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cobra

Cobra
Cobra

Les cobras, ces serpents aussi beaux que dangereux, peuplent l'Asie et l'Afrique depuis au moins 20 millions d'années. Leur « capuchon » caractéristique leur a valu d'être nommés par les premiers explorateurs portugais cobra di capello, « serpents à coiffe ».

1. La vie des cobras

1.1. Des postures qui dénotent son humeur

Le cobra n'attaque que pour se défendre, lorsqu'il est dérangé pendant son repas ou sa reproduction. L'un des caractères les plus classiques du genre Naja et de certains autres cobras est la coiffe, ou « capuchon » (extension latérale des côtes cervicales). Typique aussi est l'attitude qui consiste à dresser environ le tiers ou le quart du corps au-dessus du sol dans une position défensive. Le cobra balance alors la partie soulevée de gauche à droite ou d'avant en arrière en fonction de sa respiration, tandis que sa langue entre et sort très vite de sa bouche.

L'étalement du capuchon de la nuque indique que l'animal veut intimider l'agresseur et qu'il est sur la défensive. Si l'animal se dresse encore, c'est qu'il est prêt à l'attaque. Mais il faut qu'il soit très violemment provoqué pour frapper vraiment. Lorsqu'il élargit sa nuque sans se dresser, il exprime sa peur, et montre qu'il est prêt à prendre la fuite.

1.2. Une technique unique, mais infaillible

Le cobra à lunettes, ou cobra indien, Naja naja, est essentiellement terrestre, même s'il lui arrive de grimper aux arbres, voire de nager. Il se déplace principalement par ondulations latérales, c'est-à-dire que son corps forme une série de boucles et la partie latérale de chacune d'elles prend appui sur les aspérités du sol. Sa vision étant bonne, il chasse principalement à vue et à l'odorat.

Une morsure fatale

Lorsqu'il est suffisamment proche de son ennemi, le cobra met en pratique son unique méthode de défense : il se dresse, se balance en sifflant, calcule sa distance et vise. Tout à coup, sa tête est projetée en avant et vers le bas : c'est à ce moment précis qu'a lieu la morsure fatale. Les dents agrippent la victime, tandis que le venin se répand lentement dans le corps de celle-ci fermement maintenue.

Le venin

Le venin



Chez le cobra à lunettes, les deux crochets venimeux canaliculés mesurent environ 7 mm de longueur. Situés sur l'os maxillaire, ils sont suivis de trois dents plus courtes. La longueur de ces crochets est bien inférieure à celle rencontrée chez les vipères, mais leur solidité est plus grande. Les glandes à venin ont la taille d'une amande et se distinguent extérieurement, en arrière de la tête, par un renflement bombé.

Une élasticité remarquable

Grâce aux ligaments élastiques qui unissent les deux moitiés de sa mâchoire inférieure, le cobra peut avaler des proies plus grosses que lui. Une fois l'animal mort, il est peu à peu englouti, et chemine irrésistiblement vers l'estomac. Celui-ci, comme les mâchoires, est capable de se détendre considérablement, grâce à la souplesse des téguments, et surtout à l'absence de sternum reliant les côtes.

Enfin, l'acidité du suc gastrique est telle que les os, les dents, les poils, les plumes ou les écailles sont digérés sans que le cobra n'en ressente aucune aigreur !

Cannibale à ses heures

L'alimentation du cobra est très variée. Il se nourrit en effet de grenouilles, de crapauds, d'oiseaux et de leurs œufs, ainsi que de mammifères comme des rongeurs, ou des écureuils. Le cobra peut aussi se montrer cannibale et se rassasier d'un serpent de la même espèce que lui.

Le cobra royal, ou hamadryade, Ophiophagus hannah, est, lui aussi, terrestre et actif surtout pendant la journée. En Malaisie, il a quelquefois des mœurs nocturnes. Son alimentation comprend principalement d'autres serpents, de la même espèce ou non, comme les bungares (genre Bungarus).

Une proie de 1,50 m

Les mets favoris du cobra royal sont le serpent ratier indien, Ptyas mucosus, qui peut dépasser les trois mètres de long, et la couleuvre d'eau asiatique, Xenochrophis piscator. Certaines observations font état de pythons attaqués et mangés par cet élapidé. Au Madras Snake Park, un mâle de 4 m a consommé 15 serpents ratiers indiens de 1,50 m en quatre mois. Il lui fallait environ 15 minutes pour tuer une proie de cette taille. Un autre cobra royal, en captivité à Regent's Park (Londres), a mangé 82 serpents durant un hiver, refusant toute autre alimentation.

