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monnaie

(latin moneta, de Moneta, surnom donné à Junon)

Sapèque
Sapèque

Tout instrument légal ayant les mêmes fonctions.

Un bien d'échange

L'origine du terme « monnaie » vient du nom de la déesse romaine Juno Moneta, car c'est dans les dépendances de son temple que les Romains avaient installé un atelier pour frapper les deniers de l'Empire. La monnaie se définit essentiellement comme un bien d'échange et n'a donc pas de valeur d'usage, comme un bien de consommation. Elle rend possible le bon déroulement des transactions à l'intérieur d'une communauté de paiement, qui s'identifie historiquement à l'État-nation. Cependant, certaines monnaies exercent un rayonnement qui dépasse le cadre purement national. Ainsi, le dollar américain est à la fois une monnaie nationale, qui circule sur le territoire des États-Unis, et une monnaie très largement utilisée pour les paiements internationaux. Quant à l'euro, il s'impose comme monnaie unique aux pays de l'Union européenne qui l'ont adopté.

Lexique de la monnaie

Lexique de la monnaie



convertibilité
Capacité d'échanger une monnaie nationale contre de l'or ou des devises. La convertibilité or consistait à échanger des billets de banque nationaux (monnaie de papier) en espèces métalliques (lingots, ou pièces d'or ou d'argent). Cette pratique a aujourd'hui disparu. La convertibilité en devises est relative au change des monnaies entre elles, afin de permettre le paiement des échanges internationaux.

cours forcé
Suppression, par un gouvernement, de la convertibilité en or des billets de banque. Le cours forcé fut instauré à plusieurs reprises en France, notamment à titre définitif en 1936.

cours légal
Décision gouvernementale qui implique qu'une monnaie ne peut être refusée en paiement. Ainsi, les billets de la Banque de France eurent cours légal par une décision du 15 mars 1848.

dévaluation
Changement de la parité d'une monnaie qui est en baisse par rapport à la précédente. La dévaluation se traduit par une diminution de la valeur de la monnaie par rapport à l'étalon lui servant de référence (or ou dollar), dans le cadre d'un régime de changes fixes.

dépréciation
Baisse du cours d'une monnaie sur les marchés des changes. La dépréciation d'une monnaie ne doit pas être confondue avec la dévaluation, qui repose sur une décision des autorités politiques et qui se situe dans un régime de changes fixes.

devises
Monnaies étrangères. La livre sterling, le dollar ou le yen sont des devises par rapport à l'euro.

marché des changes
Marché où se trouvent confrontées les offres et les demandes relatives aux devises. Le marché des changes ne se déroule pas dans un lieu géographiquement défini. Il résulte des offres et des demandes de devises présentées par les opérateurs internationaux grâce aux moyens informatiques. C'est sur le marché des changes que le cours des devises est fixé.

monnaie centrale (ou monnaie Banque de France)
Avoirs scripturaux détenus par les banques commerciales auprès de la Banque de France. Cette monnaie sert de liquidité à l'intérieur du secteur bancaire.

valeur faciale
Valeur gravée sur les pièces de monnaie et indiquant leur pouvoir libératoire. Cette pratique ne fut systématisée, en France, qu'à l'époque de la Révolution.

Les fonctions de la monnaie

Pour le philosophe grec Aristote (384-322 avant J.-C.), la monnaie remplit trois fonctions dans un système économique : être un intermédiaire dans les échanges, être un instrument de mesure de la valeur et être un instrument de réserve de valeur.

La monnaie comme intermédiaire dans les échanges

La monnaie remplace le troc, au fur et à mesure du développement matériel des sociétés. C'est-à-dire qu'à l'échange direct de biens les uns contre les autres se substitue un processus où les biens sont échangés contre de la monnaie, qui, à son tour, permet d'acheter d'autres biens. Par exemple, un artisan vend le fruit de son travail contre une certaine quantité de monnaie, qui lui servira à acheter les biens qu'il ne produit pas et qui lui font défaut. C'est à partir du moment où une société se modernise et évolue vers une plus grande division du travail que la monnaie tend à se substituer au régime du troc.

