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orthodoxie

École de Novgorod, l'Annonciation
École de Novgorod, l'Annonciation

Ensemble des doctrines des Églises orthodoxes.

Descendant directement des premières communautés chrétiennes fondées par les apôtres de Jésus dans les provinces orientales de l'Empire romain, l'Église orthodoxe est l'une des trois expressions majeures du christianisme, aux côtés de l'Église catholique romaine et des Églises protestantes issues de la Réforme.

L'orthodoxie (la « foi droite ») rejette l'autorité de Rome depuis le schisme de 1054, et chacune de ses entités se caractérise par une organisation locale indépendante et par des structures de type collégial. Sa règle de foi est celle des sept conciles œcuméniques qui se sont réunis en Orient pendant le premier millénaire pour préciser et préserver le mystère du Christ.

L’Église orthodoxe au sein du christianisme

L’Église primitive universelle

Au ve s. sont mis en place les cinq (premiers) patriarcats du monde chrétien : ce pouvoir a d’abord été conféré aux évêques de Rome, d’Antioche et d’Alexandrie (concile de Nicée, 325), auxquels se sont adjoints ceux de Constantinople (concile de Constantinople, 381) et de Jérusalem (concile de Chalcédoine, 451).

Le concile de Chalcédoine reconnaît également une primauté de l’évêque de Rome sur les autres diocèses épiscopaux. Or, si les chrétiens d’Occident interprètent cette primauté comme la résultante de l’apostolicité de Rome (héritière de l’Église fondée par l’apôtre Pierre) qui fait de son évêque le chef de l’Église universelle (« catholique »), les chrétiens d’Orient le désignent alors pour leur part seulement comme « le premier parmi les patriarches », primus inter pares. Cette différence de vues, fondamentale, a été à l'origine de nombreux incidents et d'une grave incompréhension entre les deux courants, orthodoxe et catholique.

Le schisme avec les chrétiens d’Occident

Si l’on identifie l’année 1054 comme celle de la rupture définitive entre Orient et Occident (grand schisme d'Orient), le schisme s’est de fait produit progressivement, au terme d’une accumulation de divergences théologiques (relatives à la procession du Saint-Esprit, à l'épiscopat, à la primauté de Rome et aux usages liturgiques).

Le sac de Constantinople, perpétré durant la quatrième croisade, en 1204, ne fait qu'intensifier l'hostilité de l'Église orientale à l'égard de l'Église d'Occident, malgré les tentatives de rapprochement de part et d'autre. Au concile de Lyon II (1274), l'empereur d'Orient Michel VIII Paléologue fait signer, par calcul politique, une motion reconnaissant la primauté romaine, dont on ne tient compte que durant huit ans. Le concile de Florence (1438-1439) proclame l'union des Églises, mais les communautés orthodoxes ne répondent pas favorablement à cette initiative. En 1453, les Turcs ottomans s'emparent de Constantinople et l'Église byzantine est asservie par l'Empire ottoman.

Le fossé ne cesse de se creuser entre l'Orient et l'Occident après le concile Vatican I (1869-1870), au cours duquel l'infaillibilité du pape est définie. Ce n'est qu'à partir du concile Vatican II (1962-1965) que s'esquisse une nouvelle tendance au rapprochement : en 1964, le patriarche Athênagoras et le pape Paul VI décident de lever les anathèmes réciproques lancés en 1054. En mai 2001, le pape Jean-Paul II, lors d'une rencontre à Athènes avec le patriarche Christodoulos – la première entre les deux Églises depuis le schisme de 1054 – demande pardon pour les torts du catholicisme romain à l'égard de l'Église grecque.

Les principales entités de l'Église orthodoxe

Depuis la séparation du xie s., l'orthodoxie reconnaît comme primat d'honneur le patriarche de Constantinople. La primauté universelle doit être une « présidence à l'amour », un service de la communion des Églises sœurs, avec des prérogatives d'initiative, de présidence et d'appel, mais toujours au sein de la collégialité. Aussi, les patriarcats et les Églises autocéphales orthodoxes ne reconnaissent-ils pas de centre d'autorité mais adhèrent au Conseil œcuménique.

En tant que premier dans l'ordre de préséance, le patriarche de Constantinople est appelé œcuménique. Élu par des métropolites, il est assisté par un synode de douze évêques. Outre la Turquie, le patriarcat de Constantinople exerce sa juridiction sur la Grèce du Nord, la Finlande et sur certains diocèses occidentaux et d'Amérique du Nord. Les monastères du mont Athos, haut lieu du monachisme orthodoxe, lui sont également rattachés.