1.3. Des petits aussi dangereux que leurs aînés

Chez les cobras, la période de reproduction a lieu à une époque variable suivant les régions. Le cobra indien s'accouple de janvier à avril, durant la saison des pluies, tout comme le cobra royal. Lors de l'accouplement, le mâle enlace la partie postérieure du corps de la femelle de façon à mettre son cloaque en contact avec celui de sa compagne. Il y introduit alors l'un de ses deux hémipénis. Les hémipénis ont la forme d'un Y et sont recouverts de nombreuses aspérités et indentations permettant un ancrage solide dans les voies génitales femelles.

Des œufs toujours protégés

Chez le cobra royal, les couples restent formés depuis la copulation jusqu'à la naissance des jeunes.

La ponte se compose généralement de 10 à 40 œufs déposés dans des trous de rats ou des termitières. La femelle se place ensuite sur ses œufs, qu'elle mêle à de la terre et à des débris végétaux. Ses œufs ne seront jamais laissés seuls durant les deux mois de leur incubation. Leur taille moyenne varie un peu selon les régions, et se situe autour de 60 × 34 mm pour une masse d'environ 40 g. Le cobra royal est le seul serpent à réaliser un véritable nid.

Jeunes, mais pas inoffensifs !

L'éclosion se produit deux mois après la ponte. À la naissance, les jeunes sont d'un noir profond avec des bandes transversales d'un blanc jaunâtre brillant. Ils mesurent environ 50 à 52 cm, présentent une coiffe tout à fait comparable à celle des adultes et un appareil venimeux fonctionnel capable de tuer rapidement une proie, bien qu'ils ne s'alimentent probablement pas durant les premiers jours de leur vie. Un juvénile âgé de 5 jours peut tuer d'une seule morsure un cobaye adulte en moins de 25 minutes ! À un mois, les jeunes consomment une grande quantité de souriceaux, de grenouilles et de lézardeaux.

La première mue se produit dès le 2e jour, généralement avant le premier repas, la suivante le 7e, la troisième autour du 21e, la quatrième le 30e jour environ. La fréquence des mues diminue ensuite au même rythme que la vitesse de croissance, et la coloration du corps s'éclaircit. La maturité sexuelle est atteinte vers l'âge de trois ans.

1.4. Milieu naturel et écologie

Le cobra indien, Naja naja, comme tous les serpents, est un animal à sang froid ; il dépend par conséquent de la température extérieure. Le froid agit sur lui comme un narcotique : il le paralyse, inhibe toute perception et tout mouvement et, finalement, le serpent meurt petit à petit. Aussi la répartition géographique de ces animaux qui ont besoin de chaleur est-elle considérablement limitée.

Habitants des jardins publics

L'espèce la plus fréquente de cobras (Naja naja) occupe une aire de répartition bien délimitée qui englobe l'Inde entière et Sri Lanka.

Dans le sous-continent indien, on peut le rencontrer absolument partout. On les trouve aussi bien au cœur de la forêt vierge que dans le paysage découvert des rizières, dans les jardins et les parcs des grandes villes, dans les entrepôts et les bazars, dans les rues de villages, ainsi que sur le seuil des maisons. Le cobra indien sort tard dans la journée, le soir, ou tôt le matin dans des milieux ouverts, sous les toits des vieilles maisons où les rats abondent. Il est généralement plus actif et plus alerte la nuit, mais il chasse aussi en fin de journée et tôt le matin. À Sri Lanka, il est aussi quelquefois diurne et on le voit parfois exposé en plein soleil. Il semble que ses populations soient plutôt diurnes à l'ouest de son aire de répartition, sauf quand il fait trop chaud, et plutôt nocturnes à l'est. La déforestation est favorable à l'augmentation des densités de ce serpent qui apprécie les milieux cultivés ouverts, sauf durant la période de la mue, qui dure quelques jours pendant lesquels il se retire habituellement dans des cachettes.

Le cobra royal, Ophiophagus hannah, fréquente surtout les forêts denses, mais aussi les plantations. Ainsi, en Inde, il vit souvent dans les plantations de café et de thé des Ghats occidentaux. Dans la région d'Orissa, il occupe les forêts des collines et des plaines, ainsi que les rives des estuaires. Ce serpent aime les fortes pluies et choisit de préférence les couverts végétaux denses, bien qu'il soit aussi présent dans quelques zones d'estuaires ou des mangroves (Bengale).

