En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Our ou Ur

aujourd'hui Tell Muqayyar (Iraq)

Our-Nammou
Our-Nammou

Cité de Sumer, sur le bas Euphrate.

1. L'histoire de la cité sumérienne

1.1. Premiers établissements humains

Le site est occupé pour la première fois à l'époque du grand mouvement de colonisation de la basse Mésopotamie, vers le milieu du VIe millénaire avant J.-C. C'est sans doute, à l’origine, une grosse communauté qui s'établit, tout près du cours suivi par l'Euphrate. Elle subit au millénaire suivant une submersion importante et de longue durée ; l'archéologue britannique sir Leonard Woolley rapprocha cette submersion du mythe mésopotamien du Déluge (→ Épopée de Gilgamesh) et de celui de la Bible.

De la ville, consacrée au dieu-lune Nanna (appelé plus tard Sin), qui naît au IVe millénaire avant J.-C., on connaît d'abord les mystérieuses tombes royales (xxvie siècle avant J.-C.), édifiées à une période où l'on attribuait un pouvoir magique exceptionnel aux souverains, qui se faisaient ensevelir avec toute leur suite de serviteurs, de guerriers et de dignitaires et dont on préparait l'au-delà en accumulant dans leurs caveaux divers trésors (casque d'or, bijoux, armes, harpes, lyres, vaisselle d'or et d'argent).

1.2. Ire dynastie d'Our (xxve siècle avant J.-C.)

La Ire dynastie d'Our (xxve siècle  avant J.-C.), fondée par le conquérant Mesanepada, domine une partie de Sumer. Les rois suivants passent sous la domination des cités d'Akkad (xxiiie siècle avant J.-C.), de Lagash et d'Ourouk (xxiie siècle avant J.-C.).

1.3. L'apogée d'Our : IIIe dynastie (2110-2004 avant J.-C.)

La ville connaît une brillante renaissance avec Our-Nammou, qui fonde la IIIe dynastie d'Our (2110-2004 avant J.-C.), et un empire qui dépasse les limites de la Mésopotamie. Ce roi et ses premiers successeurs (Shoulgi, Amar-Souenna, Shou-Souenna) disposent de ressources immenses tirées de la gestion des biens des temples par les scribes du palais. Ils peuvent multiplier les constructions sacrées – des temples et les premières ziggourats – dans les cités de basse Mésopotamie et surtout dans leur capitale, qu’ils restaurent, et entourent de remparts.

Mais l'empire d'Our s'effondre sous Ibbi-Souen, et les Élamites saccagent la grande cité (2004 avant J.-C.).

1.4. Le déclin avant la domination babylonienne

Our reste encore, pendant un siècle, le port du commerce avec Dilmoun, mais son rôle politique est faible. Disputée entre Isin et Larsa, puis finalement dominée par Babylone, Our n'est plus qu'une ville sainte, dont les néo-babyloniens, Nabuchodonosor II et Nabonide (vie siècle avant J.-C.), restaurent les sanctuaires. Puis les rites cessent (ive siècle avant J.-C.) et la ville est abandonnée vers le iie siècle avant J.-C.

Toutefois, son souvenir ne fut jamais oublié et fut, en particulier, conservé par certains textes bibliques qui y voyaient la patrie d'Abraham.

Pour en savoir plus, voir l'article Sumer.

2. Les découvertes archéologiques

Le tell, qui porte le nom arabe d'al-Muqayyar, maintenant situé à 15 km au sud de l'Euphrate, est dominé par les vestiges de son énorme ziggourat (encore haute de 18 m), qui avaient attiré l'attention des voyageurs. Le premier fouilleur, le Britannique J. E. Taylor, y trouve (1854-1855) les textes qui permettent par la suite d’identifier le site comme « Our des Chaldéens », la patrie d'Abraham, dont parle la Genèse. Puis, après le passage des Anglais R. Campbell Thompson (1918) et H. R. Hall (1919), les Britanniques du British Museum et les Américains de l'University Museum of Pennsylvania s'associent pour une fouille suivie (1922-1934), sous la direction de L. Woolley.

Entourée de remparts, la ville renferme en son centre un vaste ensemble religieux. Les périodes anciennes de son histoire ne sont connues que par des sondages profonds, qui ont livré essentiellement des inhumations (époques d'Obeïd, d'Ourouk et de Djemdet-Nasr, de 4000 à 3000 avant J.-C.). Dans la partie méridionale de l'enceinte sacrée, une vaste nécropole fut exhumée, renfermant des centaines de tombes. Parmi celles-ci, seize tombes, datant de 2600-2500 avant J.-C., furent appelées « royales » par le fouilleur, en raison de la richesse du matériel qu'elles renfermaient. Les chambres funéraires voûtées, construites en briques et en pierres, renfermaient de nombreux corps : personnages « royaux » environnés de leurs serviteurs. Les défunts sont inconnus des listes dynastiques et sont probablement antérieurs à la Ire dynastie d'Our. Les rites funéraires, caractérisés par d'imposants suicides collectifs de serviteurs, ne sont pas attestés par ailleurs. La richesse du matériel funéraire retrouvé n'a pas d'équivalent : vaisselle d'or et d'argent, bijoux de lapis-lazuli, instruments de musique ornés d'incrustations, témoins de l'opulence des dynastes sumériens d'Our et de l'extension de leur réseau commercial (lapis-lazuli d'Afghanistan, stéatite du centre du plateau iranien).

À partir de la IIIe dynastie d'Our, de grands bâtiments furent érigés : temple de Nanna, dont la ziggourat, en briques crues enfermées dans un coffrage de briques cuites, est une des mieux conservées de Mésopotamie, temple Giparku de la déesse Nin-Gal, épouse de Sin, entrepôt ou palais appelé « E.nun.mah », etc. Au sud de l'enceinte sacrée, non loin de la nécropole du IIIe millénaire avant J.-C., se dresse encore l'hypogée du roi Shoulgi, l'un des plus célèbres de la IIIe dynastie d'Our, recouvert d'un bâtiment sans doute destiné au culte funéraire, agrandi par son fils Amar-Souenna. Contrairement à la nécropole royale du milieu du IIIe millénaire avant J.-C., les hypogées de la IIIe dynastie ont été retrouvés vides.

De l'époque des rois d'Isin et de Larsa datent les vastes quartiers d'habitations privées, au sud de l'enceinte sacrée, qui forment un excellent exemple d’urbanisation mésopotamienne au début du IIe millénaire avant J.-C., avec ses belles maisons et ses rues étroites. Le roi Nabuchodonosor avait entouré l'ensemble sacré d'une enceinte percée de vastes portes.