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Assyrie

Empire mésopotamien qui, aux xive-xiiie siècles et aux ixe-viie siècles avant J.-C., domine l'Orient ancien.

HISTOIRE

L'histoire de l'Assyrie commence avec celle de la cité d'Assour. Le terme d'Assyrie est la dénomination grecque du « pays d'Assour ». État guerrier, célébrant ses mythes et ses conquêtes dans une architecture colossale, l'Assyrie a laissé le souvenir d'un régime prédateur.

1. La première capitale assyrienne : Assour

On ignore à peu près tout des origines de la cité d'Assour ; les vestiges les plus anciens qui y ont été découverts sont deux temples de la déesse Ishtar datant du xxvie siècle avant J.-C.

1.1. Une cité-État

Les scribes assyriens ont laissé une liste royale qui prétend remonter aux origines, mais ces textes, en l'absence de synchronismes sûrs avec les rois d'Akkad et de Sumer, ne peuvent être – tout au moins dans leur partie la plus ancienne (et notamment pour ce qui concerne les « dix-sept rois qui ont habité sous la tente ») – exploités à des fins chronologiques. Parce qu'elle commandait la route la plus directe entre la basse et la haute Mésopotamie, entre Sumer et Akkad et les riches régions minières du Kurdistan, de l'Arménie et de l'Anatolie, Assour fut assez tôt l'objet de la convoitise des royaumes et empires mésopotamiens. Conquise par les Akkadiens, dévastée par les Goutis (envahisseurs originaires des monts Zagros), dominée par la IIIe dynastie d'Our (une des plus importantes cités fondées par les Sumériens), elle s'émancipe seulement après 2025 avant J.-C., lorsque l'Empire néosumérien se désagrège. Ses princes, qui portent alors le titre de « vicaire » de la divinité Assour ou de « chef de l'assemblée » des citoyens, œuvrent activement à son redressement ; les inscriptions qu'ils ont laissées mentionnent la construction et la restauration de temples, l'érection de murailles ainsi que des travaux d'adduction d'eau.

1.2. Une métropole commerciale

Aussitôt affranchie de toute allégeance envers le Sud mésopotamien, Assour met à profit sa position de port fluvial et de carrefour routier dans un commerce à longue distance. Assez rapidement, elle surclasse les cités-États concurrentes – Isin et Larsa, Eshnounna et Mari – et s'impose comme la principale organisatrice des échanges commerciaux entre le Zagros, le Kurdistan, l'Anatolie et la Mésopotamie.

Les « karu » assyriens de Cappadoce

Les marchands assyriens s'implantent massivement sur le plateau anatolien et créent des comptoirs commerciaux, les karu (au singulier karum), dans une quinzaine de villes d'Anatolie centrale. Tous ces comptoirs ou associations autonomes de marchands assyriens relèvent du karum de Kanesh, établi dans la ville basse de l’actuelle Kültepe, à proximité de la citadelle abritant le palais du roi local. Cet organisme central, dépendant à son tour du Quai d'Assour, agit pour le compte de l'État assyrien : il a pour charge de contrôler et de taxer toutes les transactions, de juger de tous les litiges et de défendre les intérêts des marchands assyriens auprès des dynastes locaux. Cependant, quoique lié à l'État, le karum a ses propres activités commerciales : il dispose de magasins et d'entrepôts, s'adonne à l'importation et à l'exportation de marchandises et réalise des opérations bancaires en consentant des prêts ou en contractant des emprunts.

Les échanges

Les activités des karu nous sont connues par des milliers de tablettes dites « cappadociennes », véritables archives économiques et juridiques en écriture cunéiforme trouvées sur les sites turcs de Kültepe (près de l'actuelle Kayseri), d'Alisar (Ankouwaa) et Boğazköy (Hattousha). Assour échangeait le cuivre et la laine en provenance d'Anatolie contre de l'étain (annakum) – indispensable à la métallurgie locale du bronze –, des étoffes et des ânes. L'étain, importé de l'Iran ou du Bélouchistan, avait une valeur marchande sept fois supérieure à celle du cuivre anatolien et son commerce assura pendant près d'un siècle la prospérité de la capitale assyrienne.

