
Chef de l'État : Noursoultan Nazarbaev
Chef du gouvernement : Karim Massimov
Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
Constitution :
Adoption : 6 septembre 1995
Révision : octobre 1998
Exécutif
Chef de l'État : président de la République
Chef du gouvernement : Premier ministre
Législatif
Le Parlement se compose de l'Assemblée et du Sénat.
Le territoire du Kazakhstan, dont le cœur est occupé par le massif central kazakh, s'étend des rives de la mer Caspienne, à l'ouest, aux montagnes d'Asie centrale (Altaï à l'est, Tian Shan au sud-est). Il inclut, au nord, la terminaison méridionale de la plaine sibérienne et, au sud, les semi-déserts des bords de la mer d'Aral. Excepté les montagnes, correctement arrosées (1 000 mm par an), le reste du territoire souffre des rigueurs d'un climat très continental (de 100 à 350 mm par an). Les températures hivernales peuvent atteindre - 50 °C et celles de l'été dépasser 40 °C. Le réseau hydrographique prend ses sources dans les montagnes méridionales puis disparaît dans les dépressions endoréiques des lacs (Balkhach, Tengiz, Zaïsan) et de la mer d'Aral ; ses principales rivières sont l'Irtych à l'est, le Syr-Daria, l'Oural et l'Emba à l'ouest. Les grandes nappes d'eau, très importantes pour l'économie du Kazakhstan, sont très fragiles et en grave crise (assèchement et pollution de la mer d'Aral). Du nord vers le sud, les forêts (10 % du territoire) font place à la steppe et à la végétation de semi-désert. Si le milieu naturel entrave la mise en valeur agricole, le sous-sol, richement doté en substances minérales utiles, apparaît le principal fondement du développement économique moderne.
La capacité du Kazakhstan à devenir un géant économique régional depuis son indépendance en 1991 – compte tenu, à la fois, de sa superficie et des richesses de son sous-sol – est entravée par plusieurs obstacles majeurs. En effet, la centralisation de l'économie soviétique avait surtout orienté la production kazakhe vers des activités étroitement liées au secteur primaire et aux industries de première transformation, condamnant aujourd'hui le pays à exporter ses produits miniers et agricoles, faute de pouvoir assurer leur mise en valeur sur place, aux dépens de sa propre cohésion économique. De plus, les très nombreuses expérimentations nucléaires de Semeï (ancienne Semipalatinsk), l'assèchement de la mer d'Aral, qui a perdu 40 % de sa superficie, et les pollutions industrielles sont autant de désastres écologiques auxquels le gouvernement doit faire face. Enfin, le caractère pluriethnique de la population freine considérablement l'émergence d'une unité nationale.
Le Kazakhstan présente en effet la particularité de ne comprendre aucune ethnie majoritaire. Le nord du pays, frontalier de la Russie sibérienne, est surtout peuplé de Russes (37,8 % de la population totale en 1995), dont l'installation a commencé dès le XVIIIe s., parallèlement à celle d'autres Européens (Allemands, Ukrainiens). Les Russes forment également la majorité de la population urbaine (notamment à Almaty, l'ancienne capitale méridionale). L'ethnie kazakhe (39,7 % en 1995), descendant de Turcs et de Mongols, est traditionnellement divisée en trois hordes. Anciens pasteurs nomades, superficiellement islamisés, ils sont aujourd'hui sédentarisés et forment la majorité des habitants du sud du pays. Ils dépasseront les 50 % de la population dans quelques années, grâce à un taux de fécondité élevé et à l'émigration russe (1 million de personnes ont quitté le pays depuis 1991). Toutefois, plusieurs décennies de domination soviétique ont entraîné leur acculturation : deux Kazakhs sur cinq ne connaissent pas leur propre langue, pourtant devenue langue officielle au moment de l'indépendance ; le russe est toujours la langue principale de l'élite et de l'Administration.
L'élevage, qui dominait autrefois le secteur agricole, a été détrôné par la culture des céréales, grâce à la campagne de mise en valeur des terres vierges et du développement des fronts pionniers agricoles dans le nord du pays. Lancée en 1954 par Nikita Khrouchtchev, celle-ci a permis une extension considérable de la surface cultivée (15 % du territoire). L'élevage bovin et, surtout, ovin reste cependant très important dans tout le pays. La culture du coton et du riz dans les oasis du Kazakhstan méridional, le long du Syr-Daria, annonce déjà l'Ouzbékistan voisin, tandis que les piémonts, au sud et à l'est, associent cultures et élevage transhumant. Le secteur agricole emploie toujours près du quart de la population active, mais les aléas climatiques, la dégradation de l'environnement, le manque de moyens (engrais, carburant) et la timide campagne de privatisation le fragilisent considérablement.