La monnaie comme instrument de mesure de la valeur

La monnaie permet de comparer la valeur de biens et de services de nature hétérogène. Elle concourt ainsi à l'apparition d'un système de prix qui autorise le calcul économique en éclairant les différents agents dans leurs stratégies individuelles ou collectives. Un consommateur déterminera le niveau de ses dépenses à la hauteur de son pouvoir d'achat. Un entrepreneur recrutera de nouveaux collaborateurs, ou se procurera de nouveaux biens d'équipement, en fonction de ses résultats financiers et de ses prévisions de vente. Un ministre du Budget définira le niveau des dépenses publiques à partir du montant des recettes fiscales attendues. Sans monnaie, le calcul économique est impossible. À cet égard, la monnaie est un des facteurs de la croissance et du développement économique.

La monnaie comme instrument de réserve de valeur

Un agent économique détenteur d'une certaine somme de monnaie peut ne pas la consacrer à des dépenses de consommation immédiate, mais la conserver en vue d'une consommation ultérieure ou afin de pouvoir faire face à une dépense imprévue. Contrairement aux biens réels qui se dégradent, la monnaie résiste au temps. Seulement, cette opération d'épargne repose sur la permanence de la valeur de la monnaie. Pour jouer ce rôle d'instrument de réserve de valeur, la monnaie doit conserver son pouvoir d'achat par rapport à l'économie réelle (production des biens et des services). La valeur de la monnaie doit donc rester stable et ne pas subir de dépréciation de nature inflationniste. Cette dernière fonction participe également à la croissance et au développement économique dans la mesure où l'épargne, indispensable au financement de l'investissement, reconduit les conditions de la production et donc de la consommation future.

Les formes de la monnaie

Les premiers instruments ayant servi de monnaie furent des marchandises qui cumulaient à la fois une valeur d'usage en fonction de leurs caractéristiques intrinsèques – c'est-à-dire de l'utilité qu'elles procuraient à leur détenteur – et une valeur d'échange. Certains peuples de l'Antiquité exprimaient la valeur des biens destinés à l'échange en têtes de bétail. L'origine de cette pratique comptable a perduré dans notre vocabulaire sous la forme de l'adjectif « pécuniaire », qui vient du latin pecus, signifiant « troupeau ». Dans d'autres contrées, on utilisait des coquillages, du thé, des perles ou des morues séchées, comme ce fut le cas à Terre-Neuve. L'inconvénient de cette monnaie marchandise résidait dans l'absence d'homogénéité des instruments d'échange : ainsi, les perles utilisées comme monnaie pouvaient être plus ou moins grosses, ou de plus ou moins bonne qualité.

La monnaie métallique

La monnaie faite de métaux présente plusieurs caractéristiques qui ont assuré sa suprématie. L'inaltérabilité du métal, quelle que soit sa nature, constitue un gage de durabilité ; la monnaie peut alors pleinement remplir sa fonction de réserve de valeur. Sa divisibilité en lingots, puis plus tard en pièces, permet d'exprimer des valeurs différentes ; on peut ainsi fixer un prix à toute marchandise, même de très modeste valeur. La monnaie sous forme d'espèces métalliques est d'un transport facile ; à ce titre, elle est devenue un instrument d'échange précieux entre les hommes et les peuples.

Les monnaies métalliques furent d'abord constituées de morceaux de métaux à l'état brut, notamment de bronze : ce fut le stade le plus archaïque, celui de la monnaie pesée. Ensuite est apparue la monnaie frappée, c'est-à-dire la monnaie garantie par une autorité politique ou religieuse qui lui attribuait une valeur fixe. De nos jours, la monnaie métallique est représentée par la monnaie divisionnaire, qui permet de faire l'appoint dans les transactions quotidiennes.

La monnaie fiduciaire

La monnaie fiduciaire (du latin fides, « confiance ») est celle qui est composée de billets de banque ; à l'origine, ceux-ci étaient convertibles en monnaie métallique d'or ou d'argent. La création du billet de banque remonte au xviie s.

Ancienneté de la monnaie fiduciaire



Au sens le plus général, la monnaie fiduciaire se confond avec le billet de banque, qui était, à l'origine, convertible en métaux précieux (pièces d'or et d'argent). C'est pourquoi on parle de monnaie fiduciaire à propos de l'émission des billets de banque par la Banque de France. Cependant, au sens étroit, la monnaie fiduciaire correspond à toute monnaie dont le pouvoir libératoire est déterminé non par la valeur intrinsèque du signe monétaire (tel un certain poids d'or), mais par la confiance des citoyens envers l'autorité émettrice, le plus souvent l'autorité politique. En ce sens, la monnaie fiduciaire est antérieure à l'apparition de la monnaie de papier. Les monnaies métalliques frappées en métaux vulgaires par les princes d'hier, voire la monnaie scripturale des banques d'aujourd'hui, peuvent être qualifiées de « fiduciaires » parce que leur pouvoir libératoire ne repose que sur la confiance des usagers.

