En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

numismatique

(latin numisma, du grec nomisma, monnaie)

Monnaie archaïque
Monnaie archaïque

Science qui traite de la description et de l'histoire des monnaies, médailles, jetons et méreaux.

Les premières collections de monnaies antiques furent constituées durant la Renaissance par des humanistes à la recherche des portraits des grands personnages de l'histoire romaine et grecque ; les monnaies frappées par les cités, plus difficiles à interpréter, leur furent associées peu à peu, puis on constitua aussi des suites de monnaies modernes et de médailles. Leur étude et leur classement forment la base de la science numismatique, riche d'enseignements sur la géographie, l'histoire, l'iconographie, l'histoire des religions et des mœurs et, naturellement, sur la connaissance des échanges et de l'économie à toutes les époques.

L'invention de la monnaie se répand dans le monde grec à partir du viiie s. avant J.-C. Chaque cité adopte un type caractéristique : chouette pour Athènes, figure d'Aréthuse ou superbe quadrige pour Syracuse, etc. La technique de frappe est sommaire, mais les coins sont gravés avec un soin extrême. L'époque hellénistique répand le portrait, surtout de profil, des princes. Les monnaies grecques sont démarquées par les Gaulois : imitations fantastiques et débridées, d'un style rude et puissant. Rome multiplie les représentations au revers de ses monnaies, adopte à partir de César l'effigie de l'imperator à l'avers.Byzance hiératise les portraits et introduit la croix. En France, la monnaie royale supplante les émissions féodales à partir de Philippe Auguste ; les types (effigies du roi, symboles religieux) sont inspirés de la sigillographie.

Ce n'est qu'à la fin du xive s. que sont produites en Italie les premières médailles, à l'effigie des ducs de Ferrare et de Padoue. Le plus souvent en bronze, elles sont frappées au marteau, à l'aide de coins, ou fondues ; de cette seconde technique relèvent les chefs-d'œuvre de Pisanello, puis, en France, les œuvres italiennes ou italianisantes commandées par François Ier. Inventée à Nuremberg, la frappe mécanisée, au balancier, des monnaies et des médailles, mal acceptée par les praticiens français sous Henri II, ne s'impose que vers 1640 grâce à un grand commis et artiste, le Liégeois J. Varin, auteur d'effigies de Louis XIII, de Richelieu, de Louis XIV et de médaillons comme celui qui commémore la fondation du Val-de-Grâce. Entre-temps ont été produits les admirables médaillons de G. Pilon et ceux, extrêmement vivaces, de G. Dupré, sculpteur d'Henri IV. La production du règne de Louis XIV constitue une Histoire métallique royale confinée au dithyrambe ; le xviiie s. français est plus libre et donne le ton à l'Europe. En marge du style, assez froid, de la frappe monétaire au xixe s. se distinguent les apports de David d'Angers et ceux, occasionnels, de Rude ou de Carpeaux. Un renouveau s'est dessiné lorsque Hubert Ponscarme (1827-1903), rompant avec l'académisme, a renoué avec cette saveur et cette liberté formelle qui faisaient déjà, au xve s., le modernisme d'un Pisanello. De nos jours, l'engouement des collectionneurs a conduit à un développement de la production des médailles.