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Jérusalem

en arabe al-Quds

Jérusalem
Jérusalem

Ville de Palestine, sainte pour les trois monothéismes, Jérusalem a été divisée en 1948 entre un secteur occidental, incorporé à Israël, et un secteur oriental, annexé par la Jordanie. Jérusalem-Est a été en 1967 occupée par l'État hébreu, qui a proclamé l'unification de la ville, avant d'en faire sa capitale. Ce fait accompli n'a cependant jamais été reconnu par la communauté internationale. La définition du statut de la ville dépend ainsi de la conclusion d'un accord de paix israélo-palestinien.

  • Population : 790 719 hab. (estimation pour 2011)
  • Nom des habitants : Hiérosolymitains ou Hiérosolymites

GÉOGRAPHIE

Juxtaposant une ville ancienne à l'est, des quartiers modernes à l'ouest et au nord, Jérusalem est un centre administratif et culturel (université, musées). C'est aussi un centre religieux et un lieu de pèlerinage pour les juifs, les musulmans et les chrétiens. Les Lieux saints sont placés sous la juridiction des trois confessions. Un tramway relie le mont Herzl, au sud-ouest, à Pisgat Zeev, au nord-est, depuis 2011, faisant une incursion dans Jérusalem-Est et desservant le camp de réfugiés de Shouafat.

L'HISTOIRE DE JÉRUSALEM

1. Les origines de la cité

La ville apparaît dans l'histoire vers 2000-1900 avant J.-C. Elle porte alors le nom de Urushalem (« fondée par le dieu Shalem ») et est une étape sur la route des crêtes, moins fréquentée que la via maris et que la « chaussée royale », entre l'Égypte et le Croissant fertile. Cité d'importance moyenne, moins riche que Hébron, Sichem ou Gabaon, elle pouvait compter, au moment de la pérégrination d'Abraham, environ 15 000 habitants.

Ses rois, qui selon la conception sémitique la plus ancienne assumaient également la fonction sacerdotale à l'égard de la divinité locale (El Elyon, le « Dieu très haut »), portaient des titres incluant le mot sedeq (justice) : Melchisedech, Adonisedech. Les lettres d'Al-Amarna (vers 1350 avant J.-C.) et le deuxième livre de Samuel (XXIV, 16) mentionnent toutefois un roi portant un nom hourrite et un autre un nom indo-européen. La population y était donc mêlée. D'après les lettres d'Al-Amarna, ces rois payaient tribut au pharaon d’Égypte.

2. La Jérusalem biblique

2.1. La conquête de Jérusalem

Lors de la conquête de Josué, la cité, tenue par des Cananéens du nom de Jébuséens, conserva son autonomie et constitua une enclave au milieu des Israélites, les séparant en tribus du Nord et tribus du Sud. Des fouilles récentes ont montré que la citadelle enlevée vers l'an 1000 avant J.-C. par Joab, général du roi David, fut bien capturée, ainsi que le rapporte la Bible, en empruntant son canal souterrain, le sinnor (II Samuel, V, 8), stratagème resté légendaire.

La « cité de David »

Comme les assaillants étaient des gens du roi, la ville ne fut attribuée par David à aucune des tribus, devint domaine royal et fut appelée « cité de David ». Le roi en fit le ciment de l'unité du peuple hébreu. En transférant l'Arche d'alliance de Kiryat Yearim (cité de la confédération gabaonite où elle était entreposée) à Jérusalem, il y fixa le sanctuaire amphictyonique, autrefois à Silo. Puis, en élevant un autel sur l'aire de battage du dernier souverain jébuséen, Arauna, il érigea Jérusalem en centre religieux de tout Israël.

Salomon et la construction du Temple

Cette consécration de la cité fut parachevée par le roi Salomon, qui construisit le Temple (969-962 avant J.-C.) et le Palais royal. L'édification du Temple suivant les consignes laissées par Moïse marque une étape importante dans l'histoire du monothéisme. Le Temple devint le centre national et liturgique du peuple hébreu en attendant de devenir, avec la réforme de Josias et la promulgation du Deutéronome (622 avant J.-C.), le lieu de culte exclusif. Salomon fit de Jérusalem une cité opulente.

2.2. Capitale du royaume de Juda (931 avant J.-C.-587 avant J.-C.)

La période de deux cents ans qui s'écoula entre le schisme du royaume (931 avant J.-C.) et la destruction de l'État du Nord (721 avant J.-C.) fut une période d'instabilité pour Jérusalem, capitale du royaume de Juda. Quand la menace assyrienne fondit sur le royaume d'Israël (721 avant J.-C.), le petit État du Sud, où se manifestait alors la personnalité marquante du prophète Isaïe, survécut à la tourmente. Il succomba pourtant en 587 avant J.-C. sous les coups du roi Nabuchodonosor. Mais, entre-temps, les promesses prophétiques avaient été attachées au royaume de Juda, et l'espoir de sa restauration accompagnera les déportés à Babylone où fut composé le psaume 137 : « Si je t'oublie Jérusalem, que ma droite m'oublie ! » C'est en exil aussi que s'élabora une représentation idéalisée du Temple à rebâtir.

