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Drapeau du Turkménistan

Turkménistan

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Carton de situation

Turkménistan

État d'Asie centrale, le Turkménistan est bordé par la mer Caspienne à l'ouest et limité par le Kazakhstan et l'Ouzbékistan au nord et au nord-est, par l'Afghanistan au sud-est et par l'Iran au sud.

Superficie : 488 000 km2
Nombre d'habitants : 5 110 000 (estimation pour 2009)
Nom des habitants : Turkmènes
Capitale : Achgabat
Langue : turkmène
Monnaie : manat

Chef de l'État : Gourbangouly Berdymoukhammedov

Chef du gouvernement : Gourbangouly Berdymoukhammedov

Nature de l'État : république

Constitution :

 Adoption : 28 septembre 2008

Institutions

Exécutif

Chef de l'État et du gouvernement : président de la République

Législatif

 Majlis

GÉOGRAPHIE

Le Turkménistan s'étend entre la Caspienne et l'Amou-Daria, au pied de la chaîne du Kopet-Dag. Près de 90 % du territoire appartiennent aux déserts et semi-déserts de la dépression aralo-caspienne (Karakoum ou « sables noirs »).

   

En dépit de ses nombreuses richesses énergétiques, le Turkménistan, qui était l'une des républiques les plus pauvres de l'ex-U.R.S.S., connaît une transition difficile. Sa population, relativement homogène (les trois quarts des habitants étaient d'ethnie turkmène en 1995), a une espérance de vie relativement basse (67 ans) et une mortalité infantile élevée. Elle se concentre le long du grand axe de circulation S.-E./N.-O. (chemin de fer transcaspien) et sur les rives du fleuve Amou-Daria. L'agriculture, qui employait plus de 40 % de la population active en 1995, a connu un grand essor, grâce à la construction du canal du désert de Karakoum en 1954, l'un des plus longs du monde (815 km), depuis l'Amou-Daria, au sud-est, jusqu'à Kizyl-Arvat (le projet de jonction jusqu'à la mer Caspienne ayant été abandonné). Celui-ci permet au pays de figurer parmi les dix premiers producteurs mondiaux de coton, irriguant de nombreuses oasis (Mary, Tedjen), qui produisent également des fruits, des légumes et des céréales. La voie d'eau longe l'échine du Kopet-Dag, qui fait culminer le Turkménistan à 2 942 m d'altitude, à proximité de la capitale, Achgabat. Celle-ci fut créée par les Russes. Outre la production agricole, elle possède quelques industries, principalement dans les secteurs de l'équipement, de l'agroalimentaire, du textile et du cuir. L'autre grande région agricole suit le cours de l'Amou-Daria, le long de la frontière avec l'Ouzbékistan. Tchardjoou, deuxième ville du pays, est un nœud de communication et d'échanges, mais aussi un centre agricole et d'industries légères. Au nord, la région irriguée de Tachaouz, qui permet la production de coton, de riz, de fruits et de légumes, ainsi que l'élevage de moutons, est davantage tournée vers le voisin ouzbek que vers les lointaines oasis méridionales.

   Les réserves énergétiques du Turkménistan en ont longtemps fait un grand producteur de pétrole et, surtout, de gaz naturel. Cependant, le manque de débouchés, les clients insolvables et le passage de l'oléoduc par la Russie gênent considérablement ses potentialités de développement. Le pétrole, extrait dans l'ouest du pays (Nebit-Dag, Tcheleken), est valorisé dans le port de Turkmenbachy (ancienne Krasnovodsk), sur la mer Caspienne. Les gisements de gaz naturel se regroupent dans le « delta » du Mourgab (Baïram-Ali, Chatlyk).

   La population turkmène, autrefois nomade, mais toujours fortement tribalisée, est musulmane. Toutefois, les pratiques chamanistes, associées au soufisme, la rendent peu perméable aux fondamentalismes voisins (iranien et afghan). Comme toutes les populations des « Républiques musulmanes » de l'ex-U.R.S.S., celle-ci connaît une forte croissance démographique, de l'ordre de 1,9 % par an, ce qui explique sa jeunesse (29 % des habitants sont âgés de moins de 15 ans). La langue turkmène est très vivace. Les minorités russe (7 %) et ouzbek (9 %) n'entravent donc pas l'unité du pays ; cependant, la population urbaine (45 %) est beaucoup plus « slavisée ».

HISTOIRE

La période précoloniale

Dès le IIIe s. avant notre ère, le territoire de l'actuel Turkménistan abrite Nisa, la capitale du royaume des Parthes arsacides. À partir du Ve s., des tribus nomades turcophones originaires de haute Asie s'installent dans la région. Mais il faudra attendre le XIe s. pour que les Seldjoukides, dynastie turkmène issue des tribus oghouz, prennent le contrôle de cette région méridionale de l'Asie centrale. Les steppes turkmènes sont ensuite intégrées au khanat mongol de Gengis Khan puis de son fils Djaghataï (XIIIe-XIVe s.), au grand émirat de Tamerlan (XIVe-XVe s.), puis au khanat de Khiva (XVIe-XIXe s.).

