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guerre froide

Le sourire du COCOdile...
Le sourire du COCOdile...

État de tension qui opposa, de 1945 à 1990, les États-Unis, l'URSS et leurs alliés respectifs qui formaient deux blocs dotés de moyens militaires considérables et défendant des systèmes idéologiques et économiques antinomiques.

Données générales

Un monde bipolaire. La guerre froide présente deux caractéristiques principales. Premièrement, elle oppose deux très grandes puissances, les États-Unis et l'URSS, dotées de vastes territoires et de moyens militaires considérables, affirmant des valeurs idéologiques incompatibles et fondées sur des systèmes économiques antinomiques.

Cette situation a pour conséquence un effet de bipolarisation dans la mesure où chacun des adversaires attire dans sa sphère d'influence les États moins puissants. Bien que ce phénomène affecte surtout l'Europe, enjeu principal, il se répercute également sur le processus de décolonisation puis sur les affrontements régionaux qui se développent dans le tiers-monde.

Un conflit indirect. Deuxièmement, dès 1949, ces deux puissances disposent de l'arme nucléaire, d'abord à fission (bombe A) puis à fusion (bombe H), et, dans les années suivantes, de vecteurs balistiques pouvant transporter cette arme sur des distances intercontinentales (environ 8 000 km).

Cette situation nouvelle, dans la mesure où elle crée pour chacun le risque de devoir subir des dommages intolérables, sans aucune commune mesure avec les capacités de destruction connues jusqu'alors, interdit que l'on recoure à la guerre directe pour dénouer la rivalité. En revanche, les manœuvres indirectes (guerres périphériques par alliés interposés), les affrontements économiques (usure du système adverse) et politico-idéologiques (guerre psychologique) prennent une importance accrue. On distingue trois périodes dans la guerre froide.

1. Engagement et formation des blocs (1945-1962)

1.1. La rupture des équilibres traditionnels en Europe

La suprématie soviétique en Europe

La défaite de l'Allemagne au centre de l'Europe, l'effondrement de la France et l'affaiblissement du Royaume-Uni à son extrémité occidentale créent, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une rupture des équilibres traditionnels sur le continent. En dépit des immenses destructions qu'elle a subies, l'Union soviétique manifeste désormais une écrasante suprématie. Ayant gagné 600 000 km2 en Europe, elle dispose, à l'été de 1946, d'une armée de 100 divisions, soit 4 millions d'hommes, et de 6 000 avions, tandis que les Anglo-Saxons procèdent à la démobilisation rapide de leurs forces et à la reconversion des industries de guerre.

La doctrine américaine de l'endiguement

En mars 1946, dans le discours de Fulton, dit « du rideau de fer », le « vieux lion » britannique Churchill met en garde contre le risque de domination communiste sur une Europe dont la division s'aggrave. On assiste, en effet, à une succession de crises d'intensité croissante (Iran, Turquie, Grèce) et à la mise en place de régimes procommunistes dans les pays d'Europe orientale occupés par l'Armée rouge. Ces faits conduisent le nouveau président des États-Unis, Harry Truman, à réviser la traditionnelle politique isolationniste des États-Unis et à adopter une stratégie (doctrine Truman, mars 1947) à laquelle le diplomate George Kennan qui en est l'inspirateur donne le nom d'« endiguement » (containment).

Dans cette logique, en juin 1947, le général Marshall, secrétaire d'État américain, annonce un plan d'aide pour tous les pays européens qui en feront la demande, proposition que les régimes soumis à Moscou sont contraints de refuser.

1.2. Formation et confrontation des deux blocs (1947-1953)

Poussée communiste, inquiétudes à l'Ouest : la formation des deux blocs (1947-1949)

La division du monde en deux blocs engagés dans une lutte sans merci est solennellement énoncée par le délégué soviétique Jdanov lors de la réunion de formation du Kominform (bureau d'information des partis communistes) à Szklarska Poręba en Pologne, le 22 septembre 1947.

Ce que l'on a appelé le « coup de Prague » de février-mars 1948 – le parti communiste s'empare du pouvoir faisant basculer le dernier régime démocratique d'Europe centrale, et la Constitution du 9 mai 1948 fait de la Tchécoslovaquie une démocratie populaire – suscite une très vive inquiétude chez les Européens de l'Ouest et conduit d'abord à la formation du pacte de Bruxelles (mars 1948) puis à l'engagement de pourparlers en vue d'une alliance défensive avec les États-Unis.

Le blocus de Berlin (juin 1948-mai 1949) aggrave la tension et favorise la conclusion rapide du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en avril 1949. La formation, la même année, de deux États allemands antagonistes achève d'entériner la division de l'Europe et l'impossibilité de donner à la guerre une conclusion juridique acceptable.

