En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Islande

en islandais Ísland

Nom officiel : République d'Islande

Carton de situation - Islande
Drapeau de l'Islande
Drapeau de l'Islande

État insulaire d'Europe, l'Islande est située dans l'océan Atlantique nord, au sud-est du Groenland et au nord-ouest de l'Écosse.
L'Islande est membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

  • Superficie : 103 000 km2
  • Nombre d'habitants : 330 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Islandais
  • Capitale : Reykjavík
  • Langue : islandais
  • Monnaie : krona (couronne islandaise)
  • Chef de l'État : Ólafur Ragnar Grímsson
  • Chef du gouvernement : Sigurður Ingi Jóhannsson
  • Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
  • Constitution :
    • Entrée en vigueur : 17 juin 1944
    • Révisions : 1984, 1991, 1995, 1999
Pour en savoir plus : institutions de l'Islande

GÉOGRAPHIE

1. Le milieu naturel

C'est une île volcanique rattachée au monde scandinave par l'histoire, la civilisation et la langue. Elle est la partie émergée de la dorsale médio-atlantique, chaîne de volcans sous-marins, longue de 15 000 km. De part et d'autre de la dorsale, les plaques américaine et eurasiatique s'écartent l'une de l'autre, d'environ 2 cm par an. Au début du tertiaire d'épais blocs de basalte s'empilaient à l'emplacement de l'actuelle Islande et l'activité volcanique accompagnée de cassures et de mouvements tectoniques s'est poursuivie jusqu'à nos jours.

Pendant l'année 1783, durant 9 mois, de violentes éruptions volcaniques ont déversé d'énormes quantités de lave, détruisant les récoltes et entraînant une terrible famine. Une éruption sous-marine, en 1963, a donné naissance à l'île de Surtsey, 3,75 km2 et une autre, en 1973, a considérablement augmenté la surface de l'île Heimaey. En 1996, l'activité du Grímsvötn, volcan situé sous le plus grand glacier de l'île, le Vatnajökull, a fait fondre la glace et causé une énorme débâcle. En mars 2010, sur le flanc de l'Eyjafjallajökul, glacier qui recouvre un volcan dans le sud de l'île, une fissure s'est ouverte laissant s'épancher de la lave pendant quelques jours. Puis le 14 avril, a débuté une violente éruption volcanique. Les projections de cendre, qui ont atteint plus de 10 000 m d'altitude, ont formé un immense nuage, poussé vers l'E. par les vents dominants.

Les manifestations du volcanisme permanent sont nombreuses : strato-volcans, champs d'épandage de cendres et de poussières, 1 500 sources chaudes, geysers, crevasses par lesquelles s'échappent toutes sortes de matériaux. De nombreux sommets atteignent la limite des neiges éternelles (400 m au nord, 1 400 m au centre) : 11,5 % de la surface islandaise est recouverte par des glaciers. Quelques-uns, comme le Vatnajökull, sont de véritables inlandsis. Les eaux de fonte glaciaire alimentent les cours d'eau qui s'attaquent à un relief jeune se traduisant dans le paysage par un grand nombre de chutes d'eau, véritables curiosités touristiques comme le Gulfoss, mais aussi potentiel hydroélectrique considérable.

Au point de vue climatique, l'île a une position charnière, île océanique certes, mais aussi largement soumise à l'influence des vents froids polaires ; ce qui explique le caractère très changeant du temps toujours accompagné de vent fort, qu'il soit polaire ou atlantique. Les précipitations varient du nord au sud. Au sud, certaines stations atteintes de plein fouet par les tempêtes océaniques ont un total pluviométrique annuel qui peut dépasser 2 000 mm ; au nord, la prédominance de l'influence polaire se traduit par une inhibition pluviométrique des masses d'air : Akureyri a un total inférieur à 500 mm. Les températures ne s'éloignent jamais beaucoup de 0 °C (5 °C en moyenne annuelle à Reykjavik, 3,8 °C à Akureyri). Ces conditions climatiques favorisent le travail de l'érosion. L'ensemble des conditions physiques se conjuguent pour rendre compte de la faiblesse des aptitudes agricoles de l'Islande ainsi que du caractère très aléatoire du peuplement.

