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cheval

Jument poney haflinger et son jeune
Jument poney haflinger et son jeune

Mammifère herbivore de grande taille, à un seul doigt par membre, coureur rapide, dont la domestication a joué un grand rôle dans l'essor des civilisations asiatiques et européennes.

Cri : le cheval hennit. La femelle est la jument, le petit le poulain ou la pouliche en fonction de son sexe, le mâle castré le hongre, le mâle reproducteur l’étalon.

1. Classification

sous-espèce : Equus ferus caballus
espèce : Equus ferus
famille : équidé
ordre : périssodactyle
sous-classe : euthérien
infra-classe : thérien
classe : mammifère
sous-embranchement : vertébré
embranchement : chordé

2. Des origines à la domestication

L’évolution de la famille des équidés, dont les plus anciens représentants connus remontent à environ 54 millions d’années, est complexe et mal élucidée. Le genre Equus (qui comprend aussi les zèbres et les ânes) aurait environ 5 millions d’années. L'ancêtre du cheval domestique est apparu sur le continent américain et s'est ensuite largement répandu en Asie puis en Europe. Il y a 30 000 à 13 000 ans environ, il fait l’objet de nombreuses représentations rupestres, en France (grotte Chauvet et Lascaux par exemple) et en Espagne (Altamira). Il y a 10 000 à 15 000 ans, le cheval disparaît d’Amérique – en même temps que toute la mégafaune américaine –, pour n’y réapparaître qu’au début du xvie siècle, introduit par les conquistadores.

Des études génétiques ont montré qu’il devait exister plusieurs types de chevaux sauvages, notamment des petits chevaux à crinière dressée, comme le tarpan (Equus ferus ferus) et le cheval de Prjevalski (Equus ferus przewalskii), qui vivaient plutôt en milieu découvert (steppes, prairies) et des chevaux plus massifs, vivant en forêt. La domestication du cheval se serait produite en différents lieux, les diverses races actuelles de chevaux domestiques (Equus ferus caballus) trouvant leur origine chez l'une ou l'autre de ces formes sauvages.

Pour en savoir plus, voir l'article races de cheval.

La date de la domestication du cheval est, comme celle de nombreux autres animaux, sujette à controverses. On sait que, vers 3 500 ans avant J.-C., des chevaux étaient domestiqués dans les steppes d’Asie centrale. En effet, sur un site archéologique situé dans le nord du Kazakhstan (culture Botai), on a retrouvé des mors en bois de cerf, remarqué sur les dents des chevaux des traces d'usure provoquées par ces mors, et identifié des traces de lait de jument sur des éléments de poterie. De plus, les ossements équins mis au jour sur ce site sont proches de ceux des chevaux domestiques, mais différents de ceux des chevaux sauvages de la même époque.

Petit à petit, les chevaux sauvages se sont réfugiés dans des zones à l'écart des hommes : grandes forêts d'Europe de l'Est ou étendues sauvages de l'Asie. Les derniers tarpans sauvages se sont éteints à la fin du xixe siècle et le cheval de Prjevalski, redécouvert en Mongolie en 1879, ne vit plus aujourd'hui que dans des réserves ou en semi-liberté.

Certains chevaux, cependant, tels les mustangs d'Amérique du Nord, vivent en totale indépendance de l'homme ; ce ne sont pas des chevaux sauvages à proprement parler, mais les descendants d’individus domestiques échappés et redevenus sauvages (chevaux féraux).

3. Utilisations

Depuis sa domestication, le cheval a été utilisé par l’homme de diverses manières.

Très vite, et pendant plus de 3 000 ans, il a été un élément important des armées ; il n'y tient plus désormais qu'un rôle figuratif dans les manifestations officielles. Certains pays sont toutefois dotés d'une police montée (Canada, par exemple).

Il a été pendant longtemps l'un des plus efficaces moyens de transport, d'hommes et de marchandises, et par là même un moyen de communication (service postal), et il a effectué un travail considérable dans les champs et dans les mines. Dans de nombreux pays en voie de développement, il est encore, à tous ces titres, très précieux.

Dans les pays industrialisés, on reconnaît encore aux chevaux quelques avantages sur la machine dans des cas bien particuliers (débardage du bois dans les forêts, par exemple) mais sa participation directe à la vie économique a considérablement diminué. On l'élève toujours pour sa viande mais, progressivement, son utilisation pour le sport et les loisirs est devenue prédominante.

Pour en savoir plus, voir l'article soins et santé du cheval.

Apparues d'abord en Angleterre au xviiie siècle, les courses (de galop, de trot ou d'obstacles) sont pratiquées maintenant dans nombre de pays et font l'objet de paris, où de grosses sommes d'argent sont mises en jeu. Le saut d'obstacles, le dressage et d'autres disciplines (voltige, attelage, raid d'endurance…) font l'objet de divers concours. Le cheval joue également un rôle important au polo, dans les corridas, les rodéos, au cirque, dans les chasses à courre, etc. Enfin, le tourisme équestre s'est beaucoup développé ces dernières années.