En 1658, Johan Palmstruch fonde, à Stockholm, une banque de crédit et obtient des pouvoirs publics le droit d'émettre des billets. Cette nouvelle forme de monnaie, beaucoup plus pratique que les espèces métalliques, se répand rapidement. L'émission des billets est gagée sur les encaisses métalliques de la banque. Toutefois, l'utilisation de l'or et de l'argent est tellement ancrée dans les habitudes collectives que le grand public se méfie de la monnaie de papier. Le cas français est tout à fait révélateur, surtout après la banqueroute du financier John Law (1720) et l'échec des assignats de la période révolutionnaire. Aussi, à l'origine, le billet de banque était-il convertible en monnaie d'or ou d'argent, puisqu'il constituait un substitut à la monnaie métallique. Il suffisait, pour cela, de se présenter à l'un des guichets de la Banque de France. Aujourd'hui, la monnaie fiduciaire n'est plus convertible en or, et sa création est déterminée par les besoins du public en billets de banque.

La monnaie scripturale

La monnaie scripturale (du latin scribere, « écrire ») est une monnaie de banque qui repose sur des jeux d'écritures. Son origine se confond avec la naissance du système bancaire, mais c'est l'acte de Peel – du nom du Premier ministre britannique sir Robert Peel –, qui, en 1844, fut indirectement à l'origine du développement de ce nouveau mode de règlement. L'acte de Peel limita la création des billets de banque à l'encaisse or des banques. Seulement, l'économie britannique, en pleine expansion, supposait un accroissement des moyens de crédit et de règlement ; la monnaie scripturale prit alors le relais de la monnaie fiduciaire. Ce type de monnaie désigne les soldes créditeurs des dépôts effectués auprès des établissements de crédit. Comme elle n'a pas de support matériel, sa circulation se fait par le biais d'instruments tels que le chèque, l'ordre de virement ou la carte de paiement. La monnaie scripturale s'est imposée par rapport aux autres moyens de paiement. En France, elle représente un peu plus de 80 % des disponibilités monétaires.

La création de la monnaie

Dans une économie moderne, la monnaie assure la réalisation des échanges. Il apparaît donc indispensable de créer un nombre suffisant de signes monétaires pour que les agents économiques puissent acheter les biens et les services dont ils ont besoin, et à la production desquels ils ont participé. La monnaie est créée au sein du secteur bancaire, qui réunit la Banque centrale et les banques commerciales.

Le rôle des banques commerciales

Les banques commerciales créent de la monnaie toutes les fois où elles accordent des crédits à leur clientèle, qu'il s'agisse de particuliers ou d'entreprises. C'est l'une des trois missions principales des établissements de crédit, telles qu'elles ont été définies par le législateur dans le cadre de la loi bancaire de 1984. La création monétaire se fait par jeu d'écritures, lorsque les banques monétisent des actifs non monétaires. Ainsi, quand un client d'une banque emprunte une somme de 5 000 euros, cette dernière crée 5 000 euros de monnaie. En échange, le client signe un dossier de prêt, aux termes duquel il s'engage à rembourser la somme prêtée, à laquelle s'ajoutent les intérêts, ceux-ci étant la rémunération du banquier pour le service rendu au client. Il est évident que le banquier ne prête pas sans garanties ; aussi l'engagement à rembourser est-il la contrepartie de la création de monnaie. Le banquier a tout simplement accordé à son client une avance sur une valeur future, à savoir les gains que le client obtiendra dans un proche avenir, en fonction de ses activités économiques.

Le rôle de la Banque de France

En France, la Banque avait le privilège de l'émission du franc. C'est maintenant la Banque centrale européenne (B.C.E.), par l'intermédiaire du Système européen de banques centrales, qui a en charge l'émission des billets en euros, dont une partie sera imprimée à Chamalières (Puy-de-Dôme), les pièces de monnaie continuant à être frappées par les États sous le contrôle de la B.C.E.

La Banque de France est amenée à créer de la monnaie en procédant à trois types d'opérations. La première opération consiste à émettre les billets de banque nécessaires aux transactions du public. Les banques commerciales servent ensuite de relais pour la diffusion de la monnaie fiduciaire auprès des agents économiques, grâce aux distributeurs automatiques de billets. L'émission des billets, telle qu'elle est autorisée par la Banque centrale européenne (BCE), se conforme aux besoins manifestés par le public et non à une hypothétique couverture en or.