2. La population et l'économie

L'Islande est le pays le moins densément peuplé d'Europe avec 3 habitants par km2. Ses habitants se concentrent sur une étroite bande côtière, dans les vallées et dans les plaines du Sud et du Sud-Ouest. Reykjavík, la capitale, rassemble, avec les villes et communes environnantes, la majeure partie de la population. L'espérance de vie y est très élevée.

Après une longue période de prospérité, largement financée par des emprunts, l'économie islandaise des années 1980 s'essouffle. Le P.I.B. stagne et la croissance ralentit. La dépendance économique vis-à-vis de l'industrie de la pêche, alors en déclin, est telle que les fluctuations internationales y sont plus sensibles qu'ailleurs. Une gestion rigoureuse des pêcheries et une diversification des activités industrielles ont néanmoins suscité la reprise.

2.1. La primauté de la pêche et une agriculture tournée vers l'élevage

Le secteur de la pêche reste le fondement de la prospérité du pays. Le développement de l'industrie de la congélation et le renouvellement de la flotte des chalutiers ont été des facteurs décisifs qui permettent à l'Islande d'occuper aujourd'hui une place de choix pour les prises et l'approvisionnement du marché international. Sa flotte est parmi les mieux équipées du monde. Le traitement du poisson s'est progressivement déplacé depuis les installations à terre, à celles en pleine mer, à bord des chalutiers-congélateurs. La morue est le principal poisson exporté. Les autres espèces importantes sont la crevette, le hareng, le lieu noir, l'églefin et le capelan.

L'importance relative du secteur de la pêche et ses dérivés industriels a décliné (chute des prises et des cours du poisson). L'Islande, après avoir repoussé ses eaux territoriales à 200 milles (1975), cherche désormais à préserver ses réserves en instaurant des quotas pour réguler les prises. Parallèlement, elle développe l'aquaculture. Les industries liées à la pêche sont devenues, quant à elle, des secteurs de haute technologie. Le savoir-faire et les services d'ingénierie-conseil ainsi que la fabrication d'engins et d'équipements de pêche sont aujourd'hui exportés.

Seul 1 % de la superficie de l'Islande est cultivé tandis que 20 % sont dévolus aux pâturages (moutons, volaille). La production animalière est donc prépondérante. Les exploitations agricoles pourvoient au marché intérieur en viande, produits laitiers et œufs. Dans les régions géothermiques, la production sous serre (tomates, concombres et fleurs) progresse.

2.2. Ressources énergétiques et diversification de l'industrie

Disposant d'un important potentiel hydroélectrique et géothermique, l'Islande a développé des énergies « propres ». La géothermie est ainsi exploitée pour le chauffage des habitations, la culture sous serre et les piscines. Elle est en revanche encore peu utilisée dans l'industrie. À Námafjall, la vapeur sert à produire de l'électricité dans une centrale expérimentale. Elle permet aussi de sécher les algues transformées ensuite en farine et d'accélérer l'évaporation de l'eau de mer pour l'obtention du sel. Le pétrole, importé, est réservé aux transports et à l'industrie.

2.3. La diversification de l'industrie

L'industrie, dont le développement est limité par l'exiguïté de l'espace utilisable, la faiblesse du marché intérieur et l'éloignement des marchés extérieurs, est encouragée par le gouvernement. Grâce au potentiel énergétique de l'île, des industries grosses consommatrices d'énergies se sont implantées (engrais, aluminium, ferro-alliage), avec une production, à partir de la bauxite importée, d'aluminium destiné à l'exportation. La plus grande industrie d'aluminium se trouve à Straumsvík, près de Reykjavík.

De plus en plus de petites entreprises manufacturières produisent des biens concurrençant les marchandises importées dans des domaines tels que la peinture, l'ameublement, la confiserie, etc. Certaines d'entre elles ont pris pied sur les marchés d'outre-mer (produits pharmaceutiques) par le biais d'exportations directes et d'investissements. Une industrie de haute technologie (logiciels ou biotechnologie) est également en plein essor.

