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bijou

(breton bizou, anneau, de biz, doigt)

Pendentif aux abeilles
Pendentif aux abeilles

Objet de parure précieux par la matière ou par le travail.

Origines

C'est vraisemblablement à l'âge de la pierre qu'apparaissent les premiers bijoux : colliers, bagues, bracelets, pendeloques. Ils sont alors faits de coquillages, de schistes, ou de dents d'animaux. Grâce aux très nombreuses parures trouvées dans les tombes néolithiques, et aux fresques rupestres, vestiges de cette époque (Levant espagnol, Sahara) on sait que ces ornements étaient variés, et parfois somptueux.

Le goût pour les bijoux se développe à mesure que la hiérarchie sociale et le commerce s'organisent, et que s'impose le besoin de distinction extérieure d'âge, de caste ou de famille.

Un très simple outillage transforme sans heurt la civilisation de la pierre en civilisation du métal, et, dès le dernier tiers du IIIe millénaire, on connaît l'emploi du cuivre, du bronze et de l'or, en particulier. Les formes des bijoux restent assez simples, car l'homme ne sait pas encore souder les métaux ; il façonne pourtant l'or et le bronze avec une réelle habileté, parvenant à les réduire en lames minces pour les repousser au marteau, et confectionner ainsi des ornements de boucliers, de casques ou de glaives. Il sait également étirer les métaux en fils, qu'il transforme en bagues et en bracelets, ornés de spirales et de courbes.

Avec l'industrie du fer, apparaissent celles du verre et de l'argent. L'emploi de l'or et de l'argent pour la fabrication des colliers, pendeloques, bracelets, bagues et fibules (agrafes, ou boucles, employées pour fermer les vêtements) va donner naissance à des bijoux d'une conception nouvelle. Leur style les différencie nettement des bijoux de l'âge du bronze ; il s'oriente le plus souvent vers une géométrie rectiligne où les formes dominantes sont les parallélogrammes et les formes angulaires.

Le monde antique

Égypte

Dès la préhistoire égyptienne, les bijoux en or, ivoire ou silex, préfigurent les formes et les techniques des époques suivantes. Ils sont élégants, et la nature fournit les principaux thèmes décoratifs. Diadèmes, colliers, bracelets, et boucles d'oreilles, sont décorés de scarabées, de poissons, d'éperviers, de sphinx ou de fleurs de lotus. Les colliers sont pourvus de petites pendeloques et formés de pièces diverses, taillées, puis enfilées ou ajustées.

Dans l'Égypte ancienne, les métaux utilisés sont l'or surtout, l'argent rarement, parfois le cuivre. Par martelage, l’artisan bat le métal pour lui donner l'ébauche de sa forme, en le frappant par petits coups sur un support rigide ; par repoussage, il travaille une mince lame de métal reposant sur un mastic souple. Certaines opérations se font à chaud, comme la soudure, qui permet de relier entre eux deux détails d'un bijou, ou le filigrane. Comme son nom l'indique, cette dernière technique consiste à fondre le métal en fils très minces, que l'on fait s'entrelacer minutieusement selon les motifs désirés. Le filigrane donne des décors légers et aérés, et présente l'avantage de n'exiger qu'une petite quantité de métaux précieux.

Les techniques varient relativement peu d'une civilisation à l'autre, de même que les différents types de bijoux fabriqués. Ce sont les formes et les motifs décoratifs qui changent : ils sont caractéristiques de chaque peuple et de chaque civilisation.

Les bijoux du Moyen Empire comptent parmi les plus beaux (colliers à pectoral du temps de Sésostris III, diadèmes d'Ita et de la princesse Khnoumit), et l'on pratique déjà, à cette époque, l'incrustation de pierres semi-précieuses et la technique du cloisonné. Celle-ci consiste à façonner, sur un fond de métal, de petites cloisons de la même matière, qui forment des sortes d'alvéoles, dans lesquels sont placées les pierres, ou les pâtes de verre coloré, destinées à rehausser le bijou.

Avec le Nouvel Empire, l'emploi du verre coloré se substitue à celui des pierres, dans un décor moins aéré.

