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croissance

(latin crescentia)

Adam Smith
Adam Smith

Augmentation, sur une longue période, des principales dimensions caractéristiques de l'activité d'un ensemble économique et social (notamment de la production nationale des biens et des services), accompagnée ou non d'une transformation des structures de cet ensemble. (L'indicateur le plus couramment utilisé pour mesurer la croissance est le produit intérieur brut [P.I.B.], ou le produit national brut [P.N.B.], calculé en prix constants pour éliminer les effets de l'inflation.)

ÉCONOMIE

La science économique s'efforce d'analyser la croissance en s'appuyant sur un système de relations durables des principaux agrégats économiques (production, revenu, dépense, etc.). Les modèles économiques décrivent ces systèmes de relations.

Théories de la croissance

Les modèles classiques « pessimistes »

Jusqu'à la fin du xixe s., les modèles de croissance ont prédit de sombres perspectives pour l'évolution des économies capitalistes. Selon ces premiers modèles, la contrainte des ressources limitées (notamment de main-d'œuvre) faisait rapidement chuter le taux de croissance. Pour Adam Smith et l’école classique en général, la croissance s'arrête avec la pleine utilisation des richesses ; ainsi, chez David Ricardo, qui oppose le profit à la rente, l'économie est vouée à la stagnation par la hausse exponentielle des rentes qui exercent une pression à la baisse sur les profits des industriels. Karl Marx aussi prévoit une limite tendancielle à la croissance par la substitution du capital au travail.

Même le modèle néoclassique primitif de l'économiste suédois Gustav Cassel (1866-1945) partage le pessimisme des classiques, puisque son modèle prévoit, à la suite de l'accumulation du capital, une diminution des taux d'intérêt à un niveau tel qu'il décourage l'épargne et conduit finalement à la stagnation.

Les modèles de croissance keynésiens

Une deuxième voie d'analyse de la croissance a été proposée dans les années 1940 par des économistes d'inspiration keynésienne. Sur la base des travaux de John Maynard Keynes, Roy Harrod et Evsey Domar ont étudié les conditions de la croissance harmonieuse de l'économie capitaliste et les facteurs d'instabilité susceptibles de l'affecter. Ils ont essayé de déterminer le taux de croissance d'une économie à partir du montant de l'investissement disponible et de la productivité de l'investissement. Mais les résultats de ce type d'approche demeurent peu satisfaisants du point de vue de l'analyse du développement.

Les modèles de croissance néoclassiques

En réaction, les économistes néoclassiques ont élaboré des modèles de croissance à taux constant en réduisant les facteurs de production au capital et au travail (en éliminant donc la terre) et en posant une relation entre la croissance du capital et celle de la population. Robert Solow a fait, en 1956, la démonstration classique de ce modèle : écartant le rôle joué par l’épargne, il a montré notamment que les principaux facteurs de la croissance étaient l’augmentation de la population active et le progrès technique (soit des facteurs exogènes).

Des modèles de croissance endogène ont été proposés à la fin des années 1980 (notamment par l'Américain Robert Lucas). Ils montrent que les principales sources de la croissance, sont l’investissement privé en capital physique, l'effort de recherche-développement et par voie de conséquence les innovations technologiques, l'accroissement des dépenses publiques en faveur de l'éducation et de la formation.

Les modèles de croissance sont principalement utilisés et développés dans le cadre de l'analyse des pays en développement (c'est le cas des modèles de Rostow ou de Myrdal) ou de l’étude des cycles économiques.

Évolution de la croissance

La prédominance des cycles

La période dite « des Trente Glorieuses » (1945-1975), qui s’ouvre sur les politiques de reconstruction de l’après-guerre, est marquée par une croissance économique sans précédent : la production industrielle mondiale est alors multipliée par 3,5 – soit un taux moyen d'augmentation de 5 % par an (avec des fléchissements de ce taux en 1954, en 1958 et en 1970-1971). Le premier « choc pétrolier », en 1973, puis le second, en 1979, ont pour effet immédiat un ralentissement du taux de croissance, qui va s’accompagner d’une flambée de l’inflation (plus de 10 % au début des années 1980). C’est alors une période de stagflation, qui dure jusqu’en 1985.

À partir de 1986, les pays développés entrent dans une phase de forte reprise de l'activité économique, qui est d’abord consécutive au « contre-choc pétrolier », puis qui est soutenue par le choc de nature politique cette fois que provoque la réunification des deux Allemagnes en 1990.

Entre 1993 et 1997, les économies européennes traversent une période de récession économique, due aux conséquences de la guerre du Golfe, puis à la politique monétaire restrictive décidée à Bruxelles. Les États-Unis, en revanche, sont dans une phase de forte croissance économique, qui se propage à l'ensemble de l'économie mondiale entre 1997 et 2000, mais à laquelle les attentats du 11 septembre 2001 mettent brutalement fin.

Alors que la plupart des 600 millions d’habitants formant la population des pays les moins avancés du monde vivent avec moins de 2 dollars US par jour, les années 2000 s’ouvrent sur les taux de croissance record de l’économie chinoise (entre 8 et 9 % en moyenne), événement majeur de la mondialisation.

La crise financière qui éclate en 2008, puis la récession économique qui menace en 2009 remettent tout en cause. Selon les prévisions du FMI, la croissance mondiale devrait se contracter en 2009 de 0,5 à 1 % – le recul étant de 5,8 % pour le Japon, de 3,2 % pour les pays de la zone euro et de 2,6 % pour les États-Unis.

Le cas spécifique des Trente Glorieuses

La croissance prolongée, pendant plus d'un quart de siècle, dans un grand nombre de pays a eu les causes suivantes :
– l'existence d'une phase ascendante de cycle de longue durée correspondant à la période 1945-1970 ;
– l'accroissement de la propension mondiale à l'investissement et le maintien d'une forte demande de consommation (reconstruction, société de bien-être) ;
– le perfectionnement intensif de nombreuses techniques de crédit (alors que leur évolution de 1860 à 1940 avait été très faible) et le bénéfice pour l'économie mondiale de liquidités en provenance des États-Unis (à l'origine d'ailleurs d'une lente et persistante inflation) ;
– des capitaux abondants, offerts par les marchés financiers et les institutions bancaires, les emprunteurs bénéficiant de taux d'intérêt faibles, voire négatifs ;
– les réserves potentielles de main-d'œuvre de certains secteurs de production (mines et agriculture notamment) ;
– l'offre abondante de matières premières industrielles à prix stables ou même en baisse (accroissant d'ailleurs le fossé entre les pays producteurs et les nations consommatrices, fortement gagnantes à cet « échange inégal ») ;
– l'explosion du commerce international.