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environnement

(de environner)

Rizières en Chine.
Rizières en Chine.

Ensemble des éléments physiques, chimiques ou biologiques, naturels et artificiels, qui entourent un être humain, un animal ou un végétal, ou une espèce.

1. L’environnement, mosaïque d’écosystèmes

1.1. L’écosystème, élément de base de l’environnement

Les êtres vivants d'une même espèce présents dans un lieu donné, ou biotope, forment des populations (dont les individus peuvent être dispersés ou regroupés). L'ensemble des populations d'espèces différentes représente une communauté vivante, ou biocénose. Celle-ci comprend un nombre d'espèces plus ou moins grand suivant les conditions du milieu et l'ancienneté du peuplement. Le biotope étant, par définition, un territoire homogène, les conditions y sont relativement constantes à un moment donné.

L'ensemble, formé par un milieu physique (le biotope) et une communauté vivante (la biocénose), est un écosystème, élément de base de l'environnement. La notion d'écosystème, si elle s'avère très utile, est néanmoins assez abstraite. En effet, elle peut correspondre à de grands ensembles naturels (un lac, une mer, une forêt…) mais également à des zones très réduites (une couche d'eau dans un étang, une haie, un fossé…). En outre, les écosystèmes ne sont pas isolés les uns des autres mais en interaction permanente, ce qui complique l'élaboration de modèles théoriques. L'ensemble des écosystèmes de la planète forme la biosphère, qui correspond à la (faible) portion de la Terre et de l'atmosphère favorable à la vie.

1.2. Des équilibres dynamiques et fragiles

Les écosystèmes en bonne santé sont en équilibre. Cet état se traduit pas par une stabilité stricte de leurs peuplements et de leur fonctionnement, mais plutôt par des oscillations modérées qui se régulent elles-mêmes (par exemple une augmentation de la population de proies une année va conduire l’année suivante à une plus grande abondance de prédateurs – mieux nourris, ils se reproduisent mieux –, qui va entraîner à son tour un contrôle de la population de proies). Cet équilibre dynamique s'avère cependant fragile et peut être ébranlé par des éléments ou des agressions extérieurs (notamment liés aux activités humaines).

Au niveau de la biosphère, les équilibres naturels se maintiennent grâce à la constance des taux de certains éléments chimiques (oxygène, dioxyde de carbone, azote, etc.), à la régulation des oscillations des peuplements et au bon fonctionnement des chaînes alimentaires, au maintien d'une certaine diversité des espèces et à l'absence de perturbations trop violentes.

1.3. Écosystèmes naturels et artificiels

Il ne reste plus guère d'espaces entièrement naturels à la surface de la Terre, qui ne portent l'empreinte des activités humaines. Il existe même de nombreux écosystèmes artificiels, créés et entretenus par l’homme : c’est le cas notamment des écosystèmes modifiés par les pratiques agricoles (agrosystèmes). Certains, comme la futaie jardinée en milieu tempéré constituent des systèmes stables. Cependant, la plupart des agrosystèmes sont des systèmes immatures par rapport à la forme achevée de tout écosystème (climax), qui est la forêt. Ils sont maintenus à un niveau rudimentaire de la succession naturelle des peuplements végétaux, qui va des formes herbacées aux formes arborescentes. C’est le cas par exemple des landes à bruyères, pour l’essentiel nées sur les sols déboisés par l’homme (certaines toutefois sont des végétations naturelles de sols pauvres), et qui sont entretenues par des pratiques agropastorales, des défrichements ou des incendies. Livrées à elles-mêmes, elles se couvrent progressivement d’arbustes puis d’arbres.

D'un point de vue écologique, les agrosystèmes sont instables et fragiles du fait d'une structure souvent limitée à une seule espèce (cas des champs cultivés) ou un seul type d’espèces végétales.

2. Les principaux milieux naturels

Un écosystème se caractérise principalement par son biotope et, en milieu terrestre, par sa végétation dominante. La faune, quant à elle, est fortement dépendante de l'environnement végétal. Ainsi, la notion de formation végétale permet-elle une classification écologique simple des milieux naturels terrestres. Les grandes formations végétales du globe (forêt tropicale, forêt boréale, prairie, toundra, etc.) sont des biomes.

Dans les régions les plus arides (Sahara, désert du Namib, désert Mojave, Gobi, déserts du centre de l'Australie, etc.), la végétation et la faune sont discrètes, mais présentes. Quant aux milieux polaires (banquise et glaciers arctiques, inlandsis de l'Antarctique), ils sont pratiquement dépourvus de végétation terrestre (à l'exception de quelques mousses et lichens en marge des glaciers) et la faune y survit grâce aux ressources marines.

Tous ces milieux, jusqu'aux plus extrêmes (eaux saumâtres, sources hydrothermales océaniques, grottes…) abritent de multiples formes de vie, et peuvent être considérés comme des écosystèmes particuliers. Il en est de même des milieux transformés par l'homme (champs cultivés, zones urbaines, etc.).

