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Scandinavie

Stockholm
Stockholm

Région du nord de l'Europe, qui englobe, au sens large : la Suède, la Norvège, le Danemark, la Finlande et parfois, l'Islande.

Des conditions naturelles rudes, les fonctions maritimes, la présence de la forêt, une faible densité de population, des régimes politiques libéraux sont les principaux traits communs de ces États.

GÉOGRAPHIE

1. Les caractères communs des pays du Nord

La mer joue et a toujours joué un grand rôle dans ces pays quasi insulaires occupés par des peuples de navigateurs, descendants des Vikings. Les grandes villes sont des ports, et la flotte, marine marchande ou flotte de pêche, tient une grande place dans l'économie nationale.

La latitude élevée impose de rudes conditions naturelles, des hivers longs et rigoureux qui limitent la durée de la période végétative, si bien que, à l'exception des régions méridionales comme la Scanie ou le Danemark, ou des îles battues par le vent comme l'Islande ou les Féroé, le paysage dominant est celui de la forêt boréale, ruban forestier monotone qui s'étire à l'infini en représentant une richesse certaine, puisque l'économie s'appuie encore beaucoup sur les industries de transformation du bois, encore prospères malgré une restructuration indispensable. Les conditions naturelles sévères, l'importance de l'exploitation forestière, la faible densité de population (11 hab./km2 en moyenne, sauf au Danemark où la densité est beaucoup plus forte) contribuent à expliquer combien les Scandinaves gardent un genre de vie proche de la nature, ce qu'attestent la faible proportion des citadins (deux villes seulement dépassent le million d'habitants) et le grand nombre de résidences secondaires.

Les Scandinaves – peut-être parce qu'ils sont peu nombreux, mais aussi parce qu'ils ont su tirer parti de leurs richesses (forêts, hydroélectricité, pétrole) dans un régime politique social-démocrate gardant les principes de l'économie capitaliste libérale – figurent parmi les peuples les plus riches du monde. Mais, si la Scandinavie a été pionnière dans le domaine de la protection sociale de l'individu, l'intervention de l'État est devenue telle que la fiscalité écrasante freine l'expansion économique, les hauts salaires réduisant ainsi la compétitivité des industries sur le marché international.

Les caractéristiques communes à l'ensemble des États scandinaves définissent une véritable solidarité nordique, même si, dans le détail, les paysages et les conditions humaines sont assez variés.

2. La variété des paysages

2.1. Le relief

Les plaines du bouclier baltique s'opposent nettement à la chaîne calédonienne des Scandes (Alpes scandinaves). Les plaines s'appuient sur des terrains très anciens, tant cette région a été rabotée à de nombreuses reprises. C'est donc la structure géologique profonde, formée par des roches très dures, qui apparaît. Ce socle a été souvent recouvert par la structure en nappes de la chaîne des Scandes, qui s'étend sur 1 900 km de long. Il s'agit de nappes formées à l'époque primaire, puis arasées et rajeunies à l'époque tertiaire (2 464 m au Glittertind, dans le Jotunheim norvégien ; 2 117 m au Kebnekaise, dans le Klen suédois) et tombant en abrupt sur l'Atlantique.

L'ensemble de cette structure, chaîne calédonienne ou bouclier ancien, a été complètement recouvert par les épaisses glaces du quaternaire, qui ont considérablement remanié le paysage, les hauts plateaux ont été raclés et les vallées élargies jusqu'à former des auges gigantesques que la mer a pu envahir, comme dans les fjords norvégiens. En reculant, le glacier a laissé de nombreux dépôts morainiques et surtout une multitude de lacs (60 000 en Finlande), de même qu'il entraîne, par compensation, un relèvement du continent : la mer recule, laissant émerger une multitude d'îles entre la Suède et la Finlande, tout en posant des problèmes aux grands ports tels que Stockholm, Turku ou Pori. Les argiles glaciaires, mêlées aux dépôts marins, donnent des sols légers, fertiles, favorables à l'agriculture, qui délaisse les zones plus élevées, sableuses ou acides.