Enfin, la victoire des communistes chinois sous la direction de Mao Zedong, à l'automne de 1949, et l'attaque, en 1950, de la Corée du Sud par le leader communiste de la Corée du Nord, Kim Il-sung, confèrent au conflit sa dimension intercontinentale.

À la recherche d'une défense occidentale commune (1950-1953)

La probabilité d'une agression en Europe paraît augmenter d'autant. La politique de défense des États-Unis prend sa forme définitive dans la directive de sécurité nationale de 1950 (NSC-68), élaborée par le haut fonctionnaire américain Paul H. Nitze, qui fixe comme objectif la dissuasion par l'acquisition de la supériorité à tous les niveaux.

Or, il apparaît à la conférence de Lisbonne, en 1952, que, en l'absence d'une armée allemande, l'OTAN n'est pas réellement en mesure de faire face à une attaque soviétique massive. Cela conduit les États-Unis à soutenir le projet français de Communauté européenne de défense (CED). Mais l'hostilité, en France même, à l'égard du réarmement allemand est telle que le plan ne verra jamais le jour. Il en résulte que les États-Unis prennent en 1953 la décision d'introduire sur le théâtre européen des armes nucléaires tactiques capables d'interdire les fortes concentrations de troupes nécessaires pour une attaque d'envergure.

1.3. L'échec de la coexistence pacifique (1953-1962)

La mort de Staline en 1953 n'apporte aucune accalmie dans la guerre froide. En dépit de l'évacuation de l'Autriche par l'URSS pour prix d'une avantageuse neutralité (1955), en dépit aussi des déclarations, en 1956, du dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev sur la coexistence pacifique, rien ne vient concrétiser une réelle détente.

« Représailles massives » et pacte de Varsovie

En janvier 1954, le chef du département d'État, John Foster Dulles, énonce la doctrine dite « des représailles massives », qui prévoit l'engagement de toutes les forces nucléaires américaines en cas d'agression soviétique contre les États-Unis et leurs alliés.

En outre, la création d'une armée ouest-allemande (→ Bundeswehr) étroitement intégrée dans l'OTAN provoque la formation par les Soviétiques de l'Organisation du pacte de Varsovie en 1955. L'échec des deux conférences de désarmement de Genève en 1955 puis l'intervention soviétique à la fin de 1956 en Hongrie (→ insurrection de Budapest) accroît fortement l'anxiété des États-Unis, alors que l'URSS annonce bientôt, en 1957, la mise en orbite du premier satellite artificiel, Spoutnik.

Le territoire américain ayant cessé d'être totalement à l'abri d'une frappe nucléaire adverse, les États-Unis intensifient la production d'armements nucléaires et de vecteurs (fusées, sous-marins, bombardiers) capables de les emporter.

Au risque de la crise

Dans ce contexte où chacun teste les capacités de l'autre, Berlin devient un point de crispation : Khrouchtchev réclame d’abord dans les six mois l’intégration de la ville à la RDA ou son érection en ville libre sous contrôle de l’ONU, puis, devant l’enlisement des négociations, fait élever le « mur de la honte » entre les deux parties de la ville en août 1961 (→ mur de Berlin), mais renonce de ce fait à son projet d’annexion ; enfin, le président John Fitzgerald Kennedy vient, en juin 1963, exprimer sa solidarité avec les Berlinois par son fameux discours : « Ich bin ein Berliner ! ».

Cette deuxième crise de Berlin (1958-1963) et la crise de Cuba (septembre 1962) se situent dans la perspective de cette compétition où il s'agit de pousser le plus loin possible ses pions jusqu'à rencontrer les limites que son adversaire a décidé de fixer, dans un mélange d'audace exploratoire et de prudence – en témoigne la correspondance entre Khrouchtchev et Fidel Castro de septembre 1962 (publiée en 1990).

2. Stabilisation et codification de l'affrontement (1963-1978)

Tandis que la cohésion des blocs est elle-même partiellement remise en question (conflit sino-soviétique, sortie de la France du commandement intégré de l'OTAN), cette deuxième période de la guerre froide se caractérise par la combinaison de deux types d'entreprises différentes qui s'affectent mutuellement. Au niveau central, une communication étroitement bilatérale s'instaure entre les deux Grands, tandis qu'à la périphérie se développe une compétition violente, bien qu'indirecte.

2.1. Une prudente coopération au sommet

Téléphone rouge et doctrine de la riposte graduée

La mise en place d'un « téléphone rouge » (liaison directe par télex) entre la Maison-Blanche et le Kremlin ne fait pas cesser la course aux armements (développement des Polaris américains et des missiles sol-sol soviétiques). Néanmoins, elle matérialise la volonté d'entretenir une communication non seulement en cas de crise, mais afin de prévenir une confrontation directe qui impliquerait un risque d'utilisation des armes nucléaires.

