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Akkad ou Agadé

Stèle de Naram-Sin
Stèle de Naram-Sin

Cité, État et dynastie de basse Mésopotamie (vers 2325-vers2190 avant J.-C.). Le royaume akkadien fut fondé par Sargon l'Ancien vers la fin de la civilisation de Sumer, et détruit par des envahisseurs venus de la région montagneuse du Zagros (S.-O. de l'Iran).

Sargon l'Ancien, officier du roi de Kish (cité sumérienne à l'est de Babylone), se révolta contre son maître et, à la tête d'une troupe de nomades sémites, fonda la cité-État d'Akkad. Après avoir vaincu le roi sumérien d'Oumma, Lougal-zagesi, il imposa sa domination au pays de Sumer, à l'Élam (sud-ouest de l'Iran), aux pays situés à l'est du Tigre, à l'Assyrie et s'avança jusqu'en Syrie et en Anatolie. La fin du règne de Sargon se passa à réprimer les incessantes révoltes des peuples soumis.

Ses deux fils, Rimoush et Manishtousou, durent faire face aux mêmes problèmes. Naram-Sin (vers 2254-2218) rétablit le prestige du royaume de Sargon l'Ancien. L'assassinat de Sharkali-sharri (2193 avant J.-C.) marqua le déclin de la puissance akkadienne, qui s'effondra sous les coups de barbares venus du Zagros, les Goutis. Après une période d'anarchie, la dynastie d'Akkad s'acheva avec le règne de Shu-turul (2168-2154).

ARTS ET VESTIGES AKKADIENS

Les vestiges de l'art qui s'est développé en Mésopotamie au temps du royaume akkadien, au IIIe millénaire avant J.-C., restent peu nombreux. Il ne subsiste guère que les fondations des palais élevés par les Sargonides ; et l'emplacement de leur capitale Akkad demeure ignoré.

La meilleure connaissance que nous ayons de leur architecture de briques crues (dont les grandes dalles mesuraient jusqu'à 50 cm de côté) nous est apportée par l'imposant palais de Naram-Sin à Tell Brak. En outre, les Goutis emportèrent, vers 1200 avant J.-C., un immense butin et la plupart des témoignages de l'art akkadien furent retrouvés à Suse, capitale de l'Élam. La connaissance d'Akkad, relativement récente, est presque entièrement fondée sur la sculpture et la glyptique.

La représentation du roi-dieu

Des stèles, consacrées à l'exaltation des exploits du roi, divinisé par le nouveau concept sémite, mettent en évidence son évolution. À la première période, dont le meilleur exemple est le fragment de la stèle de Sargon, l'influence sumérienne persiste dans la disposition des scènes en registres et dans divers éléments thématiques : ennemis enfermés dans des filets, vautours, soldatesques. On date aisément les monuments de la génération suivante grâce au changement survenu dans l'armement, l'arc remplaçant les piques. On y décèle aussi une plus grande liberté de facture, un allégement des masses de personnages.

Le monument jusqu'ici considéré comme le plus représentatif de ce renouvellement est la stèle de Naram-Sin, primitivement érigée à Sippar, la ville de Shamash, le dieu Soleil, pour célébrer la victoire du roi Sargonide sur ses voisins Loulloubi. Le dynamisme de la scène, l'élégance du dessin, la souplesse du modelé en relief léger dénotent un style neuf et original, peut-être amorcé dans la statuaire de bronze dès le règne de Sargon si, comme on le suppose, l'admirable tête à la barbe bouclée trouvée à Ninive est bien un portrait de ce souverain.

Des trouvailles isolées, quelques têtes sculptées dans la pierre, deux bustes de femmes provenant respectivement de Bismaia et de Lagash témoignent peut-être d'une sculpture votive analogue à celle pratiquée auparavant par les Sumériens.

L'art des sceaux-cylindres

Les sceaux-cylindres akkadiens se différencient par leur caractère narratif et par le renouvellement de la thématique. La scène du banquet rituel distinctive de la période sumérienne disparaît au profit de récits mythologiques, mettant en scène les aventures des divinités sémites : Shamash, le Soleil ; Sin, la Lune ; Ishtar, déesse de l'Amour et de la Guerre (qui remplacent leurs parallèles sumériens : Utu-Babbar, Nannar et Inanna). Les graveurs akkadiens ont cependant continué à représenter les exploits des héros Gilgamesh et Enkidou et les combats de fauves qui demeureront les thèmes de prédilection du Moyen-Orient à toutes les époques.

Pour en savoir plus, voir l'article akkadien.