1.3. La dynastie de Shamshi-Adad Ier

Vers 1850 avant J.-C., une guerre entre populations anatoliennes interrompt ce trafic lucratif. Assour, à nouveau appauvrie, doit encore faire face aux tentatives d'hégémonie des rois mésopotamiens. Finalement, v. 1816 avant J.-C., elle tombe entre les mains d'un Amorrite, Shamshi-Adad Ier, qui régnait à Shoubat-Enlil, cité de la région du Khabur.

Les conquêtes de Shamshi-Adad Ier

Shamshi-Adad Ier, après avoir détrôné le souverain légitime, Erishoum II, prend Ninive puis étend son pouvoir sur une partie du Kurdistan irakien et sur la grande ville de l'Euphrate, Mari, où il installe son fils Iasmah-Adad. Poursuivant d'autres conquêtes, il s'érige en maître de toute la haute Mésopotamie et impose sa suzeraineté aux cités d'Eshnounna et de Babylone. Sous son règne, Assour, qui n'est plus capitale du royaume, retrouve néanmoins sa vocation de port commercial et ses marchands (tamkaru) refont leur apparition en Anatolie.

Les problèmes de succession

Toutefois, cet embryon d'empire ne survit pas à son fondateur. Les colonies assyriennes de Cappadoce périclitent à nouveau et les fils de Shamshi-Adad ne peuvent conserver les domaines paternels : Iasmah-Adad se fait évincer de Mari par le roi d'Alep ; Ishme-Dagan, son frère, dépossédé d'Assour par le roi d'Eshnounna, doit se mettre sous la protection de Hammourabi, roi de Babylone et nouveau maître de la Mésopotamie. Après ce pseudo-règne d'Ishme-Dagan (1783-1743 avant J.-C.), l'Assyrie, passée entre les mains de plusieurs usurpateurs, est reléguée à l'arrière-plan de la scène politique proche-orientale. Pendant plus de trois siècles, elle fait figure de petite principauté, successivement contrôlée par les Babyloniens, les Kassites et les Mitanniens.

2. Le premier Empire assyrien (xive-xiie siècles avant J.-C.)

2.1. La lutte contre les Mitanniens

Le roi Eriba-Adad Ier (v. 1383-1356 avant J.-C.) réussit à rejeter la tutelle mitannienne et, dès 1370, récupère la cité de Ninive ainsi que les territoires situés aux abords du Tigre. Assour-Ouballit Ier (1366-1330 avant J.-C.), aussi entreprenant, guerroie contre les Mitanniens et intervient même dans les affaires du royaume kassite de Babylone. Ses successeurs, maintenant la même politique belliqueuse, se heurtent à nouveau aux Mitanniens passés sous la protection des Hittites, combattent les montagnards du Zagros et du Kurdistan et disputent aux Babyloniens le contrôle des routes commerciales menant en Iran.

Pour en savoir plus, voir l'article Mitanni.

2.2. La politique belliqueuse des Assyriens

Au xiiie siècle, les Assyriens ne cessent de lutter contre les vagues d'invasions ou contre leurs voisins. Leur ardeur belliqueuse affecte alors jusqu'à leurs conceptions religieuses : Assour, leur dieu national, prend désormais un caractère guerrier et prétend à la domination universelle. La guerre est perçue comme un acte de piété. De défensive, elle devient offensive. Adad-Nirari Ier (1307-1275 avant J.-C.), Salmanasar Ier (v. 1266-1236 avant J.-C.) et Toukoulti-Ninourta Ier (1245-1208 avant J.-C.) mènent des campagnes le plus loin possible de leurs frontières. Les Égyptiens et les Hittites, alarmés, se coalisent en vain (1269). De campagne en campagne, les Assyriens finissent par imposer leur puissance. À la haute Mésopotamie annexée par Salmanasar Ier, Toukoulti-Ninourta Ier ajoute la Babylonie, les pays d'Akkad et de Sumer, ce qui lui permet, à l'instar des rois sumériens et akkadiens d'autrefois, de se proclamer « roi de l'univers ». Pour commémorer son triomphe sur Babylone, il fonde près d'Assour une nouvelle ville portant son nom.

