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cygne

Cygne
Cygne

L'un des plus anciens oiseaux à être parvenu jusqu'à nous, le cygne a traversé sans grand dommage les périodes glaciaires successives, s'adaptant très facilement à de nouvelles conditions de vie. Parmi les différentes espèces, le cygne sauvage est contraint de fuir toujours plus au nord pour éviter la présence de l'homme et trouver la tranquillité à laquelle il aspire.

Introduction

Les ansériformes regroupent les cygnes, les canards et les oies, et font partie, selon certains paléornithologues, des groupes d'oiseaux actuels dont les origines supposées remontent le plus loin dans le temps. Il semblerait que le point de départ de ce groupe se situerait vers le crétacé inférieur, il y a quelque 130 millions d'années.

Mais le plus grand nombre d'espèces d'ansériformes s'est développé à partir du miocène inférieur, voici environ 23 millions d'années, jusqu'à la fin du pliocène, il y a plus de 2 millions d'années. Par la suite, ce nombre a progressivement diminué ; de nos jours, on compte 162 espèces dont six seulement de cygnes.

Parmi les fossiles de cygnes retrouvés, une douzaine d'espèces disparues et quatre espèces actuelles sont représentées. Les plus anciens datent de l'oligocène, entre – 35 et – 23 millions d'années, et ont été découverts en Azerbaïdjan et en Belgique. Cygnavus formosus, le « beau cygne », détient le record d'ancienneté : le morceau de tarse de la patte droite qui a permis de l'identifier a été mis au jour dans le Kazakhstan occidental et appartient à un oiseau ayant vécu à l'oligocène inférieur.

Les restes fossiles de cygne sauvage, ou cygne chanteur, Cygnus cygnus, ont été découverts sur des sites postérieurs au pléistocène ; ils datent donc de moins de 2 millions d'années, pour les plus anciens, et les ossements relevés sur des gisements préhistoriques témoignent que l'oiseau était alors chassé et consommé.

Les localisations de ces découvertes montrent les variations de la répartition de cet animal selon des périodes glaciaires qui ont marqué le début du quaternaire. Ont ainsi été recensées des données établies depuis la Finlande et le Danemark jusqu'à l'Irlande en passant par la France et la Grande-Bretagne, d'une part, et jusqu'à l'Italie et Malte en passant par l'Allemagne et la Suisse, d'autre part. En France, des restes ont été trouvés près d'Arcy-sur-Cure, dans le Morvan.

L'étude des différents cygnes, disparus ou non, fait apparaître une grande homogénéité morphologique dans le groupe.

Les quelques dizaines de milliers de cygnes sauvages qui vivent encore aujourd'hui en Asie et en Islande sont protégés.

La vie du cygne

L'hiver est la saison des grands rassemblements

En hiver, les cygnes sauvages fuient le nord, trop froid, et se retrouvent par centaines plus au sud, là où ils pourront se nourrir. Ces rassemblements, qui atteignent parfois plusieurs milliers d'oiseaux, sont constitués de multiples petites unités composées de quelques oiseaux seulement, qui reconnaissent ceux qui leur sont proches à leur aspect extérieur, à leur comportement et à leur voix.

Les familles, représentées par un couple d'adultes et leurs petits nés dans l'année, forment des groupes de six oiseaux en moyenne, qui côtoient des bandes de jeunes en nombre variable, selon les moments. Âgés d'un ou deux ans, ils sont souvent compagnons de la même nichée.

Se rencontrent également dans cette multitude des jeunes oiseaux qui sont suffisamment âgés pour s'apparier mais trop jeunes pour avoir encore niché et qui vivent en couples ; ce sont les cygnes « fiancés », qui le restent un an au moins et parfois plus.

Une foule peu remuante

Ce grégarisme peut s'expliquer par la tranquillité et par la disponibilité de nourriture rencontrées, qui attirent en certains lieux une forte concentration de populations hivernantes. De plus, le grand nombre est un indéniable gage de sécurité : un oiseau au moins garde son attention éveillée à chaque instant, pour donner l'alerte en cas de danger. En outre, les cygnes unissent leurs efforts pour s'opposer à un prédateur.

Les déplacements occasionnés pour s'alimenter ne doivent pas faire dépenser au cygne plus d'énergie que ne pourra en apporter la nourriture une fois consommée. Ainsi, pour préserver cet équilibre énergétique, les cygnes ont parfois intérêt à rester immobiles, sans brûler leurs précieuses calories, et à ne pas se nourrir jusqu'au lendemain. Ces oiseaux supportent bien le froid, mais, lorsqu'une épaisse couche de neige recouvre le sol et que les eaux douces au bord desquelles ils vivent sont prises par le gel, ils doivent fuir vers le sud, avec l'espoir de trouver des régions au climat plus clément.