2.3. La période perse achéménide

Après l'édit de Cyrus (538 avant J.-C.), une caravane de retour, conduite par Zorobabel, procéda à l'édification du Temple, mais de façon beaucoup plus modeste qu'il n'avait été prévu (520-515 avant J.-C.). Lorsque Néhémie, revenu un siècle plus tard avec des groupes plus nombreux, voulut relever les murs (445-443 avant J.-C.), il dut affronter l'opposition de Sanaballat, gouverneur de Samarie, et ne put exercer son autorité au nom du roi de Perse que sur une ville restreinte, soumise à un numerus clausus. Une fois le pays repeuplé, le scribe Esdras procéda dans une « grande assemblée » à la publication du texte de la loi et à l'établissement du cadre légal qui donna à la nouvelle communauté sa cohésion religieuse et nationale (428 avant J.-C. ou, plutôt, 398 avant J.-C.).

2.4. La période hellénistique (332-142 avant J.-C.)

L'invasion de la Syrie par Alexandre le Grand (332 avant J.-C.) mit fin à l'hégémonie perse et fit passer Jérusalem sous la domination des diadoques et de leurs successeurs lagides(319-197 avant J.-C.), puis séleucides(197-142 avant J.-C.). L'influence des maîtres de l'heure ne devint cependant marquante qu'au iie siècle avant J.-C. ; les mœurs grecques pénétrèrent alors le peuple juif ; les jeux du stade firent leur apparition à Jérusalem. L'autorité du sacerdoce aaronide, compromise dans cette situation, en fut atteinte ; il en résulta des luttes entre deux grandes familles hiérosolymitaines, les Oniades et les Tobiades, et la formation de groupes religieux dissidents dont certains préférèrent l'exil à l'imposture (communautés de l'Alliance de « Damas », esséniens de Qumran).

À cette époque naquit le parti pharisien, de recrutement surtout populaire, qui s'opposa au parti sadducéen, lié au sacerdoce du Temple et soutenu par les classes dirigeantes.

En 167 avant J.-C., le roi syrien Antiochos IV Épiphane prit occasion de ces divisions pour intervenir et pour mettre à exécution son programme d'assimilation forcée : hellénisation de la cité et du Temple, où il instaura le culte de Zeus Olympien, confiscation des impôts du culte au profit du trésor de la Couronne, érection d'une place forte pour la lutte contre l'Égypte (construction de l'Acra au centre de la ville).

La crise amena au pouvoir les hellénistiques radicaux réunis autour du grand prêtre Ménélas. Ce coup de force fut à l'origine de la révolte des Maccabées. Judas Maccabée, après une lutte de guérilla contre les généraux Nicanor et Gorgias, parvint à s'emparer du sud de la ville et du Temple, qu'il purifia le 25 kislev 164 avant J.-C., jour d'où date la fête juive de Hanoukka. Mais le nord de la ville, appuyé à l'Acra, resta aux mains des troupes grecques, et la cité fut partagée en deux tronçons par un mur. La partie fortifiée ne cédera qu'en 143, sous les coups de Simon l'Asmonéen.

2.5. La période asmonéenne (143-63 avant J.-C.)

Jérusalem redevint alors pour quatre-vingts ans la capitale d'un État juif florissant. Les Asmonéens (ou Hasmonéens) eux-mêmes n'en furent pas moins amenés à se conformer très rapidement sous de nombreux aspects aux coutumes de la civilisation hellénistique. Le conflit des sadducéens et des pharisiens rejaillit alors et prit sous leur règne un tour aigu. Le dernier roi asmonéen, Aristobule II (67-63 avant J.-C.), ne put empêcher l'intervention des légions romaines et l'installation à leur solde de l'Iduméen Hérode le Grand (37-4 avant J.-C.).

3. Jérusalem sous les Hérodiens

3.1. Le centre de la Diaspora

Hérode le Grand, vassal de l'empereur romain, fut un grand constructeur. La majesté de la Jérusalem d'Hérode, rehaussée par Hérode Agrippa Ier (37-44 après J.-C.), n'était que la façade de changements plus importants. Jérusalem devint le centre de l'importante diaspora impériale qui s'étendit de la Perse à l'Espagne en passant par l'Égypte, la Syrie, l'Asie Mineure et la Proconsulaire. Dans la diaspora, un prosélytisme actif accrut fortement le nombre des communautés juives. À l'occasion de la Pentecôte, des fidèles des synagogues de toutes les parties du monde se rassemblaient à Jérusalem.