Capables de tuer un éléphant

Bien que les crochets venimeux du cobra royal ne soient pas capables de traverser la peau d'un éléphant, la toxicité de son venin mesurée sur des souris et extrapolée au poids d'un éléphant permet de supposer qu'une morsure complète peut décharger assez de venin pour tuer un tel pachyderme. Ainsi, la Compagnie de bois de teck de Thaïlande a perdu chaque année 2 ou 3 éléphants mordus par ce serpent. Cela semble étonnant au regard de la petite taille des crochets venimeux par rapport à l'épaisseur de la peau d'un éléphant. C'est que le cobra royal s'attaque à la base des ongles ou aux narines de l'éléphant, là où la peau est plus fine. Mais, en règle générale, ce serpent est timide et craintif, et il préfère toujours prendre la fuite.

Une intimidation pas toujours efficace

De nombreuses espèces de mangoustes se nourrissent habituellement de serpents, y compris de cobras. Bien que leur résistance au venin des serpents ait été largement exagérée dans les légendes, elle a été vérifiée expérimentalement. Ainsi, la mangouste du Cap semble tolérer une dose de venin de cobra du Cap près de 100 fois supérieure à celle nécessaire pour tuer un cobaye de la même taille. La mangouste est capable de maîtriser parfaitement l'attaque du reptile. Elle apprécie très bien les distances et évite adroitement les coups du serpent et sa morsure mortelle. En général, elle saute autour de lui et le mord à la nuque, et à la mâchoire inférieure. Après quelques coups infructueux, le serpent est exténué, ses mouvements se ralentissent, et la mangouste peut alors agir en toute quiétude.

Parmi les autres ennemis des cobras figurent des rapaces tels que l'aigle des serpents, ainsi que de grandes chouettes pêcheuses, des rats et même des sangliers. L'attitude menaçante du serpent dressé n'effraie visiblement guère ses agresseurs, sauf l'homme, qui reste son ennemi principal.

2. Zoom sur... le cobra indien

2.1. Cobra indien (Naja naja)

Le cobra indien, appelé aussi cobra à lunettes, Naja naja, a une taille moyenne qui varie de 1,40 à 1,60 m, le maximum connu étant d'environ 2,25 m pour un mâle. Les spécimens de plus de 1,60 m sont courants. La taille maximale connue à Sri Lanka est de 1,85 m pour une femelle. La dimension des mâles semble supérieure à celle des femelles, aussi bien pour le corps que pour la queue.

La peau de Naja naja est composée d'écailles lisses imbriquées en rangées obliques. Sa coloration est très variable. On peut rencontrer des animaux brun clair, bruns, olive, gris olivâtre ou tout noirs, et ils peuvent être unis ou présenter des rayures transversales. Leur gorge est généralement blanc jaunâtre. On a même trouvé des individus albinos : blanc jaunâtre, avec des yeux rouges.

La peau du cou est extensible, ce qui permet au serpent à lunettes d'adopter sa célèbre posture d'intimidation face à ses agresseurs.

Le cobra indien, comme tous les serpents, a merveilleusement compensé la perte de ses membres par des organes sensoriels efficaces, ainsi qu'une mâchoire très spécialisée, une mobilité inouïe de la tête à la queue, et, enfin, par des mouvements d'une telle rapidité que l'œil humain est souvent incapable de les suivre.

Comme tous les serpents, le cobra indien est sourd. En effet, il ne possède ni oreille externe, ni tympan, ni cavité tympanique, ni trompe d'Eustache.

En revanche, sa vue est très bien développée. Contrairement à la plupart des vertébrés, qui mettent au point leur vision par des distorsions de la lentille des yeux, les serpents déplacent leur lentille par rapport à leur rétine. La fixité proverbiale du regard des serpents vient de ce que ces animaux sont dépourvus de paupières mobiles. La paupière supérieure et la paupière inférieure sont soudées entre elles et sont devenues transparentes. Elles forment ainsi une calotte en forme de verre de montre. Lors de la mue, les yeux, habituellement si clairs, prennent un aspect trouble et laiteux ; les deux « verres de montre » qui les recouvrent sont rejetés en même temps que l'exuvie.

Chez les serpents, la détection des odeurs (chémoréception) est beaucoup plus importante que la vision. En effet, ils sont dotés d'un système complexe d'analyse des odeurs déposées sur des substrats ou flottant dans l'air. Leur langue fourchue prélève des particules de ces substances chimiques et les transporte ensuite à l'intérieur de la bouche, où elles sont analysées par une structure complexe (organe de Jacobson) localisée contre le palais. L'extrême acuité chémoréceptive des serpents explique pourquoi ces animaux rentrent et sortent leur langue si fréquemment : ils goûtent l'air en permanence ! Il semblerait que la forme fourchue de leur langue leur permette de localiser de manière très précise l'origine des particules analysées.

