Mongolie
en khalkha Mongol Uls



État d'Asie centrale, la Mongolie est bordée au nord par la Russie et à l'est, au sud et à l'ouest par la Chine.
- Superficie : 1 565 000 km2
- Nombre d'habitants : 2 800 000 (estimation pour 2011)
- Nom des habitants : Mongols
- Capitale : Oulan-Bator
- Langue : khalkha
- Monnaie : tugrik
- Chef de l'État : Tsakhiagyn Elbegdorj
- Chef du gouvernement : Norow Altankhujag
- Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
- Constitution :
- Adoption : 13 janvier 1992
- Entrée en vigueur : 12 février 1992
GÉOGRAPHIE
Le milieu naturel

La Mongolie est un pays enclavé d'Asie centrale n'ayant aucun débouché sur la mer. Elle s'allonge sur 2 400 km d'ouest en est et sur près de 1 300 km du nord au sud. L'altitude moyenne du pays est élevée : 1 580 m. Le point le plus bas se situe à l'est (lac de Khukh, 553 m). Sur le plan du relief, on distingue 2 régions.
Le khangaï au nord et à l'ouest est constitué de chaînes de montagnes d'âge essentiellement primaire, resoulevées au tertiaire par une tectonique cassante. Les roches cristallines dominent. L'Altaï mongol à l'ouest porte le point culminant du pays (Munkh-Khairkhan, 4 362 m). Il est séparé du Khangaï proprement dit (4 031 m à l'Otgon Tenger) par une dépression occupée par de grands lacs. Dans le Nord, le Khenteï atteint 2 751 m à l'Asaralt. C'est dans ces montagnes que naissent les fleuves coulant vers l'océan Arctique (Sikhchid, affluent de l'Ienisseï, Selenga, qui se jette dans le lac Baïkal) ou vers le Pacifique (Onon, Keroulen). La cuvette des grands lacs est une région endoréique. Ces montagnes sont les régions les mieux arrosées du pays et sont couvertes de prairies et de forêts de conifères.
Le Sud et l'Est correspondent au Gobi. Il s'agit de nombreuses dépressions fermées, cuvettes hydro-éoliennes qui tapissent la surface de dépressions endoréiques plus vastes. C'est une région de plaines et plateaux semi-désertiques ou désertiques, aux sols caillouteux, graveleux, constituant le désert du Gobi ; les formations sableuses sont rares. Vers l'Est, cette région se raccorde à la chaîne de montagnes du Grand Khingan, frontalière de la Chine.
L'hypercontinentalité du climat se manifeste, outre la faiblesse des précipitations, par des amplitudes thermiques annuelles très élevées (80 à 90 °C) et des variations quotidiennes pouvant atteindre plusieurs dizaines de degrés. Les extrêmes absolus à Oulan-Bator sont de +38,2 °C et −42 °C.
La population

Les Khalkhas, qui constituent les trois quarts de la population, forment l'ethnie dominante. Environ 3,5 millions de Mongols vivent également en Chine, dans la province autonome de Neimenggu (Mongolie-Intérieure). La densité moyenne n'est que de 2 habitants par km2, mais la répartition est très déséquilibrée : l'essentiel du pays est désertique, alors que 25 % des habitants se concentrent dans la capitale, Oulan-Bator, où il a fallu instituer un permis de résidence payant. La fécondité diminue (2 enfants par femme). Le quart de la population est âgé de moins de 15 ans. La religion traditionnelle est le bouddhisme tantrique, dont le chef spirituel est le dalaï-lama tibétain.
L'économie
Activité traditionnelle, l'élevage fait vivre encore la moitié de la population. Le régime communiste avait collectivisé le cheptel et cherché à sédentariser les hommes, mais 500 000 éleveurs semi-nomades déplacent encore leurs yourtes (ensembles d'abris en feutre) au rythme des saisons. Le cheptel fournit nourriture, vêtements, matériaux de construction (feutre) et combustible (bouse). Chevaux, yaks et moutons dominent dans le Nord et l'Ouest ; chameaux, moutons et chèvres dans les steppes du Sud. Les cultures irriguées (blé, fourrage) n'occupent que 1 % des sols, à proximité d'Oulan-Bator et dans les cuvettes lacustres. Concurrencées par les denrées distribuées par l'aide humanitaire, elles sont en recul.