La tradition pharisienne, soucieuse de garder le contact avec les communautés de tout l'Empire, fut formulée au cours de cette période dans les écoles de Shammaï et de Hillel ; elle se maintiendra après 70 à Yabne grâce aux efforts des rabbis Johanan ben Zakkaï et Akiba. Tout au long du ier siècle après J.-C., l'occupation romaine suscita cependant la protestation ascétique des esséniens et l'opposition politique des zélotes.

C'est dans ce contexte que se fit entendre, vers 28, la voix de Jean-Baptiste, invitant les juifs pieux à revenir aux préceptes de la loi et à recevoir un baptême de pénitence. Accueilli par certains comme le « nouvel Élie », il ouvrit la voie à la prédication de Jésus de Nazareth (29-30). La naissance du christianisme, la condamnation de Jésus par Ponce Pilate, sa crucifixion, l'annonce de sa résurrection, bien qu'à peine remarquées à l'époque sans doute, allaient modifier le caractère de la ville de Jérusalem.

3.2. La révolte contre l'occupant romain

La révolte qui couvait depuis le début du siècle éclata sous Néron. En 66, Menahem, troisième fils de Judas le Galiléen, chassa les Romains de la ville, mit le feu aux archives du Temple afin de rendre impossible l'acquittement des impôts, et, en 68, le nouveau chef zélote, Simon Bar-Giora, proclama la libération générale des esclaves juifs. Tandis que le parti zélote se scindait en factions rivales, la réaction romaine se fit plus violente. Selon Flavius Josèphe, son chroniqueur, 25 000 soldats tinrent tête dans la ville pendant trois ans à une armée romaine quatre fois plus forte. Après la chute de la ville en 70, la résistance se poursuivit dans la ville haute, puis dans la forteresse de Massada, dont les défenseurs, autour du zélote Eléazar, tinrent en échec pendant plusieurs mois les troupes du général L. Flavius Silva et finalement se suicidèrent plutôt que de se rendre (Pâques 73).

4. Jérusalem, cité romaine (135-636)

4.1. La révolte de Kokhba

Après un second soulèvement sous l’empereur Trajan (117), qui fut maté, l'empereur Hadrien (117-138), décida de faire de Jérusalem une ville romaine. La création de cette colonie, sous le nom d'Aelia Capitolina, provoqua un nouveau sursaut de la conscience nationale autour du prince et général juif Bar-Kokhba (ou Bar-Kochba, « fils de l'étoile »). Les Romains durent évacuer la ville, et pendant deux ans (132-134) la souveraineté juive fut restaurée.

La réaction impériale fut impitoyable : échange de populations et implantation des colons païens venus de tout l'Empire. La communauté juive ne retrouvera un statut légal dans le pays qu'à la fin du iie siècle. Aelia Capitolina ne fut plus qu'une ville secondaire, soumise à Césarée, et où l'on parlait grec.

Avec l'instauration de l'empire chrétien (325), Jérusalem, ville sainte du christianisme, devint un centre de pèlerinages. Sur l'emplacement où sera bâti ensuite le Saint-Sépulcre, l'église de l'Anastasis (Résurrection) fut construite à l'instigation de l'impératrice Hélène, qui se rendit sur place pour la mise au jour du bois de la « vraie Croix ». Origène, en érudit, procéda à la localisation des données topographiques indiquées dans les Évangiles. L'Illyrien saint Jérôme vint s'y établir et y procéda avec l'aide de juifs lettrés à la traduction de la Bible en latin.

L'impératrice Eudoxie, au ve siècle, fit bâtir Saint-Étienne et permit de nouveau aux juifs d'acquérir des propriétés dans la ville. Justinien, enfin, édifia Sainte-Marie-la-Neuve, en contrebas de l'actuelle mosquée al-Aqsa.

Au début du viie siècle, la suprématie byzantine commençant à décliner, le sort de Jérusalem se joua à trois reprises. En 614, le roi Khosrô II, auquel les populations chrétiennes de Syrie, persécutées par les Byzantins, faisaient bon accueil, enleva Antioche et Damas. En Galilée, 26 000 juifs se joignirent à son armée, et Jérusalem tomba sans grande résistance. L'Anastasis, les églises du mont des Oliviers, la basilique de Justinien furent en grande partie détruites, et la relique de la Croix emportée en Perse avec une longue file de captifs. Les juifs retrouvèrent alors pour un temps un plein droit de cité dans la ville.

Mais en 629 l'empereur Héraclius vainquit Khosrô, reprit possession des territoires perdus et poussa jusqu'en Perse. Il y retrouva la relique de la vraie Croix, qu'il rapporta lui-même solennellement à Jérusalem. L'entrée de la ville fut de nouveau interdite aux juifs, et les églises furent reconstruites. Mais Byzance et la Perse s'étaient épuisées, matériellement et spirituellement, dans ce conflit.

