte). Au xviiie s. brillent le menuet, le hornpipe, la valse et l'écossaise. Au xixe s., on observe un nouvel apport de danses nationales : polka, mazurka, boléro, tarentelle, barcarolle, quadrilles, fandango, csardas, et de danses folkloriques : aragonaise, havanaise, etc. Au xxe s., la valse est le seul rythme « classique » à survivre dans les bals aux côtés des danses issues du folklore hispano-américain (tango, samba, séguedille, paso-doble) ou négro-américain (blues, ragtime, charleston, fox-trot).