L'attitude de menace

L'attitude de menace



Cette attitude peut revêtir différents aspects, selon qu'elle est employée comme une simple mise en garde ou comme une réelle attaque. Au plus fort de son agressivité, le cygne sauvage écarte les ailes, gonfle les plumes de son cou et pointe la tête vers le sol. Quand cette posture a lieu sur l'eau, l'animal peut immerger totalement la tête. Si, malgré le signal très clair, l'adversaire persiste, l'affrontement est inévitable.

Des fiançailles parfois très longues

Au printemps, vers la fin de la période d'hivernage, les troupes de cygnes sauvages connaissent une agitation croissante : c'est le début du temps des parades. Celles-ci concernent essentiellement les oiseaux qui n'ont pas encore trouvé de partenaire, car, le cygne sauvage étant un oiseau monogame et fidèle, les couples se forment pour longtemps.

La maturité sexuelle est atteinte normalement à trois ans, mais les appariements peuvent intervenir plus tôt, ce qui implique des « fiançailles » de un an au moins. Il arrive qu'elles se prolongent plus longtemps, les partenaires devant attendre l'âge de quatre ou cinq ans, voire six ans avant de pouvoir disposer d'un territoire susceptible de les accueillir.

Intimider l'adversaire, séduire et triompher

Les démonstrations revêtent de multiples aspects selon qu'elles sont agressives, visent la séduction ou signalent l'acceptation. Les attitudes d'intimidation sont en fait destinées à éviter des combats qui pourraient dégénérer. Il est indispensable que les affrontements soient ainsi ritualisés pour que l'espèce ne s'épuise pas lors de luttes meurtrières, à la longue dommageables. Le comportement traduisant l'agressivité sexuelle et visant à écarter un rival rappelle, en plus intensif, celui adopté pour vider une querelle au sujet, par exemple, d'une même source de nourriture.

La parade nuptiale préludant à l'appariement est beaucoup moins spectaculaire. Le mâle se place face à la femelle et, les plumes du cou hérissées, il tourne la tête de droite et de gauche. Si la femelle accepte de se lier à ce prétendant, elle indique son consentement en adoptant la même attitude que lui.

Lorsque des incidents se produisent, notamment si un mâle tente de supplanter un autre cygne déjà apparié, ce dernier, après avoir écarté l'intrus, se livre, avec sa femelle, à une gestuelle particulière, la « cérémonie du triomphe » (elle a également lieu lors de retrouvailles conjugales et s'accompagne d'un duo vocal sonore).

Lors des départs migratoires, l'ornithologiste J. Kear a observé que les groupes hivernaux se dissociaient et que seuls les couples anciens et ceux nouvellement constitués, c'est-à-dire les cygnes adultes et sexuellement matures, s'envolaient vers des régions septentrionales, pour rejoindre les lieux de nidification.

La conquête difficile d'un bon territoire

Un couple de cygnes sauvages a besoin d'un vaste territoire pour mener à bien une nidification. L'espace doit représenter une centaine d'hectares, être à l'écart des activités et des implantations humaines et offrir une nourriture appropriée. Ce genre d'eldorado ne se rencontre pas souvent, et une compétition s'instaure entre les couples déjà installés et ceux qui souhaiteraient prendre leur place. Les rencontres sont probablement évitées dans un premier temps grâce à deux signaux avertisseurs. Un individu détenteur d'un territoire manifeste ostensiblement sa présence par la blancheur de son plumage, se faisant ainsi repérer par d'éventuels intrus survolant les lieux. De plus, le cygne mâle émet des appels sonores, qui comprennent des séries de sept sons en moyenne.

Pour éloigner l'intrus qui franchit les limites d'un territoire avec l'idée bien arrêtée de s'y installer, le propriétaire légitime écarte les ailes en les faisant frémir, tend le cou et pousse des cris. Cette dissuasion suffit généralement à éloigner l'importun, qui est proprement reconduit jusqu'aux limites du domaine. Dans des cas extrêmes, des affrontements peuvent avoir lieu, même en plein vol.

Un accouplement sur l'eau

Une fois installé dans son territoire, le couple de cygnes se reproduit enfin, vers le mois de mai. Tête basse et secouée, les ailes collées au corps, mâle et femelle s'accouplent sur l'eau, après un bref instant de synchronisation. Le mâle monte sur le dos de sa partenaire ; souvent il lui pince la nuque, peut-être pour parer à d'éventuelles manifestations d'humeur. Le couple se livre ensuite à une parade de conclusion : le mâle étend les ailes, parfois imité par la femelle, puis les deux oiseaux émettent simultanément quelques cris. Ils procèdent ensuite à un simulacre de baignade et de toilettage du plumage, ponctué de redressements du corps au-dessus de l'eau grâce à quelques battements d'aile et frétillements latéraux de la queue.