Les trois autres patriarcats anciens exercent toujours leur autorité : le patriarcat d’Alexandrie étend son autorité sur les orthodoxes d'Égypte (non monophysites) et d'Afrique centrale et orientale ; le patriarcat d’Antioche, siégeant à Damas (Syrie), regroupe les chrétiens orthodoxes de Syrie et du Liban ; enfin, le patriarcat de Jérusalem a la garde des Lieux saints.

L’Église russe, dont le patriarche réside à Moscou, est indépendante depuis 1448. Ce patriarcat, abolit par le tsar Pierre le Grand en 1721, n’a été rétabli qu'à la veille de la révolution de 1917. Le patriarche de Moscou est entouré d'un synode de six évêques, qui règle les affaires courantes de l'Église russe. La théologie est enseignée dans deux académies : à Saint-Pétersbourg et à Zagorsk.

L’Église de Chypre, fondée par l'apôtre Barnabé, est indépendante depuis 451. D'autres Églises locales sont devenues indépendantes plus tard, comme les Églises grecque, roumaine, serbe, bulgare, géorgienne ou, plus récemment (1970), l'Église orthodoxe d'Amérique.

L'Église orthodoxe adopte en général une attitude ouverte à l'égard du mouvement œcuménique contemporain. Sans avoir pour autant modifié leur propre conception de l'unité chrétienne, les Églises autocéphales ont rejoint, les unes après les autres, le Conseil œcuménique des Églises, fondé en 1948.

La théologie orthodoxe

Loin d'être une doctrine abstraite, la théologie orthodoxe affirme avec force que l'homme est appelé à vivre la révélation par l'intermédiaire de Jésus-Christ. L'Évangile, source et base de toute connaissance de Dieu, permet de participer à l'existence divine. Le dogme défini par les conciles n'est pas dans une connaissance circonscrite, mais il ouvre la voie à la sanctification personnelle : « Le Credo ne vous appartient pas tant que vous ne l'avez pas vécu », disait à ses fidèles un évêque russe du xixe s. Dieu a créé le monde et l'homme, mais ce dernier a refusé l'amour de son créateur. Déchu, il doit reconquérir librement, par l'intermédiaire du Christ, l'amour divin. Né du Saint-Esprit et de la Vierge Marie, le Christ s'incarne pour reprendre sa création de l'intérieur. Par sa mort et sa résurrection, il anéantit les puissances infernales. En s'unissant à l'humanité, il opère une véritable re-création et rend l'homme porteur de Dieu et de son Esprit. Seul l'Esprit est donateur de vie et permet une authentique connaissance de Dieu. Par la foi, le repentir et la vie sacramentelle, l'homme peut ressentir cette présence de l'Esprit.

L'homme, ainsi restauré dans sa plénitude en Christ, devient une personne irréductible, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu. La nature divine lui permet une union toujours plus étroite avec Dieu. La personne vit en communion avec le Christ, ce qui exclut tout salut collectif, au profit d'un salut personnel.

L'Église offre les conditions nécessaires à cet épanouissement de l'homme en Christ, communion que les saints réalisent pleinement. Composée de pécheurs, l'Église empêche, par ses sacrements, la perdition de l'homme. L'Église n'est pas seulement la hiérarchie, elle est aussi l'ensemble des baptisés. Corps mystique du Christ, elle se définit comme institution et comme lien de vie. Son unité repose sur sa connaissance juste du mystère de la Trinité et sur l'unicité de la confession de foi (orthodoxie). L'Esprit saint agit dans l'Église et lui communique la vérité, dont évêques, pasteurs et docteurs sont responsables collégialement. Successeurs des apôtres, ils président des Églises particulières et en même temps assument la responsabilité de l'Église universelle lors des conciles locaux et œcuméniques.

Le culte orthodoxe

Introduction

L'Église orthodoxe reconnaît les rites primitifs de l'Église chrétienne, les même sept sacrements que l'Église catholique romaine (baptême, confirmation, eucharistie, pénitence, sacrement des malades, mariage et ordination), ainsi que l'épiscopat et la prêtrise, interprétés à la lumière de la succession apostolique.

Le monachisme, originaire de l'Orient chrétien (Égypte, Syrie, Cappadoce), est considéré par l'Église orthodoxe comme un sacerdoce prophétique : les moines manifestent l'action du Saint-Esprit à travers leur mode de vie. La république monachiste du mont Athos en Grèce est considérée par les chrétiens orthodoxes comme un centre de vie spirituelle.

La liturgie

La liturgie orthodoxe, connue sous le nom de « rite byzantin », a été traduite du grec en plusieurs langues, notamment en slavon, langue liturgique employée par l'Église orthodoxe russe. La liturgie est toujours chantée, et l'eucharistie distribuée sous les deux espèces (pain et vin).