En 632 apparurent sur la scène des conquérants aux forces neuves, les Arabes, récemment unifiés par le message de Mahomet, qui se réclamait à la fois d'Abraham et de Jésus. En 638, le calife Umar Ier se présenta devant Jérusalem : le patriarche Sophronius opta pour une reddition sans combat, garantie par la présence du pacificateur. Umar Ier promulgua alors un édit de tolérance à l'égard des « gens du Livre ». Les chrétiens demeurèrent dans la ville, et des juifs purent commencer à venir s'y installer.

5. La Jérusalem musulmane (638-1099)

Jérusalem fit alors partie du « djund Filastin », dont Lod puis Ramla furent la capitale. La ville, restée en majorité chrétienne, garda le nom de Iliya (Aelia), remplacé plus tard par celui de Bait al-Maqdis (« le Sanctuaire »), simplifié en Al-Quds (« la Sainte »), quatrième cité sainte de l'islam après La Mecque, Médine et Damas.

Sur l'esplanade du Temple, qui prend le nom de Haram al-Charif et où, selon la croyance musulmane, doit se dérouler le jugement dernier, Umar ne fit dresser qu'une minuscule mosquée de bois, semblable à celles des premiers disciples du prophète.

Mais le calife Abd al-Malik (685-705), mû par de nouvelles conceptions, résolut de faire de Jérusalem un centre de pèlerinage islamique comparable à La Mecque et entreprit la construction de la Coupole du Rocher. Si l'on considère le tracé de la Coupole, un cercle – flanqué de deux octogones – qui symbolise le centre du monde avec des continents et les océans à son pourtour, on peut supposer que le calife Abd al-Malik voulut reprendre à son compte les traditions juive et chrétienne sur le rôle de la ville « nombril du monde ». L'esplanade retrouva son rôle biblique d'enceinte sacrée, le plan de la Coupole, unique dans l'architecture musulmane, fut emprunté aux basiliques byzantines, tandis que les citations coraniques de caractère polémique qui y sont inscrites manifestent le dessein d'assumer et de supplanter le judaïsme et le christianisme.

À côté de la Coupole promue lieu de pèlerinage, une mosquée fut bâtie sur le versant sud de la montagne du Temple afin de servir de maison de prière. La tradition musulmane identifia par la suite cet édifice avec la « mosquée la lointaine » (al-Aqsa), où Mahomet eut son « ascension nocturne » (surate XII, 1). Plusieurs fois endommagée par les tremblements de terre, la mosquée al-Aqsa a été remaniée à de nombreuses reprises.

La dynastie des Omeyyades (de 661 à 750) respecta la politique de tolérance instaurée par Umar. Mais avec la prise de pouvoir des califes abbassides, juifs et chrétiens subirent un certain nombre de préjudices. C'est pourtant à cette époque que le Sanhédrin recommença de se réunir.

Les chrétiens de Jérusalem durent chercher appui à l'extérieur. Au ixe siècle, après un accord avec le calife Harun al-Rachid, l’empereur Charlemagne leur apporta son aide. Mais l'alliance entre l'islam et l'Empire carolingien ne durera pas au-delà du xe siècle. L'empereur byzantin Nicéphore Phokas en profita pour faire une incursion jusqu'à Jérusalem, qui provoqua la chute de la ville aux mains des Fatimides d'Égypte (969).

En 996, le calife Hakim instaura une politique d'élimination des chrétiens et fit détruire le Saint-Sépulcre. Au xie siècle, malgré un accord momentané pour la reconstruction des églises entre le calife al-Mustansir Bi-llah et l'empereur Constantin IX Monomaque (1048), la situation s'aggrava de nouveau. En 1077, les Turcs Seldjoukides entrèrent dans la ville, y semant la désolation. Les pèlerinages cessèrent. Les académies rabbiniques se replièrent sur Tyr. Les chrétiens s'enfuirent. Cette situation désastreuse déclencha la réaction des croisades.

6. Le royaume latin de Jérusalem (1099-1187 et 1229-1244)

Les chrétiens croisés mirent vingt années pour atteindre leur objectif : la prise de Jérusalem (15 juillet 1099). Au lieu de se porter seulement contre les oppresseurs turcs pour en délivrer la ville, les croisés se livrèrent à un massacre tant des juifs que des musulmans. Tandis que le pays conquis était partagé en trois principautés (→ Antioche, Édesse, Tripoli), Jérusalem, en tant que cité du Christ, fut d'abord laissée à part avec le titre de simple avouerie et confiée à Godefroi de Bouillon.

La courte présence des Francs marqua profondément le visage de Jérusalem. Le Saint-Sépulcre fut rebâti, de nombreuses églises de style roman furent édifiées. Un chemin de croix avait été inauguré sur la Via dolorosa. La spiritualité franciscaine, orientée vers l'humanité du Christ, s'explique pour beaucoup par l'influence de la Terre sainte. C'est aussi à cette époque que s'est implanté en Palestine un patriarcat latin qui est venu doubler les juridictions chrétiennes existantes et qui a perduré depuis lors.