2.4. Un commerce extérieur déficitaire

Les échanges internationaux jouent un rôle de premier plan dans l'économie. Cependant, la valeur annuelle des importations est supérieure à celle des exportations. Les principales importations sont le pétrole, la construction mécanique, les équipements de transports, les biens de consommation et les produits alimentaires. Les exportations sont toujours dominées par les produits de la pêche et par l'aluminium. Ces échanges sont, pour plus de la moitié, réalisés avec les pays de l'Union européenne (Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas). Le reste s'opère avec les pays de l'Association européenne de libre-échange ou AELE et les États-Unis.

HISTOIRE

1. Des origines à 1262

Après des moines irlandais (viiie siècle), les Vikings abordent à la fin du ixe siècle l'Islande, qu'ils appellent « Terre de glace ». L'immigration, plus scandinave que celtique, est favorisée par le roi norvégien Harald Ier Hårfager, qui se débarrasse de nobles turbulents. Selon le Landnámabók, l'île comporte environ 9 000 habitants au milieu du xe siècle. Les moines partis, le paganisme persiste jusqu'au xie siècle, mais le christianisme s'impose peu à peu.

Entre 930 et 1262, époque du Fristat (indépendance), le gouvernement appartient à une assemblée des hommes libres, l'Althing, excluant les esclaves. L'Althing comprend une assemblée législative (lögrétta) et un tribunal (althings-domr) mais pas d'exécutif. L'absence de ce dernier entraînera des guerres entre clans familiaux qui ont constitué le sujet des sagas islandaises. En outre, la charge de godi (représentant de l'Althing), qui est négociable, transmissible par héritage, voire honorifique, se concentre bientôt entre les mains d'une oligarchie.

2. De la domination étrangère à l'indépendance

Le roi norvégien Haakon Haakonsson fait reconnaître son autorité (Vieux Pacte, 1262) et, peu à peu, la royauté norvégienne substitue ses propres hommes et ses institutions à l'Althing. Par ailleurs le pouvoir grandissant des évêques opposé aux oligarques contribue à la période de troubles. L'île souffre à la fois d'éruptions volcaniques et de difficultés de ravitaillement ; de 1402 à 1404, la peste emportera les deux tiers de la population.

Avec le rattachement de la Norvège au Danemark (1380), la situation s'aggrave : imposition brutale, par le roi Christian III, de la Réforme luthérienne (1550) et monopole commercial conféré aux Danois, qui va ruiner la pêche islandaise, administration centralisée à Copenhague.

Au xviiie siècle, la variole (1707-1709), des éruptions volcaniques (1765, 1783) et une famine due à l'insuffisance de gestion de la Compagnie danoise d'Islande déciment la population. Un essai d'autonomie échoue en 1809. Le traité de Kiel (1814) laisse l'Islande au Danemark, qui fait des concessions : deux députés au Parlement danois (1834), conseil de dix membres à Reykjavík (1838), rétablissement de l'Althing (supprimé depuis 1800) en 1843, institution de deux Chambres près du gouverneur (1874). En 1903, l'Althing obtient qu'un ministère islandais soit créé à Reykjavík, et Hannes Hafstein est nommé ministre.

La Constitution de 1918 fait de l'Islande un État indépendant en union personnelle avec le Danemark. Lors de la Seconde Guerre mondiale, sa position géographique confère au pays une valeur stratégique considérable. Les Britanniques occupent l'île à titre de défense (10 mai 1940) ; les Américains les remplacent en 1941.

L'Islande, coupée du Danemark, est gouvernée par le régent Sveinn Björnsson, qui ne renouvelle pas le traité de 1918. À la suite du plébiscite du 23 mai 1944, l'Islande devient une république indépendante (17 juin). Une Constitution institue un président de la République et une Assemblée, l'Althing, élus pour 4 ans par le peuple, et un ministère responsable. Björnsson est le premier président.