Le traité de limitation des essais nucléaires de 1963 puis celui relatif à la non-prolifération des armes nucléaires (1968) témoignent de l'existence d'un intérêt commun minimal, mais qui n'exclut nullement la compétition. Cette ambiguïté apparaît dans la nouvelle doctrine de l'OTAN, officiellement adoptée en 1968 et dite « de la riposte graduée » (flexible response) : il s'agit de maintenir l'incertitude quant au risque d'escalade d'une guerre conventionnelle qui éclaterait en Europe et évoluerait en une guerre nucléaire.

Les négociations au sommet

Vienne, Helsinki, Stockholm deviennent à partir de 1965 des lieux de rencontres régulières où se préparent les sommets entre les deux Grands. Si certaines de ces négociations s'enlisent durablement, comme les MBFR (Mutual Balanced Forces Reduction), d'autres aboutissent. C'est le cas pour les SALT (Strategic Arms Limitation Talks), qui limitent les vecteurs balistiques porteurs d'armes nucléaires, et le traité ABM (Anti Ballistic Missiles), qui fixe à deux le nombre de sites défensifs sur le territoire de chacune des deux parties – accords imparfaits, partiels et temporaires qui visent à réguler le développement des armes plus qu'à les supprimer.

D'autres négociations visent à réduire les risques de conflit nucléaire, particulièrement sur le théâtre majeur de la confrontation, l'Europe (accord quadripartite sur Berlin de septembre 1971 et accord de juin 1973 sur la prévention de la guerre nucléaire). La Conférence d'Helsinki sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE), constitue, en août 1975, une sorte de point d'orgue de ces manœuvres, qui donnent le sentiment que l'on entérine un statu quo préférable à des remises en cause trop dangereuses.

2.2. Vive compétition à la périphérie et répercussions au sommet

Il en va tout autrement sur les périphéries, en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient, en Afrique, où se développe sous des formes variées une compétition violente par alliés interposés auxquels chacun apporte une assistance plus ou moins importante. Et cela peut aller jusqu'à un engagement unilatéral direct, comme au Viêt Nam pour les Étas-Unis (→ guerre du Viêt Nam).

Mais les résultats enregistrés sur la périphérie ont nécessairement des répercussions au niveau central. Et si les répercussions sont trop fortes, c'est l'ensemble de la relation qui finit par se transformer.

Or, à la fin de 1973, les États-Unis sont affectés par leur défaite au Viêt Nam et l'ébranlement politique intérieur causé par l'affaire du Watergate et la démission de Richard Nixon. L'affaiblissement américain résultant de cette conjugaison devient trop important pour ne pas remettre en question l'équilibre fragile qui s'était établi.

Le repli américain s'accompagne d'un développement extensif de la puissance militaire soviétique, qui culmine avec le déploiement des missiles balistiques SS-20 en Europe (1977) et l'invasion de l'Afghanistan (décembre 1979), tandis que la chute du chah d'Iran (janvier-février 1979) aggrave encore le recul de la position américaine.

3. Intensification et dénouement (1979-1991)

3.1. Le retour à une phase de tension aiguë (1979-1985)

La contre-offensive américaine

Le refus du Congrès américain de ratifier le traité SALT II, signé en juin 1979 par Leonid Brejnev et Jimmy Carter, la relance des programmes de modernisation des forces nucléaires stratégiques des États-Unis et l'embargo céréalier à l'encontre de l'URSS marquent le début d'une très forte dégradation des relations entre les deux Grands et la relance des tensions bloc à bloc.

L'OTAN proclame en décembre 1979 son intention de riposter au déploiement des SS-20 soviétiques par l'installation en Europe occidentale de missiles Pershing II. Dès janvier 1980, le président Carter affirme le caractère vital du golfe Persique pour les États-Unis et leur détermination à s'y porter en force au cas où une puissance extérieure chercherait à en prendre le contrôle à son profit. L'arrivée à la présidence de Ronald Reagan (janvier 1981) ouvre une phase nouvelle, la stratégie américaine visant désormais à reprendre une initiative perdue depuis plus de cinq ans. 

Des déclarations belliqueuses de part et d'autre

Le gouvernement américain développe une rhétorique agressive contre « l'empire du Mal » qui vise à la fois à réactiver l'anticommunisme américain et à impressionner l'adversaire par la démonstration de sa conviction. De nouvelles dispositions stratégiques renforcent la directive présidentielle 59 du président Carter en insistant sur la capacité de mener victorieusement une guerre nucléaire. À quoi la propagande soviétique répond par des accusations de bellicisme et d'irresponsabilité contre les États-Unis, dont « la politique d'agression menace de pousser le monde dans le jeu de la guerre nucléaire » (discours de L. Brejnev, octobre 1982, peu avant sa mort). 