La denture protéroglyphe de tous les élapidés permet une utilisation rapide de l'appareil venimeux ne nécessitant pas obligatoirement un contact prolongé avec la proie ou l'agresseur ; la longueur des crochets (7 mm) est limitée par la nécessité de fermer la bouche. Le cobra indien, comme tous les serpents, mue, c'est-à-dire qu'il se débarrasse périodiquement de l'enveloppe la plus externe de son corps, de façon à pouvoir grandir. Lors de la mue, du liquide se place entre la vieille peau et la nouvelle, et la couleur du serpent devient alors terne. L'animal se débarrasse de son ancienne peau en frottant, dans un premier temps, sa tête contre un substrat solide, puis prolonge progressivement ce mouvement vers la queue. La peau rejetée, ou exuvie, est formée d'un seul morceau quand le reptile est en bonne santé ; en revanche, lorsque l'état physiologique de l'animal est perturbé, l'exuvie est constituée de lambeaux. La fréquence des mues varie selon l'âge ; les jeunes, qui ont une croissance plus rapide, doivent changer leur enveloppe externe rigide plus souvent.

LES COBRAS

COBRA INDIEN

Nom (genre, espèce) :

Naja naja

Famille :

Élapidés

Ordre :

Squamates

Classe :

Reptiles

Identification :

Serpent de couleur jaunâtre, brun à noir sur le dos, pouvant posséder ou non une lunette noire et blanche (ou jaune) sur la partie dorsale de la coiffe ; un point noir marque la partie ventrale inférieure, de chaque côté de la coiffe ; 2 ou 3 bandes noires sous la gorge

Taille :

De 1,40 m à 1,60 m ; maximum 2,25 m (mâle)

Répartition :

Inde, Sri Lanka, Bangladesh, ouest du Pakistan

Habitat :

Forêts vierges, rizières, jardins publics

Régime alimentaire :

Grenouilles, œufs, écureuils, lézards, serpents

Structure sociale :

Solitaire, en couple pendant la période de reproduction

Saison de reproduction :

De janvier à avril selon les régions

Nombre d'œufs par portée :

De 10 à 30

Longévité :

Environ 12 ans

Effectifs :

Inconnus

Statut :

Inscrit à l'Annexe II de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction)

 

2.2. Signes particuliers

Tête

Le cobra indien est facilement reconnaissable, car il possède une écaille surnuméraire triangulaire (rarement deux, parfois aucune) avec son sommet pointé ventralement, située entre les infralabiales 4 et 5. Autre caractéristique rare chez les serpents, sa préoculaire touche l'internasale. Comme presque tous les autres élapidés, les cobras sont dépourvus d'écaille loréale, possèdent une pupille ronde, une tête à peine distincte du cou, des écailles lisses et obliques.

Lunettes

Le cobra indien présente un dessin en forme de lunettes sur la partie dorsale de la coiffe. Ce dessin se compose de deux anneaux connectés. La partie ventrale présente deux taches noires de part et d'autre de la coiffe, sur les écailles dorsales, et de larges bandes sombres plus ou moins évidentes. Des individus albinos ont été signalés pour cette espèce. La coiffe s'étend approximativement de la 3e à la 30e paire de côtes, qui sont fortement allongées et permettent, lors de leur érection, le maintien du capuchon si typique de ces serpents. Les côtes sont poussées en avant par des muscles puissants, qui tendent la peau, écartent les écailles et mettent éventuellement au jour un dessin.

Bouche

La bouche est petite par rapport au volume total du corps du serpent. Un animal allongé n'a que deux possibilités pour s'alimenter : ou bien il mange une grande quantité de petites proies ou bien il consomme quelques proies de grande taille. La plupart des serpents ont adopté la seconde solution. Les deux branches de la mâchoire inférieure sont unies par un ligament élastique et peuvent ainsi s'écarter à volonté l'une de l'autre au moment de la déglutition. Ce phénomène permet au serpent d'avaler d'une seule pièce des proies pouvant mesurer plusieurs fois son propre diamètre.

Écailles

Les écailles des reptiles sont partie intégrante de leur peau. Elles représentent, en fait, une partie épaisse et repliée de la peau. Elles servent principalement à éviter la déshydratation des animaux et à faciliter la locomotion. Plusieurs types d'écailles recouvrent les différentes parties du corps. Celles de la tête constituent de larges plaques, celles du dos sont plus petites et se chevauchent, les écailles ventrales sont, quant à elles, plus élargies et ne forment qu'une seule rangée.

3. Les autres espèces d'élapidés

Les élapidés constituent une importante famille de reptiles (61 genres) répartis sur presque tous les continents.

