En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Kazakhstan ou Kazakstan

Nom officiel : République du Kazakhstan

Carton de situation -
Drapeau du Kazakhstan
Drapeau du Kazakhstan

État d'Asie centrale, et, pour une petite partie, d'Europe, le Kazakhstan est bordé au nord par la Russie, à l'est par la Mongolie et la Chine, au sud par le Kirghizistan, l'Ouzbékistan, la mer d'Aral, le Turkménistan et à l'ouest par la mer Caspienne.

  • Superficie : 2 717 000 km2
  • Nombre d'habitants : 16 441 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Kazakhs
  • Capitale : Astana
  • Langue : kazakh
  • Monnaie : tenge
  • Chef de l'État : Noursoultan Nazarbaev
  • Chef du gouvernement : Karim Massimov
  • Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
  • Constitution :
    • Adoption : 6 septembre 1995
    • Révision : octobre 1998
Pour en savoir plus : institutions du Kazakhstan

GÉOGRAPHIE

Le Kazakhstan, vaste comme cinq fois la France, s'étend des rives de la mer Caspienne, à l'ouest, aux montagnes d'Asie centrale (Altaï à l'est, Tian Shan au sud-est). Pays de plaines et de plateaux, son cœur est occupé par les plateaux Kazakhs. Il inclut, au nord, la terminaison méridionale de la plaine sibérienne et, au sud, les semi-déserts des bords de la mer d'Aral. La bordure orientale est montagneuse.

1. Le milieu naturel

1.1. Le climat

La majeure partie du territoire a un caractère steppique et semi-désertique. Excepté les montagnes, correctement arrosées (1 000 mm par an), le reste du territoire est soumis à un climat très continental. Presque partout, le total des précipitations annuelles est inférieur à 400 mm ; il tombe à moins de 200 mm au sud d'une ligne Astrakhan-Karaganda. De plus, les pluies, dont le maximum se situe en été, tombent irrégulièrement sur un sol desséché, et l'évaporation est intense. Au nord, une steppe clairsemée, à faible densité de couverture, comprenant des espèces xérophytiques et des salicornes, succède à la forêt de Sibérie occidentale. Quelques bouquets d'arbustes et des marais subsistent dans les points les plus humides, où stagnent des lacs temporaires, les saz et les tenguiz, partiellement couverts de roseaux. Les hivers restent presque aussi rudes que dans les steppes de la Caspienne ou de la Sibérie occidentale : la moyenne de janvier se situe selon les points entre − 5 et − 10 °C, les minimums pouvant descendre à − 40 °C. Un vent froid balaie la steppe, la recouvre d'une mince pellicule de neige glacée qui interdit la possibilité de pacage aux troupeaux et les décime.

Dans la partie méridionale, le climat devient plus sec et passe au semi-désert, puis au désert annonçant l'Ouzbékistan et le Turkménistan. La culture n'est possible qu'avec l'irrigation, mais seul le Syr-Daria est capable d'apporter les eaux nécessaires. Le régime est endoréique, et les cours d'eau venus des montagnes se perdent, comme le Tchou, dans des dépressions marécageuses ou, comme l'Ili, dans un grand lac peu profond (dont une partie s'assèche et se réduit), le Balkhach, ou dans le Tengiz et le Zaïsan. Les principales rivières sont l'Irtych à l'est, le Syr-Daria, l'Oural et l'Emba à l'ouest. Le pays ne possède que la partie nord de la mer d'Aral. La relative douceur des hivers (moyenne de janvier se rapprochant de − 2 °C ; minimums moins fréquents et moins prononcés que dans le Nord), la chaleur et la longueur de l'été (moyenne de 30 °C au moins, avec des maximums supérieurs à 40 °C) autorisent les cultures subtropicales comme le coton et le riz, dont la pays est toutefois un faible producteur par rapport à ses voisins de l'Asie centrale. L'exploitation des ressources minérales et la fondation de villes ont nécessité l'organisation de plusieurs systèmes de ravitaillement en eaux urbaines et industrielles : installation d'usines de filtrage et d'épuration, essais de dessalement des eaux de la mer d'Aral et de la Caspienne, creusement du canal Irtych-Karaganda, long de plus de 500 km, large de 40 m. L'irrigation se pratique à partir de puits, de citernes ou du captage des eaux des rivières du Nord (Oural, Ichim, Irtych) ou du Sud (Tchou, Syr-Daria) pour l'irrigation dans la steppe de la Faim, la région du Syr-Daria, les bords de la Caspienne.