Jusqu'en 1989, l'économie tout entière était tournée vers l'U.R.S.S., avec laquelle la Mongolie effectuait 90 % de ses échanges. L'aide soviétique (400 dollars par habitant) représentait alors la moitié du revenu moyen annuel, près de 50 000 coopérants aidant au bon fonctionnement des industries lourdes (Darkhan) et des mines. L'effondrement de l'U.R.S.S. provoqua donc un désastre économique. Entre 1991 et 1993, le P.I.B. diminua de 40 % et l'inflation atteignit 700 %. Le rationnement devint sévère et des dizaines de milliers de chômeurs retournèrent vivre sous les yourtes.
La Mongolie demanda alors l'aide des Occidentaux, qui dépassa 300 millions de dollars dès 1992. Les privatisations furent menées rapidement, sous forme de coupons distribués à la population. Ceux-ci s'échangent contre du bétail ou des parts dans les quelque 550 usines d'État, ou bien peuvent être vendus à la Bourse où des affairistes, profitant de la misère, les raflent pour presque rien.
La Mongolie possède d'importantes ressources naturelles. Le cuivre et le molybdène, exploité à Erdenet, assurent 70 % des exportations. L'U.R.S.S., qui vendait son pétrole à son protégé, avait bloqué l'exploitation du gisement de Tamsag, à l'extrême est du pays, dont les réserves sont estimées à 6 milliards de barils, et freinait l'extraction de l'or. La mise en valeur de ces ressources, à laquelle les Japonais prennent une part très active, constitue une chance de développement pour la Mongolie. Depuis 1994, le P.I.B. augmente et l'inflation diminue. Mais, avec un P.N.B. par habitant exprimé en parité de pouvoir d'achat de 1 500 dollars en 1999, les Mongols comptent encore parmi les habitants les plus pauvres de l'Asie.
HISTOIRE
Autonome mais sous occupation chinoise
La Mongolie-Extérieure, devenue autonome en 1911, est dirigée par son chef religieux, le Bogdo Gegen (le Bouddha vivant d'Ourga). Les Chinois, qui ont reconnu son autonomie en 1915 (accord de Kiakhta entre la Russie, la Chine et la Mongolie), profitent des désordres engendrés par la révolution russe pour mettre fin à cette autonomie (1919) et occupent le pays.
Deux cercles révolutionnaires s'organisent alors, l'un dirigé par D. Sükhe-Bator et l'autre par Khorlogyn Tchoibalsan, tous deux acquis aux idées bolcheviques.
D'autre part, la Mongolie-Extérieure sert de base, à partir de 1920, aux armées antibolcheviques du Balte Roman von Ungern-Sternberg, soutenu par le Japon. En mars 1921, le parti du Peuple mongol est fondé. Fort de l'appui de la Russie soviétique, il organise une armée révolutionnaire pour soustraire le pays à l'occupation chinoise et au régime de terreur instauré par Ungern-Sternberg. En juillet 1921, la Mongolie-Extérieure est libérée avec l'aide de l'Armée rouge. Un gouvernement provisoire, présidé par le Bogdo Gegen, est constitué. Un traité de coopération signé avec la Russie doit permettre le développement économique du pays.
La République populaire de Mongolie, satellite de l'URSS
À la mort du Bogdo Gegen (1924), la République populaire de Mongolie est proclamée, Khorlogyn Tchoibalsan en est le commandant en chef. L'ancienne capitale, Ourga, est alors rebaptisée Oulan-Bator (le « Héros rouge »). Une organisation de type soviétique avec à sa tête le Grand Khural (Soviet suprême) est mise en place. Le parti, qui porte depuis 1925 le nom de parti populaire révolutionnaire mongol (PPRM), monopolise le pouvoir. Dès 1921, les droits des princes sur les terres et les serfs ont été abolis. La tentative de socialisation généralisée des biens, lancée en 1930, doit être abandonnée et un « cours nouveau » plus progressif est adopté en 1932.
À partir de 1935, l'occupation de la Mongolie-Intérieure par les Japonais pose de nouveaux problèmes à la République populaire de Mongolie : d'une part, elle doit faire face à l'agression japonaise, qu'elle réussit à arrêter avec l'aide de l'URSS (août 1939) ; d'autre part, elle doit combattre le haut clergé et l'aristocratie laïque, accusés de sympathie envers les Japonais. Les derniers monastères bouddhiques sont fermés en 1937-1938. K. Tchoibalsan sort de cette crise Premier ministre (1939). Il dominera la vie politique jusqu'en 1952.