3. Impact des activités humaines sur l’environnement

3.1. Des agressions d’une importance sans précédent

L’espèce humaine a commencé à modifier son environnement dès sa sédentarisation, il y a environ 10 000 ans. On peut associer à ce changement radical de mode de vie (en comparaison de celui des chasseurs-cueilleurs), les débuts de phénomènes comme la pollution anthropique et la déforestation. Il n'est pas de société humaine dont l'activité soit sans impact sur la nature : la maîtrise du feu, les coupes de forêts pour le défrichement, l'enlèvement de l'humus (écobuage) ont, entre autres, largement contribué à la dégradation des milieux naturels.

Cependant, les agressions contre l’environnement restaient réduites, localisées ou temporaires. Les menaces qui pèsent aujourd’hui sur les écosystèmes sont multiples et souvent globalisées. Elles découlent de l'apparition de la civilisation industrielle, grande consommatrice de ressources naturelles et inductrice de pratiques agricoles agressives s'intensifiant avec l'explosion de la démographie. Avec la révolution industrielle, dont on peut fait remonter les origines au xviiie s., a commencé l’ère des pollutions massives et généralisées, de l’agriculture intensive (associée à un usage croissant de produits chimiques et à une perte de diversité des espèces cultivées et élevées), de la pêche industrielle (début du xxe s.).

La déforestation moderne, mondialisée, a quant à elle débuté vers 1950. Désormais, la pollution ne peut plus être résorbée par les processus naturels d'autoépuration ; elle perturbe les cycles biochimiques et géochimiques de la planète. Certains chercheurs ont proposé le terme d’anthropocène pour qualifier cette période de l’histoire de la Terre caractérisée par la domination de l’espèce humaine sur la planète et les conséquences environnementales sans précédent en découlant.

Les dégradations se traduisent par la destruction continuelle de l'environnement physique (les biotopes), par une diminution de la diversité des communautés vivantes (les biocénoses), par des ruptures dans les cycles des éléments minéraux nécessaires à la vie, et par des atteintes du cycle de l’eau (changement des régimes de précipitations, pluies acides, pollution chimique de certaines eaux souterraines ou de source...).

3.2. Une multitude de menaces

L'urbanisation, les programmes routiers et autoroutiers, le bétonnage des littoraux, l'industrialisation, l’agriculture intensive et la croissance démographique sont responsables de la destruction de nombreux biotopes pour gagner des terrains à coloniser, aménager ou cultiver. Ainsi les monocultures telles le soja et l’huile de palme sont-elles responsables de la destruction de millions d’hectares de forêts à travers le monde, notamment des forêts tropicales, véritables réservoirs de biodiversité. À l'échelle de la planète, la stérilisation des sols, leur érosion et la désertification qui s'ensuit résultent des atteintes au couvert végétal. Ce phénomène privera très rapidement les générations futures d'une énorme part de ressources.

Les pollutions liées à l'industrie, aux transports (en particulier l'automobile), aux effluents domestiques et à l’agriculture intensive (engrais, pesticides, herbicides) affectent l'air, l'eau et les sols, portant atteinte à la fois aux êtres vivants dans leur ensemble et à l'homme dans sa santé et dans ses ressources. Les pollutions liées à l'industrie, aux transports (en particulier l'automobile), aux effluents domestiques et à l’agriculture intensive (engrais, pesticides, herbicides) affectent l'air, l'eau et les sols, portant atteinte à la fois aux êtres vivants dans leur ensemble et à l'homme dans sa santé et dans ses ressources. La pollution des eaux a atteint, dans certaines régions, des proportions catastrophiques.

Les matières peu ou non biodégradables (comme les plastiques) s’accumulent partout, jusque dans les régions les plus reculées de la planète, que l’on aurait pu croire à l’abri des activités humaines. Ainsi les eaux et les littoraux antarctiques sont-ils affectées par une importante pollution par le plastique (de 1 000 à 50 000 morceaux de plastique par km2). Dans tous les océans, on trouve également des plaques flottantes de déchets plastiques, qui s’accumulent sous l’effet de la circulation des courants. Celle du Pacifique Nord est tellement vaste qu’elle a reçu le nom de « continent de plastique » : en fait, les déchets étant essentiellement représentés par des morceaux de petite taille résultant de la décomposition des plastiques, il s’agit plutôt d’une immense « soupe de plastique », qui s’étend jusqu’à 30 m de profondeur sur une superficie équivalente à six fois la France. Le milieu marin subit de nombreuses autres pollutions. Outre les marées noires, spectaculaires mais accidentelles, est pris comme déversoir pour des résidus industriels provenant, notamment, de l'extraction et du traitement des minerais. Par ailleurs, le Rhin et l'Elbe, pour ne citer que des fleuves européens, rejettent chaque année dans la mer du Nord quelque 700 000 tonnes de nitrates et plus de 60 000 tonnes de phosphates. Ces substances proviennent des engrais chimiques qui sont utilisés par l'agriculture. Entraînées par le ruissellement, elles contaminent les cours d'eau et les nappes phréatiques.