Mâle et femelle bâtissent ensemble le nid

Constitué de roseaux, de laîches et d'autres végétaux aquatiques, plus ou moins mêlés de boue, le nid, édifié sur la terre ferme, à proximité de l'eau, peut aisément mesurer 2 mètres à la base et une soixantaine de centimètres de hauteur. Le mâle se charge de rechercher des matériaux et de les apporter à la femelle, qui les dispose ensuite. Cette construction importante perdure parfois d'une année sur l'autre et est alors réaménagée et consolidée. À son sommet, la femelle façonne un creux de 10 à 15 centimètres de profondeur et tapisse celui-ci d'un peu de duvet et de fins éléments végétaux.

Dès que le nid est prêt, la femelle pond de 4 à 6 œufs en moyenne. Cette ponte se produit en général à partir de mai sur le continent, mais parfois à la fin d'avril en Islande, et il n'y a qu'une couvée annuelle. Il semble que les couples n'ayant pas réussi leur nidification abandonnent prématurément leur territoire et partent rejoindre les troupes de jeunes oiseaux nicheurs, un peu plus au sud.

L'incubation commence à la ponte du dernier œuf. Pendant les 34 à 36 jours de couvaison, la femelle assure seule cette tâche, remplacée par le mâle lorsqu'elle s'accorde quelque répit. Mais alors, il se contente de protéger les œufs sans participer à l'incubation. Si l'un des parents s'absente sans que la relève soit immédiatement assurée, l'oiseau prend soin de recouvrir les œufs de matériaux végétaux, afin que leur blancheur n'attire pas les prédateurs.

À leur naissance et pendant un an, les petits cygnes sont gris-brun. Ils quittent le nid peu après l'éclosion et se nourrissent seuls de ce qu'ils trouvent autour du nid, où ils reviennent dormir. Ils peuvent voler vers trois mois et accompagnent leurs parents vers les lieux d'hivernage ; ils resteront avec eux jusqu'au printemps suivant.

Les parents entourant leur nichée de soins constants, le taux de mortalité des petits reste limité (environ 10 % selon une étude effectuée en Finlande). Mais, quatre étés sur dix, le gel dans le nord de la Finlande paralyse les eaux avant que les jeunes cygnes aient atteint assez de maturité pour suivre leurs parents vers des climats plus doux.

Un oiseau lourd, au vol puissant et lent

Les déplacements migratoires occupent une part importante de l'activité annuelle des cygnes sauvages. Ces voyages sont rendus indispensables par l'impossibilité d'utiliser les régions septentrionales de nidification, livrées à la neige et à la glace. Les cygnes sont de puissants voiliers que ne rebutent pas les longues migrations. Ils comptent parmi les oiseaux les plus lourds capables de voler. Le record de poids enregistré concernait un cygne danois de 14 kilos. La surface portante réduite de leurs ailes leur interdit le vol plané et les contraint à de constants et vigoureux battements. Le sifflement que provoque la pénétration des rémiges (les grandes plumes des ailes) dans l'air accompagne ces lents mouvements. Quand plusieurs cygnes volent ensemble, les sonorités légèrement différentes dues à chacun d'eux produisent un curieux concert de sifflements chuintants, audible à plusieurs centaines de mètres, surtout en l'absence de vent.

Les mouvements migratoires commencent à partir de la mi-septembre et durent jusqu'en novembre. Les couples nicheurs installés le plus au nord sont chassés par le gel les premiers. Ceux qui vivent le plus au sud peuvent se mettre en route avec plusieurs semaines de décalage. À l'inverse, le voyage de retour s'échelonne de la mi-mars à la fin de mai, les cygnes nichant le plus au nord rejoignant les derniers leur aire de nidification.

Au fil des étapes, les groupes de migrateurs se multiplient

Les voyages vers les lieux d'hivernage ont lieu en familles isolées, mais, au fur et à mesure des escales traditionnelles en des lieux souvent immuables, où les oiseaux se reposent et s'alimentent, les troupes de cygnes sauvages s'étoffent progressivement et peuvent finir par compter plusieurs centaines d'oiseaux.

Les vols de migration, contrairement aux déplacements de plus faible ampleur intervenant sur les sites de nidification ou d'hivernage, se déroulent à plusieurs centaines de mètres du sol. Différents des oies, qui volent en adoptant très régulièrement des formations géométriques, les cygnes migrent de manière moins délibérément organisée, mais ils peuvent également former des chevrons ou des lignes régulières, de tels vols limitant la dépense d'énergie, sauf pour l'oiseau de tête.

Une fois parvenus sur les lieux d'hivernage, les cygnes sauvages sont parfois contraints à repartir, la dégradation des conditions atmosphériques en cours d'hiver les poussant à se réfugier dans des régions moins exposées.

La mue des plumes alaires

La mue des plumes alaires, peu après la migration printanière, entre le mois de juin et la fin d'août, est un phénomène surprenant, propre à la plupart des ansériformes. Toutes les rémiges (grandes plumes) tombant simultanément, les cygnes sont incapables de voler durant cinq à six semaines. Cette mue qui cloue les cygnes au sol a lieu au moment de l'élevage des petits, quand ceux-ci sont eux-mêmes dans l'incapacité de voler. Leurs parents ne les quittent alors jamais de plus de quelques mètres et ne sont donc pas gênés outre mesure par cette mue, qui intervient stratégiquement entre deux époques de migration.

