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chiisme

Courant de l'islam né, au viie s. de notre ère, du schisme des partisans d'Ali à propos de la désignation du successeur du Prophète.

Rameau minoritaire de l'islam, le chiisme se compose de l'ensemble des communautés qui estiment que la succession du Prophète (le califat) aurait dû revenir aux seuls Alides, c’est-à-dire à Ali (cousin et gendre du Mahomet) et à sa descendance. Représentant environ 10 % des musulmans dans le monde, le chiisme se subdivise en nombreuses obédiences : duodécimains (dits aussi imamites), ismaéliens (dits aussi septimains), zaydites, etc.

La succession de Mahomet

La question du califat

Les chiites se définissent comme le chi'at 'Ali (le « parti de Ali »), gendre de Mahomet par son épouse Fatima, qui a été le quatrième calife (« successeur » [du Prophète]), de 656 à 661, à la suite de Abu Bakr, Umar et Uthman.

De fait, la succession de Mahomet, et donc l'accession au califat, a été le premier point de discorde au sein de la communauté musulmane (la umma). Si la majorité de la communauté (définie plus tard comme relevant du sunnisme) reconnaît toute la lignée des premiers successeurs de Mahomet – c’est-à-dire les quatre califes dits « Bien Dirigés » (Abu Bakr, Umar, Uthman et Ali) –, les partisans de Ali quant à eux n'admettent pas les trois premiers califes (ni les dynasties suivantes), et considèrent que le califat ne peut légitimement revenir qu'à Ali et à sa descendance.

Les grands martyrs chiites

Deux événements vont consacrer la rupture définitive entre chiites et sunnites : la déposition de Hasan, fils de Ali, par Muawiya Ier (fondateur de la dynastie sunnite des Omeyyades, dont le pouvoir est nié par les chiites) ; puis le meurtre de Husayn, autre fils d'Ali, assassiné en 680 par les Omeyyades à Karbala (devenue de ce fait une des villes saintes du chiisme).

Lors de la fête annuelle d'Achoura qui commémore le martyre de Karbala, les chiites revivent, en se flagellant jusqu'au sang, les souffrances de Hasan et de Husayn. Ils se rendent aussi en pèlerinage sur la tombe de Ali à Nadjaf ou encore à Kazimayn, où se trouvent les tombeaux de deux imams martyrs.

La doctrine de l'imamat

Les chiites attribuent à Ali une sainteté éminente et un rôle quasi égal à celui du Prophète, lui conférant un droit absolu à la direction spirituelle de la communauté, ainsi qu'à ses descendants en ligne directe : les imams, choisis selon un principe héréditaire. Les deuxième et troisième imams du chiisme sont donc les deux fils martyrs de Ali : Hasan et Husayn.

Si les sunnites accordent comme seule fonction aux imams la direction de la prière commune, dans la conception chiite de l'imamat, l'imam est ainsi considéré comme l'unique source de toute autorité spirituelle et temporelle ; il est jugé infaillible.

Ce point de vue s'est imposé surtout en Perse (Iran), où il correspond probablement à des traditions antérieures, et où le chiisme est devenu religion d'État avec l'implantation de la dynastie séfévide à partir du xvie s. Fait exceptionnel dans l'islam, les ayatollahs iraniens se sont constitués en un véritable clergé (notion étrangère dans l'islam sunnite). Dirigé par les docteurs de la Loi, ce clergé s'est doté d'une grande autonomie politique et économique. Aux yeux des chiites, le pouvoir constitué n'a aucune légitimité, car celle-ci ne sera accordée qu'au seul « imam caché », le mahdi, dont ils attendent le retour et qui assurera le triomphe de la vérité.

L'imam caché étant considéré comme le seul souverain légitime de la communauté, les chiites ont adopté diverses attitudes politiques passives ou d'opposition envers le pouvoir temporel.

Les principales obédiences chiites

Le chiisme se divise en autant d'obédiences qu'il y a d'imams « reconnus » ; on en dénombre une soixantaine.

La majorité des chiites sont dits duodécimains, ou imamites, car ils reconnaissent l'autorité de douze imams (Ali et onze successeurs) comme celle de véritables guides inspirés par un décret d'origine divine rendu en faveur de la descendance de Ali. Le douzième et dernier imam, Muhammad al-Mahdi, ne serait pas mort mais aurait été « occulté » (c'est-à-dire qu'il aurait mystérieusement disparu) au ixe-xe s. Vivant dans un monde invisible, l'« imam caché » (le mahdi) doit revenir un jour définitivement parmi les hommes pour faire régner la justice. Cette dimension messianique du chiisme, avec sa mystique de la souffrance salvatrice, a été entretenue par le nombre important d'imams assassinés, ce qui a donné naissance à une importante martyrologie. Le chiisme duodécimain est la religion d'État en Iran ; d'importantes communautés chiites vivent également en Iraq et au Liban.

Dans le zaydisme, implanté au Yémen, les croyants ne reconnaissent que cinq imams.

Une autre obédience importante du chiisme est l’ismaélisme, implanté au Proche-Orient, en Inde et en Afrique orientale. Les ismaéliens, également appelés septimains, ne reconnaissent que sept imams. Considérés comme des extrémistes par les sunnites, les ismaéliens ont persécuté ces derniers au cours de l’histoire, ce qui leur a valu en retour de violentes répressions. Ils ont fondé les dynasties des Fatimides en Afrique du Nord et en Égypte (xe-xiie s.), ainsi que la secte des Qarmates (xe s.), qui survit à Bahreïn et au Yémen. Les sectes des Druzes, des haschischins et des Alawites sont également issues de l’ismaélisme.