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Berlin

Berlin
Berlin

Capitale de l'Allemagne, sur la Spree, constituant aussi un Land, couvrant 882 km2.

  • Population : 3 292 365 hab. (recensement de 2011)
  • Nom des habitants : Berlinois

GÉOGRAPHIE

La ville qui était au cœur de l'ancienne R.D.A., apparaît aujourd'hui d'autant plus excentrée qu'elle est éloignée de l'axe rhénan et des régions dynamiques du sud du pays (Bade-Wurtemberg et Bavière). Elle est encore plus périphérique dans le cadre de l'U.E. (loin de Strasbourg, de Luxembourg ou de Bruxelles), mais constitue une ouverture sur l'Europe orientale. Fortement touchée par le chômage, la ville reste pauvre (elle est la seule capitale d'Europe dont le produit intérieur brut par habitant est inférieur à la moyenne nationale). L'industrie ne représente que 10 % de l'activité, moitié moins que dans l'ensemble du pays. Après l'unification allemande, Berlin constitue de nouveau, progressivement, un centre de décision politique. Elle retrouve également son rôle de grande métropole européenne (après Paris, Londres et Moscou). Deux grands parcs technologiques abritent plusieurs centaines d'entreprises, le Buch, au nord (biotechnologies et santé) et l'Adlershof, au sud-est (énergie, mécanique de très haute précision, phototonique). Le tourisme est en forte croissance, avec 18 millions de visiteurs en 2008, contre 10 millions en 1999. Berlin dispose de deux aéroports internationaux, avec Tegel, deuxième aéroport allemand après Francfort, et Schönefeld. Le trafic fluvial sur le réseau de la Havel et de la Spree, relié au Mittellandkanal et à l'Oder, est l'un des plus volumineux d'Allemagne (Berlin est le quatrième port fluvial allemand).

La scission de la ville liée à la dualité de l'Allemagne avant 1990 reste encore marquée dans le cadre urbain. Les disparités entre quartiers occidentaux, densément peuplés et opulents, et quartiers orientaux, plus pauvres, reflètent les niveaux de développement inégaux des deux anciennes parties de l'Allemagne. Toutefois, le transfert des fonctions de capitale peut être un atout pour l'avenir et pour l'unité réelle de la ville.

Berlin a accueilli les jeux Olympiques d'été en 1936.

Le climat, semi-continental, oppose des hivers froids (– 1 °C en janvier) et neigeux à des étés orageux, modérément chauds (19 °C en juillet) et humides. La ville reçoit en moyenne 603 mm de précipitations par an et sa température moyenne annuelle est de 9,25 °C.

L'HISTOIRE DE BERLIN

Des origines à Frédéric II

Rien ne prédisposait les bords de la Spree à recevoir un jour la capitale de l'Allemagne. Le milieu physique (sables, landes et eaux de la Marche de Brandebourg) était, à l'origine, inhospitalier. La ville doit plus à l'histoire qu'à la géographie. Les premiers occupants, apparus seulement à l'époque protohistorique (le xe s. environ), ont vraisemblablement été des pêcheurs slaves ; vers 1230, l'agglomération reçoit des margraves du Brandebourg le statut urbain, en même temps que sa jumelle et rivale Cölln. Dès le xive s., les deux cités deviennent un centre commercial important sur la voie Magdebourg-Szczecin (Stettin) et Magdebourg-Poznań, cependant que le commerce avec Hambourg les fait entrer dans la hanse teutonique (ou plutôt baltico-atlantique). Consciente de son importance économique, Berlin entre souvent en conflit avec son souverain, un Hohenzollern depuis 1415 (solennellement investi de ses nouvelles fonctions en 1417 à Constance), mais ne parvient pas à se rendre totalement indépendante et doit accepter que le souverain réside dans ses murs (à partir du milieu du xve s.). Cette symbiose profite finalement à la ville, mais celle-ci n'en développe pas moins un esprit d'indépendance fort peu « prussien », grâce auquel peuvent se fondre les éléments divers de l'ethnie berlinoise, très particulière – les éléments germaniques venus de l'ouest et du nord (la langue de base est le niederdeutsch), et les éléments germano-slaves venus de Silésie ou de Poméranie –, après que les conquêtes des Électeurs (puis rois) eurent accru leur domaine oriental (xviiie s. et xixe s.).

Le xvie s. apporte à Berlin la réforme luthérienne (la ville devient une métropole du protestantisme), un accroissement important de la population (30 p. 100 environ), un premier essor économique, suivi d'une grave crise due aux imprudences du souverain. C'est aussi alors que se constitue la structure sociale bipolaire, avec la Cour (encore relativement peu puissante, par suite du manque de ressources) et la ville, peuplée d'artisans et de cultivateurs.