La période coloniale et soviétique

La colonisation russe progresse rapidement dans les steppes turkmènes avec l'imposition d'un protectorat au khanat de Khiva (1873). Mais l'armée tsariste se heurte à une résistance acharnée des tribus turkmènes, qui seront les derniers sujets intégrés à l'empire. L'instauration du régime soviétique à la suite de la révolution russe de 1917 rencontre à nouveau l'opposition des Turkmènes, dont une partie préfère rejoindre l'Afghanistan ou l'Iran plutôt que de se soumettre à la politique de sédentarisation et de collectivisation des terres et du cheptel. Dans la nouvelle classification des peuples, les Turkmènes sont promus au rang de nationalité constitutive de l'U.R.S.S. et reçoivent en 1924 un territoire national, la République socialiste soviétique (R.S.S.) du Turkménistan, avec Achkhabad pour capitale. Islamisés tardivement, les Turkmènes garderont leur structure tribale malgré les bouleversements sociaux imposés par le régime communiste. Dans les steppes désertiques du Turkménistan, la période soviétique est surtout caractérisée par l'intensification de l'agriculture irriguée. La construction du canal du désert de Karakoum, lancée en 1954, permet de dévier près de 20 % du débit de l'Amou-Daria et d'irriguer des cultures de coton. L'exploitation des hydrocarbures reste à cette époque limitée. La période de la perestroïka permet la fondation, en 1989, d'un mouvement politique démocratique mené par des intellectuels locaux, Agzybirlik (« Unité »). Mais Saparmourad Ataïevitch Niazov, nommé en 1985 premier secrétaire du parti communiste turkmène, l'interdit dès février 1990, et se fait élire président en août de la même année.

Le Turkménistan indépendant

Le Turkménistan accède à l'indépendance en octobre 1991 et adopte une nouvelle Constitution en mai 1992. Les élections présidentielles de juin reconduisent S. Niazov, candidat unique, avec 99,5 % des voix. Le dirigeant instaure dès lors un régime despotique marqué par le culte de sa personnalité. Niazov s'autoproclame Turkmenbachi (« Père des Turkmènes ») et président à vie en 1999. Il publie le Ruhnama (« Livre de l'âme ») dont la connaissance est exigée pour l'entrée à l'université, l'accès au fonctionnariat et dont le contenu est diffusé dans les mosquées en parallèle au Coran. En novembre 2002, une mystérieuse tentative d'attentat permet au président de mener une vague de répression et d'asseoir plus encore son régime totalitaire, où prospèrent clientélisme et corruption.

   En matière économique, le gouvernement accélère les prospections et permet au Turkménistan de devenir le 11e exportateur mondial de gaz en 2005. Le développement reste cependant limité par l'absence d'investissements et l'enclavement du Turkménistan entre un Iran banni de la communauté internationale et une Russie ayant le monopole des routes d'évacuation des hydrocarbures. Tandis que la population fait face à une inquiétante dégradation de son niveau de vie, des systèmes de santé et d'éducation, le clan Niazov garde la haute main sur l'utilisation des capitaux issus de la rente gazière.

   En termes de politique étrangère, le Turkménistan a très tôt fait le choix de la neutralité permanente (adoptée par les Nations unies en décembre 1995). Il cède son siège d'État membre de la Communauté des États indépendants (C.E.I.) en 1993 et ne participe à aucune initiative régionale. Outre la Russie, son principal allié économique, le Turkménistan cherche à diversifier ses partenaires dans la région (l'Iran au sud, la Turquie et surtout la Chine, avec laquelle il conclut en 2006 un accord pour la construction d'un gazoduc de 7 000 km) mais également avec les pays occidentaux dans le domaine des hydrocarbures et de la construction. Le décès inattendu du président à vie en décembre 2006 a ouvert l'espoir d'un changement politique au Turkménistan. Son remplacement par le vice-Premier ministre Gourbangouly Berdymoukhammedov, élu président le 11 février 2007 avec 89 % des voix, a permis quelques avancées (réforme de la Constitution pour introduire le multipartisme, suppression du Ruhnama) mais qui restent loin des standards démocratiques. Son différend avec l'Azerbaïdjan sur le statut juridique de la mer Caspienne est en partie à l'origine du report sine die de la réalisation du projet de gazoduc transcaspien reliant le Turkménistan à Bakou. Quasi absent des associations sub-régionales, le Turkménistan annonce en 2005 n'être plus que membre associé de la C.E.I.

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