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Gaza

dit aussi bande de Gaza, en arabe Ghazza

L'accord de Washington, 1993
L'accord de Washington, 1993

Carrefour historique entre l'Égypte et le Levant, l'oasis de Gaza a longtemps abrité une des principales villes de Palestine. La « bande de Gaza » émerge, après la guerre israélo-arabe de 1948-1949, comme le seul territoire palestinien à n'être ni incorporé à Israël, ni annexé par la Jordanie. Occupé par l'État hébreu en 1967, évacuée en 2005, elle constitu aujourd'hui avec la Cisjordanie les Territoires Palestiniens.

  • Superficie : 363 km2
  • Population : 1 389 789 hab. (estimation pour 2005)
  • Ville principale : Gaza

GÉOGRAPHIE

Le territoire de la bande de Gaza est constitué d'une étroite zone en bordure de la Méditerranée, longée au sud par l'Égypte et limitée à l'est et au nord par l'actuel État d'Israël. L'aridité y est forte, avec des précipitations comprises entre 400 mm à l'extrême nord-est et 200 mm au sud-ouest. La densité de population, associée à un fort taux de fécondité, est très élevée.

Le blocus maritime de Gaza limite la zone de pêche au large à 3 miles (5,5 km) de la côte, avec des zones tampon au nord et au sud, respectivement de 3 et de 1,5 miles de large, interdites à toute navigation.

ÉCONOMIE

Depuis 1967, la bande de Gaza vit dans une situation de dépendance économique très forte vis-à-vis de l’État d’Israël. La stratégie déployée par l’armée et le gouvernement israéliens durant les années d’occupation à l’égard des populations de la bande de Gaza a été double : elle a, d’une part, visé à améliorer le niveau de vie individuel des populations gazawies (en employant directement la main-d’œuvre palestinienne dans les usines et les coopératives agricoles en Israël ou encore en permettant aux jeunes Palestiniens de Gaza d’aller se former et d’exercer à l’étranger) ; elle a, d’autre part, miné toutes les tentatives de développement institutionnel et de construction d’infrastructures collectives à l’échelle nationale.

À partir des années 1990, l’Autorité nationale palestinienne, mise sur pied en Cisjordanie comme dans la bande de Gaza, a justement investi (avec l’aide de bailleurs de fonds étrangers) dans le développement d’infrastructures de base afin de répondre aux besoins économiques de la collectivité.

Mais les bombardements israéliens sur la bande de Gaza durant la seconde Intifada, puis les mesures d’embargo international infligées à ce morceau de territoire palestinien à compter de 2006-2007, y ont singulièrement affaibli les potentialités de développement économique et le niveau de vie des populations. Le chômage atteint 40 % des actifs depuis 2010. Par ailleurs, l’impossibilité d’importer des biens de première nécessité et des matériaux de construction génère une importante économie souterraine, de part et d’autre de la frontière entre Gaza et l’Égypte.

HISTOIRE

1. Antiquité

L'existence de Gaza est attestée depuis le xve siècle avant J.-C. : c'est alors une ville cananéenne (→ Cananéens), centre de l'administration égyptienne.

À partir du xiie siècle avant J.-C., Gaza est une des cinq cités des Philistins, capitale d'un royaume qui est assujetti par les Assyriens (depuis 734 avant J.-C.), puis par les Babyloniens (v. 609 avant J.-C.), avant d'être absorbé par les Arabes de Qedar, lesquels font de la cité l'entrepôt des aromates. Mais Gaza est surtout la forteresse qui garde la route de l'Égypte ; sans cesse assiégée et prise, elle ne trouve la paix qu'avec la domination romaine (63 avant J.-C.).

2. Du viie au xxe siècle

De bonne heure siège d'une Église chrétienne, Gaza est prise par les Arabes en 635 et devient vers 1150 une forteresse des Templiers.

Prise par Bonaparte au cours de sa campagne de Syrie en 1799, enjeu de la première offensive britannique pour couvrir Suez durant la Première Guerre mondiale, elle n'est conquise par Allenby que le 6 novembre 1917.

Pour en savoir plus, voir les articles Palestine, Syrie : histoire.

3. De 1947 à 2005

3.1. Sous administration égyptienne

Territoire contesté entre Israël et l'Égypte depuis le plan de partage de la Palestine (1947), Gaza a vécu, de 1948 à 1962, sous administration égyptienne, mais a été le théâtre de perpétuels incidents de frontière entre les deux pays. Lors de la campagne de 1956, les troupes israéliennes enlèvent Gaza, où elles se maintiennent jusqu'en mars 1957. Elles sont alors relevées par la force de police de l'ONU, puis par un régiment égyptien (→ guerres israélo-arabes).

3.2. Sous administration de la République arabe unie

À partir de 1962, ce territoire – où sont réfugiés plus de 400 000 Palestiniens dans une huitaine de camps – est administré par un gouverneur général nommé par la République arabe unie (RAU).

3.3. Sous occupation israélienne

En 1967, la bande de Gaza passe sous occupation d'Israël, qui y favorise l'implantation de colonies juives. Théâtre, notamment à partir de 1987, d'un soulèvement populaire (→ Intifada), elle est dotée, en 1994, d'un statut d'autonomie selon le plan prévu par l'accord de Washington entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) du 13 septembre 1993. Des institutions politiques centrales voient alors le jour, telles que des ministères, un aéroport, un parlement ou encore des forces chargées de la sécurité intérieure qui remplissent des fonctions de police.