Aspects économiques et stratégiques

L'embargo, peu efficace et contraire aux intérêts américains, est rapidement levé. En revanche, l'administration Reagan réactive les organismes chargés de la surveillance des transferts de technologies sensibles, tel le COCOM, et s'en prend avec virulence aux sociétés européennes, singulièrement françaises, dont les activités commerciales favoriseraient le développement des technologies de pointe soviétiques (affaire du gazoduc euro-sibérien).

C'est à ce niveau de confluence entre économie, savoir-faire technologique et stratégie que les États-Unis font porter leur effort. L'initiative de défense stratégique (IDS) – programme connu sous le nom de « guerre des étoiles » – vise ainsi à placer l'Union soviétique devant une impasse : renoncer à faire jeu égal avec les États-Unis ou s'épuiser économiquement afin de rattraper son handicap dans la course technologique. Cette inflexion s'appuie sur un important redressement des dépenses militaires américaines entre 1979 et 1983. 

Aspects diplomatiques et militaires

Même si les négociations ne sont interrompues que durant peu de temps (fin de 1983-fin de 1984), la tension monte considérablement durant l'année 1983 tant sur le théâtre principal européen, fortement agité par la crise des euromissiles, que sur les périphéries.

Les États-Unis interviennent violemment, en octobre 1983, à la Grenade (Caraïbes) pour prévenir l'établissement d'un régime procastriste ; partout dans le monde, ils soutiennent les guérillas anticommunistes (Nicaragua, Afghanistan, Mozambique). Après la destruction par l'armée de l'air soviétique d'un Boeing civil sud-coréen, la tension à l'Est devient extrême lors des manœuvres de l'OTAN de l'automne 1983.

3.2. Relâchement et fin de la guerre froide (1985-1990)

Retour à une attitude prudente (1985-1988)

Sur fond de grave crise économique intérieure, l'ensemble de ces données convainquent Mikhaïl Gorbatchev, qui dirige l’Union soviétique à partir de 1985, qu'il est temps de revenir à une forme de compétition stabilisée, ce qui ne signifie pas encore la fin de la guerre froide.

Entre 1985 et 1988, il est clair que l'URSS recherche de nouveau les voies d'un accommodement et à se désengager d'entreprises militairement indécises et ruineuses, moralement et économiquement, mais rien n'indique que les Soviétiques renoncent à se poser en rivaux des États-Unis. Lors des négociations sur les forces nucléaires de portée intermédiaire (FNI) stationnées en Europe, chacune des deux parties tente, comme à l'accoutumée, d'obtenir les gains maximaux par rapport à l'enjeu européen et de placer l'adversaire en situation délicate par rapport à son propre camp.

Dénouement (1989-1990)

La fin de la guerre froide, qui n'est pas comparable à une fin de guerre traditionnelle, doit être considérée dans une double perspective : d'une part, ses manifestations et, d'autre part, l'enchaînements des causes.

Les manifestations sont discernables entre novembre 1989 (démantèlement du mur de Berlin) et le 12 septembre 1990 (signature du traité d'unification allemande).

Le communisme s'effondre en Europe orientale et entre en crise grave en URSS même. Concrètement, la situation géostratégique issue de la Seconde Guerre mondiale, qui faisait du centre de l'Europe une base de départ pour les armées soviétiques, disparaît. En avril 1991, la dissolution de la composante militaire du pacte de Varsovie entérine un état de fait.

Pourquoi la fin de la guerre froide ?

Le bouleversement qui se manifeste ainsi en Europe est plus délicat à expliquer. Il est lié à la fois à la politique gorbatchévienne de perestroïka (restructuration) et à son échec, qui l'engage plus loin que ce qui, au départ, était envisagé. Il est également lié au comportement des forces politiques dans les pays de l'Est, qui se sont précipitées vers l'émancipation totale sans laisser le temps aux partis communistes d'opérer une reconversion.

Il s'explique enfin par la pression exercée sans relâche sur le long terme et au coup par coup par les États-Unis et leurs alliés afin de contenir puis de réduire les capacités d'extension du système communiste.

La stratégie de « containment », définie en 1947, aura donc mis plus de quarante années pour atteindre ses objectifs, laissant une Union soviétique, toujours surarmée, s'enfoncer dans la crise économique tandis que son unité politique et nationale paraît gravement compromise.

L'apparition brutale, au début du xxie siècle, du terrorisme sur la scène politique internationale rend difficile d'envisager avec certitude ce que sera durablement le monde de l'après-guerre froide ; on peut cependant affirmer que l'affrontement idéologique qui a opposé les deux blocs pendant près d'une cinquantaine d'années a contribué à la désagrégation des empires coloniaux et à l'émancipation de l'Asie et de l'Afrique – ce qui suffit à en faire, au regard de l'histoire, l'un des phénomènes majeurs de la seconde moitié du xxe siècle.