Au début du xviie s., la population de la ville atteint environ 10 000 habitants, alors que Paris et Londres sont déjà de véritables métropoles mondiales. La guerre de Trente Ans amène un déclin qui ne s'arrête qu'à la fin du xviie s. Le Brandebourg sert de passage aux Impériaux et aux Suédois ; à la fin de la guerre, la population tombe à 6 000 âmes. L'Électeur Frédéric-Guillaume, surnommé « le Grand Électeur » (der Grosse Kurfürst), entreprend la restauration de l'État après les traités de Westphalie. Il appelle commerçants et artisans dans la ville ; les manufactures obtiennent son appui. La ville s'agrandit de deux quartiers : Friedrichswerder et Dorotheenstadt. Le jardin d'agrément (Lustgarten) est établi au nord du château, et, à l'ouest de celui-ci, l'Électeur fait aménager l'avenue Unter den Linden. Ainsi, le noyau ancien de Berlin est constitué essentiellement par les quartiers du xviie s., qui, pendant longtemps, donnèrent à la ville son cachet de ville de résidence princière. La révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV en 1685 fait le bonheur de l'Électeur. Les huguenots affluent par milliers, apportant leurs capitaux et leur savoir. Le quartier Moabit, aux réminiscences bibliques, est leur œuvre. Un gymnase où l'enseignement est donné en français est construit. À partir de la fin du xviie s., une partie de la noblesse et de la bourgeoisie berlinoises porte désormais des noms français. Mais, avec 20 000 habitants en 1700, Berlin ne fait pas encore figure de capitale.

Cependant, la ville se développe considérablement : le port fluvial est aménagé rationnellement, une importante forteresse est construite grâce aux subsides de l'allié français, l'assèchement de marais permet à l'Électeur et à sa famille de réaliser d'importantes opérations immobilières et de fonder trois cités nouvelles, rivales de Berlin et de Cölln, et qui, en 1709, sont réunies avec celles-ci en une seule ville.

Centre d'art architectural (Andreas Schlüter), Berlin devient un foyer intellectuel vers la fin du xviie s., quand s'y sont installées l'Académie des beaux-arts (1696) et l'Académie des sciences (1700).

Au cours du xviiie s., la ville continue à profiter de l'extension des États des Hohenzollern et de l'accroissement de leur puissance (« rois en Prusse » depuis 1701) ; à l'abri des guerres (mis à part l'occupation passagère par les Autrichiens en 1757 et par les Russes en 1760), elle dépasse 100 000 habitants en 1750 (avec une importante garnison), cependant que, non loin de là, Potsdam devient une résidence complémentaire du roi- Électeur. À côté de la communauté huguenote, pratiquant les vertus « prussiennes » et gardant l'usage du français, se développe la communauté israélite, dont la grande originalité sera, jusqu'au xxe s., d'avoir une activité autant intellectuelle que commerciale. Par ailleurs, l'éditeur Friedrich Nicolai, l'écrivain Lessing, le philosophe Moses Mendelssohn constituent avec d'autres intellectuels et savants, de passage ou établis à demeure, un milieu remarquablement actif qui annonce le grand essor du xixe s.

De Frédéric II à Guillaume II

Avec le règne de Frédéric II (1740-1786), le rôle de capitale germano-slave de Berlin s'accentue par suite des conquêtes entre Oder et Vistule ; dans les dernières années du xviiie s., l'État prussien traverse une grave crise, qui marque aussi la ville et qui se poursuit durant l'époque napoléonienne.

Mais déjà les premières années du xixe s. annoncent un renouveau ; cité autonome en 1808, Berlin devient en 1810, grâce à Wilhelm von Humboldt, une ville universitaire qu'illustrent les philosophes Fichte, Hegel, puis Lotze (1817-1881), le physicien Helmholtz et tant d'autres depuis. D'importants édifices (dont la porte de Brandebourg, 1788-1791) datant de ce temps confirment l'aspect de capitale du noyau urbain, cependant que de nombreux quartiers restent quasi ruraux avec une population paisible, qui ne participe pas aux mouvements plus ou moins révolutionnaires qui parcourent l'Europe postnapoléonienne.