3. Une démocratie indépendante

Après la Seconde Guerre mondiale, l'Islande s'engage aux côtés des Occidentaux puis développe une politique de neutralité. Sur le plan intérieur, le bon fonctionnement démocratique amène au pouvoir des gouvernements de coalition souvent en alternance centre gauche/centre droit. Seule l'inflation trouble parfois le bien-être d'une population dont le niveau de vie est élevé.

3.1. Un territoire stratégique : base de l'OTAN et ressources maritimes

Après son adhésion à l'OTAN en 1949, qui la place dans le système de défense occidental, l'Islande accorde aux États-Unis l'utilisation de la base de Keflavík (1951). Mais, dès mars 1956, l'Althing adopte une résolution demandant le retrait des troupes américaines de cette base ; le Conseil de l'OTAN refuse en raison de la guerre froide. Dès lors, l'aversion d'une partie des Islandais à l'égard de cette occupation sera vive. En 1985, l'Althing interdira l'entrée des armes nucléaires sur son territoire.

Membre de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) depuis 1948, l'Islande est également membre du Conseil nordique. L'extension des eaux territoriales de 2 à 12 milles entraîne des différends au sujet des pêcheries avec le Royaume-Uni (« guerre de la morue », 1958-1961). Un accord intervient en 1973, limitant les prises des chalutiers britanniques pour deux ans. Lorsqu'en 1975, la frontière maritime est repoussée par les autorités islandaises à 200 milles, la flotte de guerre britannique est envoyée pour protéger ses pêcheurs. Les contacts diplomatiques entre les deux pays sont alors rompus, mais, en 1977, un traité entérine les revendications islandaises.

3.2. Des gouvernements de coalition confrontés à l'inflation

Depuis 1945, les courants politiques islandais sont dominés par le parti de l'Indépendance (fondé en 1929), le parti du Progrès (« agrarien », 1916), le parti socialiste (1938) puis l’Alliance du peuple – formée en 1956 avec des dissidents de gauche sociaux-démocrates à laquelle se joint en 1963 le parti de la Préservation nationale, et transformée en parti en 1968 – et le parti social-démocrate, créé en 1916. Ces partis coopèrent au pouvoir dans des coalitions sans jamais atteindre séparément la majorité absolue à l'Althing.

À la suite de S. Björnsson, puis d'Ásgeir Ásgeirsson, Kristján Eldjárn est élu président de la République en 1968, et réélu en 1972. En 1971, la défaite électorale de la coalition gouvernementale (conservateurs) met en place un cabinet de centre regroupant le parti du Progrès, l'Alliance du peuple et les libéraux de gauche. Les objectifs de ce gouvernement sont la restitution de la base de Keflavík et l'extension des limites de pêche. Mais les élections de 1974, provoquées par le départ des libéraux de la coalition, favorisent les conservateurs. Leur gouvernement signe un accord avec les États-Unis prévoyant notamment le maintien de la base américaine.

Dans les années 1980, les gouvernements successifs ne parviennent pas à juguler l'inflation, la plus forte du monde occidental : de 1980 à 1988, son taux moyen est de 38 % par an. En 1980, Mme Vigdís Finnbogadóttir devient la première femme présidente de la République islandaise. Elle est reconduite dans ses fonctions en 1984, 1988 puis 1992. Après les élections législatives anticipées d'avril 1983, Steingrimur Hermannsson, chef du parti du Progrès, forme un gouvernement de centre droit qui, en suspendant l'indexation des salaires, parvient à réduire l'inflation tout en faisant face aux grandes grèves de flottilles de pêche (1985 et 1987). Battu aux élections d'avril 1987, il cède la place au gouvernement de coalition tripartite de Thornsteinn Pálsson (parti de l'Indépendance), qui, ne pouvant faire adopter sa politique d'austérité, démissionne en septembre 1988.