Le cheval est aussi utilisé pour sa viande, consommée de façon traditionnelle en Europe et en Asie. En Asie centrale, le lait de jument sert à réaliser une boisson fermentée, mais il est d’une consommation plus marginale en Occident (bien qu’en augmentation, en raison des diverses vertus thérapeutiques qu’on lui prête).

4. Anatomie et physiologie

Comme le zèbre et l'âne, le cheval (Equus ferus) est un mammifère de la famille des équidés, famille appartenant à l'ordre des périssodactyles. Ces derniers sont des ongulés (leurs ongles, bien développés, forment des sabots) avec un nombre impair de doigts. Les équidés, pour leur part, n'ont qu'un seul doigt bien développé à chaque patte.

4. 1. L'aspect extérieur

On distingue l'avant-main, région située en avant du cavalier en selle, et l'arrière-main, en arrière du cavalier. La morphologie détermine les aptitudes d'un cheval (traction, galop, course, saut…). La robe (ensemble du pelage) a des couleurs variées. Les crins (poils de la crinière et de la queue) peuvent avoir la même couleur que les autres poils (exemple : robe alezane, de couleur brun-rouge) ou, au contraire, une couleur différente (exemples : robe baie, aux poils bruns et aux crins noirs ; ou, chez le cheval de type palomino, crinière blanc argenté tranchant sur les poils jaune doré). Des poils de diverses couleurs peuvent être mêlés sur tout le corps (exemple : robe rouanne, à poils blancs, noirs et roux) ou former des taches, petites ou grandes (robe pie).

4. 2. Le squelette et la dentition

Le squelette et la musculature du cheval traduisent une bonne adaptation à la course. Chaque patte compte un doigt unique, dont seule l'extrémité, protégée par l'ongle (ou sabot), repose au sol (le cheval est dit « onguligrade »). La réduction de la surface reposant au sol est un avantage pour se déplacer rapidement. Le canon est la partie du membre correspondant au métacarpe (ensemble des os constituant chez l'homme la paume de la main) ou au métatarse (pour les membres postérieurs) ; ces os sont allongés, permettant ainsi de longues foulées. Les muscles sont puissants et les divers tendons qui assurent leur insertion sur les os sont mis à rude épreuve pendant la course.

La denture du cheval est bien adaptée à son régime herbivore. Les canines sont absentes chez les femelles, petites chez le mâle. Les incisives (6 en haut, 6 en bas) ont une extrémité en biseau, utile pour couper l'herbe. Les prémolaires et molaires sont hautes et présentent une table d'usure, constituée de crêtes d'émail, sur laquelle peuvent être broyées les herbes les plus dures (comme certaines graminées, riches en silice).

4. 3. La perception

Le champ visuel est limité vers le bas par le chanfrein (l’avant de la tête, jusqu’aux naseaux), mais très étendu sur les côtés. Les œillères que l'on place sur la tête du cheval limitent son champ de vision et lui évitent des distractions lorsqu'il travaille. L'acuité des chevaux est difficile à définir et varie selon les races : 75 % des chevaux de trait sont myopes. L'odorat est bien développé, de même que l'ouïe ; la grande mobilité des oreilles permet à l'animal de capter au mieux les sons environnants.

4. 4. Le maintien et les allures

Un bon cheval doit avoir un bon équilibre, déterminé par la position de son centre de gravité. Les aplombs (positions des membres lorsque le cheval est debout au repos) sont particulièrement importants pour les chevaux de course ; ils doivent être bien verticaux. Le cheval peut également adopter la station couchée (décubitus). Lorsqu'il exécute des mouvements sur place, cela peut être un cabrer (pattes avant soulevées), une ruade (pattes arrière soulevées) ou un piaffer (levant en même temps la patte avant droite et la patte arrière gauche, puis les deux autres pattes).

Le cheval se déplace selon différentes allures, dont les principales sont le pas, le trot et le galop. Le pas est à 4 temps, car chacun des 4 pieds est soulevé successivement ; il est diagonal (lorsqu'un pied se pose, c'est celui qui lui est opposé en diagonale qui se soulève). La vitesse normale est environ de 6 km/h ; au trot, elle est de 14 km/h, tandis que le cheval au galop va de 20 km à 60 km/h.

4. 5. La digestion

La digestion de l'herbe est lente et nécessite un intestin très long et d'un grand volume. La mastication est lente, mais complète. L'estomac est assez réduit et ne garde que peu de temps les aliments ; le passage dans l'intestin grêle (long de 22 m et de 3 ou 4 cm de diamètre) est assez rapide, mais le séjour dans les réservoirs volumineux du gros intestin (cæcum : 30 à 35 l ; gros côlon : 80 à 90 l) est prolongé.

4. 6. La reproduction

La maturité sexuelle du cheval survient vers 18 mois. Le cheval mâle peut être castré et reçoit alors le nom de « hongre ». Chez un étalon (cheval mâle non castré), la fonction reproductrice peut débuter entre 2 et 4 ans. Il peut à tout moment effectuer une monte, c'est-à-dire féconder une femelle (jument) ; cette dernière, en revanche, peut être fécondée uniquement pendant les quelques jours de la période des chaleurs, période revenant en moyenne tous les 22 jours, de février à l'automne. La gestation dure en moyenne 11 mois.