2.2. Le climat

Indépendamment des conditions pédologiques, le climat est un facteur limitant, mais il est aussi source de diversité régionale. Le Danemark et la Scanie, plus méridionaux, échappent à la rigueur de l'hiver, tandis que la présence de la chaîne des Scandes oppose nettement une Scandinavie océanique (Islande, Norvège, côte occidentale du Danemark) à des régions plus continentales, plus sèches avec un hiver très marqué qui pose régulièrement le problème de la navigation maritime dans la mer Baltique, alors que les fjords norvégiens ne gèlent jamais.

3. La variété de la mise en valeur

La population est très inégalement répartie. Les côtes restent toujours très attractives en raison des possibilités de la pêche et du commerce. Les régions du Sud sont aussi beaucoup plus densément peuplées, comme en témoigne la densité du Danemark, 10 fois supérieure à celle des autres pays. Les régions circumpolaires sont presque désertes : même les Lapons migrent vers le sud, puisque l'équilibre de leur genre de vie traditionnel a été rompu par l'introduction de techniques modernes. L'agriculture, cantonnée sur les meilleures terres, améliore sans cesse les rendements et couvre, tout en occupant moins de 10 % de la population active, la plus grande part des besoins alimentaires (l'Islande, avec la part primordiale occupée par la pêche dans l'économie nationale, est un cas particulier).

Les industries sont implantées depuis le xixe siècle, profitant de ressources naturelles abondantes, bois, hydroélectricité et, plus récemment, du pétrole et du gaz de la mer du Nord, dont l'exploitation a complètement restructuré l'économie norvégienne. Ces industries profitent aussi de la présence d'une main-d'œuvre hautement qualifiée. La localisation de l'industrie tend à s'uniformiser en s'installant dans les grands ports ou dans les agglomérations. Même les industries du bois ou de l'électrométallurgie forment maintenant de grands complexes installés dans les ports.

HISTOIRE

Dès la fin de la préhistoire, les peuples scandinaves se distinguent par l'origine commune des populations, aux structures sociales et aux mentalités religieuses originales. Sociétés paysannes, elles ne connaissent ni le servage ni la féodalité. Aux viiie-xie s., les expéditions des Scandinaves en Europe (Vikings) les mettent en contact avec la culture occidentale et le christianisme, qu'ils introduisent dans leurs pays. Dès lors, les royaumes de Norvège, de Suède et de Danemark vont se différencier et se concurrencer. L'Union de Kalmar (1397-1520), réalisant l'union politique des trois royaumes sous l'égide du Danemark, aura une existence éphémère. La Scandinavie va vivre au rythme des luttes de la Suède et du Danemark, qui se disputent l'hégémonie pour la maîtrise de la Baltique.

L'idée d'une unité de la Scandinavie prend corps au xixe s. et se traduit, pendant la Première Guerre mondiale, par la communauté de la neutralité, que les trois États réussissent à maintenir. L'indépendance de la Finlande (1918) contribue à diriger le monde scandinave vers le nord-est. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Suède maintient sa politique de neutralité, tandis que le Danemark et la Norvège adhèrent à l'O.T.A.N. (1949) et que la Finlande signe avec l'U.R.S.S. le traité de Paris (1947).

Cependant, les États scandinaves (avec l'Islande) participent à l'O.N.U., acceptent le plan Marshall (1947) et adhèrent au Conseil de l'Europe et à l'O.E.C.E. (à l'exception de la Finlande). En 1951, en vue de défendre leurs intérêts, ils créent le Conseil nordique, conseil interparlementaire auquel adhère la Finlande (octobre 1956). Un accord de coopération est signé à Helsinki en 1962 ; un conseil de ministres est institué en 1971. La majorité des pays scandinaves font aujourd'hui partie de l'Union européenne (le Danemark depuis 1973, la Finlande et la Suède depuis 1995).