3.1. Élapidés d'Afrique

Il y a 9 genres d'élapidés en Afrique : Dendroaspis (4 espèces), Walterinnesia (1 espèce), Pseudohaje (2 espèces), Boulengerina (2 espèces), Elapsoidea (10 espèces), Aspidelaps (2 espèces), Paranaja (1 espèce) et Hemachatus (1 espèce). Actuellement, on reconnaît 7 espèces africaines du genre Naja, mais ce nombre se situe certainement bien au-dessous de la réalité.

Cobra noir et blanc (Naja melanoleuca)

Identification : de 2 à 2,50 m de long. Jeunes noir de jais piqueté de blanc ou de gris, ventre crème ou jaunâtre moucheté de brun ou de noir.

Répartition : du Sénégal à l'Éthiopie, jusqu'en Afrique du Sud.

Cobra cracheur à cou noir (Naja nigricollis)

Identification : 1,50 m de long en moyenne, peut dépasser 2 m. De gris laiteux à gris-brun, gris verdâtre, brun verdâtre aux reflets bronze ; ventre laiteux taché de brun ; gorge recouverte d'une large bande noire très caractéristique.

Répartition : Afrique tropicale et Afrique du Sud.

Remarque : particulièrement agressif, capable d'expulser son venin par un souffle bruyant à plus de 2 m avec une précision extrême quand les muscles temporaux pressent la glande à venin. 3 sous-espèces : N.n. nigricincta, N.n.nigricollis, N.n.woodi.

Cobra cracheur du Mozambique (Naja mossambica)

Identification : 1,50 m de long. Gris pâle à vert olive, chaque écaille étant bordée de noir ; ventre rose saumon à jaune, bandes noires irrégulières ou taches sur la gorge.

Répartition : du sud-est de la Tanzanie jusqu'en Afrique du Sud.

Remarque : venin beaucoup moins toxique que celui du cobra du Cap.

Cobra du Cap (Naja nivea)

Identification : de 1,50 à 1,80 m de long. Coloration très variable, de jaune uniforme à brun sombre, avec des ponctuations noires.

Répartition : uniquement au sud de l'Afrique.

Remarque : venin aussi toxique que celui du mamba noir. Responsable de la majorité des morts humaines dues aux serpents dans la région du Cap.

Cobra d'Égypte (Naja haje)

Identification : plus de 2 m de long. Généralement jaune à brun ou bleu-noir ; ventre jaune présentant des taches sombres. Chez les juvéniles, bande sombre plus nette sur la gorge.

Répartition : Afrique tropicale et subtropicale.

Remarque : venin potentiel de 175 à 300 mg, alors que 25 à 35 mg suffisent à tuer un homme. 3 sous-espèces : N.h. arabica, N.h. haje, N.h. legionis.

Cobra de Kati (Naja katiensis)

Identification : 2 m de long. Dessus brun clair uniforme ; dessous blanc rosé uniforme ; une ou deux barres noires en arrière du cou.

Répartition : Mali, nord du Nigeria, Burkina Faso, nord du Ghana.

Cobra pâle (Naja pallida)

Identification : 2 m de long. Dessus brun uniforme, dessous jaunâtre.

Répartition : de l'Égypte au sud de la Tanzanie.

3.2. Élapidés d'Asie

Trois genres d'élapidés appartiennent à une branche asiatique. Il s'agit des serpents corail des genres Calliophis (13 espèces) et Maticora (2 espèces), et des bungares du genre Bungarus (12 espèces). Avec Naja naja, Naja atra et naja siamensis, les cobras d'Asie représentent au moins 10 espèces distinctes dans le genre Naja.Toutes étaient autrefois considérées comme des sous-espèces de Naja naja.

Cobra d'Asie centrale (Naja oxiana)

Identification : 1,70 m de long. Jaune foncé ou brun clair, brun sombre ou gris-noir.

Répartition : de la mer Caspienne au nord de l'Inde.

Remarque : l'un des 2 cobras asiatiques incapables de cracher leur venin.

Cobra à monocle (Naja kaouthia)

Identification : 2 m de long ou plus ; présente un ocelle unique (cercle blanc bordé de noir avec un point noir dedans, plus rarement deux ou trois) sur la partie dorsale de sa coiffe.

Répartition : du nord de l'Inde à la Malaisie et au Viêt Nam, ainsi qu'aux îles Andaman ; centre et sud de la Thaïlande.

Cobra cracheur équatorial (Naja sumatrana)

Identification : 1 m de long, très rarement plus. Coloration uniforme noire dorsalement et ventralement, mais il existe aussi une variété dorée en Thaïlande. Gorge plus ou moins recouverte de taches claires.

Répartition : commun dans la jungle, et autour des habitations ; de la péninsule Malaise à l'Indonésie équatoriale (Sumatra) et sur l'île de Palawan.

Remarque : une de ses morsures non traitée peut occasionner la mort après un délai de six heures.