2.3. La poussée araméenne

L'empire, comme jadis celui de Shamshi-Adad Ier, ne survit pas à son souverain. La grandeur de Toukoulti-Ninourta et peut-être aussi sa mégalomanie lui valent la suspicion de la noblesse, qui finit par l'emprisonner puis l'assassiner. Or, à la fin de son règne, la carte politique du Proche-Orient s'est sensiblement modifiée. La Babylonie kassite s'est reconstituée dès 1214 avant J.-C., et les Assyriens doivent désormais compter avec de nouveaux venus : au nord-ouest, les nomades Moushki (des Phrygiens) et Kaskas (originaires des montagnes du Pont) et, au sud-ouest, des Sémites, qui vont bientôt former la confédération araméenne. Au milieu du xiie siècle avant J.-C., l'Assyrie, ainsi assiégée, subit en outre l'attaque des Élamites, auxquels elle concède la région du Petit Zab. Malgré les réactions d'Assourresh-Ishi Ier (1133-1115 avant J.-C.) et l'exploit de Toukoultiapil-Esharra Ier (1116-1077 avant J.-C.) – qui s'aventure jusqu'au-delà du lac de Van et intervient en Méditerranée où il rançonne les villes phéniciennes –, l'Assyrie ne peut résister à la formidable poussée de ses adversaires. Les Araméens, après avoir pris la Babylonie, s'installent en plein cœur du pays assyrien, dévastent les campagnes et massacrent les populations.

3. La période néo-assyrienne ou le second Empire (ixe-viie siècles avant J.-C.)

Même menacée dans son intégrité nationale, l'Assyrie n'a pas beaucoup perdu de sa puissance.

3.1. Le renouveau de l'Empire

Le potentiel militaire des Assyriens est toujours intact ; la lignée dynastique, ininterrompue depuis près de deux siècles, assure à l'Empire une solide continuité politique et, malgré les intrigues de la noblesse, le pouvoir bénéficie encore d'une relative stabilité.

La conjoncture extérieure

Ni la Babylonie – sa rivale de toujours – ni l'Égypte ne sont en mesure de réduire l'Assyrie ; la première, elle aussi, a fort à faire avec les Araméens ; la seconde, retirée d'Asie depuis longtemps, est désunie, partagée entre pharaons libyens sur le delta du Nil et grands prêtres d'Amon en Haute-Égypte. Cette conjoncture favorable est exploitée par Assournazirpal II (883-859 avant J.-C.), auquel ses prédécesseurs, Adad-Nirari II (912-889 avant J.-C.) et Toukoulti-Ninourta II (889-883 avant J.-C.), avaient déjà frayé le chemin en effaçant la menace araméenne. Dès lors, les nomades, les Babyloniens, les Hittites et les Phéniciens font les frais d'une puissance assyrienne retrouvée.

Les travaux d'Assournazirpal

En un demi-siècle de guerres impitoyables, l'Empire retrouve sa grandeur passée. Les villes, enrichies, s'ornent à nouveau de monuments. Assournazirpal ressuscite la cité de Kalhou (l'actuelle Nimroud), fondée au xiiie siècle avant J.-C. par son aïeul Salmanasar Ier mais depuis lors tombée en ruine. Il se fait construire un palais sur plus de deux hectares : l'inauguration de cette nouvelle capitale donne lieu à dix jours de festivités auxquelles sont conviées 69 574 personnes, dont 47 074 venant de différentes parties du royaume.

Salmanasar III

L'expansion et la prospérité assyriennes se poursuivent sous Salmanasar III (858-823 avant J.-C.), qui, comme son père, fait de la guerre son activité principale ; ses expéditions, plus hardies, le mènent en Cilicie, en Arménie, en Palestine, au-delà du Zagros et même sur les rives du golfe Arabo-Persique.

3.2. L'hégémonie assyrienne

À l'issue du grand règne de Salmanasar III, l'Assyrie, secouée par des révolutions intérieures et gouvernée par des rois de plus en plus effacés, finit par perdre une grande partie de sa zone d'influence. Les cités phéniciennes, les royaumes d'Israël, de Juda et le Naïri lui échappent totalement. De surcroît, elle est menacée, à sa porte même, par l'émergence du puissant royaume d'Ourartou (Arménie).