Grèce

Les Grecs traduisent dans leurs bijoux leur sens des proportions, leur goût de l'équilibre et de la mesure, tout en s'inspirant de la nature. Boucles d'oreilles, colliers, fibules, bracelets, formés d'alliages simples, sont ornés de feuillages, de fleurs, d'animaux, finement ciselés. L'effet décoratif est accru par la mobilité des motifs, suspendus à des chaînettes plates ou cylindriques. Les Grecs connaissent toutes les formes de bijoux. Ils savent employer l'or en filigrane, en granulation, en tresses ; certains bijoux conservés au Louvre ont été obtenus par le procédé de la fonte à la cire perdue. La Grèce n'emploie pratiquement pas les pierres serties, mais préfère les pierres de couleur qui peuvent se graver ou se sculpter (cornaline, améthyste, sardoine).

Moyen Orient

Au Moyen-Orient, les tombes royales d'Our ont livré de nombreuses parures en or. En Perse, les bijoux provenant de la nécropole de Suse (bracelets ouverts, et boucles d'oreilles en croissant décorées de pierres colorées sur fond d'or) sont incrustés de turquoises et de lapis-lazuli. Sur ce territoire se sont fait jour des influences diverses ; ainsi le trésor de l'Oxus, au British Museum, composé de plaques d'or, de bracelets, de bagues, témoigne de l'influence scythe.

Phénicie et Étrurie

Les Phéniciens et les Étrusques expriment leur raffinement dans des compositions symboliques. Ils emploient davantage les pierres précieuses, qui alternent avec les motifs d'or repoussé et rehaussent les bijoux de couleurs chatoyantes.

Rome

Les Romains, qui disposent d'or en abondance, ce qui leur permet de satisfaire leur passion pour les parures, s'attachent surtout à la quantité d'or, et au volume des pierres précieuses ; parmi les plus beaux bijoux romains, il faut citer les camées (pierres gravées en relief) et les intailles (pierres gravées en creux).

La bijouterie s'inspire de la Grèce pour des productions plus riches quant à la matière, mais plus lourdes quant au style.

Byzance

Dans l'Empire romain d'Orient, la civilisation byzantine donne naissance à un art raffiné, l'orfèvrerie faisant surtout appel à la technique des émaux.

Des Barbares aux Vikings

Les Barbares

L'art barbare est constitué de multiples influences. Purement ornemental, il est caractérisé par les représentations animales et la technique du cloisonné, avec une prédilection pour la couleur, alliée au décor géométrique. Les Barbares qui envahirent l'Empire romain au ve s. après J.-C. étaient passés maîtres dans l'art de travailler les métaux, comme le révèlent les objets trouvés dans les tombes franques, burgondes et wisigothiques. Les nombreux brassages de peuples, consécutifs aux invasions, donnent lieu à de considérables échanges d'influence.

Diffusion des modèles

Par l'intermédiaire des Barbares, certaines techniques, et certains motifs décoratifs, sont diffusés sur une vaste aire culturelle, depuis l'Europe centrale jusqu'aux pays anglo-saxons et à l'Afrique du Nord. Ainsi s'expliquent le large emploi du bronze, du cuivre et de l'or, et la robustesse des bijoux de l'époque (qui rappellent souvent la production de l'art des steppes et du Louristan). Les boucles et les plaques de ceinture fabriquées dans ces régions sont décorées de motifs élaborés, par exemple des animaux affrontés ou en train de combattre ; au Louristan, certaines épingles sont surmontées de plaques représentant des scènes religieuses puisées dans la tradition locale.

Multiplicité des influences et des styles

On décèle parfois des influences chinoises, résultant des échanges commerciaux avec l'Extrême-Orient par les routes d'Asie centrale : dans la Chine des Han (iie s. avant J.-C.-iie s. après J.-C.), les bronzes étaient ornés d'or, d'argent, de turquoise, de malachite, de jade, ou de pâte de verre.

Les bijoux nordiques présentent, en général, les mêmes recherches de masse, et l'on trouve, par exemple, certaines fibules en forme d'oiseau. Les Vikings ont une très belle technique du filigrane ; leurs fibules d'argent sont souvent en forme de croix. Les Gaulois connaissent quant à eux les bracelets et les torques en or constitués de bandes de métal tordues au marteau et non soudées.