Pour tout savoir sur le cygne

Cygne sauvage (Cygnus cygnus)

Tout cygne, quelles que soient son espèce et sa coloration, est facilement identifié comme tel. Sa silhouette, à elle seule, suffirait pour le reconnaître. De grande taille, il possède un long cou et un corps massif porté par de courtes pattes palmées. Sa population globale est estimée à 180 000 individus.

Le cygne sauvage, également appelé cygne chanteur, parce que, contrairement au cygne domestique, il fait entendre sa voix, possède un corps ramassé. La queue est courte. Les pattes, robustes, sont noires. Leurs palmures permettent une nage puissante et rapide et facilitent les déplacements sur les sols gorgés d'eau. Le bec, particulier à l'ordre des ansériformes par la présence des lamelles sur la mandibule inférieure, est jaune et noir. La partie jaune, plus importante, correspond à nos empreintes digitales : aucun cygne ne possède rigoureusement la même. En Grande-Bretagne, sir Peter Scott, spécialiste mondialement célèbre des ansériformes, a ainsi dressé des « cartes d'identité » reprenant comme critère principal le dessin du bec propre à chaque individu. Il est dès lors possible de suivre tout cygne de manière individuelle, à condition qu'il soit adulte. Les jeunes ne possèdent ces caractéristiques qu'à partir d'un an et demi environ.

La blancheur du cygne sauvage n'est parfaite qu'à partir du mois de décembre, après que la mue complète du corps a pris fin, mais le plumage a tendance à se salir, surtout en période de nidification. Au contact des végétaux en décomposition qui tapissent le nid, celui des femelles couveuses surtout se tache de brun ou d'ocre.

Le cou, outre le rôle qu'il remplit lors de la recherche subaquatique de la nourriture, est également commodément utilisé pour l'entretien du plumage. Sa longueur et sa souplesse permettent au cygne d'atteindre aisément la plupart des parties de son corps, qu'il s'agisse de se gratter, de traquer les parasites ou de lisser les plumes.

En raison du poids important de l'oiseau, ses muscles pectoraux sont développés, ce qui permet au cygne de voler. Le sternum, sur lequel ils sont implantés, est de grande dimension, correspondant à cette masse musculaire considérable. Le cygne sauvage possède une vue suffisante pour lui permettre certaines activités nocturnes, comme la recherche de nourriture.

CYGNE SAUVAGE {ou CHANTEUR)

CYGNE SAUVAGE (ou CHANTEUR)

Nom (genre, espèce) :

Cygnus cygnus

Famille :

Anatidés

Ordre :

Ansériformes

Classe :

Oiseaux

Identification :

Grand oiseau blanc à long cou et bec jaune et noir ; pattes palmées

Longueur :

De 140 à 165 cm

Envergure :

De 218 à 243 cm

Poids :

Mâles : 10,8 kg ; femelles : 8,1 kg

Répartition :

Centre et nord de l'Asie, Islande ; hiverne sporadiquement de la Grande-Bretagne au Japon

Habitat :

Étangs et lacs des steppes ou de la taïga ; en hiver, plaines cultivées

Régime alimentaire :

Végétaux aquatiques, herbes

Structure sociale :

Partiellement grégaire ; monogame

Maturité sexuelle :

À 3 ans

Saison de reproduction :

Printemps

Durée d'incubation :

5 semaines

Nombre de jeunes par couvée :

De 4 à 6

Longévité :

Record enregistré de 7 ans et demi, mais durée de vie certainement supérieure

Effectifs, tendances :

180 000 (2002). Tendance inconnue

Statut :

Espèce non menacée et protégée

 

Signes particuliers

Plumes

Environ 25 000 plumes garantissent au cygne isolation thermique et imperméabilité. Les plumes des ailes, les plus longues, sont particulièrement résistantes pour parer au frottement de l'air. Elles muent début juin, avant les plumes du corps, qui tombent simultanément.

Le duvet, abondant, est réparti sur le corps, sous les plumes de couverture. Sa structure lâche en fait un bon isolant. Il mue, par remplacement progressif, entre juillet et décembre.

Cou

Le cygne sauvage possède, avec le cygne trompette, le cou le plus long du groupe. Pouvant atteindre, chez le mâle, 80 cm, celui-ci compte vingt-cinq vertèbres cervicales, soit deux à trois fois plus que la majorité des espèces à cou « normal ». Un tel appendice permet à l'oiseau de chercher sa nourriture en eau relativement profonde. Il offre également l'avantage de maintenir la tête à bonne hauteur, autorisant ainsi une surveillance efficace des environs. En terrain découvert, l'homme et les mammifères carnivores sont repérés de loin.

