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chasse

Jean Siméon Chardin, Lièvre mort avec poire à poudre et gibecière
Jean Siméon Chardin, Lièvre mort avec poire à poudre et gibecière

Action de chasser, de guetter ou de poursuivre les animaux pour les prendre ou les tuer.

CHASSE

La chasse a toujours mêlé le plaisir de la traque et l'espoir du festin. La noblesse féodale y voyait un moyen d'entretenir des aptitudes guerrières. Toute une peinture de genre, représentant des tableaux de chasse, a été l'expression d'un mode de vie séculaire. La chasse ne s'est démocratisée qu'après l'abolition des privilèges. De sa longue histoire aristocratique, il reste un patrimoine de grands massifs forestiers et la survivance de la chasse à courre.

Les principaux modes de chasse

La battue

Elle est réservée au gros gibier des forêts (cerf, chevreuil, sanglier) et au gibier de garenne (lapin, faisan, perdrix). Distants de 50 m les uns des autres, les rabatteurs, précédés par la meute des chiens fouillant les fourrés, progressent vers les tireurs, postés aux endroits où le gibier est susceptible de passer. La battue ratisse de cette manière chaque territoire, parcelle de forêt ou champ servant de refuge aux animaux recherchés.

La chasse au chien d'arrêt ou au chien courant

Ce sont les façons de chasser le plus courantes pour le petit gibier. Elles sont pratiquées avec un ou deux chiens d'arrêt, par un chasseur solitaire ou un petit groupe, prospectant les lieux où l'animal – lièvre, lapin, faisan, perdrix – se tient blotti. Les chiens s'arrêtent lorsqu'ils l'ont repéré, donnant ainsi le signal de tirer.

La chasse au chien courant est surtout adaptée au lièvre et au renard.

L'approche

C'est la technique du chasseur solitaire, sans chien, qui tente de parvenir à portée de fusil de l'animal, sans être vu, ni entendu, ni senti par lui. Elle s'effectue contre le vent, en se dissimulant sans cesse. Elle est réservée au chevreuil en forêt et au chamois en montagne. L'approche du cerf n'est possible que par grand vent.

L'affût

Il est particulièrement adapté aux oiseaux (gibier d'eau). Chasse statique, sans chien, il se pratique dans des abris souvent très élaborés : abris clos dans les arbres, à des mètres de hauteur, pour les cervidés ; « palombières » pour les palombes et les tourterelles, également chassées en embuscade sur des cols de montagne. Le canard est souvent chassé à partir d'abris, avec des « appelants » (canards domestiques). Ce type de chasse nécessite de très longs temps d'attente, parfois infructueuse. Des appelants ou d'autres dispositifs (miroirs) servent à attirer les grives et les alouettes.

La chasse à courre

Elle consiste à traquer un animal à l'aide d'une meute de chiens jusqu'à ce que ceux-ci parviennent à l'encercler. L'équipage des chasseurs suit à cheval (grande vènerie) ou à pied (petite vènerie). En France, les équipages de grande vènerie chassent le cerf, le sanglier, le chevreuil ; en Grande-Bretagne, ils chassaient aussi le renard, mais la loi le leur a interdit en 2004. La petite vènerie a pour proie le lièvre.

Chasse et écologie

Dès le début du xixe s., la chasse s'est trouvée associée à la propriété de la terre, devenant le loisir rural qu'elle est encore aujourd'hui. Mais, dans les pays développés, elle est en déclin du fait de la diminution de la population agricole et se voit contestée par les mouvements écologistes. L'Union européenne intervient de plus en plus dans le domaine de la protection des espèces sauvages. En application de la directive « Habitats », qui a introduit le principe de la sauvegarde des milieux des espèces (1992), un réseau d'espaces protégés s'est mis en place. Cette politique a suscité, en France, de nombreuses résistances, qui, lors des élections européennes, s'expriment par les listes « Chasse, pêche et traditions ».

Pour protéger la faune sauvage et maintenir un équilibre entre la densité du gibier et le milieu, des réserves de chasse et des plans de chasse sont établis. Les réserves cynégétiques sont des espaces d'un seul tenant sur lesquels il est interdit de chasser pendant la période de chasse. Le plan de chasse permet de fixer le nombre de têtes de gros gibier à tirer sur chaque territoire de chasse. Par ailleurs, les chasseurs n'exercent plus un prélèvement aveugle et incontrôlé. Les nouvelles pratiques donnent la priorité à la gestion des populations animales afin d'en assurer le renouvellement. De même se développe le souci de l'aménagement des territoires de chasse, de manière à créer des biotopes favorables à l'expansion harmonieuse des espèces.

DROIT

La chasse est, depuis la Révolution française, considérée comme une liberté. Mais celle-ci est encadrée à l'échelon national, départemental et communal. Le Conseil national de la chasse et de la faune sauvage et l'Office national de la chasse et de la faune sauvage ont pour mission de développer le capital cynégétique et de veiller à l'exercice de la chasse. L'Office dispose de la garderie nationale en charge de la police de la chasse.

Les structures

La Fédération nationale des chasseurs réunit les fédérations départementales et interdépartementales. La France est découpée en sept regroupements de régions cynégétiques pour tenir compte des particularités écologiques.

Les fédérations départementales sont placées sous la tutelle du préfet, qui est assisté du Conseil départemental de la chasse et de la faune sauvage. Le préfet fixe une période d'ouverture générale avec, le cas échéant, des périodes propres à chaque espèce. Il fixe également le plan de chasse en répartissant la nature et le volume des prises, contrôlées par l'attribution de marquages et de bracelets devant être apposés sur les animaux tués.

Au sein des communes, des associations sont constituées pour organiser les actions de chasse. Les propriétaires ont le droit de refuser la chasse sur leur propriété à condition qu'ils ne chassent pas eux-mêmes, matérialisent par une signalisation l'interdiction de chasser et procèdent à la destruction des animaux nuisibles.

Les obligations

Nul ne peut chasser s'il est âgé de moins de seize ans ou atteint de causes d'incapacités (alcooliques dangereux, personnes ayant fait l'objet de certaines condamnations, etc.). Le chasseur doit être titulaire d'un permis de chasser, obtenu après un examen, portant notamment sur le gibier et la faune sauvage, les armes, munitions et règles de sécurité. Le permis, obligatoirement porté par le chasseur, doit être validé chaque année auprès de la mairie du domicile, après paiement d'une redevance cynégétique nationale (droit de chasse sur tout le territoire) ou départementale (droit de chasse sur le département et les communes limitrophes).

Il est interdit de chasser sur le terrain d'autrui sans son consentement. La chasse est prohibée de nuit ou avec l'emploi de moyens particuliers (véhicules, armes à visée laser, etc.). Des interdictions temporaires peuvent être décidées par le préfet dans des circonstances particulières (neige, gel, incendie, inondation, etc.).