Cobra cracheur du Sud indonésien (Naja sputatrix)

Identification : 1,50 m de long. Noir de jais dorsalement, ventre brun clair, marques claires au niveau de la gorge.

Répartition : Java et les petites îles de la Sonde.

Remarque : il semble que les populations de Komodo ne soient pas capables de cracher.

Cobra cracheur du sud-est des Philippines (Naja samarensis)

Identification : 1,20 m de long. Noir uniforme, peau jaune clair entre les écailles ; ventre crème, gorge jaune puis noire.

Répartition : îles de Mindanao, Samar, Leyte, Bohol et Camiguin.

Cobra cracheur des Philippines du Nord (Naja philippinensis)

Identification : 1 m de long. Jaune à brun olive ; ventre jaune-blanc à crème.

Répartition : îles de Luzon, Mindoro, Mazbate et Marinduque.

Remarque : responsable de nombreuses morts humaines aux Philippines.

Cobra commun de Chine (Naja atra)

Identification : environ 1,50 m ; coloration variant du jaune au brun sombre. Ventre blanc-jaune à crème. La coiffe présente une marque particulière.

Répartition : Chine et nord du Viêt Nam.

3.3. Élapidés d'Australie

Les 115 espèces d'élapidés australiens sont regroupées en 38 genres. Les 2 espèces les plus représentatives sont :

Taipan (Oxyuranus scutellatus)

Identification : de 1,50 à 2 m de long. Brun clair ou foncé uniforme dorsalement, flancs plus clairs ; dessus de la tête souvent jaune pâle à crème, surtout chez les juvéniles ; ventre jaune ou crème, avec généralement des taches irrégulières orangées.

Répartition : nord et est de l'Australie, Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Remarque : possède l'un des venins les plus puissants du monde.

Serpent tigre de l'est (Notechis scutatus)

Identification : 1,20 m de long. Gris clair à olive, ou rougeâtre à brun-noir plus ou moins sombre, possède généralement une série de bandes formées par la bordure jaunâtre de certaines écailles ; ventre crème, jaune, vert olive ou gris, plus sombre vers la gorge et sous la queue.

Répartition : Sud-Est australien.

Remarque : très dangereux, venin neurotoxique très puissant.

3.4. Élapidés du Nouveau Monde

Ils sont représentés par deux genres : Micrurus (68 espèces et de nombreuses sous-espèces) et Micruroides (1 espèce). On les rencontre du sud-est des États-Unis jusqu'au Mexique, en Amérique centrale et en Amérique du Sud jusqu'au centre de l'Argentine.

Serpent corail du Sonora (Micruroides euryxanthus)

Identification : inférieur à 50 cm de long. Corps annelé de jaune, noir et rouge, chaque bande noir et rouge étant bordée par une bande jaune plus étroite.

Répartition : déserts, forêts tropicales, forêts à épineux et forêts mixtes de chênes et de pins de basse altitude, nord-ouest du Mexique et sud-ouest des États-Unis.

Remarque : venin très toxique.

4. Origine et évolution des cobras

Les cobras présentent une denture du type protéroglyphe – c'est-à-dire qu'ils possèdent des crochets avec un sillon en gouttière refermée situés à l'avant de l'os maxillaire fixe –, qui conserve toujours sa position horizontale par rapport aux os du crâne. Ces crochets sont suivis d'un espace appelé « diastème », puis d'autres dents plus petites. Les scientifiques se sont longtemps demandé si ce type de denture correspondait effectivement à un groupe monophylétique, c'est-à-dire issu d'un ancêtre commun.

La présence d'une glande à venin très caractéristique et uniforme dans le groupe ainsi que les données obtenues à partir des études biochimiques sur ces serpents ont montré que tel était le cas. Tous les serpents à denture protéroglyphe forment donc la famille des élapidés.

Les problèmes liés à l'origine géographique de ce groupe ne sont pas pour autant résolus. De nombreux arguments semblent démontrer une origine gondwanienne (c'est-à-dire appartenant au bloc austral qui rassemblait l'Afrique, l'Amérique du Sud, l'Inde, Madagascar et l'Australie), mais d'autres sont difficilement conciliables avec cette hypothèse.

Les plus anciens fossiles de serpents protéroglyphes connus proviennent d'Europe centrale et datent d'environ 19 à 20 millions d'années. Ils appartiennent au genre Naja (appelé autrefois Palaeonaja), qui fait son apparition au début du miocène et dont le centre d'origine est certainement l'Afrique. Durant le néogène, les cobras étaient largement distribués dans toute la moitié sud de l'Europe. Les nombreux fossiles retrouvés comprennent des crânes et des pièces ostéologiques autres que les vertèbres classiquement disponibles. Ils permettent d'avoir une connaissance relativement bonne de ce groupe. Les cobras disparurent d'Europe il y a 2 ou 3 millions d'années, peut-être à la suite des importantes variations climatiques de cette époque. Il est probable que le refuge de la mer Égée ait abrité des cobras jusqu'à il y a 1,5 million d'années, car les conditions climatiques y demeurèrent favorables plus longtemps.