Bec

Les fines lamelles parallèles qui bordent la mandibule inférieure du bec sont perpendiculaires à l'axe de celui-ci. Lorsque l'oiseau se nourrit, elles déchiquettent plus facilement les végétaux et servent de filtre. Le cygne ferme le bec sous l'eau, de sa langue il chasse l'eau qui s'échappe par les lamelles, cependant que celles-ci retiennent les petits éléments végétaux ou animaux. L'opération produit un bruit caractéristique qui accompagne le « barbotage ».

Pattes

Les pattes sont dotées de trois doigts antérieurs développés, réunis par de larges membranes, les palmures. Le pouce, atrophié, ne joue aucun rôle fonctionnel. Étant peu vascularisées, les pattes gèlent rarement. Les palmures facilitent la nage, la marche en terrain meuble, l'envol et l'atterrissage.

Les autres cygnes

Les différentes espèces de cygnes sont rassemblées dans la sous-famille des ansérinés, où ils voisinent avec les oies. Ce groupe appartient à la famille des anatidés, qui forme, avec celle des anhimidés (les kamichis d'Amérique du Sud, dont le bec est celui d'un faisan), l'ordre des ansériformes, ou oiseaux « à aspect d'oie ». Les anatidés comprennent, schématiquement, les cygnes, les oies et les canards. Tous ces oiseaux trahissent leur parenté à travers la conjonction de la forme particulière de leur bec et de la palmure de leurs doigts.

Il existe six espèces de cygnes du genre cygnus et une espèce particulière du genre coscoroba. .Mais le statut de cette dernière ne fait pas l'unanimité. Tantôt considéré comme faisant partie du groupe des cygnes, tantôt rattaché aux oies, voire au dendrocygnes (un groupe de canards tropicaux), cet oiseau apparaît bien comme étant, en fait, une sorte d'étape intermédiaire entre oies et cygnes. Vivant au sud de l'Amérique du Sud, le coscoroba possède un bec et des pattes d'un beau rouge corail.

Certains ornithologues, comme l'Américain  B.C. Livezey, ont voulu classer les cygnes nordiques (cygne sauvage, cygne trompette, cygne siffleur, cygne de Bewick) dans un genre distinct, le genre olor. Mais cette reclassification n'a pas été retenue.

Tous les cygnes présentent un certain nombre d'évidentes affinités : long cou, bec similaire, corps lourd, robustes pattes palmées. Les cygnes sauvages et trompettes sont particulièrement ressemblants. Les cygnes originaires de l'hémisphère boréal sont uniformément blancs, et les deux espèces habitant l'hémisphère Sud ont un plumage partiellement noir pour l'un et presque totalement noir pour l'autre.

Cygne trompette (Cygnus buccinator)

Le plus grand et le plus lourd des cygnes.

Longueur totale : de 150 à 180 cm.

Longueur de l'aile : jusqu'à 68 cm pour le mâle, 64 cm pour la femelle.

Poids : de 11,9 kg (mâle) à 9,4 kg (femelle).

Identification : bec entièrement noir, sauf au bord des mandibules où apparaît une fine ligne rose foncé ; pattes noires. Jeunes grisâtres, à bec rose et noir et à pattes noirâtres.

Tient son nom de ce qu'il émet de sonores coups de « trompe », audibles à plusieurs kilomètres.

Répartition : Alaska pour les oiseaux migrant vers le sud, le long du littoral de la Colombie-Britannique ; Canada (Alberta) et moitié nord-ouest des États-Unis (Washington, Oregon, Nevada, Wyoming, Montana, Dakota du Sud et Minnesota) pour des petits groupes disséminés et généralement sédentaires, issus d'opérations de réintroduction. Quelques déplacements en Californie.

Effectifs : 18 000 (2002).

Statut : espèce la plus rare et la plus menacée au début du xxe siècle. Importantes mesures de sauvegarde. La tendance n'a pas été quantifiée mais, ne remplissant pas les critères de l'U.I.C.N. (Union internationale pour la conservation de la nature) [réduction de plus de 30 % en dix ans ou sur trois générations], l'espèce n'est pas considérée comme menacée.

Cygne de Bewick ou cygne siffleur (Cygnus columbianus)

 Effectifs : 300 000 (2002).

Deux sous-espèces :
CYGNUS COLOMBIANUS COLOMBIANUS

Longueur totale : de 120 à 150 cm.

Longueur de l'aile : de 50 à 57 cm.

Poids : de 7 kg (mâle) à 6,2 kg (femelle).

Identification : petit cygne au bec presque entièrement noir, à exception d'une petite tache jaune en avant de l'œil et d'une étroite bordure rose à la mandibule ; pattes noires. Jeunes gris clair à bec rose et noir et à pattes noirâtres.

Répartition : Alaska et nord du Canada. Hiverne principalement sur les côtes est et ouest des États-Unis.

CYGNUS COLOMBIANUS BEWICKII

Longueur totale : de 115 à 140 cm.

Longueur de l'aile : 52 cm pour le mâle, 50 cm pour la femelle.

Poids : de 6,4 kg (mâle) à 5,7 kg (femelle).