Pour en savoir plus, voir les articles États latins du Levant, royaume latin de Jérusalem,

7. L'occupation mamelouke (1260-1517)

Après une occupation mongole (1244-1260), les Mamelouks d'Égypte rétablirent l'ordre à Jérusalem. Un accord fut signé avec les Francs d'Acre. Les chrétiens restés à Jérusalem durent s'accommoder d'un régime de partage des sanctuaires entre les diverses communautés et d'une simple protection étrangère, première étape d'un statu quo des Lieux saints qui dure encore aujourd'hui. Des pèlerinages purent être organisés sous l'égide des Vénitiens.

C'est à cette époque que Jérusalem devint, pour la première fois, une ville à prédominance musulmane et fut dotée d'un rôle administratif véritable. En 1267, le philologue juif Nahmanides vint de France réorganiser la communauté juive ; il établit à Jérusalem une synagogue et une école séfarade dont la célébrité s'étendra jusqu'au xvie siècle.

En 1390, avec l'arrivée des immigrants allemands, une école ashkénaze fut également fondée par Isaac Ha Levi. Par la collecte de la haloukah, destinée aux habitants de Jérusalem, par la venue de savants renommés comme Élie de Ferrare (1437), le contact sera maintenu sans cesse, pendant toute cette période, entre la communauté juive de Jérusalem et celles de l'Europe.

8. L'occupation ottomane (1517-1917)

Le 30 décembre 1516, Selim Ier fit son entrée à Jérusalem. Son fils Soliman II, dit le Magnifique (1520-1566), pourvut la ville d'aqueducs, de portes et de murs, tels qu'on peut les voir aujourd'hui, et donna à la vieille cité l'aspect qu'elle a gardé pendant quatre siècles. Soliman signa en outre avec François Ier des capitulations qui accordaient à la France, à côté de certains avantages politiques, la protection des chrétiens. Mais la prospérité conférée par Soliman à Jérusalem ne dura pas.

Après sa mort, la ville entra dans son déclin ; les pèlerinages latins se raréfièrent et la communauté grecque orthodoxe, dont les sujets étaient ottomans, acquit une position plus forte dans les Lieux saints. En 1555, l’empereur Charles Quint obtint de reconstruire la chapelle du Saint-Sépulcre, qui devint ainsi propriété latine. Un conflit déclaré s'installa alors entre Grecs et Latins, qu'accrut encore la réunion des patriarcats latins de Jérusalem et de Constantinople sous une seule autorité.

Au début du xviie siècle, la Russie tsariste donna aux orthodoxes de Géorgie les moyens d'acquérir des droits à Jérusalem. Ainsi fut inaugurée une concurrence pour la possession des Lieux saints ; la puissance ottomane, attachée à faire régner l'ordre, entérina la situation.

Aux xviie et xviiie siècles, l'influence de la communauté juive de Turquie, en majorité originaire d'Espagne, et le développement des cercles mystiques de Safad et de Tibériade permirent un renouveau de la vie juive à Jérusalem. Quand surgit le faux messie Sabbatai Zevi (1626-1676), il y eut même un véritable mouvement de migration vers la cité sainte.

Après les massacres de 1648 et 1656, les juifs de Russie et de Pologne vinrent nombreux en Palestine. En 1700, le rabbi Juda Hehassid, un disciple de Sabbatai Zevi, se mit en route avec 1 500 personnes ; il acquit à Jérusalem le terrain de la synagogue de Nahmanide, la transforma, et elle devint la célèbre « Hourva ». En 1721, les Arabes brûlèrent la Hourva avec ses quarante rouleaux de la Torah ; il n'y eut plus alors que la synagogue ashkénaze ; la Hourva fut reconstruite en 1743. En 1777, le rabbi hassidique Menahem Mendel de Vitebsk s'établit à Jérusalem avec trois cents disciples.

La campagne de Bonaparte, conduite sous le signe de la liberté des peuples, fut le signe d'un changement de situation. Bien que l'armée française ne pût atteindre Jérusalem, l'influence européenne ne tarda pas à se manifester par la création d'écoles, d'hôpitaux et d'instituts de recherches archéologiques. La présence des Latins s'accrut alors fortement à Jérusalem.

Vers 1850, une nouvelle puissance, la Russie, vers laquelle se tournaient naturellement les orthodoxes, fit son entrée en scène. C'est alors que le Sultan publia un firman fixant le statu quo des Lieux saints (1852). Malgré une tentative de Napoléon III pour dissocier le problème des Lieux saints de celui des détroits, principal objet des convoitises russes, l'affaire déclencha néanmoins la guerre de Crimée. D'autres intérêts, tant politiques que religieux, conduisirent à la fondation d'un évêché anglican (1841), d'une église luthérienne (1898) et de nombreux instituts scientifiques.