Hors d'Europe, sur le continent américain, la bijouterie des civilisations précolombiennes est d'une extrême richesse, et l'on garde de la civilisation mochica (400 à 1000 après J.-C.), au Pérou, des témoignages d'un art très avancé. Les représentations des divinités particulières à chaque peuplade y sont très fréquentes, tout comme elles l'étaient en Europe et en Asie quelques siècles plus tôt.

Le Moyen Âge

Bijouterie religieuse

La bijouterie connaît un nouvel essor avec le développement du christianisme. Le poisson (symbole du Christ), la colombe, l'agneau, et les lettres initiales de Jésus-Christ, sont gravés sur les bagues portées par les chrétiens. Les croix, dites pendants, sont suspendues à des colliers et tombent sur la poitrine ; selon certaines croyances, elles possèdent le pouvoir d'écarter les sortilèges grâce aux matières précieuses dont elles sont revêtues : les perles sont censées préserver la vue, l'émeraude guérir les palpitations de cœur, l'agate protéger des serpents. Le luxe de Byzance s'étend à l'Europe, et les objets du culte sont somptueusement décorés. À l'époque carolingienne, cet art gagne les églises et les châteaux : reliquaires ornés d'émaux cloisonnés, vêtements princiers et sacerdotaux décorés de pierreries, agrafes et fibules précieuses. Les orfèvres parisiens sont renommés dès le xiiie s.

Bijouterie laïque

À côté de la bijouterie religieuse, la bijouterie laïque déploie un grand luxe. Au sein des villes commerçantes, les riches bourgeois veulent rivaliser d’opulence avec les princes, ce qui pousse, en 1294, Philippe le Bel à réglementer le port des bijoux, fourrures et tissus somptueux.

La fin du Moyen Âge voit un retour à plus de simplicité. Puis peu à peu le faste réapparaît : il annonce l'art de la Renaissance.

La Renaissance

La seconde moité du xve s. et le xvie s. voient le plein épanouissement de la bijouterie, qui s'affirme avec éclat dans les cours européennes. Les bals de la cour de France sont l’occasion du déploiement d’un luxe inouï : costumes et toques recouverts de gemmes (pierres précieuses), perles suspendues aux oreilles, ceintures d'orfèvrerie, soulignent richement les habits de la noblesse.

L’époque connaît nombre de perfectionnements techniques (ciselure, technique de l'émail). Benvenuto Cellini, appelé à la cour de France par François Ier, consacre à la bijouterie tout un chapitre de son Traité de l'orfèvrerie.

La forme humaine, traitée en ronde bosse et émaillée, fait son apparition dans les broches et les pendentifs. Les principaux bijoux semblent être les enseignes et les pendentifs portés très bas sur la poitrine, au bout d'un collier en or émaillé. Dans la seconde moitié du xvie s. apparaissent des bijoux représentant des bêtes fantastiques (monstres marins, sirènes, dragons), dont le corps est constitué d'une grosse perle baroque sertie dans une monture en or émaillé.

L'art de monter les pierres marque le début de la joaillerie moderne, et, en 1476, le diamantaire brugeois Ludwig Berghem réalise la première taille moderne du diamant.

Au cours du xvie s., l'exploitation des richesses minières du Nouveau Monde entraîne une abondance de matériaux précieux sur le marché européen, principalement à partir de la péninsule Ibérique, Portugal et Espagne. Et les artistes à la mode n'hésitent pas à traiter, en bijouterie, des objets de genres les plus divers, tels que des tabatières, des flacons à parfum, des bonbonnières, des éventails ; les nobles font sertir des pierres précieuses sur les poignées de leurs armes d'apparat. Cette mode entraîne souvent un alourdissement des formes, dû à une grande surcharge de pierres précieuses serties dans la monture.

Les xviie et xviiie s.

La bijouterie française occupe une place de choix en Europe aux xviie et xviiie s.