Le secteur industriel est toujours consacré à l'extraction et à la première transformation des matières premières minérales. Les industries lourdes (sidérurgie, électrométallurgie, métallurgie des non-ferreux, traitement des hydrocarbures) prédominent largement, laissant à l'industrie légère (agroalimentaire, machines agricoles) la portion congrue. Les richesses du sous-sol sont immenses : beaucoup de pétrole et de gaz (surtout dans le Kazakhstan caspien), ainsi que du fer (Kostanaï), du cuivre (Jezqazghan, Balkhach), du charbon (bassin de Karagandy, deuxième ville du pays), du phosphate ou encore des métaux non ferreux sur les pentes de l'Altaï (Euskemen). Le gisement de pétrole de Kachagan pourrait rivaliser avec les plus grands champs du monde. Situé en mer Caspienne, à une profondeur d'environ 4,5 km sous la mer, il contient environ 38 milliards de barils de pétrole. La grande majorité d'es centres d'extraction, situés, pour la plupart, dans le Kazakhstan central, sont faiblement intégrés entre eux et continuent d'exporter directement leur production vers la Russie, où s'effectue l'essentiel de sa mise en valeur. La stabilité politique actuelle et la consolidation de l'économie du Kazakhstan laissent prévoir un développement encourageant à moyen terme, à condition que les infrastructures du pays soient rapidement modernisées. La Russie, la Chine et l'Allemagne comptent parmi les premiers fournisseurs du pays.
En 2007, le Kazakhstan a signé un accord avec la Russie et la Biélorussie visant à mettre en place une union douanière.
Le territoire de l'actuel Kazakhstan est, dès le IIe millénaire avant notre ère, voué au pastoralisme et parcouru par des populations nomades. Partie intégrante de l'Asie centrale, la région est le siège d'une succession d'empires dits « des steppes » : confédération scythe (VIIIe-IIIe s. avant J.-C.), empires des Huns et des Hephthalites (Ier-VIe s. après J.-C.), kaganat turc (552-704). Cette période marque le début de la turcisation linguistique des steppes. La civilisation urbaine, développée sur les oasis méridionales, est dévastée par les invasions mongoles : le territoire est, au XIIIe s., intégré à l'empire de Gengis Khan. Issue de la fusion de plusieurs souches turciques (Oghouz, Kiptchaks, Nogays) cristallisées autour d'un consensus politique au XVe s., la fédération des Kazakhs se redéploie à la fin du XVIe s. en trois hordes (jouz) dirigées par un khan : la Grande Horde occupe le sud-est, la Moyenne le centre, et la Petite le nord et l'ouest des steppes kazakhes. Bien que dissoute après l'arrivée des Russes, la division en hordes garde toute sa pertinence dans la stratification de la société kazakhe moderne.
La colonisation russe d'Asie centrale débute dès le XVIIe s. par le nord, où l'empire du tsar est en contact avec la Petite Horde kazakhe. Les Russes édifient contre les incursions des nomades des fortifications qui deviendront des cités importantes. Au début du XIXe s., les Kazakhs, qui cherchent la protection des Russes contre leurs voisins du sud, sont progressivement intégrés dans l'Empire. À la soumission totale des Kazakhs au gouvernement général du Turkestan (1873) succède une politique impériale d'incitation à la colonisation (1889) : un million de paysans slaves s'implantent dans les plaines du nord pendant la période coloniale. Le développement d'activités agricoles sur les terres de pâturage et l'introduction de la conscription obligatoire pour les musulmans sont à l'origine de la révolte de 1916, durement réprimée par l'administration coloniale, et suivie par la fuite de 300 000 Kazakhs vers la Chine. Ce n'est que le 5 décembre 1936 que le Kazakhstan, dont la population non européenne a connu dans les années 1920 une sédentarisation et une collectivisation forcées, devient la République socialiste soviétique du Kazakhstan fédérée de l'U.R.S.S.