S. Hermannsson revient au pouvoir et forme une coalition tripartite, regroupant les progressistes, les sociaux-démocrates et l'Alliance du peuple, puis quadripartite avec la Fédération pour l'égalité et la justice sociale à laquelle s'agrège en 1989 le parti du Citoyen. Cette nouvelle coalition de cinq partis – une première historique –, gère avec succès la période de récession : à partir de 1990, l'inflation à deux chiffres est maîtrisée avec un taux annuel moyen d'environ 3 % entre 1991 et 2000.

À la suite des élections législatives d'avril 1991, les conservateurs et les sociaux-démocrates forment une nouvelle coalition tandis que Davíð Oddsson (parti de l'Indépendance) devient Premier ministre. Reconduit dans ses fonctions après la victoire de la coalition sortante aux élections de 1995, il forme un gouvernement de centre droit. En juin 1996, Ragnar Grímsson devient président de la République. Le résultat des élections législatives de mai 1999, favorable aux conservateurs, permet à la coalition de D. Oddsson de se maintenir au pouvoir. L'élection présidentielle de 2000 n'a pas lieu faute de challenger ; le nouveau mandat de R. Grímsson débute en août.

En mars 2001, bien que ne faisant pas partie de l'Union européenne, l'Islande est intégrée dans l'espace Schengen avec quatre autres pays nordiques (le Danemark, la Finlande, la Suède et, hors UE, la Norvège). En mai 2003, la coalition sortante conservatrice-libérale (parti de l'Indépendance et parti du Progrès) est reconduite à la tête du gouvernement à l'issue des élections législatives. Après avoir succédé à D. Oddsson au poste de Premier ministre en septembre 2005, Halldór Ásgrímsson, président du parti du Progrès, est remplacé quelques mois plus tard – à la suite de la défaite de son parti aux élections municipales – par Geir Hilmar Haarde, nouveau chef du parti de l'Indépendance, lequel arrive en tête des élections législatives de mai 2007 avec 36,6 % des voix et 25 sièges sur 63 devant l'Alliance social-démocrate (26,7 % des suffrages, 18 sièges), menée par Ingibjörg Solrun Gisladottir. Toutefois, en raison du mauvais score du parti du Progrès (11,7 % des voix, 7 sièges), derrière les Verts, qui progressent avec 14,3 % des voix, 9 sièges, G. Hilmar Haarde forme une coalition avec les sociaux-démocrates.

3.3. La crise financière de 2008-2009 et ses retombées politiques

À partir de septembre 2008, l'Islande est l'un des pays d'Europe les plus directement et durement touchés par la crise financière internationale en raison du poids de son système bancaire dans l'économie nationale. À l’effondrement de ce dernier, s’ajoutent la dépréciation d’environ 60 % de la couronne islandaise, l’explosion de l’inflation et l’insolvabilité des ménages et des entreprises. La crise financière s’étend rapidement à l’ensemble de l’économie qui entre en récession (- 6,6 % en 2009) tandis que le taux de chômage bondit de 1 % à 8 %. Les trois principales banques du pays, Glitnir, Landsbanki et Kaupthing, doivent ainsi être nationalisées, les mouvements de capitaux strictement contrôlés et le gouvernement faire appel à l'aide du Fonds monétaire international (FMI)

Au bord de la banqueroute, le pays connaît aussitôt une grave crise politique sur fonds d'émeutes, qui conduit à la démission du gouvernement de G. Hilmar Haarde en février 2009. Une coalition minoritaire formée des sociaux-démocrates et des Verts lui succède sous la direction de Jóhanna Sigurdardóttir avant de remporter une victoire historique aux élections législatives anticipées du 25 avril, avec 34 députés sur 63, l’Alliance social-démocrate recueillant près de 30 % des suffrages (20 sièges) et la Gauche Verte près de 22 % des voix et 14 députés.

Refusant de trop faire peser sur les contribuables le coût de la faillite des banques, ce nouveau cabinet adopte un plan de sauvetage en étroite collaboration avec le FMI qui lui apporte une aide de plus de 2 milliards de dollars. Sous l’égide de l’Autorité de supervision financière, le système bancaire hypertrophié est restructuré avant le retour dans le secteur privé – dès octobre 2009 et janvier 2010 – de deux des trois nouveaux établissements alors créés. La dette des ménages (prêts immobiliers) et des entreprises est gérée avec prudence et si la rigueur est de règle avec des hausses d’impôts et des restrictions budgétaires, le gouvernement préserve une équité fiscale et évite d’être entraîné dans une politique récessive d’austérité.