À partir de septembre 2000, le territoire connaît un nouvel embrasement avec le déclenchement de la seconde Intifada, conduisant à un arrêt du processus de paix. La plupart des infrastructures publiques (réseaux d’eau, d’électricité, routes, bâtiments administratifs, écoles, hôpitaux, sièges d’ONG, etc.), construites grâce à la manne extérieure entre 1993 et 2000, ont alors été bombardées par l’armée israélienne.

4. Depuis 2005

Mais l’insécurité aux frontières d’Israël ne diminuant pas pour autant, le gouvernement de Ariel Sharon décide, en 2005, unilatéralement, de retirer les 8 000 colons et soldats de l'armée israélienne stationnés dans la bande de Gaza. Pour les forces d’opposition palestiniennes, ce retrait israélien est imputable à leur poursuite de la lutte armée. Fort de cet argumentaire et profitant aussi de l’échec des négociations diplomatiques entre l’Autorité nationale palestinienne et Israël, le Hamas remporte la plupart des grandes localités de la bande de Gaza aux élections municipales de 2005, puis obtient la majorité absolue des sièges au Parlement en 2006.

4.1. La prise de contrôle du Hamas

C’est dans ce contexte de victoire des islamistes en Palestine que les premiers heurts sérieux inter-palestiniens opposant des milices du Hamas et du Fatah éclatent à Gaza. Les heurts se font de plus en plus récurrents, mais aussi de plus en plus violents et meurtriers, entre 2006 et 2007 – laissant poindre des risques de guerre civile. La prise de contrôle militaire de la bande de Gaza par le Hamas, le 15 juin 2007, qui s’accompagne de la liquidation physique des principales milices affiliées au Fatah, ramène cependant progressivement l’ordre public.

En revanche, les conditions de vie économique se dégradent rapidement, dans la mesure où l’État d’Israël et l’ensemble des donateurs occidentaux décident de sanctionner le gouvernement du Hamas en imposant un embargo aux populations de la bande de Gaza. Peu après, l’offensive militaire israélienne « Plomb durci » de décembre 2008-janvier 2009 (qui fait 1 500 morts et 5 000 blessés côté palestinien), accroît encore davantage le niveau d’insécurité économique.

Depuis lors, la situation est celle d’un conflit de basse intensité avec l’État d’Israël – ponctué par des épisodes réguliers de montée des violences. Mais la trêve militaire, sur laquelle chacune des deux parties s’est accordée en théorie, ne débouche pas vraiment sur un allègement du blocus économique perpétré par l’État hébreu.

4.2. Le blocus économique

L’économie de la bande de Gaza pâtit ainsi de cette situation de fermeture, dans la mesure où, avant 2007, 76 % des produits manufacturés, 90 % du ciment et 20 % des produits alimentaires de la bande de Gaza étaient destinés aux marchés extérieurs – principalement Israël et la Cisjordanie. Les contraintes qui, depuis lors, pèsent sur les exportations gazawies sont à l’origine de la fermeture de 95 % des sites industriels sur place. L’économie de la bande de Gaza pâtit également de la démolition continue des tunnels qui, depuis l’Égypte, permettaient de réapprovisionner les populations en vivres de première nécessité et en matériaux nécessaires aux industries de transformation.

Les atteintes portées à cette économie informelle ont pour effet d’augmenter considérablement le taux de chômage, qui atteint les 41,5 % en décembre 2013. La fermeture des tunnels a également des incidences néfastes sur les revenus de l’Autorité de Gaza, dans la mesure où le Hamas prélevait des taxes sur les échanges tirés de l’économie souterraine, qui constituaient jusqu’à 60 % de son budget et servaient à hauteur de 90 % au paiement des fonctionnaires. Tous ces éléments cumulés expliquent que fin 2013, 57 % des ménages de la bande de Gaza se trouvent dans une situation d’insécurité alimentaire, contre 44 % en 2011.

4.3. La permanence des tensions

Tandis que les discussions entre le Fatah et le Hamas finissent par déboucher sur un accord et sur la formation d’un fragile gouvernement palestinien d’union nationale en juin 2014, la réactivation des tensions conduit à une nouvelle incursion de Tsahal en juillet-août dans le territoire et à des bombardements ciblés mais meurtriers pour la population civile, dans le but notamment de détruire les divers tunnels percés depuis 2009 et les infrastructures militaires du Hamas et des autres groupes armés. Malgré l’engagement financier pris lors de la conférence des donateurs réunis en octobre au Caire, la reconstruction et le relèvement économique s’avèrent plus difficiles encore avec la permanence des divergences intra-palestiniennes, la forte détérioration des relations entre le Hamas et l’Égypte depuis que les Frères musulmans y ont été évincés et la remobilisation des milices. Le rétablissement de l’Autorité palestinienne dans l’enclave toujours contrôlée par le Hamas se heurte ainsi à d’importants obstacles.

Pour en savoir plus, voir les articles Cisjordanie, Question palestinienne, Territoires palestiniens.