L'urbanisation s'accentue (entre 1825 et 1840, 100 000 habitants de plus, dont l'intégration se fait souvent mal, car ils sont Polonais et catholiques pour une bonne part) ; les maladresses du souverain, sur le plan tant des franchises municipales que de la vie confessionnelle, la prolétarisation, qui commence avec l'industrialisation (Borsig en 1837, Siemens en 1847 ; première voie ferrée en 1838, cinq autres construites entre 1841 et 1846), font du Berlin du « printemps des peuples » un foyer de révolution.

Mais la révolte est réprimée encore plus rapidement que les mouvements du xve s. et du xvie s. La ville est plus liée que jamais au développement de la Prusse, qui s'accélère bien avant 1871. Les nombreuses voies ferrées, les relations fluviales font de la ville un des principaux centres économiques de l'Allemagne moderne ; les immigrants affluents, et la ville, qui se développe concentriquement, doit sortir de son enceinte (en 1861, le mur d'octroi est abattu) et annexe les faubourgs ; elle compte en 1861 près de 550 000 habitants, et parmi eux de nombreux savants et écrivains, sans compter les grands commis de l'État et les officiers qui forgent l'armée de Sadowa et de Sedan.

La création du Reich, dont Berlin est la capitale, en confirmant l'hégémonie prussienne dans toute l'Europe centrale, accentue encore davantage le caractère de métropole, et cela sur tous les plans, y compris sur celui de la politique étrangère (congrès de 1878, conférence « africaine » de 1884-1885). En 1880, il y a plus de 1 million d'habitants dans une ville qui comprend, à côté de quartiers aérés et imposants, un nombre de plus en plus élevé d'immeubles sordides, dont la disposition (« Vorderhaus », bourgeois, et « Hinterhaus », prolétarien) accroît les tensions sociales. En 1910, ses habitants sont au nombre de 2 millions, vivant du commerce (grands magasins), des transports (réseau ferré métropolitain à partir de 1877, installations portuaires), de la banque, des assurances et surtout de l'industrie (métallurgie, industries électriques avec AEG, arts graphiques, habillement). Toutefois, grâce aux annexions de communes urbaines, facilitées plus qu'en France par la loi, de nombreux Berlinois vivent encore de la terre, ce qui contribue sans doute à émousser les conflits sociaux et à faire des nombreux sociaux-démocrates de loyaux sujets de l'empereur d'Allemagne, roi de Prusse.

Cependant que la vie politique se partage entre Potsdam (la Cour) et Berlin (Reichstag), la vie intellectuelle atteint un très haut développement tant avec des écrivains typiquement berlinois, faisant partie de la « Heimatdichtung » si germanique, qu'avec des hommes connus hors de ces frontières, dont, entre autres, Theodor Fontane et Gerhart Hauptmann. Le théâtre (Max Reinhardt) devient un produit spécifiquement berlinois et en même temps une denrée d'exportation. La science moderne se crée pour une bonne part à l'université et dans les instituts de recherche (1879 : technische Hochschule), mais le nouveau type du Berlinois, identifié bien à tort avec le militarisme des Hohenzollern, n'attire pas la sympathie des Allemands, qui lui reprochent son réalisme souvent cynique et son esprit rude et mordant (« Berliner Schnauze »), ou encore ses goûts socialistes et son mode de vie souvent trop prolétarien, illustré par les dessins de Heinrich Zille (1858-1929) et de Käthe Kollwitz. Cela a pour résultat d'accroître chez les habitants de Berlin, de provenance récente ou d'ancienne extraction, le sentiment non pas tant d'être supérieurs, mais d'être autres, plus dynamiques (Tempo ! Tempo !) et plus adaptés à la vie moderne ; une entité se constitue ainsi, très originale et fort peu « allemande », en tout cas fort peu alémanique.

Le Grand-Berlin

L'entité berlinoise survit à la guerre et surtout aux soubresauts de l'après-guerre et aux troubles sanglants (révolte des spartakistes en janvier 1919, tentative de coup d'État de droite [le putsch de Kapp] en mars 1920). Capitale de la République et aussi du plus grand de ses États, la Prusse, Berlin connaît de son côté les « roaring twenties ». La ville est réorganisée administrativement en 1920. Le « Gross-Berlin » englobe 7 villes suburbaines, 56 communes et 29 grands domaines agricoles. La capitale est subdivisée en 20 arrondissements (Bezirke) qui subsistent encore. Par cette gigantesque Eingemeindung (annexion), la ville compte 4 millions d'habitants, répartis sur 878 km2, avec une densité de 4 550 habitants au kilomètre carré. Berlin présente, en apparence, ce paradoxe d'être une ville où les densités urbaines sont parmi les plus élevées des villes allemandes, tout en possédant également des espaces verts dont beaucoup de villes n'ont pas l'équivalent. L'explication réside dans les constructions en hauteur, qui permettent de réserver, à proximité, des surfaces d'agrément assez étendues.