1.2. Le relief

Les formes du relief introduisent des nuances dans le schéma zonal. Trois types peuvent être distingués. Le plus répandu est le plateau, socle ancien, recouvert de sédiments portés à des altitudes variables, mais faibles : 340 m dans l'Oustiourt, entre Caspienne et Aral ; 650 m sur les hauteurs qui prolongent l'Oural vers le sud, où le fleuve Emba prend sa source ; plus de 1 000 m, avec un point culminant à 1 559 m, dans le Kazakhstan central et oriental, entre Sibérie et Balkhach.

Le Kazakhstan est peu montagneux, mais possède les parties occidentales ou la bordure septentrionale des hautes chaînes, qui, entre le Tian Shan du Kirghizistan et l'Altaï, s'allongent parallèlement à la frontière avec la Chine : Alataou, plus de 4 000 m au-dessus d'Almaty ; Alataou Djoungare, plus au nord (4 460 m), Tarbagataï (près de 3 000 m) ; enfin premières chaînes de l'Altaï, avec un sommet à plus de 4 500 m. Ces chaînes sont séparées par des dépressions occupées par des lacs (Alakol, Zaïsan) ou parcourues par des fleuves (tel l'Ili) et furent, comme la Dzoungarie, des passages de caravanes entre l'Extrême-Orient et l'Europe, routes du thé et de la soie.

Enfin, les bassins composent la partie occidentale de la république : les parties centrale et orientale de la dépression aralo-caspienne, qui descendent au-dessous du niveau de la mer (− 28 m) au bord de la Caspienne ; la cuvette de la mer d'Aral, à un peu plus de 60 m au-dessus du niveau des mers ; des cuvettes locales où convergent des fleuves tel le Tourgaï, qui se perdent dans les marais. Ces dépressions offrent différents aspects : plateaux pierreux et secs, champs de dunes mouvantes, surfaces argileuses plus humides, ravins desséchés, lacs temporaires envahis par les salicornes sur les efflorescences salines… Elles ne sont aptes qu'aux médiocres pâturages et sont fréquentées par les transhumants, qui passent l'hiver dans la plaine (kichlak), l'été dans les montagnes (ïaïlak).

2. Les hommes et les activités

2.1. La population

Le Kazakhstan présente la particularité de ne comprendre aucune ethnie majoritaire. Le nord du pays, frontalier de la Russie sibérienne, est surtout peuplé de Russes, dont l'installation a commencé dès le xviiie s., parallèlement à celle d'autres Européens (Allemands, Ukrainiens). Les Russes forment également la majorité de la population urbaine (notamment à Almaty, l'ancienne capitale méridionale). L'ethnie kazakhe, descendant de Turcs et de Mongols, est traditionnellement divisée en trois hordes. Anciens pasteurs nomades, superficiellement islamisés, ils sont aujourd'hui sédentarisés et forment la majorité des habitants du sud du pays. Toutefois, le russe est toujours la langue principale de l'élite et de l'Administration.

2.2. L'élevage

L'élevage, qui dominait autrefois le secteur agricole, a été détrôné par la culture des céréales, grâce à la campagne de mise en valeur des terres vierges et du développement des fronts pionniers agricoles dans le nord du pays. Lancée en 1954 par Nikita Khrouchtchev, celle-ci a permis une extension considérable de la surface cultivée (15 % du territoire). L'élevage bovin et, surtout, ovin reste cependant très important dans tout le pays. La culture du coton et du riz dans les oasis du Kazakhstan méridional, le long du Syr-Daria, annonce déjà l'Ouzbékistan voisin, tandis que les piémonts, au sud et à l'est, associent cultures et élevage transhumant. Le secteur agricole emploie toujours près du quart de la population active, mais les aléas climatiques, la dégradation de l'environnement, le manque de moyens (engrais, carburant) et la timide campagne de privatisation le fragilisent considérablement.

2.3. L'industrie

Le secteur industriel est toujours consacré à l'extraction et à la première transformation des matières premières minérales. Les industries lourdes (sidérurgie, électrométallurgie, métallurgie des non-ferreux, traitement des hydrocarbures) prédominent largement, laissant à l'industrie légère (agroalimentaire, machines agricoles) la portion congrue. Les richesses du sous-sol sont immenses : beaucoup de pétrole et de gaz (surtout dans le Kazakhstan caspien), de l'uranium, dont le pays est devenu le deuxième producteur mondial, après le Canada (gisement de Muyunkum, dans le sud du pays), ainsi que du fer (Kostanaï), du cuivre (Jezqazghan, Balkhach), du charbon (bassin de Karagandy, deuxième ville du pays), du phosphate ou encore des métaux non ferreux sur les pentes de l'Altaï (Euskemen). Le gisement de pétrole de Kachagan pourrait rivaliser avec les plus grands champs du monde. Situé en mer Caspienne, à une profondeur d'environ 4,5 km sous la mer, il contient environ 35 milliards de barils de réserves. Un oléoduc relie les côtes de la mer Caspienne à la Chine. La grande majorité des centres d'extraction, situés, pour la plupart, dans le Kazakhstan central, sont faiblement intégrés entre eux et continuent d'exporter directement leur production vers la Russie, où s'effectue l'essentiel de sa mise en valeur. La Chine possède le cinquième de la production de pétrole du pays.