Les montres

Parmi les bijoux originaux, on trouve des montres aux formes variées : ovales, cylindriques, sphériques, et même en forme de croix, de coquillages ou de fleur de lis. Tous les procédés sont employés pour leur décoration : ciselure, gravure, émail et pierres précieuses, qui ornent la monture et le mouvement lui-même.

Le goût des pierres

Au xviie s., la ciselure et les émaux cèdent peu à peu devant la magnificence des diamants et des pierres, qui, avec le perfectionnement de la taille, acquièrent une valeur décorative appréciée. La mode est aux aigrettes (bouquets de diamants), aux nœuds qui s'accrochent à la taille, aux rivières (colliers) de diamants ou de pierres de couleur, aux affiquets (sorte de petites épingles) qui ornent les coiffures, aux parures : boucles d'oreilles, broches, bracelets, bagues. On aime les formes travaillées, accompagnées de spirales et de végétations fantaisistes. Cette tendance s'accentue encore durant le xviiie s. avec le style rococo et ses bijoux aux formes extravagantes, surchargés de pierres. Une plus grande fantaisie se répand : perles et diamants pour le soir, pierres de couleur pour le jour. Les femmes se parent de colliers ras du cou, d'ornements de cheveux, de « pièces de corps » (triangle renversé qui recouvre tout le devant du corsage), de « nœuds d'épaules », de « crevés » (agrafes disposées sur les manches). Pour les classes plus modestes, on utilise le strass, créé en 1758 par Joseph Strasser, ou le cristal de roche. C'est le point de départ de la bijouterie fantaisie, qui prend une importance sans cesse croissante.

De nouveaux motifs

La Révolution française bouleverse quelque peu les traditions attachées à l'art du bijou, car celui-ci devient plus populaire, et les formes sont directement inspirées par les idées de l'époque. On porte des bijoux ornés de bonnets phrygiens ou de mains égalitaires, symboles de patriotisme et de civisme ; d'autres représentent des forteresses, des canons entrecroisés, et même des guillotines. La valeur symbolique de tels objets est certes aussi importante que leur valeur esthétique.

Les bijoux au xixe s.

En France et en Angleterre, la mode est aux parures d'acier poli, apparues au siècle précédent. Le bijou se prête alors aux décors allégoriques : lyres, cœurs, carquois, flambeaux. L'Empire met l'Antiquité à l'honneur : les pierres cèdent place aux camées, utilisés dans les diadèmes, les sautoirs, les peignes et les bracelets. Des formes inédites sont créées : longues boucles d'oreilles pendantes (« poissardes »), chaînes d'or tressées (« jaserans »).

La Restauration met au goût du jour de nouvelles pierres, semi-précieuses : améthyste, topaze, turquoise, grenat, montées sur or ; on emploie les techniques de la cannetille et du grènetis. À la période romantique, on adopte les bijoux en cheveux : bracelets en cheveux tressés, fonds de médaillons, colliers constitués de perles en cheveux.

En Italie, Pio Fortunato Castellani s'inspire de l'art égyptien dans des parures très colorées, ou de l'art étrusque pour des bijoux en or. À Londres, dans la seconde moitié du xixe s., Carlo Giuliano travaille dans le goût « archéologique » et excelle dans l'émail.

L'amour du Moyen Âge, de la Renaissance, le goût des techniques remettent en faveur les montures ciselées, les nielles, les filigranes, les granulations, le travail de l'émail. Les motifs sculptés prennent une grande importance dans la bijouterie comme dans l'orfèvrerie. Vers 1870, les frères Alexis et Lucien Falize s'inspirent du Japon, dans le décor comme dans la technique, pour créer des médaillons et des boucles d'oreilles en émail cloisonné.

La première moitié du xxe s.

L'Art nouveau se traduit en bijouterie par des créations inspirées de thèmes naturalistes. Un monde fantastique surgit des entrelacs stylisés des végétaux, des animaux et du corps humain, parfois avec démesure et toujours avec variété : or ciselé de plusieurs couleurs, pâte de verre transparente et émaux translucides, associés à des gemmes de toutes sortes. R. Lalique, Henri Vever (1854-1942) et Georges Fouquet (1862-1957) illustrent ce style (filles-fleurs, libellules, papillons, dragons).