Identification : taille légèrement inférieure à celle du cygne siffleur et tache jaune plus étendue sur le bec.

Répartition : nord de la Finlande pour les oiseaux hivernant dans l'ouest de l'Europe (notamment les Pays-Bas et la Grande-Bretagne) ; est de la Sibérie pour les oiseaux hivernant en Chine orientale et au Japon.

Cygne tuberculé (Cygnus olor)

Longueur totale : de 125 à 155 cm (mâle un peu plus grand que la femelle).

Longueur de l'aile : 61 cm pour le mâle, 56 cm pour la femelle.

Poids : de 11 kg (mâle) à 8,9 kg (femelle).

Identification : plumage blanc immaculé, cou souvent arrondi, ailes volontiers redressées au-dessus du dos par le mâle en train de nager, signifiant intimidation ou séduction. Bec orangé à orangé-rose bordé de noir et surmonté d'un tubercule noir, plus important chez le mâle et plus développé en période nuptiale. Pattes noires. Jeunes gris clair à bec rose grisâtre et à pattes noirâtres.

Répartition : originaire d'Asie centrale, introduit par l'homme en de nombreux endroits de l'Europe tempérée, d'Amérique du Nord, d'Afrique du Sud, d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Habitat en Asie centrale et Chine du Nord pour les oiseaux sauvages migrant au bord des mers Noire et Caspienne, sur les côtes turques et dans les plaines chinoises.

Effectifs : 600 000-620 000 (2002).

Cygne noir (Cygnus atratus)

Longueur totale : de 115 à 140 cm.

Longueur de l'aile : 49 cm pour le mâle, 46 cm pour la femelle.

Poids : de 6,2 kg (mâle) à 5 kg (femelle).

Identification : entièrement noir, à l'exception des grandes plumes des ailes, qui sont blanches et n'apparaissent nettement qu'au vol ; bec rouge-orangé traversé à son extrémité d'une barre blanche ; pattes noires. Jeunes semblables aux adultes avec cependant des teintes moins nettes, comme délavées.

Répartition : Australie (presque toute la moitié est et les côtes de l'Ouest) et Nouvelle-Zélande. Hivernage sur les lieux de nidification ou migration vers le nord du pays.

Effectifs : 300 000-500 000 (2002).

Cygne à cou noir (Cygnus melancoryphus )

Le plus petit des cygnes.

Longueur totale : de 102 à 104 cm.

Longueur de l'aile : 44 cm pour le mâle, 41 cm pour la femelle.

Poids : de 5,4 kg (mâle) à 4 kg (femelle).

Identification : corps et ailes blanc pur mais cou et tête totalement noirs ; bec gris surmonté d'un tubercule rose ; tour de l'œil blanc ; pattes roses. Jeunes semblables aux adultes mais de teinte plus claire.

Répartition : sud de l'Amérique du Sud. Hivernage au nord de l'aire de nidification, jusqu'au tropique du Capricorne.

   Effectifs : 26 000-100 000 (2002).

Milieu naturel et écologie

À l'instar de très nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs, le cygne sauvage ne fréquente pas, tout au long de l'année, le même type de milieu naturel.

Durant la saison de reproduction, il recherche des sites aquatiques. Lacs, étangs, ensemble de mares ou rivières lentes sont choisis en fonction de la haute qualité de l'eau. Celle-ci doit généralement être douce, mais le cygne ne dédaigne pas à l'occasion de s'installer en eau saumâtre, dans des estuaires, ou même en eau salée, sur des passages ou des bras de mer. Il vit à une altitude comprise entre le niveau de la mer et, en moyenne, 500 mètres. Toutefois, des couples nicheurs ont été observés jusqu'aux alentours de 800 mètres. Le cygne sauvage évite les régions occupées par la toundra, excepté, faute d'alternative, dans le nord de la Scandinavie continentale et en Islande. La végétation riveraine des sites choisis peut être de faible hauteur et comprendre des graminées constituant des étendues herbeuses ou des cariçaies, zones couvertes de bruyères. Cependant, dans de nombreux cas, les berges sont occupées par des roselières au centre desquelles les nids sont dissimulés et discrets, tout comme ils le sont lorsque les oiseaux nichent sur les pièces d'eau entourées par la taïga, cette immense forêt de conifères, où de nombreux cygnes élisent domicile.

Toutefois, cette aspiration à la tranquillité n'est pas générale, et beaucoup de cygnes sauvages nichent en terrain dégagé, notamment en Islande.

Durant les migrations, le puissant attrait pour l'eau continue à exercer son influence, mais les cygnes sauvages fréquentent plus souvent les eaux marines. Les troupes de cygnes voyageurs suivent en effet volontiers les côtes, dès que celles-ci sont accessibles, et préfèrent prendre du repos sur l'eau, où les conditions de sécurité sont, de loin, les meilleures. Néanmoins, les côtes ne sont pas partout présentes et les cygnes en déplacement se contentent alors de suivre le réseau hydrographique, survolant les fleuves ou les lacs, comme en Scandinavie.