Les cobras sont à présent éteints en Europe, mais des fossiles appartenant au genre Naja ont été trouvés sur ce continent, dans différentes localités françaises. Leur analyse, en 1939, a permis de les regrouper dans trois espèces du genre Palaeonaja. Ce n'est qu'en 1990 que le genre fossile Palaeonaja fut placé en synonymie avec l'actuel genre Naja.

5. Les cobras et l'homme

Protecteurs de Bouddha ou esprits réincarnés en Inde, tués pour leur peau ou embrassés en Birmanie, les cobras n'en restent pas moins repoussants, terrifiants, mais toujours fascinants aux yeux des hommes. Or, contrairement à ce que l'on pourrait croire, les plus dangereux ne sont pas les plus meurtriers.

5.1. De redoutables morsures

Lors d'une morsure sévère par un cobra à lunettes, les principaux effets sont une douleur comparable à une piqûre qui s'étend à partir du site de la morsure, un œdème doublé d'une éventuelle expulsion de sérum coloré par du sang moins de 24 heures après, une coloration sombre autour de la morsure, avec une nette fragilité de la peau, plus rarement des nécroses, puis une paralysie qui frappe d'abord les jambes, le cou, la nuque, les muscles, la langue, les lèvres et enfin la gorge. La parole devient difficile, voire impossible. La lèvre inférieure tombe et la salive s'égoutte. Le patient éprouve des difficultés de plus en plus grandes à avaler. Sa respiration devient pénible et quelquefois, moins de 30 minutes après la morsure, il vomit du sang. On peut aussi observer des hémorragies par différents orifices du corps.

L'envenimation n'occasionne pas toujours la mort et sa gravité est fonction de la quantité de venin injectée, mais aussi de l'état général de la personne mordue. Les cas mortels restent très limités par rapport aux survies. De plus, la quantité injectée est souvent très inférieure à la dose létale et la morsure peut même se faire sans aucune expulsion de venin. À Sri Lanka, 34 % des morts humaines par serpent venimeux sont dues au cobra à lunettes. En Inde, beaucoup d'habitants sont mordus par des serpents qui occupent les galeries de rats proches des maisons. Malgré cela, ils placent religieusement chaque jour des récipients d'eau et de lait à leur intention, car ces reptiles peuvent représenter l'esprit réincarné d'un de leurs ancêtres.

5.2. Venins et sérums

Les morsures par les cobras d'Asie provoquent plusieurs effets dont les plus importants ont des conséquences neurotoxiques souvent mortelles. Les dégâts locaux des tissus peuvent être très sérieux. Toutes les observations actuelles montrent qu'il existe des différences clairement visibles entre les effets causés par les différentes espèces, ce qui reflète des variations dans la composition des venins. Une sérothérapie efficace ne peut se faire que s'il existe des sérums monovalents, c'est-à-dire correspondant à chaque espèce reconnue. Ainsi, le sérum obtenu à partir du cobra à lunettes ne sera que très peu efficace (pouvoir neutralisant faible) dans les cas de morsures du cobra cracheur des Philippines du Nord. La situation est identique entre le cobra cracheur équatorial et le cobra à monocle. Aux Philippines, par exemple, on ne trouve que du sérum préparé à partir du cobra cracheur des Philippines du Nord, alors que ce pays abrite aussi le cobra cracheur du sud-est des Philippines et le cobra cracheur équatorial. De même, en Indonésie, le seul sérum existant est celui obtenu à partir du cobra cracheur du Sud indonésien, alors que le cobra cracheur équatorial fréquente la partie équatoriale du pays. Très peu de pays asiatiques peuvent se permettre de fabriquer des sérums, car leur élaboration revient assez cher et leur stockage est délicat, tout comme leur conservation.

Une étude faite en 1990 dans la province du Guangxi, en Chine, et portant sur 974 morsures, illustre bien le fait que les cobras qui mordent le plus ne sont pas ceux qui provoquent le plus de morts. Les taux de morsure se répartissent ainsi : on avait dénombré 23 cas mortels, soit 2 %, le maximum obtenu étant pour le cobra royal (46 % de mortalité), tandis que le taux de mortalité dû au cobra commun de Chine restait très faible (0,7 %), alors que ses morsures sont fréquentes. La plupart de ces morsures avec envenimation furent traitées par la médecine traditionnelle chinoise, fondée sur l'utilisation des plantes qui combattent certains effets des morsures, alors que le sérum agit directement sur le venin, en le neutralisant.