La deuxième opération est relative à la conversion en monnaie nationale de devises obtenues dans le cadre des échanges internationaux. Ainsi, un excédent commercial se traduit par une entrée de devises et une création de monnaie. En effet, un exportateur français qui reçoit des devises en paiement de ses produits demandera leur conversion auprès de sa banque, qui elle-même les échangera contre des euros auprès de la Banque de France.

Enfin, la Banque de France peut créer de la monnaie en assurant le financement des agents du secteur bancaire (banques commerciales) qui peuvent connaître des besoins de financement en monnaie centrale. La Banque de France prend alors en pension des titres privés ou publics détenus par les établissements de crédit qui sollicitent son concours.

La monnaie et le système économique

Les économistes sont partagés sur le rôle que joue – et que doit jouer – la monnaie par rapport à l'économie réelle et à la réalisation des grands équilibres économiques, notamment la stabilité des prix et le plein-emploi. Pour les économistes classiques, la monnaie est neutre dans ses relations avec les autres éléments du système économique. Au contraire, Keynes considère que la monnaie exerce un impact déterminant sur l'activité économique. Les économistes monétaristes, quant à eux, mettent en garde les autorités politiques sur les dangers d'une création monétaire excessive.

La thèse de l'économie classique

Les économistes classiques anglais, cherchant à rompre avec la valorisation excessive accordée aux métaux précieux par les mercantilistes, considèrent la monnaie avant tout du point de vue de sa stricte fonction dans les échanges : elle y est neutre. La vraie richesse repose sur la production des biens réels et non pas sur la quantité de monnaie. Pour Adam Smith, la valeur de la monnaie n'est qu'instrumentale ; sa nature est d'être un intermédiaire commode dans les échanges. Pour le Français Jean-Baptiste Say, la monnaie n'est qu'un « voile » dans les échanges ; ce qui est important, c'est l'échange et non pas le voile qui recouvre les transactions.

La thèse de John Maynard Keynes

Contrairement aux classiques, Keynes explique, dans sa Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936), que la monnaie influe sur l'activité et sur les grands équilibres économiques, notamment sur le niveau de l'emploi. Examinant les motifs qui poussent les particuliers à désirer de la monnaie liquide, il en recense trois, qui constituent ce qu'il appelle la « préférence pour la liquidité » :
– le motif de revenu, qui correspond aux besoins de transaction des agents économiques ;
– le motif de précaution, qui repose sur l'éventualité d'une consommation supplémentaire, non prévue dans le budget du ménage ;
– le motif de spéculation, qui est déterminé par la variation des taux d'intérêt. Les agents économiques ont tendance à conserver leurs avoirs sous forme liquide lorsque les taux d'intérêt sont bas. En effet, pourquoi se procurer des obligations, ou d'autres titres, étant donné que leur rentabilité semble insuffisante ? En revanche, lorsque les agents économiques anticipent une hausse des taux d'intérêt, ils conservent provisoirement leurs avoirs sous forme liquide, en attendant le moment idéal pour effectuer leurs placements. Lorsque les taux d'intérêt sont élevés, les encaisses liquides ont tendance à diminuer.

La notion keynésienne de « préférence pour la liquidité » montre, contrairement à l'optique des classiques, que la monnaie a des conséquences directes sur les principales grandeurs de l'économie, qu'il s'agisse de la demande des ménages, de l'investissement ou du niveau de production décidé par les entrepreneurs, et, par conséquent, du niveau de l'emploi. Plus les ménages conservent de la monnaie liquide, en obéissant au motif de précaution, moins ils dépenseront sur le marché. Dans ce cas de figure, les entrepreneurs réduiront leurs stratégies de production et le niveau de l'embauche.

La thèse des monétaristes

Les économistes qualifiés de « monétaristes » mettent en garde les autorités politiques contre une trop forte création de monnaie. Selon l'Américain Irving Fisher (1867-1947), la croissance de la masse monétaire, c'est-à-dire l'ensemble des moyens de paiement disponibles à des fins de transactions pour les agents économiques, se traduit généralement par la hausse des prix, à savoir l'inflation. Fisher est à l'origine d'une formulation, dite « équation des échanges » et notée M.V = P.Q.
– M désigne la monnaie utilisée, qu'il s'agisse de monnaie fiduciaire ou de monnaie scripturale ;
– V exprime la vitesse de circulation de la monnaie, c'est-à-dire la rapidité de l'échange entre les signes monétaires et les biens réels ;
– P indique le niveau général des prix ;
– Q représente le volume global des transactions, soit le montant des biens achetés avec la monnaie.

