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Arabes

Désert de Rub al-Khali
Désert de Rub al-Khali

Nom donné aux peuples de langue ou de culture arabe.

Dès le ixe siècle avant J.-C., des textes assyro-babyloniens et hébraïques mentionnent sous le nom d'Arabes des populations parlant une langue sémitique et venant périodiquement du désert arabique vers la région syro-mésopotamienne. Puis ce nom est donné à toutes les tribus nomades de la péninsule Arabique, et, à partir de l'expansion du viie siècle de notre ère, il désigne les peuples qui adoptent cette langue.

Aujourd’hui, la population arabe répartie à travers le monde est évaluée à environ 485 millions de personnes, chiffre incluant d'importantes communautés berbères, nilotiques, kurdes, plus ou moins arabisées. Si la majorité des Arabes sont musulmans, certains sont de confession chrétienne ou juive.

1. Les Arabes avant l'avènement de l'islam

1.1. Les fondements de la société arabe

Historiquement, l'intérieur de la péninsule Arabique est une zone désertique, parcourue essentiellement par des tribus de pasteurs nomades chameliers, les Bédouins, tandis que les oasis, situées sur le pourtour, notamment celle de Chibam dans le mythique et verdoyant Hadramaout, deviennent le domaine des peuples sédentaires. Sédentaires et nomades vivent en complémentarité : en échange de produits agricoles et artisanaux, les Bédouins assurent la protection des sédentaires contre les razzias d'autres tribus nomades. Ils se chargent aussi de la protection des caravanes en provenance de l'océan Indien ou de l'Arabie du Sud, qui se dirigent vers la région du Croissant fertile.

À partir du Ier millénaire avant J.-C., une civilisation urbaine se développe et des royaumes arabes se constituent à la périphérie de la péninsule Arabique. Les plus célèbres sont les royaumes sabéens, dont la capitale était Marib. Les fouilles archéologiques ont révélé l'existence d'une civilisation urbaine très évoluée, avec un niveau assez élevé d'organisation politique, un développement du culte dans des temples nombreux et riches, contrastant avec le mode de vie des Bédouins du reste de la péninsule.

1.2. Une situation stratégique

Durant les derniers siècles de l'Empire romain, des royaumes d'origine arabe se développent en Palestine. Pétra (aujourd'hui en Jordanie), capitale du royaume des Nabatéens, est un important centre caravanier et une riche cité commerçante ; la seconde ville, Bostra (aujourd'hui Bosra), devient en 106 de notre ère la capitale de la province romaine d'Arabie. Au iiie s., durant le règne de Zénobie, Palmyre, étape caravanière située plus au nord, est une grande puissance politique et commerciale.

L'Arabie est donc beaucoup moins fermée que ne le laisse croire son caractère désertique. Dès la plus haute Antiquité, des contacts se sont noués entre les grands empires sédentaires du Croissant fertile et les habitants de la péninsule. Des Arabes, qu'ils soient marchands, pasteurs à la recherche de pâturages, nomades en quête de razzias ou auxiliaires à la solde d'une puissance impériale, pénètrent en Mésopotamie et en Syrie, et parfois s'y établissent. Ce fait important explique en grande partie la rapidité et le succès des conquêtes qui ont suivi la naissance de l'islam.

1.3. La tradition sémitique

Par leur langue comme par leurs croyances religieuses, les Arabes font partie du monde sémitique. Les langues de la péninsule arabique se divisent en trois ensembles : araméen sur les franges septentrionales, à Pétra, à Bostra et à Palmyre ; dialectes arabes divers dans la péninsule ; sudarabique dans la partie méridionale.

Le panthéon arabe s'enrichit de divinités et de cultes d'origine étrangère. Mais le polythéisme et les pratiques cultuelles restent très proches des anciennes traditions sémitiques, comme celle du culte des bétyles, ces pierres dressées symbolisant des divinités, comme c’est le cas de la Pierre noire à La Mecque avant même qu'y apparaisse l'islam.

Les valeurs qui dominent ce monde de l'Arabie préislamique sont liées à la vie rude et âpre du désert : l'honneur de la tribu, la défense et la perpétuation du groupe, la solidarité et l'hospitalité, l'exaltation de la guerre.

2. Les Arabes et l'expansion de l’islam

2.1. L’adhésion au monothéisme

Selon les Écritures sacrées (→ Coran et Bible), les Arabes, comme les Hébreux et les Araméens, descendent du fils aîné de Noé, Sem(d'où vient le mot sémite). Certaines tribus d’Arabie sont plus directement issues du premier fils du patriarche Abraham (Ibrahim en arabe) : Ismaël. Toutefois, dans leur grande majorité, les Arabes n’adhèrent pas au monothéisme judaïque ou chrétien. Ils demeurent fidèles au polythéisme de leurs ancêtres.

La situation change avec la prédication de Mahomet au début du viie siècle de notre ère. À sa mort, en 632, le Prophète a rallié la plupart des tribus arabes à l'islam. Il a jeté les bases d'une communauté (umma) régie par les lois de Dieu (Allah en arabe), unique et transcendant. Vingt ans plus tard, l’islam s'étend sur toute la péninsule Arabique, la Palestine et la Syrie, l'Égypte et la Libye, la Mésopotamie, ainsi que sur une partie importante de l'Arménie et de la Perse. Les califats successifs – califat patriarcal (632-661), califat omeyyade (661-750), califat abbasside (750-1258) – assoient la doctrine islamique au cœur des territoires conquis, s’étalant désormais de la péninsule Ibérique à la péninsule indienne.

2.2. Une religion universelle : musulmans arabes et non-arabes

Cependant, l'assimilation entre Arabes musulmans et autres peuples convertis à l’islam ne se fait pas sans heurts, ces derniers (mawali) revendiquant l’égalité avec les musulmans de souche arabe. Ce sont les califes abbassides qui vont accepter l'égalité de tous les musulmans ; désormais, les privilèges ne sont plus fondés sur le droit du sang, mais reposent sur les services rendus à l'islam et à son empire. C’est ainsi que progressivement se confondent (plus ou moins selon les régions) culture et langue arabes avec confession islamique.

D’ailleurs, pour la majorité, les États musulmans postérieurs ne sont plus arabes : c’est par exemple le cas des Almoravides et des Almohades au Maghreb, et celui des Seldjoukides, des Mongols et des Ottomans en Orient. À partir du xvie siècle de nombreuses régions arabes (originelles ou issues de l’arabisation) sont la sous domination des Turco-ottomans musulmans, qui se sont construit un vaste empire méditerranéen : l’Empire ottoman.

Pour en savoir plus, voir l'article Orient arabe.