La Russie, la Chine et l'Allemagne comptent parmi les premiers fournisseurs du pays.

2.4. Les relations internationales

En 2007, le Kazakhstan a signé un accord avec la Russie et la Biélorussie visant à mettre en place une union douanière.

HISTOIRE

1. Des origines à la domination russe

1.1. Les empires des steppes

Le territoire de l'actuel Kazakhstan est, dès le IIe millénaire avant notre ère, voué au pastoralisme et parcouru par des populations nomades. Partie intégrante de l'Asie centrale, la région est le siège d'une succession d'empires dits « des steppes » : confédération scythe (viiie-iiie siècles avant J.-C.), empires des Huns et des Hephthalites (ier-vie siècle après J.-C.), kaganat turc (552-704). Cette période marque le début de la turcisation linguistique des steppes.

1.2. L'invasion mongole

La civilisation urbaine, développée sur les oasis méridionales, est dévastée par les invasions mongoles : le territoire est, au xiiie siècle, intégré à l'empire de Gengis Khan.

1.3. La fédération des Kazakhs

Issue de la fusion de plusieurs souches turciques (Oghouz, Kiptchaks, Nogays) cristallisées autour d'un consensus politique au xve siècle, la fédération des Kazakhs se redéploie à la fin du xvie siècle en trois hordes (jouz) dirigées par un khan : la Grande Horde occupe le sud-est, la Moyenne le centre, et la Petite le nord et l'ouest des steppes kazakhes. Bien que dissoute après l'arrivée des Russes, la division en hordes garde toute sa pertinence dans la stratification de la société kazakhe moderne.

2. La période coloniale et soviétique

2.1. La période coloniale

La colonisation russe d'Asie centrale débute dès le xviie siècle par le nord, où l'empire du tsar est en contact avec la Petite Horde kazakhe. Les Russes édifient contre les incursions des nomades des fortifications qui deviendront des cités importantes.

Au début du xixe siècle, les Kazakhs, qui cherchent la protection des Russes contre leurs voisins du sud, sont progressivement intégrés dans l'Empire. À la soumission totale des Kazakhs au gouvernement général du Turkestan (1873) succède une politique impériale d'incitation à la colonisation (1889) : un million de paysans slaves s'implantent dans les plaines du nord pendant la période coloniale.

Le développement d'activités agricoles sur les terres de pâturage et l'introduction de la conscription obligatoire pour les musulmans sont à l'origine de la révolte de 1916, durement réprimée par l'administration coloniale, et suivie par la fuite de 300 000 Kazakhs vers la Chine.

2.2. La période soviétique

De la RSSA du Turkestan à la RSS du Kazakhstan

Ce n'est que le 5 décembre 1936 que le Kazakhstan – dont la population non européenne a connu dans les années 1920 une sédentarisation et une collectivisation forcées – devient la République socialiste soviétique du Kazakhstan fédérée de l'URSS.

La révolution russe de 1917 aboutit à la création d'une République socialiste soviétique autonome (RSSA) du Turkestan, dont la partie septentrionale est réorganisée en 1920 en une RSSA des Kirghiz couvrant l'actuel Kazakhstan (les Kazakhs étaient alors désignés par les ethnographes sous le nom Kirghiz, tandis que les Kirghiz actuels étaient répertoriés comme Kara-Kirghiz). En 1926, la RSSA des Kirghiz est à nouveau divisée en une RSSA du Kazakhstan au nord, avec pour capitale Alma-Ata (→ future Almaty), et une RSSA du Kirghizistan au sud, toutes deux fédérées à la Russie, et qui deviendront en 1936 des républiques constitutives de l'URSS.

Le développement de l'industrie lourde

La période soviétique est marquée au Kazakhstan par le développement de l'industrie lourde (mines, métallurgie, chimie) et, à partir des années 1950, par une intensification de la production céréalière au cours de la campagne des « terres vierges » que Nikita Khrouchtchev lance en 1954 dans la ville de Tselinograd (actuelle capitale Astana). Le développement économique de ce vaste territoire nécessite un apport considérable de main d'œuvre. Outre l'arrivée plus ou moins volontaire des Slaves, le Kazakhstan abrite alors la plupart des goulags d'Asie centrale, dans lesquels sont envoyés les opposants au régime.