Quant aux déchets de l'industrie nucléaire, ils peuvent provoquer une contamination radioactive persistant dans l’environnement pendant des milliers d’années. Il serait difficile de dresser une liste exhaustive de toutes les substances qui se dispersent dans l'atmosphère, dans les eaux douces, dans les mers et dans les sols. Même les substances biodégradables deviennent polluantes lorsque leur concentration excède la capacité d'autoépuration de la nature.

On assiste aussi, avec la colonisation continuelle de nouveaux milieux par l'homme, à la disparition massive de nombreuses espèces animales sous l'action de plusieurs facteurs : destruction des biotopes, surexploitation (surpêche, chasse, braconnage), pollutions diverses et parfois introduction intempestive d'espèces étrangères.

3.3. L’équilibre de la planète ébranlé

Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, les équilibres globaux qui ont assuré la pérennité de la vie semblent tout entiers menacés par les effets des activités et de la démographie humaines : production croissante de gaz carbonique et d’autres gaz à effet de serre responsables d’un réchauffement de l’atmosphère aux conséquences multiples (réchauffement climatique), destruction de la couche d'ozone protégeant la surface terrestre contre les rayons ultraviolets nocifs, pression croissante sur les ressources naturelles comme les sources d’énergie fossile (pétrole, gaz naturel, charbon), les ressources halieutiques (poissons, mollusques, crustacés, algues) ou la forêt tropicale, effets sur la santé animale et humaine, etc.

3.4. Des accidents tragiques

S’ils ne sont que des cas particuliers au milieu de l’immensité des atteintes portées à l’environnement à l’échelle de la planète, les accidents environnementaux, par leur aspect spectaculaire et anxiogène, contribuent à la prise de conscience de l’opinion publique et des gouvernants.

De 1932 à 1966, le déversement dans la baie de Minamata, au Japon, de déchets industriels contenant des centaines de tonnes de mercure a provoqué l'intoxication de milliers de personnes qui avaient mangé des poissons et des coquillages, se soldant par des symptômes neurologiques graves (maladie de Minamata), la naissance d’enfants porteurs de malformations, etc. Officiellement, 13 000 personnes ont été touchées, mais le nombre réel de victimes pourrait avoisiner les 50  000. En janvier 2013, 140 États ont donné leur accord pour la création de la Convention de Minamata, un traité juridiquement contraignant sur les émissions de mercure.

L'échouage du Torrey Canyon, en 1967, à 15 km des côtes britanniques, est à l'origine de la première marée noire. Elle a été suivie par d'autres, notamment celle de l'Amoco Cadiz, en 1978 (dans le Nord-Finistère), celle de l'Exxon Valdez, en 1989 (en Alaska), celle de l'Ægean Sea en 1992 en Espagne ou encore celle due à l’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique en 2010. En 1972, l'usine Montedison immerge ses résidus (contenant de l'acide sulfurique et des métaux lourds) dans la Méditerranée : les déchets laissant sur la mer des traînées rouges de 20 km, ce fut l'« affaire » des boues rouges. Un accident survenu à l'usine de Seveso, près de Milan, provoque l'émission d'un nuage de dioxine, en 1976 : les animaux meurent, la végétation est détruite, la population est atteinte d'éruptions cutanées et de vomissements ; on enregistrera la naissance d'enfants anormaux.

En 1984, dans la ville de Bhopal, en Inde, une fuite de gaz toxique (méthylisocyanate) dans une usine d'insecticides de la société américaine Union Carbide, provoque la mort de près de 3 800 personnes. Un incendie à l'usine chimique Sandoz à Bâle (Suisse), en 1986, entraîne une forte pollution du Rhin (1 200 t de mercure), empoisonnant la faune et la flore aquatiques et privant momentanément les riverains d'eau potable.

Le bilan de la catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine), en 1986 a été estimé, officiellement, dès le début des années 1990 à : 32 morts, 2 millions d'hectares contaminés, 300 000 personnes placées sous surveillance médicale. En 2011, l’accident nucléaire de Fukushima, au Japon, dû à un tsunami, aurait relâché dans l’environnement l’équivalent de 10 % des quantités de substances radioactives émises par Tchernobyl. Il a notamment mis en évidence les défauts de conception d’une centrale construite en pleine zone sismique.

4. La protection de l'environnement

Considérés ensemble, ces problèmes représentent un danger pour l'humanité et pour la vie elle-même. Les conditions d'existence des générations futures sont tributaires d'une action internationale rapide, scientifique, mais aussi économique et politique.

Dans les pays industrialisés, l'ampleur des dégâts a provoqué une prise de conscience de l'opinion publique, stimulée par les mouvements écologistes. Des mesures de prévention et de lutte pour diminuer ou au moins stabiliser la pollution ont été envisagées à l'échelle internationale par les États industriels. Ainsi, une politique de protection de l'environnement se met lentement en place. L'interdiction de certaines substances chimiques (l'une des premières et retentissantes interdictions fut celle du DDT), la distribution d'essence sans plomb, la réglementation des aérosols, la meilleure gestion des ressources (économies d'énergies) en sont quelques exemples. Conjointement, de nouvelles techniques de dépollution sont progressivement mises en place.

→ protection de l'environnement