La théorie quantitative prend appui sur l'équation des échanges en introduisant une relation entre les différents facteurs M, V et Q, par rapport au niveau des prix P. En effet, M, V et Q sont des variables indépendantes, qui peuvent évoluer à la hausse comme à la baisse. Le niveau général des prix, noté P, résulte, quant à lui, de ces variations. Si, par exemple, la vitesse de circulation de la monnaie double, le niveau des prix suit la même progression, sauf si la quantité de biens échangés connaît, elle aussi, un doublement de sa dimension. De même, si l'on assiste à un doublement de la quantité de monnaie, alors que la vitesse de circulation est diminuée de moitié (la quantité de biens échangés restant constante), le niveau général des prix ne connaît aucune variation. Selon Fisher, « un doublement dans une quantité de monnaie n'entraîne donc pas toujours un doublement des prix ». En revanche, lorsque la quantité de monnaie augmente, alors que la vitesse de circulation et le volume global des transactions restent stables, le niveau général des prix évolue en raison directe de la quantité de monnaie en circulation.

Voir aussi : circulation monétaire.

Milton Friedman et l'école de Chicago

La théorie quantitative sera reprise, aux États-Unis, par les économistes de l'école de Chicago. Parmi eux se détache Milton Friedman (1912-2006), lauréat du prix Nobel en 1976. Dans son ouvrage Inflation et systèmes monétaires (1976), il montre que la hausse des prix est toujours déterminée par un excès de monnaie par rapport à l'économie réelle, c'est-à-dire par rapport à la production de biens et de services destinés à la satisfaction des besoins des agents économiques. Dans la plupart des cas, la création monétaire s'explique par l'intervention de l'État. Dans les pays démocratiques, les autorités politiques sont sollicitées par les citoyens qui réclament de plus en plus de services publics. Seulement, les contribuables ne veulent pas payer plus d'impôts. Afin de faire droit aux exigences des électeurs, l'État augmente les dépenses, mais sans créer de contributions fiscales supplémentaires. Pour combler le déficit budgétaire qui en résulte, on accroît la masse monétaire. Friedman conseille le retour à l'orthodoxie budgétaire : les dépenses publiques doivent être égales aux recettes fiscales. Une autre explication a trait aux politiques de régulation économique d'inspiration keynésienne. Afin de parvenir au plein-emploi, les gouvernements ont eu recours à des stratégies de relance de l'activité, qu'ils ont financées par le déficit budgétaire. Selon Friedman, ces politiques ne résolvent guère le sous-emploi, mais, en revanche, provoquent toujours des tensions inflationnistes.

Le système monétaire international

Monnaie et opérations de change

Les transactions quotidiennes se font à l'intérieur de chaque nation grâce à une monnaie ayant cours légal (euro, dollar, yen). Cependant, la consommation domestique ne se réduit pas à l'achat de la seule production nationale, étant donné que biens et services circulent au niveau international. Comment l'échange entre opérateurs appartenant à différents États, et donc utilisateurs de monnaies différentes, peut-il se conclure ? En l'absence d'une monnaie internationale, le paiement des échanges entre partenaires commerciaux de pays différents s'effectue grâce à des opérations de change, c'est-à-dire à la transformation d'une certaine quantité de monnaie en une autre quantité de monnaie, libellée en une devise différente de la précédente.

Les opérations de change peuvent résulter soit de réglementations issues d'accords internationaux – comme ce fut le cas du Système monétaire international (SMI) de 1944 à 1976 –, soit de la libre confrontation de l'offre et de la demande de devises sur le marché des changes.

Changes fixes et changes flottants

Le change des monnaies rend nécessaire l'adoption d'un régime de change. Il existe schématiquement deux régimes de change : les changes fixes et les changes flottants. Dans le cadre d'un régime de changes fixes, comme l'était celui de Bretton Woods (voir encadré ci-après), chaque monnaie nationale est définie par rapport à un étalon de référence, qui peut être l'or ou une devise clé comme le dollar. Les autorités monétaires de chaque État, c'est-à-dire le gouvernement et la banque centrale, déterminent sous la forme d'un taux fixe, appelé également « parité », la valeur de la monnaie nationale par rapport à l'étalon qui sert de référence. Afin d'opérer la conversion d'une devise en une autre devise, il suffit de comparer leur rapport respectif à l'étalon de référence. Les changes fixes ont été préférés par des nations qui rattachent leur monnaie à une devise clé de l'espace monétaire international. Ainsi le real, la monnaie brésilienne, est rattaché au dollar américain. De même, les monnaies des pays du Golfe s'alignent sur la devise américaine, dans la mesure où leurs exportations d'hydrocarbures, libellées en dollars, constituent l'essentiel de leurs ressources.

