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paléolithique

Outils du paléolithique
Outils du paléolithique

Période la plus ancienne des temps préhistoriques (préhistoire), située en majeure partie à l'âge des glaciations, et caractérisée par l'invention et le développement de l'industrie lithique ainsi que par une économie de prédation.

Le paléolithique se déroule en Europe, dans des conditions climatiques tantôt périglaciaires, tantôt tempérées. Il doit son nom à l'industrie de la pierre taillée (paléolithique vient du grec palaios, ancien, et lithos, pierre), par opposition au néolithique ou âge de la pierre polie qui lui succède à des époques très différentes selon les régions. On le subdivise généralement en 3 stades chronologiques (inférieur ou ancien, moyen et supérieur) aux limites mal définies en raison de très longues périodes de transition et de nombreuses variations de faciès.

Les trois stades du paléolithique

Le paléolithique inférieur

Les débuts du paléolithique correspondent aux premières manifestations d'activité humaine actuellement connues et datées de près de 3 millions d'années : ce sont les galets aménagés ou pebble culture (gisement d'Afrique du Sud et d'Afrique orientale : en Éthiopie et au Kenya) ; en France, les plus anciens (1 800 000 ans) galets aménagés sont ceux recueillis en Haute-Loire, à Chilhac. Une très lente régression de l'outillage sur galets et l'amélioration des techniques de taille amènent vers − 800 000 l'acheuléen, dû à Homo erectus (→ homme). Ces deux industries, façonnant le nucléus primitif, coexistent avec celles, dépourvues de bifaces, qui utilisent l'éclat (clactonien, prémoustérien, etc.), le débitage Levallois connaît vers l'acheuléen moyen un grand développement.

Le paléolithique moyen

Il est essentiellement représenté par des industries de transition qui mènent à un changement de l'équipement, dominé par des outils sur éclats. Ceux-ci correspondent au faciès moustérien, qui se développe à partir des environs de −150 000 avec de nombreuses variantes locales. Elles sont l'œuvre de l'homme de Neandertal (Homo neanderthalensis), qui s'est particulièrement développé en Europe et qui parfois pratique un culte des morts dont on a retrouvé la trace.

Le paléolithique supérieur

Il débute vers −40 000, au cours de l'interstade séparant les deuxième et troisième phases glaciaires de Würm. Il est marqué par l'apparition d'Homo sapiens, l’homme moderne, et se caractérise par une diversification et une spécialisation de l'outil de plus en plus poussée avec abondance du débitage laminaire, et avec la création de l'industrie osseuse. En France, deux traditions technologiques indépendantes se côtoient : le châtelperronien ou périgordien ancien, tributaire d'une technique moustérienne de tradition acheuléenne, et l'aurignacien. Diverses industries lithiques vont ainsi se succéder : après le périgordien supérieur ou gravettien, on trouve vers −18000 le solutréen et ses feuilles-de-laurier et feuilles-de-saule, qui correspond à une période climatique très humide. Avec le retour du froid, le magdalénien ancien prend le relais et poursuit son évolution typologique jusqu'à l'azilien, vers −10 000, contemporain d'un réchauffement climatique qui bouleverse le mode de vie et induit d'autres techniques : celles du mésolithique et celle enfin du néolithique.

L'évolution artistique au paléolithique supérieur

L'existence de préoccupations esthétiques n'est admise qu'en 1860, et l'authenticité d'Altamira (découverte en 1879) n'est reconnue qu'en 1895, après la découverte des gravures et des peintures de La Mouthe. Deux formes d'expression se développent simultanément : l'art mobilier (galets, os gravés, statuettes féminines, et l'art pariétal, qui dans le sud-ouest de la France (Pair-non-Pair, Les Combarelles, Font-de-Gaume, Lascaux, Niaux, Pech-Merle, Angle-sur-l'Anglin, etc.) et dans le nord-ouest de l'Espagne (Altamira, la Pasiega, le Castillo, etc.) forment un ensemble cohérent, souvent dénommé franco-cantabrique.

Plusieurs techniques sont à l'origine de l'art pariétal : simples tracés digitaux sur support tendre, gravures avec outil de silex sur surface dure, sculptures en bas relief, modelage d'argile, dessin et peinture mono- et polychrome. L’abbé Henri Breuil reconnaît des cycles évolutifs successifs. André Leroi-Gourhan propose une chronologie différente en se référant à des arguments stylistiques. Il distingue quatre styles, depuis le style I primitif, correspondant à l'aurignacien, jusqu'à l'apogée du magdalénien, avec les styles III (en partie à Lascaux) et IV, qui présentent une amélioration du modelé et des couleurs. La découverte, près de Marseille, de la grotte Cosquer, contenant des peintures pariétales datées de − 28 000 ans, puis celle de la grotte Chauvet, près de Vallon-Pont-d'Arc, en Ardèche, où les peintures et gravures remonteraient à − 30 000 ans, semblent mettre en cause la progressivité linéaire de cette évolution avec des datations plus hautes pour une manière déjà très accomplie. Les travaux de Leroi-Gourhan restent essentiels pour ce qui est de la fréquence des associations de figures et de signes abstraits et de leur présence à des emplacements identiques de la grotte. Il s'agit d'une organisation volontaire ayant une signification (encore ignorée) mais qui permet d'envisager les grottes ornées comme de véritables sanctuaires.

→ préhistoire

Le mode de vie des populations paléolithiques

Il était essentiellement basé sur une économie de prédateurs (chasseurs-cueilleurs). Les habitats de plein air ou sous-abris révèlent dès l'acheuléen un souci d'aménagement de l'espace. Constructions sommaires et sépultures agrémentées d'ocre existent au paléolithique moyen, alors qu'au paléolithique supérieur Pincevent et Kostienki possèdent de véritables habitations.