Pourvu, au fil des années, d'un remarquable réseau de transports urbains et suburbains, Berlin est alors l'une des villes d'Europe les plus « courues » entre les deux guerres. Ses théâtres, ses écrivains, ses acteurs de cinéma et ses metteurs en scène, ses journalistes et ses auteurs d'airs à succès (Walter Kollodziezski, dit Kollo [1883-1940], Paul Lincke [1866-1946], etc.) contribuent à faire de la ville un creuset où vivent maintenant (1925) plus de 4 millions d'habitants ; le centre devient le Berlin de l'administration et du commerce, la périphérie et la banlieue abritant les usines, toujours plus nombreuses et plus grandes (Siemensstadt), et les blocs d'habitations (les « grands ensembles » des architectes Bruno et Max Taut). L'époque nazie confirme l'essor de Berlin, rendue indépendante du Brandebourg en 1933 par décision de son gauleiter Goebbels, et Reichshauptstadt d'un État qui ne cesse de s'étendre ; les grands travaux, le développement des autostrades et de l'aéroport de Tempelhof, et le couronnement des jeux Olympiques de 1936 contribuent à diluer une opposition de gauche encore très forte avant 1933.

Les plans ambitieux visant à faire de Berlin la capitale d'une Europe allemande sont réduits à néant par la guerre, par les bombardements et surtout par la bataille de Berlin (23 avril-2 mai 1945) entre les forces soviétiques et allemandes. Encerclée par les armées de Joukov et de Koniev, qui font leur jonction le 24 avril au S.-E. de Berlin, soumise à d'énormes concentrations d'artillerie (20 000 pièces), la garnison (environ 300 000 h., dont 80 bataillons de Volkssturm) ne peut être dégagée par la IVe Panzerarmee. Les combats se poursuivent jusqu'au centre de la ville. Hitler s'y suicide dans son bunker le 30 avril ; le 2 mai, à 15 heures, le général Weidling ordonne la cessation de la lutte. Le 8 mai est signé à Berlin l'acte de capitulation des forces armées allemandes.

Berlin divisé

Par décision conjointe des vainqueurs de l'Allemagne, Berlin, située en zone soviétique est partagée en quatre secteurs administrés par une commission de contrôle quadripartite (Grande-Bretagne, États-Unis, U.R.S.S. et France). Les Soviétiques s'en retirent le 20 mars 1948 pour protester contre la décision alliée d'unifier les zones d'occupation anglo-saxonnes ; le 24 juin, ils interdisent tout transport entre la ville et l'Ouest. Le blocus des secteurs occidentaux de la ville dure un an, mais échoue grâce au gigantesque pont aérien décidé par les autorités américaines.

Le 12 mai 1949, les Soviétiques rétablissent les communications terrestres entre Berlin et l'Ouest. La libre circulation entre les secteurs est et ouest de Berlin subsistera douze ans, malgré les émeutes ouvrières du 17 juin 1953, durement réprimées par les autorités de Berlin-Est. En novembre 1958, l'URSS abolit unilatéralement le statut quadripartite de Berlin : sa proposition de faire de Berlin-Ouest une ville libre sous contrôle de l'ONU est rejetée par les Occidentaux. Mais c'est l'émigration croissante d'est en ouest qui amène les autorités d'Allemagne de l'Est à construire, à partir du 13 août 1961, le mur qui séparera durant près de trente ans Berlin-Est de Berlin-Ouest.

La réunification

Symbole d'une Europe déchirée, le mur de Berlin est ouvert dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989 et la libre circulation est rétablie entre les deux parties de la ville. En 1991, Berlin redevient la capitale de l'Allemagne réunifiée. Les dernières troupes alliées quittent la ville en 1994.

BERLIN, VILLE D'ART

À la mort de Frédéric le Grand, en 1786, le nombre des Berlinois atteint 147 000 : la ville prend désormais figure de capitale, avec des édifices considérables construits surtout à la fin du xviiie s. et au début du xixe s., notamment le long de l'avenue Unter den Linden, qui va de la porte de Brandebourg à l'île de la Spree, où s'élevait le château royal des xviie s. et xviiie s. Le rythme de croissance, déjà rapide, s'accélère au temps de la prépondérance prussienne dans la Confédération de l'Allemagne du Nord, puis lorsque Berlin devient capitale de l'Empire allemand. À partir de 1945, et plus encore de 1961, année de la construction du mur, Berlin s'est trouvée partagée en deux villes distinctes, chacune ayant sa physionomie propre. Le paysage urbain garde encore la marque de ces longues années de partition.

