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FMI

sigle de Fonds monétaire international

Manifestation anti-F.M.I., Pérou, 1986
Manifestation anti-F.M.I., Pérou, 1986

Organisme international de coopération monétaire et financière, fondé le 27 décembre 1945 en application des accords de Bretton Woods.

Initialement chargé de veiller au bon fonctionnement du système monétaire international, et en particulier d'assurer la surveillance des politiques de change (stabilisation des changes et convertibilité des monnaies), le FMI a de plus en plus joué le rôle d'organisme prêteur de devises aux pays membres pour régler la facture de leurs importations et, depuis 1996, de « prêteur en dernier ressort » à destination des pays pauvres les plus endettés. Il a son siège à Washington et regroupe 187 États en 2011.

Les prémices de Bretton Woods

C'est en juillet 1944, lors de la conférence monétaire et financière des Nations unies tenue à Bretton Woods, que fut décidée la création du Fonds monétaire international et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), plus connue sous le nom de Banque mondiale. La tâche assignée à ces deux organismes était de participer à la reconstruction de l'Europe, détruite lors de la Seconde Guerre mondiale, et de promouvoir le développement dans le monde.

La conférence fut dominée par les événements de la fin de 1944 : l'Allemagne allait être vaincue et le Japon avait subi des défaites irréversibles. Pour le Royaume-Uni et les États-Unis, il s'agissait à la fois de s'opposer à la montée en puissance de l'Union soviétique et d'agrandir leurs propres parts de marché. La conférence de Bretton Woods marque ainsi une volonté commune de résoudre les problèmes économiques et financiers mondiaux afin d'éviter tout autant une nouvelle guerre qu'une nouvelle crise de l'ampleur de celle de 1929 (→ crise de 1929). Mais, dans le même temps, les États-Unis avaient pour objectif de dominer l'ordre économique de l'après-guerre. C'est ainsi qu'on décida notamment que les transactions financières entre les pays se feraient sur la base de taux de change quasiment fixes, l'étalon devenant de fait le dollar américain.

Le Royaume-Uni avait été, avant la guerre, le principal obstacle au développement du commerce américain, notamment par le système des préférences impériales, qui assurait à Londres de larges débouchés dans son propre empire colonial. Mais la guerre avait bouleversé la hiérarchie, et, alors que les États-Unis en sortaient considérablement renforcés – assurant, à la fin de 1944, 45 % de la production industrielle mondiale –, le Royaume-Uni se trouvait très affaibli.

Objectifs et fonctionnement

L'article premier des statuts du FMI définit ainsi ses objectifs : promouvoir la coopération monétaire internationale ; favoriser le développement harmonieux du commerce mondial ; améliorer la stabilité des taux de change ; établir un système multilatéral de règlement des transactions courantes ; mettre temporairement à la disposition des États membres des ressources financières (prêts à court terme). Par le premier amendement à ses statuts, adopté en 1969, le FMI a été autorisé à émettre des droits de tirage spéciaux (DTS), qui ont vocation à devenir une monnaie scripturale internationale – ce qui suppose un consensus global sur son rôle supranational. À partir des années 1980, il a mis en place de nouveaux modes d'emprunt, destinés à venir en aide aux pays en développement, moyennant l'adoption par ces derniers de réformes macroéconomiques (ce que l'on appelle la « conditionnalité » du FMI) : diminution des dépenses publiques (parfois de façon drastique), augmentation des recettes d'exportation et réduction de l'intervention économique de l'État par la vente d'entreprises nationales et par des facilités concédées aux investisseurs étrangers.

Ce sont les États membres qui fournissent les ressources du FMI, en or et monnaies nationales. Cette quote-part détermine à la fois le nombre de voix dont dispose chaque État dans les instances du Fonds et le volume d'emprunt autorisé.

Le FMI est dirigé par un conseil des gouverneurs (nommés par les États membres), chargé des décisions stratégiques. Le conseil d'administration gère l'institution, nomme le directeur général et présente un rapport annuel au conseil des gouverneurs. Se sont succédé au poste de directeur général, Camille Gutt, Ivar Rooth, Per Jacobsson, Pierre-Paul Schweitzer, H Johannes Witteveen, Jacques de Larosière, Michel Camdessus, Horst Köhler, Rodrigo de Rato et Dominique Strauss-Kahn, Christine Lagarde. Créé en 1974, le comité intérimaire du conseil des gouverneurs regroupe les ministres des Finances ou les gouverneurs de banque centrale des principaux pays et définit les orientations politiques.

Le FMI et la crise de 2008

Parfois accusé de ne pas avoir prévu les grandes crises qui ont secoué le monde de la finance depuis les années 1990, le FMI s’est résolu à traiter « à chaud » celle de 2008, dont les effets se sont traduits non seulement par une envolée des taux de change, mais aussi par une sortie en masse des capitaux étrangers de certains pays émergents. À la demande du G20, lors du sommet de Pittsburgh (2009), le FMI est chargé de mener des analyses et des évaluations quant aux projets développés par les ministres des finances et les banques centrales. Dans cette perspective, le FMI a notamment mis en place un nouveau type de prêt à court terme, dit « facilité élargie de crédit (FEC) », qui a remplaçé la « facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) », pour apporter un soutien à moyen terme aux pays à faible revenu..

Pour tirer « les leçons de ses erreurs passées » (Dominique Strauss-Kahn), le FMI s’est engagé dans la voie d’une étroite concertation avec le Conseil de stabilité financière (ex-Forum sur la stabilité financière), qui regroupe principalement les grandes banques centrales.