Conformément aux décisions prises à Yalta, un plébiscite est organisé et la République populaire de Mongolie devient indépendante (1945).
À la mort de K. Tchoibalsan (1952), Yumjagyn Tsedenbal accède à la tête du parti et du gouvernement ; en 1974, il devient également président du Grand Khural. Il accentue la collectivisation, y compris celle du cheptel. La Mongolie entre dans le concert des nations : admise à l'ONU en 1961, elle établit des relations diplomatiques avec les Occidentaux (Royaume-Uni en 1963 ; États-Unis et France en 1965), puis avec le Japon (1972). Elle reste résolument alignée sur Moscou : entrée dans le Comecon (1962), soutien à l'URSS dans le conflit sino-soviétique, traité de paix et d'amitié (1965). Son protecteur lui envoie 70 000 militaires, 50 000 coopérants, et une aide économique qui représente jusqu'à la moitié de son PNB.
Indépendance et ouverture démocratique
En 1984, Yumjagyn Tsedenbal est destitué. Jambyn Batmönkh le remplace à la tête de l'État et du parti, et amorce une timide perestroïka (Il Tod). En 1989, l'opposition démocratique sort au grand jour : elle compte jusqu'à 36 partis, dont les plus importants forment l'Union démocratique mongole (UDM). Gombojavyn Otshirbat évince Jambyn Batmönkh à la tête du PPRM. Aux premières législatives multipartites (1990), le parti enlève encore 83 % des sièges au sein du Grand Khural (Chambre désormais unique), qui porte son candidat, Punsalmaagyn Otshirbat, à la présidence de la République. Après que la Chambre a démocratisé la Constitution (janvier 1992), le PPRM l'emporte à nouveau en juin (70 sur 76 sièges). Oulan-Bator se tourne vers les Occidentaux (visite du chef de l'État à Washington en 1991) et se réconcilie avec Pékin (visite de Li Peng en 1994).
Cependant, les esprits changent. La Mongolie redécouvre son passé (vogue de Gengis Khan), sa religion (visites répétées du dalaï lama, réouverture de 130 lamaseries) et son écriture, que le cyrillique tendait à remplacer. La lumière se fait sur les atrocités de la période précédente, notamment le massacre des moines bouddhistes en 1937-1939 (100 000 morts sur 800 000 habitants ?).
La Russie met fin à son aide, procède en hâte au rapatriement de ses coopérants et de ses militaires (achevé en septembre 1992), et exige le remboursement de 6 milliards de dollars de dette. L'économie est en conséquence asphyxiée, et les privatisations achèvent de la désorganiser. Le quart de la population tombe sous le seuil de pauvreté de 8 dollars par mois. Des dizaines de milliers de chômeurs retournent vivre sous les yourtes.
Première alternance et ancrage démocratique
En pleine crise, Punsalmaagyn Otshirbat quitte le PPRM et se fait réélire président comme candidat de l'UDM (juin 1993) lors de la première élection présidentielle au suffrage universel. En juin 1996, la coalition de l'UDM (Alliance démocratique, AD) – dont la campagne est organisée par une agence de publicité américaine – remporte les législatives (50 sièges sur 76) et amorce une politique ultralibérale. Mais la fin des subventions aux produits de première nécessité et l'enrichissement des parvenus qui raflent les « coupons bleus » provoquent une réaction. À l'élection présidentielle de 1997, Punsalmaagyn Otshirbat est largement battu par le candidat du PPRM, Natsagyn Bagabandi, qui réclame « une pause » dans les réformes.
En 1998, la Mongolie connaît une grave crise politique, déclenchée par un bras de fer entre l'Alliance démocratique, majoritaire au Parlement, et les ex-communistes du PPRM – le parti du président –, qui aboutit à la démission du gouvernement en juillet. Après six mois d'impasse totale, au cours desquels tous les candidats proposés par la majorité au poste de Premier ministre sont systématiquement récusés par Natsagyn Bagabandi, un accord intervient sur la personne de Tanlavyn Narantsatsralt en décembre.