Les régions où se réunissent les hivernants se répartissent en trois catégories, inégalement exploitées. Les franges côtières sont assez nettement préférées, qu'il s'agisse des rivages océaniques ou para-océaniques (océan Atlantique, Manche, mer du Nord, mer Jaune, mer de Chine ou océan Pacifique) ou de ceux de mers intérieures (mer Baltique, mer Noire, mer Caspienne). Viennent ensuite les régions humides parsemées d'étendues d'eau de taille variable, souvent pourvues de roselières, comme en Europe centrale ou en Chine continentale. Enfin, lorsqu'ils hivernent en Europe occidentale moyenne, les cygnes sauvages s'accommodent fort bien de zones cultivées et s'installent au milieu des vaches dans les prairies hollandaises ou allemandes, arrachant l'herbe et les plantes fourragères, ou glanant sur les éteules de maïs, par exemple.

Le critère strict qui régit la présence des cygnes sauvages dans chaque lieu où ils résident est la présence d'une nourriture adaptée. Celle-ci est essentiellement composée de végétaux, surtout aquatiques. Figurent au menu : renoncules d'eau, prêles, élodées, zoostères (ces dernières en milieu marin), petits mollusques parfois, et, le cas échéant, herbes de prairies et légumes des champs.

Les sites aquatiques répondent nécessairement à deux exigences : la surface de l'eau est aisément praticable et la profondeur ne doit pas excéder un mètre, de manière que la végétation du fond puisse être atteinte avec le cou étendu au maximum, les pattes maintenant le corps basculé. La tranquillité et l'absence de l'homme, au moins à proximité immédiate, sont également recherchées. Les « accidents de chasse » ou destructions intentionnelles existent en effet, ainsi que les attaques de grands rapaces comme le faucon pèlerin, l'aigle royal ou le pygargue à queue blanche. La prédation de très jeunes cygnes par des mammifères carnivores tels que renards, chiens viverrins ou gloutons est assez rare.

Le cygne et l'homme

Un oiseau farouche et majestueux

Symbole de pureté et de majesté, le cygne est présent dans toutes les formes d'expression humaines. Fidèle à ses lieux d'habitation traditionnels, aujourd'hui envahis par l'homme, il est peu aimé des agriculteurs, et fuit toujours plus au nord pour préserver sa précieuse tranquillité.

Un sauvage, familier des enfants

Le cygne tubercule, proche parent du cygne sauvage, est si présent dans les jardins et parcs publics de nombreux pays qu'il sert tout naturellement de référence aux écrits se rapportant à son espèce. Il est aussi l'un des premiers animaux à participer à l'univers enfantin. Rares sont les enfants qui n'ont jamais jeté de pain à des cygnes, tout en craignant de se faire mordre. En Amérique du Nord, et surtout en Europe, de nombreux manèges proposent une nacelle en forme de cygne, réalisant ainsi l'impression du naturaliste Buffon qui voyait dans l'oiseau le modèle offert par la nature pour la construction des bateaux.

Enfin, beaucoup de tout-petits ont entendu le conte d'Andersen, le Vilain petit canard, narrant l'histoire d'un jeune cygne égaré dans une nichée de canards, rejeté pour sa « laideur » et qui deviendra, bien entendu, d'une somptueuse beauté.

Une source d'inspiration artistique

L'une des plus anciennes références au cygne figure dans la mythologie grecque. Léda, femme de Tyndare, roi de Sparte, ayant pris l'apparence d'une oie pour se soustraire aux avances de Zeus, celui-ci se changea en cygne pour lui plaire. De l'œuf issu de leur union naquirent les Dioscures, dont chacun était coiffé d'une demi-coquille. Cette légende inspira les peintres dont le Corrège et Léonard de Vinci. Le mythe selon lequel le cygne à l'agonie émettrait un chant ultime avant de trépasser a été célébré par la musique et la danse. La Mort du cygne, tirée du célèbre Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns, a été dansée par les plus grandes étoiles du ballet.

Dans la littérature, la dernière production d'un musicien ou d'un poète est qualifiée de « chant du cygne ». La grâce et la blancheur de l'oiseau ont maintes fois servi d'éléments de comparaison aux poètes pour célébrer une femme ou l'idée de la pureté. Pierre Jean de Béranger parle d'une femme « aux mains blanches, au cou de cygne » et Charles Baudelaire souhaite unir « un cœur de neige à la blancheur des cygnes ».

Dans le symbolisme et le langage expressif, le cygne est également très présent. En Extrême-Orient, il représente l'élégance, la noblesse et le courage. En Sibérie, il est sujet de dévotion et les femmes bouriates font une révérence au premier oiseau qu'elles voient passer au printemps.

Le nom de l'oiseau a également été attribué, au cours des siècles, en littérature, pour honorer des écrivains au style pur et élégant. Pindare, poète lyrique grec, fut ainsi appelé « le cygne de Dircé ». Plus tard, le poète romain Virgile reçut le nom de « cygne de Mantoue » et l'abbé Fénelon fut surnommé le « cygne de Cambrai ».