3.3. Téglath-Phalasar III

Toukoultiapil-Esharra III (745-727 avant J.-C.), le Téglath-Phalasar III de la Bible, porté au trône par une révolte, entreprend de restaurer la puissance assyrienne. Ce monarque intelligent et méthodique rétablit le pouvoir royal et réorganise l'armée ; en quelques années, il chasse les Ourartéens de la Syrie du Nord (743 avant J.-C.) et redonne ainsi à l'Assyrie un accès à la Méditerranée ; de même, il annexe le royaume de Damas (732 avant J.-C.), pénètre dans le pays des Mèdes, occupe la Palestine et, tenté par la richesse de la Babylonie, s'y fait proclamer roi sous le nom de Poulou.

Sargon II

La domination de l'Assyrie, vainement contrecarrée par une coalition égypto-élamite, se confirme encore sous Sargon II (722-705 avant J.-C.) ; l'Empire s'étend désormais sur tout le Croissant fertile, ainsi que sur une partie de l'Iran et de l'Anatolie ; il dispose de deux fenêtres maritimes, l'une sur la Méditerranée, l'autre sur le golfe Arabo-Persique, et contrôle la majeure partie des cours du Tigre et de l'Euphrate. Désireux d'affirmer sa puissance, Sargon délaisse Kalhou pour une nouvelle capitale, Dour-Sharroukên (→ Khursabad).

Sennachérib

Le fils de Sargon, Sin-ahhe-eriba (705-680 avant J.-C.), le Sennachérib de la Bible, célèbre pour avoir détruit la cité de Babylone (689 avant J.-C.), fait de même en donnant à l'Assyrie une métropole encore plus splendide : Ninive. Pour alimenter sa nouvelle capitale en eau, le souverain fait capter les eaux du Gomel et du Khosr dans un canal long de près de 50 kilomètres, qui traverse une vallée sur un aqueduc de 200 mètres supporté par des arches de 5 mètres de hauteur.

3.4. La chute de l'Empire assyrien

En 667 avant J.-C., la conquête de l'Égypte par Assourbanipal (669-vers 627 avant J.-C.) donne à l'Empire son extension maximale : tout le Proche-Orient, de Thèbes à la Syrie, de la Palestine jusqu'aux collines isolant la Perse de la plaine mésopotamienne. Cependant, cette Assyrie dominatrice n'a plus longtemps à vivre. Le reflux commence dès avant la fin du règne d'Assourbanipal par la perte de l'Égypte, reconquise en 653 avant J.-C. par Psammétique Ier. Peu après, la Babylonie se révolte. Plus grave encore sont les attaques concertées des Scythes et des Mèdes. L'armée assyrienne cède Assour en 614 avant J.-C., Ninive en 612 avant J.-C., puis se réfugie à Harran (ville de la Syrie ancienne, célèbre pour son temple du dieu-Lune Sin), où, malgré la rescousse égyptienne, elle finit par s'incliner définitivement devant les Mèdes (609 avant J.-C.).

Lorsque Nabuchodonosor II monte sur le trône de Babylone en 605 avant J.-C., l'Assyrie n'est plus une puissance, mais elle laisse le souvenir de guerres cruelles suivies de lourds tributs.

4. La civilisation assyrienne

4.1. La société

La société assyrienne est composée d'hommes libres (awilou), de serfs et d'esclaves.

Les citoyens libres se partagent en trois catégories : les grands propriétaires fonciers, la bourgeoisie urbaine et les petits paysans. Les deux premières ont profité de l'élargissement de l'Empire en mettant la main sur des terres de plus en plus étendues et en se livrant au commerce à longue distance. En outre, le pouvoir, conscient de leur importance économique et politique, s'est montré attentif à leurs doléances : les bourgeois – et par extension, les villes – ont régulièrement obtenu des chartes qui souvent les exemptent de l'impôt et du service militaire.

L'expansion de l'Empire s'est faite au détriment de la classe des paysans. Ceux-ci, assujettis à l'impôt et aux corvées, astreints au devoir militaire, supportent seuls le poids des guerres incessantes. De même, leur importance économique s'est ressentie de l'existence d'une noblesse foncière employant une abondante main-d'œuvre servile (esclaves et serfs).