Ravagée à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Berlin a perdu une grande partie de son patrimoine historique. Ce qu'il en reste se trouve surtout dans l'ancien Berlin-Est : Marienkirche, église gothique en brique (fin du xive s. ; célèbre fresque de la Danse macabre) ; monuments des xviiie s. et xixe s., construits sous les Hohenzollern autour de l'axe historique Unter der Linden (Arsenal, de Jan de Bodt et Andreas Schlüter [masques de guerriers mourants], vers 1700 ; Opéra, de Georg Wenzeslaus Knobelsdorff ; cathédrale Sainte-Hedwige, 1747-1773 ; porte de Brandebourg, de Carl Gotthard Langhans, 1788 ; Corps de garde, de Karl Friedrich Schinkel, 1818). Sur l'île de la Spree subsistent la cathédrale en rotonde, édifiée au début du xxe s., et divers musées, dont le Pergamonmuseum, avec sa noble façade de Schinkel.

Plus à l'est, la République démocratique allemande a aménagé, au-delà de l'Alexanderplatz transformée et devenue le cœur de la « city » socialiste, l'avenue monumentale à la gloire du régime : la Karl-Marx-Allee, réalisée en deux étapes de 1953 à 1968. Elle offre à son début un forum avec un vaste hôtel, un restaurant, un cinéma à l'architecture massive. La Tour de Télévision (Fernsehturm), haute de 365 m (1969) couronne ces aménagements grandioses.

À l'ouest se trouve le château de Charlottenburg, seul château des Hohenzollern qui subsiste (fin du xviie-xviiie s.). Dans la cour d'honneur se trouve le magnifique monument équestre du Grand Électeur, par A. Schlüter. De la fin du xixe s. date la Kaiser-Wilhelm-Gedächtniskirche (Église commémorative), édifiée en mémoire de l'empereur Guillaume Ier. Il n'en reste que la tour, accolée aujourd'hui à une église moderne (1959-1961). C'est là qu'aboutit le Kurfürstendamm, allée prestigieuse aménagée par Bismarck et l'un des centres de la vie urbaine.

À partir de 1955 s'est élevé, à proximité du Tiegarten, tout un quartier appelé « Hansaviertel », auquel ont collaboré les architectes les plus renommés dans le monde ; il comprend des blocs d'habitation élevés, deux églises et des équipements sociaux. Non loin se trouve le palais des Congrès, dû à l'Américain Hugh Stubbins. Hans Scharoun a conçu la Philharmonie (1959-1963), dont le toit asymétrique évoque une gigantesque vague, ainsi que la Bibliothèque nationale. La Neue Nationalgalerie, toute de verre et d'acier, est l'œuvre de Mies Van der Rohe (1968).

En outre, Berlin accueille, depuis 1951, un festival international annuel de cinéma.

LES MUSÉES DE BERLIN

L'île de la Spree conserve ce qui fut le premier exemple moderne d'un ensemble muséologique concerté (1830-1930) : Pergamonmuseum, Alte Nationalgalerie, musée Bode ; le premier renfermant en particulier des collections uniques d'art hellénistique (grand autel de Pergame), islamique et du Moyen-Orient (porte d'Ishtar, provenant de Babylone). Le château de Charlottenburg abrite, outre le Musée égyptien (buste de Néfertiti), des tableaux de la collection de Frédéric le Grand, comme l'Enseigne de Gersaint de Watteau. Le complexe de Dahlem contient plusieurs collections importantes : galerie de peinture (Vierge dans une église de Van Eyck, l'Homme au casque d'or de Rembrandt, la Femme au collier de perles de Vermeer, Étienne Chevalier de Fouquet, la Danse de Watteau, des chefs-d'œuvre des écoles italienne et allemande…), musée de sculpture, cabinet des estampes, musée ethnographique, musée d'art asiatique. La Neue Nationalgalerie est consacrée à l'art des xixe s. et xxe s., le Brücke-Museum à l'expressionnisme allemand. Le Bâtiment Martin-Gropius (1881) abrite plusieurs musées (galerie de Berlin, collection Judaica…). Le Musée du Bauhaus a été construit en 1979 d'après les plans de Walter Gropius. Les musées du Kulturforum regroupent notamment la Galerie de peinture et la Nouvelle Galerie nationale. Inauguré en 2001, le Jüdisches Museum, conçu par l'architecte Daniel Libeskind, retrace 1 700 ans de l'histoire des Juifs en Allemagne.