Dans la seconde moitié du xixe siècle, la situation de plus en plus précaire des communautés juives dans l'empire tsariste amena un réveil national et la formation de divers mouvements (Amants de Sion, groupe « Bilou », etc.), d'inspiration sioniste. Des colonies de juifs originaires d'Europe orientale commencèrent à s'installer sur la côte dans la région de Jaffa, puis en Galilée. À ce moment, les haloutsim juifs s'unirent aux éléments avancés de la population arabe pour obtenir le départ des Turcs. Quand, en 1917, le général anglais Allenby fit son entrée dans Jérusalem, une légion juive se trouva parmi ses troupes aux côtés de contingents arabes. Au même moment, le Royaume-Uni, par la déclaration Balfour (2 novembre 1917), prit la décision de favoriser la reconstitution d'un Foyer national juif en Palestine. La Société des Nations confiant en 1922 au Royaume-Uni le mandat sur la Palestine, ratifia implicitement ce projet.

9. La période du mandat britannique (1922-1947)

À partir de 1918, des quartiers modernes – Talpiyot, Rehavia, Beit-Hakerem – virent le jour à l'ouest et au sud de la vieille ville, contrastant avec le centre de Mea Shearim et avec celui des Boukhariens, au nord. Cette implantation juive accrue provoqua des réactions arabes, qui éclatèrent à Jérusalem en 1920 et 1928. Le haut-commissaire britannique Herbert Samuel freina l'immigration juive et nomma au poste de grand mufti de Jérusalem l'intransigeant Hadjdj Amin al-Husayni. La montée du nazisme (1933) et la multiplication des réfugiés juifs d'Europe centrale n'infléchirent pas la politique britannique, qui, faute de mieux, commença à s'orienter vers un partage du pays, Jérusalem devant se trouver sur la ligne frontière, à titre de ville ouverte.

Au lendemain du conflit mondial, le Royaume-Uni voulant limiter l'entrée en Palestine des nombreux rescapés juifs des camps hitlériens (affaire de l'Exodus), et les revendications arabes devenant plus vives, la tension contre le gouvernement anglais monta rapidement des deux côtés. Le 22 juillet 1946, l'Irgoun, organisation juive clandestine, fit sauter une aile de l'hôtel du roi David, siège de l'administration britannique. Ce fut le signal du conflit.

Les Nations unies, appelées par les Britanniques à intervenir, nommèrent une commission qui préconisa le partage de la Palestine et l'internationalisation de Jérusalem. L'Assemblée des Nations unies vota le projet (29 novembre 1947). La résolution fut acceptée par les Juifs et rejetée par les États arabes, qui s'y opposèrent aussitôt par la force. La ville fut le centre de durs combats.

10. Jérusalem et l'État d'Israël

Le 14 mai 1948, le Royaume-Uni mit fin à son mandat. L'État d'Israël, proclamé le jour même 5 iyyar 5708 (14 mai 1948), et reconnu au cours des semaines suivantes par les grandes puissances, garda la nouvelle ville, tandis que la Transjordanie annexait le reste de la Palestine avec la vieille ville de Jérusalem (28 mai 1948). Dans la zone israélienne, l'implantation juive fut aussitôt intensifiée, et le gouvernement ne tarda pas à transférer à Jérusalem plusieurs ministères de l'État d'Israël.

Lors de la « guerre des six jours » (→ guerres israélo-arabes, 5-10 juin 1967), la vieille ville de Jérusalem tomba, presque intacte, aux mains des troupes israéliennes. La ville fut aussitôt réunifiée et administrée comme partie intégrante de son territoire par Israël. Cette annexion de facto fut officiellement entérinée lorsque le Parlement israélien adopta, le 30 juillet 1980, une loi fondamentale proclamant « Jérusalem réunifiée capitale éternelle d'Israël ».

Depuis le début du processus de paix (1991), le futur statut de Jérusalem constitue l'une des pierres d'achoppement majeures entre Israéliens et Palestiniens pour parvenir à un règlement de paix définitif.)

Pour en savoir plus, voir les articles Israël : histoire, Palestine, Orient arabe, Question palestinienne.

