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sarabande

(en esp. zarabanda)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Danse généralement lente et grave, à trois temps, et de structure binaire, caractérisée, sous sa forme classique, par une accentuation sur le deuxième temps de la première mesure.

Son rythme caractéristique est ainsi : noire, noire pointée (accentuée), croche pour la première mesure ; noire et blanche pour la seconde mesure. Certaines sarabandes commencent sur le temps fort, c'est-à-dire le premier temps ; d'autres sur la levée du deuxième temps. Mais ces caractéristiques sont celles qu'a fixées la suite baroque. En réalité, la sarabande a pris des formes variées au cours de son histoire.

Si elle a toujours été connue comme danse d'origine espagnole, son ascendance est peut-être plus lointaine : de l'Andalousie pour certains, de danses populaires féminines de fécondité, pour d'autres. On a dit qu'elle venait de l'Orient, par exemple de chez les Mauresques (père Mersenne), et on a même parlé d'une lointaine filiation aztèque. Au xvie siècle espagnol, on connaissait déjà, comme l'attestent les écrits de Cervantès, deux types de sarabande, l'une vive, l'autre plus lente et compassée. La forme rapide serait celle de la sarabande populaire, qui subit les foudres des pouvoirs ecclésiastiques et séculiers (interdiction temporaire par Philippe II) à cause de sa lascivité et de son impudicité. Il ne faut pas oublier qu'il s'agissait alors d'une danse chantée, dont les paroles à elles seules (sur des sujets amoureux et érotiques) pouvaient la marquer d'un caractère licencieux.

C'est dans les cours françaises, où elle fut introduite vers la fin du xvie siècle, que la sarabande aurait pris sa forme grave et noble et son rythme modéré. Elle se popularise et se propage comme danse instrumentale par les tablatures, les recueils imprimés, comme le Terpsichore de Praetorius.

Les sarabandes qui figurent dans la musique instrumentale italienne du xvie siècle sont plutôt rapides, mais on trouve, en fait, selon les recueils et les écoles, tous les tempos possibles, du lent au vif en passant par le modéré. Des sarabandes figurent dans les sonates, mais surtout dans les nombreuses suites pour clavier de Louis Couperin, François Couperin, Rameau, Froberger, Telemann, Haendel, Jean Sébastien Bach (qui en écrivit une quarantaine et en parsema ses suites, partitas, ouvertures, dont l'ouverture, dite Suite, pour flûte et orchestre à cordes en si mineur). Dans la suite, la sarabande prend place normalement après la courante, et, sous cette forme sublimée et détachée de la danse, elle peut adopter un style extrêmement ornementé, chez Bach notamment.

Par exemple, sarabande de la Suite en « sol » mineur (no 8) pour clavecin de Haendel :

Après la période baroque, la sarabande tomba en désuétude et ne fut plus utilisée que dans une intention historique ou pittoresque. Beethoven a donné un rythme très marqué de sarabande à l'introduction de son ouverture d'Egmont, par allusion au sujet du drame de Goethe (lutte contre la tyrannie espagnole). De même, c'est dans un esprit archaïsant qu'Erik Satie écrivit ses trois Sarabandes pour piano (1887), célèbres pour leurs innovations harmoniques, et qui respectent l'accent sur le deuxième temps ; et que Debussy introduisit une sarabande dans sa suite Pour le piano.