Comme l’illustre le rejet par référendum du projet de loi relatif au remboursement des épargnants et créanciers étrangers (britanniques et néerlandais) de la banque en ligne Icesave, le gouvernement prend soin de consulter la population, également mise à contribution – avec un succès mitigé – pour l’élaboration d’une future nouvelle Constitution. Par ailleurs, la responsabilité des banquiers et des politiques dans la crise financière, dont celle de l’ex-Premier ministre G. Hilmar Haarde, est mise en cause devant les tribunaux.

Parallèlement, des négociations d’adhésion sont ouvertes avec l’Union européenne en juillet 2010. Toutefois, elles divisent les partis et se heurtent à une opinion majoritairement hostile à l’intégration. Dans l’attente des prochaines échéances électorales, les discussions avec Bruxelles sont ainsi suspendues en janvier 2013 tandis que l’AELE donne raison à l’Islande contre le Royaume-Uni et les Pays-Bas dans l’affaire Icesave.

En 2011, l’Islande renoue avec la croissance grâce à une reprise de la consommation et des investissements. Favorisés par la dévaluation de la monnaie, le commerce extérieur – qui reste excédentaire – et le tourisme, y contribuent également. Le taux de chômage est ramené à moins de 6 % en 2012 et l’inflation de plus de 16 % en 2009 à environ 6 %. Si la dette publique atteint plus de 100 % du PIB (2011), sa progression diminue et le déficit budgétaire (13,5 % du PIB en 2008) est réduit à environ 3,5 % en 2012.

Alors que O. R. Grímsson est réélu à la présidence de la République pour un cinquième et dernier mandat en juin 2012, la coalition de centre gauche au pouvoir essuie une sévère défaite aux élections législatives d’avril 2013 en dépit des résultats économiques de sa gestion. Les motifs de mécontentement, parmi lesquels l’endettement immobilier toujours important de nombreux ménages, la baisse du niveau de vie et les craintes quant à l’avenir des quotas de pêche en cas d’adhésion à l’UE, semblent l’avoir emporté.

Les partis de l’Indépendance et du Progrès, les plus eurosceptiques et qui ont promis des baisses d’impôts ainsi que des allègements de la dette des ménages, arrivent en tête du scrutin en rassemblant respectivement 26,7 % et 24,4 % des suffrages et en faisant élire chacun 19 députés. Les sociaux-démocrates et la « gauche verte » perdent environ la moitié de leurs électeurs de 2009 et reculent à 9 et 7 sièges, tandis que deux nouvelles petites formations, dont un « parti pirate » font leur entrée au parlement. Le 23 mai, les deux partis vainqueurs forment un cabinet de coalition (dont aucun ministre n’a d’expérience gouvernementale) sous la direction de Sigmundur Davíð Gunnlaugsson, président du parti du Progrès, le parti de l’Indépendance obtenant cinq ministères sur neuf dont celui des Finances, confié à son chef Bjarni Benediktsson.

Le 12 mars 2015, à la suite de la publication d’un rapport mettant en évidence l’incompatibilité entre certains intérêts nationaux – tout particulièrement la pêche et l’agriculture, deux domaines sur lesquels les négociations restaient pendantes – et l’appartenance à l’UE, l’Islande retire officiellement sa candidature à l’adhésion.

Le gouvernement de coalition est cependant fortement fragilisé à la suite du scandale international d’évasion fiscale dévoilé par les « Panama Papers ». Suspecté, ainsi que deux autres membres de son cabinet, d’avoir dissimulé des actifs, le Premier ministre doit démissionner sous la pression d’importantes manifestations pour être remplacé par Sigurður Ingi Jóhannsson en avril 2016 avant la convocation, prévue à l’automne, d’élections législatives anticipées.