L'ARCHÉOLOGIE ET L'ART À JÉRUSALEM

L'époque judaïque

Ce n'est que sous le fils et successeur de David, Salomon (vers 970-931 avant J.-C.), que Jérusalem se couvre de monuments et devient une capitale royale qui cherche à rivaliser avec les grandes cités de l'Orient. Selon les livres bibliques, la plus grande gloire de Salomon fut la construction du Temple. Pour une si vaste entreprise, il fit appel à son voisin et allié, le roi de Tyr Hiram Ier, qui lui fournit le bois des cèdres du Liban et la pierre. On ne connaît ce Temple que par ce qu'en rapportent le livre des Rois et les Chroniques, et on a longtemps discuté pour savoir quelle influence avait subi la construction : égyptienne, philistine, néo-hittite, assyrienne. Selon T. A. Busink, le type du Temple serait phénicien avec entrée à colonnade, plan à disposition axiale et adyton d'origine israélite ; les sanctuaires phéniciens exhumés à Hazor en 1959 et à Arad en 1963 pourraient nous donner une idée de sa disposition. Selon le livre des Chroniques, le Temple mesurait 30 m de long, 10 m de large et 13 m de hauteur. L'or et le bronze y abondaient, ciselés et fondus par des artisans phéniciens dirigés par l'orfèvre tyrien Hiram. Près du Temple, Salomon se fit aussi ériger un palais somptueux. Afin de protéger ces nouvelles constructions, l'enceinte primitive fut étendue vers le nord, tandis que la ville s'étendait à l'ouest, par-delà le Tyropœon, en direction de la vallée de Hinnom (la Géhenne).

Après la mort de Salomon et la scission du royaume, Jérusalem resta la capitale de l'État de Juda, mais les vicissitudes de son histoire ne favorisèrent pas l'essor de la ville. Devant la menace assyrienne, Ozias (781-740 avant J.-C.), Joatham (740-736 avant J.-C.) et Manassé (687-642 avant J.-C.) relèvent ou renforcent les murailles, tandis qu'Ézéchias (716-687 avant J.-C.) fait creuser un canal de 550 m pour amener dans la piscine de Siloé les eaux de la source de Gihon. Mais, en 587 avant J.-C., c'est la prise de la ville par Nabuchodonosor, le démantèlement de ses murs, la destruction du Palais et du Temple. Après 538 avant J.-C., la ville est lentement rebâtie. Le second Temple est dédicacé en 515 avant J.-C., et Néhémie, « gouverneur » sous la souveraineté perse, relève une partie des murs (entre 445 et 433 avant J.-C.) : cette enceinte aurait mesuré 2 600 m.

L'époque grecque et romaine

En 167 avant J.-C., Antiochos IV Épiphane met la ville à sac, construit face au Temple une citadelle, l'Acra, et installe dans le Temple un autel dédié à Zeus. En réaction à cette profanation, Judas Maccabée soulève les Juifs et s'empare du Temple (164 avant J.-C.) et de la ville basse, où il se retranche. Ce n'est qu'en 141 avant J.-C. que Simon Maccabée se rend maître de l'Acra et que la cité redevient capitale de la nouvelle dynastie asmonéenne. Un nouveau palais est érigé, un pont est construit reliant le Temple à la ville haute, les murailles sont renforcées et étendues. La ville connaît alors un siècle de prospérité et d'indépendance, jusqu'à sa prise par les forces romaines de Pompée en 63 avant J.-C.

Le roi de Judée Hérode (37-4 avant J.-C.) inaugure une politique d'urbanisation qui fait de lui l'égal de Salomon. Il reconstruit somptueusement le Temple et en étend l'esplanade, qu'il enferme dans une enceinte, élève la forteresse Antonia, ainsi nommée en l'honneur de Marc Antoine, se fait bâtir un palais flanqué de trois tours et protégé par un rempart ; il construit encore un Sénat, un théâtre et un amphithéâtre et fait enfermer dans une seconde muraille le haut Tyropœon, où étaient installés les commerces. Les fouilles de K. M. Kenyon ont révélé que l'enceinte hérodienne n'enfermait pas encore le Saint-Sépulcre et le Golgotha. Ce n'est que son petit-fils, Agrippa Ier (37-44 après J.-C.), qui inclut le Golgotha dans une troisième enceinte, celle-ci protégeant aussi la « nouvelle ville » (Kainepolis).

Après la révolte juive de 132-134, Jérusalem est complètement rasée par l’empereur Hadrien, qui reconstruit sur son site Aelia Capitolina selon le plan classique romain, avec decumanus et cardo partageant la ville en quatre quartiers : l'actuelle vieille ville a conservé ce plan régulier. Le Capitole est construit vers la hauteur du Golgotha et on élève forum, temples, thermes, théâtre et stade à la mode romaine. Des portes sont érigées sur les voies d'accès : de celles-ci subsiste l'arc dit « de l'Ecce Homo », dont une arcade est insérée dans le chœur de l'actuelle basilique des Dames de Sion ; c'est là un des rares vestiges de la ville romaine.

Après le triomphe du christianisme, au ive s., l’empereur Constantin fait détruire le Capitole, élève des édifices sur le Calvaire et le Saint-Sépulcre et une basilique sur le mont des Oliviers. Cet effort de construction se poursuit avec l'impératrice Eudoxie et le patriarche Juvénal au ve s., puis avec Justinien au siècle suivant. La prospérité de la ville est soudainement arrêtée par l'incursion des Perses, en 614 ; en 638, elle tombe au pouvoir du calife 'Umar Ier et devient une cité musulmane.