La révolution russe de 1917 aboutit à la création d'une République socialiste soviétique autonome (R.S.S.A.) du Turkestan, dont la partie septentrionale est réorganisée en 1920 en une R.S.S.A. des Kirghiz couvrant l'actuel Kazakhstan (les Kazakhs étaient alors désignés par les ethnographes sous le nom Kirghiz, tandis que les Kirghiz actuels étaient répertoriés comme Kara-Kirghiz). En 1926, la R.S.S.A. des Kirghiz est à nouveau divisée en une R.S.S.A. du Kazakhstan au nord, avec pour capitale Alma-Ata (future Almaty), et une R.S.S.A du Kirghizistan au sud, toutes deux fédérées à la Russie, et qui deviendront en 1936 des républiques constitutives de l'U.R.S.S.
La période soviétique est marquée au Kazakhstan par le développement de l'industrie lourde (mines, métallurgie, chimie) et, à partir des années 1950, par une intensification de la production céréalière au cours de la campagne des « terres vierges » que Nikita Khrouchtchev lance en 1954 dans la ville de Tselinograd (actuelle capitale Astana). Le développement économique de ce vaste territoire nécessite un apport considérable de main d'œuvre. Outre l'arrivée plus ou moins volontaire des Slaves, le Kazakhstan abrite alors la plupart des goulags d'Asie centrale, dans lesquels sont envoyés les opposants au régime. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Joseph Staline ordonne par ailleurs la déportation collective d'Allemands, de Polonais, de Coréens et de peuples punis au Caucase, soit près de deux millions de personnes, envoyées majoritairement vers le Kazakhstan. De par sa position stratégique en Asie centrale, le Kazakhstan devient un élément clé de la puissance militaire et nucléaire de l'U.R.S.S. (site d'essais nucléaires de Semipalatinsk), mais aussi de la conquête de l'espace (cosmodrome de Baïkonour).
À la faveur de la politique de perestroïka menée par Mikhaïl Gorbatchev, le Kazakhstan est le siège, en 1986, du premier mouvement de revendications nationalistes d'Asie centrale. Dénonçant la nomination d'un Russe au poste de premier secrétaire du parti communiste (P.C.) kazakh, poste traditionnellement occupé par un Kazakh, des émeutes sanglantes éclatent à Alma-Ata. Ces événements marquent le début de la révolte des nationalités de l'U.R.S.S. contre le pouvoir central. Après l'échec du putsch communiste à Moscou en août 1991, le Kazakhstan est une des dernières Républiques de l'Union à proclamer son indépendance (16 décembre 1991).
À la tête du P.C. kazakh depuis 1989, président du Soviet suprême à partir de l'année suivante, Noursoultan Nazarbaev est élu président de la République lors des élections au suffrage universel de décembre 1991 et fait adopter une nouvelle Constitution en août 1995. Il sera réélu en 2005, à la suite d'un remaniement constitutionnel qui supprime la limite de deux mandats consécutifs et la limite d'âge fixée à 65 ans. Nazarbaev engage son pays sur la voie de la modernisation et du libéralisme économique tout en défendant, sur le plan politique, le concept post-soviétique de « démocratie contrôlée ». En politique intérieure, il parvient à affirmer la souveraineté de la nation kazakhe en élevant les traits identitaires des Kazakhs en attributs étatiques (langue, histoire, traditions culturelles) tout en accommodant la communauté russe, qui représente plus du tiers de la population au moment de l'indépendance. La promotion du russe comme langue co-officielle et le transfert, en 1997, de la capitale d'Almaty au sud à Astana au nord, majoritairement peuplé de Russes, participe de cet effort de consensus national. En politique étrangère, le Kazakhstan cherche à s'affirmer comme une nouvelle puissance régionale, forte de ses nouveaux gisements pétroliers. La relation privilégiée qu'il entretient avec le grand frère russe ne l'empêche pas de mener une politique plurivectorielle visant à diversifier ses partenaires : la Chine à l'est, qui participe à l'exploitation du pétrole de la mer Caspienne et à l'ouverture de nouvelles voies d'exportation grâce à la construction d'un oléoduc inauguré en 2005 ; mais également l'Union européenne et les États-Unis à l'ouest, pour lesquels les ressources en hydrocarbures sont un gage de stabilité de leur approvisionnement. Le Kazakshtan fait valoir sa « vocation » européenne du fait qu'une partie de son territoire à l'ouest de la rivière Oural se trouve sur la continent européen. En 2010, le pays sera le premier État issu du bloc soviétique à assurer la présidence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (O.S.C.E.).
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