Parallèlement, un style néo-Louis XVI prévaut chez les grands joailliers qui brodent autour du diamant : étoiles, arcs, petits nœuds, etc. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le bijou de métal prime sur le bijou de diamant.

Dans les années 1920, le bijou n'est plus lyrique et baroque, mais architecturé comme les toiles cubistes : la ligne droite ou la ligne brisée dessine des formes géométriques dont les plans jouent les oppositions de matières et les contrastes de couleurs dans le sillage du fauvisme et de l'orientalisme ; on oppose les surfaces opaques de l'onyx, du lapis, de la turquoise, du corail et du jade, ponctuées par les points brillants de diamants-baguettes ou, plus simplement, de cristal de roche. La monture s'allège grâce à l'emploi du platine, introduit par Louis Cartier (1875-1942), qui lance aussi la broche « clip ». Sous l'influence du Bauhaus, le bijou fait sien des matériaux semi-précieux ou non précieux (acier, Bakélite), et, en se simplifiant, il s'adapte au mode de vie plus actif de la femme ; enfin, ses thèmes décoratifs sont souvent empruntés à l'environnement moderne : automobile, football.

Avec les années 1930, les formes géométriques deviennent de plus en plus élaborées. La crise économique est favorable au développement d'une bijouterie fantaisie utilisant des matériaux peu coûteux : bois, corne, cuivre, fer, etc. Dès 1938, Calder expose des bijoux dans la lignée de ses sculptures, mais qui témoignent de son manque d'attachement à leur valeur intrinsèque.

Depuis la seconde moitié du xxe s.

L'optique des créateurs n'a pas cessé pas de se renouveler, avec le sculpteur Giacometti, avec les peintres Man Ray, Braque, Mathieu, Dubuffet, Picasso, Ernst ou Dalí. Pour Braque, « l'objet, c'est la poétique » et ses bijoux sont des supports de symboles : oiseaux, poissons, visages se découpent en aplats sur fond d'or. En opposition avec ces bijoux à dimensions humaines, Dalí pense « qu'il faut qu'un bijou soit importable », tels ses boucles d'oreilles téléphone, sa bague escargot ou ses bijoux anthropomorphes (main de feuillage). À la limite, l'artiste finit par considérer les bijoux comme « des objets à toucher plutôt qu'à regarder » (R. Matta). Les Scandinaves font là œuvre de pionniers : dès 1950, la Suédoise Vivianna Torun rejette l'or et les pierres précieuses au profit de l'argent, de l'acier et de la pierre polie traités en des lignes pures dessinées d'un seul trait, et, en 1976, le prix international du diamant est décerné à Matti Hyvarinen, un Finlandais, pour une broche en or et diamants montée sur du granite rouge !

Dans les années 1950, Jean Vendôme, un des pionniers du bijou contemporain en France, décide de travailler l'or en « pépites », puis monte des minéraux en bijoux avec pour seul souci de mettre en valeur leur beauté particulière. Les années 1960 sont propices à certaines alliances insolites (diamant et ébène, diamant et Altuglas). Les formes évoluent avec une égale liberté, qu'elles soient abstraites ou symboliques : l'anneau de la bague supporte alors des formes totalement indépendantes, décrivant une sculpture en hauteur ou s'étalant en ornement sur la main ; le collier, plus qu'un simple montage de pierres, décrit des lignes construites autour du cou. L'esprit de recherche touche aussi à la matière (bijoux-sculptures de César).

Les grands joailliers restent, dans leur ensemble, attachés à des motifs d'inspiration très classiques (formes florales ou animales, motifs de passementerie, mettant toujours en œuvre de très belles pierres). Certains ont créé des bijoux masculins (gourmettes, pendentifs…) ou ont associé le diamant à des matières peu courantes comme le cristal. La bijouterie est une activité qui continue à associer le travail du joaillier, qui produit les bijoux dans ses ateliers, celui de l'artisan-créateur, qui fabrique lui-même les bijoux qu'il a conçus, et celui de l'artiste, qui dessine des bijoux dérivés de son œuvre et qui les fait exécuter.