De l'époque byzantine, il subsiste encore la crypte de l'église Saint-Jean-Baptiste (vers 450), la chapelle Saint-Georges, l'église Saint-Étienne. Cependant, la relique la plus célèbre de la Jérusalem antique reste le « mur des Lamentations ». Haut de 15 à 17 m, constitué par de puissants blocs de pierre soigneusement équarris, il constituait le soubassement de l'esplanade du Temple d'Hérode et représente tout ce qui reste de la demeure sacrée de Yahvé.

La Jérusalem musulmane

Introduction

C'est à deux monuments anciens que Jérusalem doit d'occuper une place essentielle dans l'histoire des arts islamiques : la Coupole du Rocher et la mosquée al-Aqsa, construits l'un et l'autre sur l'esplanade de l'ancien Temple de Salomon. Voisine de la Coupole du Rocher, la Coupole de la Chaîne (Qubbat al-Silsila), petit édifice polygonal à onze côtés, avec arcs en plein cintre reposant sur des colonnes antiques ou byzantines, en est aujourd'hui une annexe ; mais, construite un peu antérieurement, elle a pu l'inspirer.

La Coupole du Rocher

Néanmoins, on considère à juste titre que la Coupole du Rocher (Qubbat al-Sakhra), faussement nommée mosquée d'Omar (ou d'Umar) [alors que ce n'est pas une mosquée et qu'aucun lien ne la rattache au célèbre calife], est le plus ancien monument de l'islam. Ce sanctuaire tout à fait singulier a été mis en chantier en 688 et achevé en 691 pour recouvrir un rocher éminemment sacré aux yeux des musulmans et répondre aux exigences du pèlerinage (circumambulations rituelles). Admirable de proportion et d'équilibre, il se dresse sur une plate-forme que bordent de grandes arcades à quatre baies, sortes d'arcs de triomphe. C'est un octogone régulier de 20,60 m de côté, haut de 9,50 m (non compris le parapet), que surmonte un dôme doré portant sur un tambour percé de multiples fenêtres. On y accède par quatre portes disposées aux quatre points cardinaux. Un double déambulatoire, formé de piles et de colonnes alternées, disposées en quinconce et offrant de belles perspectives, entoure le roc central. Le décor, d'une rare harmonie, comporte, outre de remarquables pièces en bronze (aux portes, aux tirants, aux poutres), de grandes plaques de marbre à l'extérieur, dans les parties basses, et un revêtement de mosaïques en pâtes de verre dues à des artistes syriens formés aux techniques byzantines, mais ayant soumis leur art aux impératifs de la nouvelle religion. Malgré diverses restaurations, et en particulier celles de Soliman le Magnifique au xvie s., qui fit réaménager les portes et remplacer, sur la façade, les mosaïques par des faïences, au reste de grande qualité, la parure primitive reste en place sur le tambour et dans la plupart des parties intérieures de l'édifice.

La mosquée al-Aqsa

Construite à peu près en même temps que la Coupole du Rocher, la mosquée al-Aqsa semble avoir subi au cours des temps de nombreux remaniements, dont on discute et qui rendent son histoire imprécise. Selon K. A. C. Creswell, l'essentiel de l'ordonnance daterait du xie s. Selon d'autres, la magnifique coupole, le transept, maintes parties du décor seraient d'époque omeyyade. Tel qu'il s'offre à nous, ce grand sanctuaire présente un plan assez particulier qui n'est pas sans rappeler celui des basiliques chrétiennes : la nef centrale, très large, bordée d'arcs sur colonnes, est flanquée à droite et à gauche d'un double bas-côté moins élevé. Cependant, trois nefs parallèles au mur du fond l'apparentent à la mosquée de Damas. La façade, de grande pureté, est d'un sobre classicisme. À l'intérieur, un beau minbar d'Alep (1168) a été mis en place par Saladin.

La Jérusalem latine

Après la première croisade (xie s.), un vigoureux rameau d'art occidental s'insère dans le Proche-Orient islamique. Malgré les destructions, Jérusalem garde encore de cette époque des monuments faits avec une technique aussi parfaite qu'en Bourgogne ou en Provence : le « Tombeau de Marie », l'église Sainte-Anne et des éléments des trois églises du wSaint-Sépulcre. Si les reliefs ont particulièrement souffert de l'iconoclasme musulman, on peut encore juger de leur qualité à la façade du Saint-Sépulcre, proche par le sujet des frises provençales (Entrée du Christ à Jérusalem) ou italiennes (tympan du porche du Calvaire). Le patriarcat grec de la ville conserve les plus beaux chapiteaux historiés de l'Orient latin (certains proviennent de Nazareth).

La ville moderne

La ville moderne de Jérusalem compte d'intéressants édifices, parmi lesquels le centre médical du mont Scopus, par E. Mendelsohn (1937), le Musée national d'Israël, par A. Mansfeld et D. Gad (1965), avec le « sanctuaire » des manuscrits de la mer Morte, par F. Kiesler.