Enfin, en astronomie, le cygne donne son nom à une constellation de la Voie lactée dont la disposition stellaire rappelle la silhouette d'un animal aux ailes déployées.

Adaptation des cygnes... et des hommes

Le cygne sauvage n'est pas une espèce menacée. Cela ne signifie pas pour autant que son avenir soit assuré. Qu'ils soient révolus ou malheureusement actuels, les dangers sont toujours en relation directe avec l'homme.

La situation est surtout préoccupante dans les régions où les cygnes ont établi leurs traditionnels quartiers d'hiver. Situées pour partie en Europe moyenne, elles correspondent à des zones à forte pression démographique ; or, le cygne a besoin d'une certaine tranquillité. Si, au fil des décennies, cette exigence s'est quelque peu atténuée, au moins dans les régions où la chasse n'est pas exagérément développée et où les chasseurs sont respectueux des règlements en vigueur, il n'en reste pas moins que, dans les pays où hivernent de forts contingents d'anatidés (oies et cygnes notamment, de plusieurs espèces), des problèmes se posent dans les zones agricoles, ces oiseaux consommant des végétaux cultivés, comme la partie aérienne des navets ou des betteraves fourragères, ou encore pâturant dans les herbages réservés aux bovins ou aux moutons, intrusions que les agriculteurs et les éleveurs apprécient peu.

Les problèmes ont été partiellement réglés dans certains États comme les Pays-Bas, qui accordent des primes compensatoires aux agriculteurs concernés, de manière à les indemniser et à éviter toute réaction individuelle fâcheuse. Au Japon, les services gouvernementaux ont décidé de financer le nourrissage hivernal des cygnes sauvages et des cygnes de Bewick en des lieux où ces oiseaux ont appris à se concentrer et où ils ont perdu une partie de leur caractère farouche. Certains critiquent d'ailleurs ce genre de pratique en arguant du fait qu'il n'est pas bon de faire perdre à une espèce sa méfiance naturelle et que, en outre, la concentration de nombreux oiseaux en un même lieu les expose à des pertes sévères en cas d'épizooties (maladies contagieuses).

Sur les lieux de nidification, la chasse, les destructions directes et volontaires ont amoindri la population jusqu'au xxe siècle. Le cygne était chassé notamment pour sa chair. Un oiseau pesant une dizaine de kilos n'était certes pas considéré comme une proie négligeable. C'est ainsi que, en Suède, la limite sud de répartition du cygne sauvage a progressivement reculé vers le nord. Située à 60° de latitude nord en 1800, elle devait atteindre 67° vers 1920, l'oiseau fuyant l'homme. En Scandinavie, les persécutions ont presque cessé depuis vingt ans et l'oiseau a reconquis en partie son domaine ancestral.

Dans le sud de l'aire de reproduction de l'espèce, la diminution des espaces d'habitat favorables a représenté un autre péril pour les cygnes. De nombreuses zones marécageuses, par exemple, ont été asséchées aux Pays-Bas. Cette poldérisation intensive a transformé en prairies certains sites d'hivernage habituels de cygnes sauvages. Les oiseaux, n'ayant pas changé leurs lieux de résidence, s'y sont adaptés. Et il n'est pas rare de voir de nos jours des cygnes brouter de l'herbe en compagnie des vaches. Dans d'autres endroits privilégiés, c'est la déforestation intensive qui menace les cygnes.

Reste un autre danger venu de la modernisation : les câbles aériens avec lesquels les oiseaux en migration entrent en collision de plus en plus souvent.

Le duvet du cygne trompette

Le plus rare des cygnes, le cygne trompette, a failli disparaître totalement au début du xxe siècle. L'espèce était pourtant largement répandue autrefois au Canada et aux États-Unis, où elle vivait jusqu'au sud des Grands Lacs. La conquête de l'Ouest devait quasiment signer son arrêt de mort, de même que celui du condor de Californie. Les colons n'hésitèrent pas à tuer des milliers de cygnes pour la quantité de chair qu'ils représentaient et pour leur abondant duvet. Cet excellent isolant thermique était fort prisé pour la confection des couettes et oreillers. Les plumes étaient utilisées aussi pour orner des chapeaux et des costumes de scène et pour confectionner des houppettes de poudrier.

Les destructions aboutirent à une situation presque désespérée : dans les années 1930, on recensa 66 cygnes trompettes encore existants. Cette minuscule population survivante était confinée dans la région du parc national de Yellowstone. Des mesures draconiennes furent alors décidées pour l'implantation de sujets sur différentes zones protégées, grâce à l'importation d'individus trouvés en Alaska. Des échanges et des croisements furent mis au point de manière à assurer un meilleur brassage génétique. En 2002, le nombre total des cygnes trompettes a pu être estimé à 18 000 individus, les trois quarts vivant en Alaska.