Souvent endettés et insolvables, les petits cultivateurs tombent en servitude et vont grossir les rangs des esclaves. Ceux-ci – dont chaque guerre augmente le nombre avec de nouveaux prisonniers et déportés – constituent des biens qu'on peut vendre et échanger ou dont on hérite ; cependant, ils conservent une personnalité juridique. Ils peuvent contracter mariage avec des personnes de condition libre, posséder des biens et ester en justice. Leur condition, surtout quand ils sont nés dans le pays, peut parfois être moins dégradée que celle des serfs qui, attachés à la terre, achetés et vendus avec elle, dépendent étroitement de leur propriétaire.

4.2. L'économie

La documentation assyrienne, principalement tournée vers les événements militaires, ne fournit que de maigres informations relatives à l'état matériel du pays. L'économie, semble-t-il, a très peu évolué depuis la formation de l'Empire et ses fondements sont restés ruraux.

L'agriculture

L'agriculture au début du Ier millénaire apparaît comme l'une des préoccupations majeures du pouvoir. Depuis Assour-Dan II (vers 934-912 avant J.-C.), les souverains assyriens appellent à l'amélioration des techniques et des rendements. Certains essayent d'introduire les charrues à semoir, d'autres se lancent dans des travaux hydrauliques, d'autres encore, au retour de leurs expéditions guerrières, introduisent de nouvelles espèces animales (chameaux bactrien et arabe) et végétales (coton de l'Indus).

Le commerce extérieur

Le commerce extérieur, qui ne retrouve pas sa vitalité du temps de l'ancienne Assyrie, paraît néanmoins prospère et diversifié. Encouragé par les souverains, il s'est développé en direction de l'Égypte, du golfe Arabo-Persique, des pays de l'Égée et, vraisemblablement par l'intermédiaire des Phéniciens, a touché les pays de la Méditerranée occidentale. Il porte exclusivement sur les métaux et sur les produits rares tels que le lin, le coton, les teintures, les pierres précieuses et l'ivoire. Il faut aussi noter que les Assyriens, grâce à leurs différentes conquêtes, avaient libre accès à de nombreux gisements de minerais, notamment le fer au Liban et l'argent en Anatolie.

4.3. La bibliothèque d'Assourbanipal

On désigne ainsi près de 30 000 tablettes et fragments de tablette portant des inscriptions cunéiformes, découverts de 1851 à 1876 sur le site assyrien de Ninive. Ces documents, qui correspondent à quelque 5 000 ouvrages, proviennent en grande partie de bibliothèques babyloniennes et sumériennes, où ils ont été recopiés à la demande du roi Assourbanipal. Certains se rapportent à la divination ; d'autres sont des textes conjuratoires, consignent des prières ou narrent des épopées (épopée de Gilgamesh et épopée de la Création).

Dûment enregistrés à leur entrée dans la bibliothèque, les documents recopiés étaient classés par ouvrages et par thèmes puis rangés sur des planches. Les tablettes, pour la plupart, portent au bas un « colophon » mentionnant, entre autres détails, le nom du scribe. Celles qui font partie d'une série sont numérotées, ou leur dernière phrase est reprise en tête de la tablette suivante.

BEAUX-ARTS

C'est entre le xiiie et le viie s. avant J.-C. que l'art assyrien connaît sa pleine expansion. Les moyens techniques sont ceux de Sumer et des autres civilisations de l'ancienne Mésopotamie, avec la brique pour matériau essentiel ; grands travaux (installations hydrauliques de Ninive), villes (Assour, Ninive, Khursabad [Dour-Sharroukên]) et ziggourats en témoignent. Les palais sont formés par de simples parallélépipèdes où se juxtaposent les quartiers (sanctuaires, salle d'apparat, appartements royaux et communs). Briques émaillées et alternance de redans et de saillants constituent le décor extérieur de ces énormes façades. L'intérieur est orné d'un décor plaqué : grands orthostates sculptés en léger relief illustrant les récits mythologiques ou les exploits du souverain. Perspective hiérarchique et représentation de profil n'excluent pas un talent certain d'animalier. On distingue entre le ixe et le viie s. une évolution vers l'aisance et la sensibilité (Lionne blessée, British Museum). Des fragments de peinture murale, proches de ceux de Dour-Kourigalzou (aujourd'hui Aqarquf), ont été recueillis à Til Barsip sur le haut Euphrate. Glyptique, ivoires, reliefs de bronze (porte de Balawat, British Museum) attestent l'épanouissement des arts appliqués.