Lieu de déportation massive, d'essais nucléaires et de conquête spatiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Joseph Staline ordonne par ailleurs la déportation collective d'Allemands, de Polonais, de Coréens et de peuples punis au Caucase, soit près de deux millions de personnes, envoyées majoritairement vers le Kazakhstan.

De par sa position stratégique en Asie centrale, le Kazakhstan devient un élément clé de la puissance militaire et nucléaire de l'URSS (site d'essais nucléaires de Semipalatinsk), mais aussi de la conquête de l'espace (cosmodrome de Baïkonour).

Vers l'indépendance

À la faveur de la politique de perestroïka menée par Mikhaïl Gorbatchev, le Kazakhstan est le siège, en 1986, du premier mouvement de revendications nationalistes d'Asie centrale. Dénonçant la nomination d'un Russe au poste de premier secrétaire du parti communiste (PC) kazakh, poste traditionnellement occupé par un Kazakh, des émeutes sanglantes éclatent à Alma-Ata. Ces événements marquent le début de la révolte des nationalités de l'URSS contre le pouvoir central. Après l'échec du putsch communiste à Moscou en août 1991, le Kazakhstan est une des dernières Républiques de l'Union à proclamer son indépendance (16 décembre 1991).

3. Le Kazakhstan indépendant

3.1. Le règne de Noursoultan Nazarbaev

À la tête du PC kazakh depuis 1989, président du Soviet suprême à partir de l'année suivante, Noursoultan Nazarbaev est élu président de la République lors des élections au suffrage universel de décembre 1991 et fait adopter une nouvelle Constitution en août 1995.

Réélu en 2005, à la suite d'un remaniement constitutionnel qui supprime la limite de deux mandats consécutifs et la limite d'âge fixée à 65 ans, il reçoit en 2010 le titre de « chef de la nation », statut qui lui confère l'immunité à vie et le droit de diriger le pays jusqu'à sa mort. Régnant en maître absolu sur le pays et ayant pris soin d'étouffer tout forme de contestation, il est réélu en 2011 avec 95,5 % des voix. Nazarbaev engage son pays sur la voie de la modernisation et du libéralisme économique tout en défendant, sur le plan politique, le concept post-soviétique de « démocratie contrôlée ».

En politique intérieure, il parvient à affirmer la souveraineté de la nation kazakhe en élevant les traits identitaires des Kazakhs en attributs étatiques (langue, histoire, traditions culturelles) tout en accommodant la communauté russe, qui représente plus du tiers de la population au moment de l'indépendance. La promotion du russe comme langue co-officielle et le transfert, en 1997, de la capitale d'Almaty au sud à Astana au nord, majoritairement peuplé de Russes, participe de cet effort de consensus national.

En obtenant plus de 97 % des suffrages à l’issue de l’élection présidentielle anticipée d’avril 2015, le président consolide son pouvoir (en attendant la désignation d’un dauphin), dans un contexte économique marqué par un ralentissement de la croissance. Très dépendante des matières premières et des hydrocarbures, cette dernière est en diminution depuis 2011 et subit en 2015 les effets de la baisse du cours du pétrole ainsi que de la crise économique qui frappe la Russie.

3.2. La politique extérieure

En politique étrangère, le Kazakhstan cherche à s'affirmer comme une nouvelle puissance régionale, forte de ses nouveaux gisements pétroliers. La relation privilégiée qu'il entretient avec le grand frère russe ne l'empêche pas de mener une politique plurivectorielle visant à diversifier ses partenaires : la Chine à l'est, qui participe à l'exploitation du pétrole de la mer Caspienne et à l'ouverture de nouvelles voies d'exportation grâce à la construction d'un oléoduc inauguré en 2005 ; mais également l'Union européenne et les États-Unis à l'ouest, pour lesquels les ressources en hydrocarbures sont un gage de stabilité de leur approvisionnement. Le Kazakshtan fait valoir sa « vocation » européenne du fait qu'une partie de son territoire à l'ouest de la rivière Oural se trouve sur la continent européen. En 2010, le pays est le premier État issu du bloc soviétique et la première nation à majorité musulmane à assurer la présidence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Depuis 2014, la crise ukrainienne a ouvert une brèche dans les relations russo-kazakhes. Bien que formant avec la Biélorussie l’un des trois principaux piliers de l’Union eurasiatique (Union douanière) sous la houlette de Moscou, le Kazakhstan, qui met en avant sa stabilité interethnique, appelle ainsi au compromis et au respect de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.