La célébration cultuelle, centrée sur l'adoration de Marie en tant que Mère de Dieu, est essentielle dans la vie orthodoxe. L'église est le ciel sur la Terre, elle anticipe la vie céleste. Image du monde, ses parties hautes – coupoles et voûtes – figurent le ciel, où resplendit la gloire du Christ sous forme réelle ou symbolique. Le sanctuaire, réservé à la célébration de la liturgie eucharistique (messe), représente le monde divin, et la nef le monde sensible : l'église est le lieu où s'opère l'union de tous les êtres avec Dieu.

Les images

La tradition liturgique met l'accent sur l'intercession des saints. Après la destruction des images représentant le Christ et les saints, ordonnée en 730 par l'empereur Léon III, qui a ouvert la « querelle des images » (viiie-ixe s.) en interdisant radicalement le culte de ces objets dans l'Empire byzantin (querelle condamnée au second concile de Nicée, en 787), les images ou icônes représentant le Christ, la Vierge Marie et les saints sont considérées comme des preuves visibles de l'incarnation humaine de Dieu en la personne de Jésus.

Les fresques et les icônes décorent le temple en le remplissant de la « présence » de ceux qui sont figurés. L'icône est pour les orthodoxes un objet d'essence divine qui tient un grand rôle dans le culte. Partie inséparable de toute liturgie, elle reçoit des fidèles une vénération particulière. L'icône n'est pas un portrait : c'est le prototype de l'humanité céleste à venir. Représentation symbolique, elle manifeste les « sentiments affinés », en bannissant ce qui est charnel. L'artiste travaille surtout le regard du saint, l'expression de ses yeux toujours hiératique, lieu de la plus grande concentration spirituelle dans le visage humain. L'icône est éclairée de l'intérieur. La lumière rayonne du saint, lui-même illuminé par la divine lumière de Dieu, qui a transformé sa chair et permis à son âme de s'extérioriser.

L'office

Le cycle des offices religieux orthodoxes correspond à celui de l'Église catholique. La journée liturgique commence avec les vêpres et les complies, puis, au milieu de la nuit, est célébré l'office de minuit. Les matines ne sont pas séparées des laudes : elles forment un tout, suivi, surtout dans les monastères, de la divine liturgie (messe). Dans les paroisses, la liturgie est célébrée en général chaque dimanche (jour de la Résurrection) et les jours de grandes fêtes. Dans l'Église grecque, elle est précédée de matines, alors que la tradition russe chante les vêpres et les matines le samedi soir.

Divergences dogmatiques et rituelles avec le catholicisme

Les différences essentielles entre l'Église orthodoxe et l'Église catholique portent sur trois points principaux de doctrine, mais également sur des usages liturgiques et disciplinaires.

Le Filioque

Pour les orthodoxes, la seule profession de foi relative à la Trinité est le Credo de Nicée (325). L'Église orthodoxe confesse que l'Esprit saint procède seulement du Père par le Fils, contrairement à l'Église catholique romaine, qui a introduit unilatéralement au viiie s., sous le règne du pape Léon III, la foi en l'Esprit procédant à la fois du Père et du Fils : Filioque (le Credo en latin dit, à propos du Saint-Esprit : qui ex patre filioque procedit, « qui procède du Père et du Fils »).

L'autorité du pape

La question du Filioque a été l'occasion pour leur chrétiens d'Orient de prendre conscience de la profonde différence doctrinale qui les oppose aux chrétiens d’Occident : selon l'orthodoxie, seuls les conciles œcuméniques sont habilités à définir la foi, tandis que selon le catholicisme, une foi complémentaire de celle des conciles peut être définie par le pape.

C’est en ce sens que l'Orient chrétien refuse l'autorité juridictionnelle suprême du pape, défini par le concile Vatican I comme « infaillible » et « docteur suprême de la Vérité ». En revanche, il a toujours admis sa primauté d'honneur. La conception orthodoxe en matière d'infaillibilité de foi, de dogme et de morale repose sur le concile œcuménique et local. Seule une telle assemblée d'évêques – une instance collégiale donc – peut engager définitivement la foi de toute l'Église.

L'Immaculée Conception

L'Immaculée Conception (dogme catholique selon lequel la Vierge Marie a été conçue exempte du péché originelle) est considérée par les orthodoxes comme une innovation doctrinale des catholiques qui n'est pas nécessaire à la foi. La Vierge bénéficie de la rédemption, assurée par la mort et par la résurrection du Christ.

Le mariage des prêtres

La discipline des Églises orientales admet le divorce, ainsi que le mariage des prêtres. Un homme peut se marier avant de devenir prêtre, mais non pas après avoir reçu le sacerdoce. Les prêtres veufs ne peuvent contracter de secondes noces. Les évêques sont choisis parmi les moines et les prêtres non mariés ou veufs.