À la suite d'un vote de défiance du Parlement, ce dernier démissionne en juillet 1999 ; Rinchinnyamyn Amarjargal (AD) le remplace. Les relations entre le président et le gouvernement restent tendues, le premier faisant usage de son droit de veto sur les réformes engagées par le second. En juillet 2000, l'Alliance démocratique, affaiblie par les dissensions au sein de la coalition et la corruption, est largement battue par le PPRM, qui obtient 72 des 76 sièges du Grand Khural. Nambaryn Enkhbayar est élu Premier ministre.
La place prédominante occupée par les ex-communistes à la tête du pays est confirmée en mai 2001 avec la large réélection de Natsagyn Bagabandi (PPRM) à la présidence de la République (près de 58 % des suffrages). Toutefois, à l'issue du scrutin législatif de juin-juillet 2004, le PPRM, crédité de 37 sièges, est talonné par l'Alliance démocratique, qui en gagne 34 – 3 sièges allant à des indépendants et 1 au parti républicain –, et est contraint de former un gouvernement de grande coalition, dans lequel il obtient 10 des 18 portefeuilles, le poste de Premier ministre revenant à Tsakhiagyn Elbegdorj, leader de l'Alliance démocratique.
Le 22 mai 2005, le candidat du PPRM, Nambaryn Enkhbayar, ex-Premier ministre de 2000 à 2004, est élu à la présidence de la Mongolie avec 53,4 % des voix contre 19,7 % à son plus proche rival, Mendsaikhan Enkhsaikhan, du parti démocratique.
Dès janvier 2006, une crise politique éclate sur fond de ralentissement de la croissance économique et de hausse de l'inflation. Le 11, le PPRM décide de rompre la coalition et retire ses dix ministres du gouvernement, entraînant la démission de T. Elbegdorj de son poste de Premier ministre et la dissolution du gouvernement par le Grand Khural. Le 13, le PPRM forme une nouvelle coalition avec des petits partis et son président, Miegombyn Enkhbold, est investi Premier ministre le 25.
Mais en octobre 2007, soupçonné de corruption, ce dernier doit, sous la pression de ses pairs, céder la présidence du parti à Sanj Bayar qui lui succède le mois suivant à la tête du gouvernement dans la perspective des élections législatives de juin 2008. Vivement contestée par l'opposition, la victoire du PPRM (45 sièges contre 27 pour le parti démocratique) est finalement avalisée après avoir provoqué de violentes émeutes dans la capitale et l'instauration de l'état d'urgence. En septembre, le parti démocratique s'étant incliné, le Grand Khural réélit S. Bayar à la tête d'un nouveau gouvernement ouvert à l'opposition. Celle-ci finit toutefois par l'emporter à l'élection présidentielle de mai 2009 à l'issue d'une campagne électorale axée sur la lutte contre la corruption et la pauvreté. Élu avec 51,2 % des suffrages face au président sortant, qui reconnaît sa défaite, son candidat T. Elbegdorj entre en fonctions en juin, appelant à l'unité nationale.
En 2010, le PPRM reprend son ancien nom de parti du Peuple mongol (PPM) mais une minorité, menée par l’ancien président Enkhbayar fait scission en conservant la dénomination existante et s'allie avec le parti national démocratique mongol au sein de la Coalition pour la Justice en vue des élections de juin 2012. Si le parti démocratique arrive en tête de ce scrutin avec 31 sièges devant le PPM (25 députés) il doit chercher un appui auprès des petits partis dont le PPRM. Ce dernier accepte d’apporter son soutien et de participer au gouvernement formé par Norow Altankhuyag en août malgré la condamnation de N. Enkhbayar à quatre ans de prison pour corruption, un arrêt très médiatisé et contesté.
Tout en maintenant une politique d'équilibre avec la Russie et la Chine, la Mongolie cherche par ailleurs à développer ses relations avec ses voisins tels que le Japon et la Corée du Sud ou avec les pays de l'Union européenne et les États-Unis (envoi d'un contingent de soldats en Iraq en 2003 ; en 2005, G. W. Bush effectue la première visite d'un président américain en territoire mongol).
Le 11 juillet 2006, la Mongolie célèbre le 800e anniversaire de la fondation de l'État mongol par Gengis Khan. Tirée en partie par la demande chinoise pour ses richesses minières (charbon, cuivre, minerai de fer…), son économie connaît une forte croissance, de l’ordre de 9 % en 2006-2008 et jusqu’à 17 % en 2011.