Dans le cadre d'un régime de taux de change flottants – tel que celui qui fut instauré par les accords de Kingston (Jamaïque) en 1976 –, il n'existe plus de parité officielle. Le cours de chaque devise est déterminé spontanément par les rapports entre l'offre et la demande sur le marché des changes. Plus une devise est réclamée par les opérateurs internationaux, plus son cours tend à augmenter. Plus une monnaie est offerte sur le marché des changes, plus son cours tend à baisser. Les changes flottants ont été adoptés par plus d'une quarantaine de nations, et notamment par les États-Unis, le Japon et le Royaume-Uni. Toutefois, les autorités monétaires et politiques interviennent indirectement dans la détermination du taux de change par une manipulation de certaines variables, telles que les taux d'intérêt.

Le système de Bretton Woods



En juillet 1944, les représentants de quarante-quatre pays se réunissent à Bretton Woods, petite ville du New Hampshire, aux États-Unis, afin de reconstruire le système monétaire international, fortement ébranlé par la guerre. Les accords de Bretton Woods instituent un régime de changes fixes, articulé autour d'une monnaie dominante : le dollar américain.

Ce qui est mis en place, c'est un système d'étalon de change-or. Chaque pays participant définit la parité de sa monnaie par rapport à l'or ou au dollar, sur la base de 35 dollars pour une once d'or, et s'engage à défendre la parité officielle en intervenant sur le marché des changes. La fixité des taux de change s'établit à l'intérieur d'une marge de fluctuation de plus ou moins 1 % autour du pair officiel. Les monnaies sont convertibles les unes par rapport aux autres, mais une seule est convertible en or : le dollar américain. Les accords de Bretton Woods sont à l'origine de la création du Fonds monétaire international (F.M.I.), ayant pour mission d'enregistrer les parités des monnaies des pays membres et d'accorder des concours en liquidités aux pays dont la balance des paiements est déficitaire.

Après une phase de démarrage, le système de Bretton Woods atteint la maturité vers la fin des années 1950. Durant cette période, le dollar joue pleinement son rôle de monnaie internationale, car seule l'économie américaine est capable de produire les biens et les services nécessaires au reste de la planète. Le dollar est recherché, il est rare et donc cher. Or, au cours des années 1960 est créée la Communauté économique européenne, tandis que l'Allemagne et le Japon deviennent d'importantes puissances économiques. Non seulement les Européens et les Japonais ont moins besoin des exportations américaines, mais ils exportent eux-mêmes à destination du continent nord-américain. Puisque les avoirs en dollars sont convertibles en or, les nations qui en possèdent, grâce à leurs échanges avec les États-Unis, réclament la conversion de ces avoirs auprès de la trésorerie américaine. À une phase de recherche de dollars succède une phase d'abondance de dollars. Face à des demandes de conversion trop massives, les États-Unis décident unilatéralement, le 15 août 1971, de suspendre la convertibilité du billet vert en métal précieux. La fin du système sera entérinée lors de la conférence de la Jamaïque, en janvier 1976. L'or est abandonné comme référence dans les paiements internationaux. Les accords consacrent l'adoption du régime des changes flottants et le F.M.I. est reconverti en organisation d'assistance au profit des pays en développement.

MONNAIES

La fabrication des monnaies commence par la fonderie, qui donne des plaques ou des lingots ; le laminage à chaud, puis à froid, après fraisage, permet de les amener à l'épaisseur requise pour le découpage à la presse ; le cordonnage, qui refoule le métal sur le pourtour de la pièce, est suivi d'un recuit, du brillantage et de la frappe, moulage à l'état solide obtenu par deux coins en acier trempé imprimant la pièce maintenue par une virole.

La fabrication des médailles s'effectue suivant les mêmes procédés généraux, avec frappe en virole ou frappe sans virole, la tranche, dans ce dernier cas, étant façonnée, après coup, au tour.

NUMISMATIQUE

→  numismatique.