5.3. Bouddha et le cobra

Une magnifique légende explique la présence d'un dessin en forme de lunettes sur la partie dorsale de la coiffe du cobra indien.

Bouddha, réincarné, retourna en Inde et, au cours de ses pérégrinations, il eut un jour à traverser une grande plaine sans arbres. Fatigué, il scrutait l'horizon en vue de découvrir quelque arbre dont l'ombre pût lui donner abri. N'en apercevant aucun, il se coucha sous le soleil et, malgré l'inconfort de la situation, tomba bientôt dans un profond sommeil.

Tandis qu'il dormait, un cobra passa dans le voisinage et, observant que le saint homme était couché, exposé aux rayons cruels du soleil, il s'approcha et étendit sa coiffe, fournissant son ombre jusqu'à ce que Bouddha se réveillât. Bien reposé, et observant que le cobra le protégeait encore contre le soleil, Bouddha fut vivement impressionné de la sollicitude du serpent et il l'en récompensa en posant deux de ses doigts sur la coiffe en signe de bénédiction. Tous les cobras sont désormais respectés parce qu'ils ont traité Bouddha en ami.

5.4. Le baiser au cobra

Les charmeurs montrent très souvent des cobras à leur public. Cela provient sans aucun doute du comportement stéréotypé de ces serpents, qui limite les dangers pour qui les connaît. En effet, leur attaque est toujours identique et prévisible, le rayon de frappe correspondant à la longueur du corps soulevé du sol. Cependant, même si le charmeur et le charmé se connaissent bien, cela n'empêche pas toujours les accidents. Ainsi, en Birmanie, on a vu un charmeur être tué presque instantanément par une morsure de son cobra royal.

Le colonel F. Wall, qui a démontré la surdité de ce serpent, prétend que ce sont uniquement les mouvements des bras et des jambes du charmeur qui le fascinent, et pas du tout la musique de la flûte, comme on a généralement tendance à le penser. C'est ainsi que, dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est, dont la Birmanie, certaines manifestations religieuses utilisent exceptionnellement le cobra royal. C'est le cas de la « danse des serpents », exécutée par des prêtresses sacrées. Au début de la représentation, la danseuse se met à chanter. Lorsque le chant est à son terme, sa danse se fait plus langoureuse et cesse brutalement. Alors, s'agenouillant face à une corbeille fermée contenant un cobra royal, elle donne une tape brusque sur le côté de la corbeille et le reptile jaillit. La danseuse « joue » alors avec lui comme avec la mort, car à chaque instant elle risque de se faire mordre. À l'apogée de cette danse rituelle, la danseuse, à genoux, baise délicatement à trois reprises la tête du cobra royal dressé devant elle.

5.5. Les serpents cracheurs

Les serpents cracheurs typiques n'appartiennent qu'à deux genres, Naja et Hemachatus. Ce comportement est connu depuis longtemps et, dès 1827, l'erpétologiste H. Boie décrivait le cobra cracheur du Sud indonésien, Naja sputatrix. Pendant des décennies, on a cru que les histoires africaines et indiennes qui parlaient de serpents cracheurs appartenaient au domaine de la fable.

Le mécanisme particulier de ce comportement défensif ne fut véritablement élucidé qu'en 1943, par le travail de Ch. M. Bogert. En effet, cet erpétologiste américain s'est livré à de soigneuses observations à ce sujet. Il a montré que ces serpents émettent un jet de venin pouvant aller jusqu'à deux ou trois mètres de distance. Ces reptiles adoptent généralement une position défensive typique : coiffe déployée, corps dressé et bouche ouverte. Cette projection de venin est en relation directe avec les particularités morphologiques du crochet.

Alors que les espèces qui mordent ont un orifice à venin allongé, en forme de fente et situé près de l'extrémité du crochet, cette ouverture est moins étirée et plus arrondie chez les cracheurs, et elle est plus proche de la base de la dent. En outre, le conduit à venin interne forme un coude près de la surface de la dent. C'est pourquoi le venin, qui est expulsé par une pression musculaire mais aussi par la puissance de l'air exhalé, sort perpendiculairement à l'axe de la dent en deux jets fins qui sont dirigés vers les yeux de l'ennemi et peuvent l'atteindre, même à plusieurs mètres de distance. Des travaux récents publiés en 1992 ont montré que des modifications mineures de la structure des crochets suffisent à permettre de cracher le venin avec une extrême précision.

Ce comportement permet d'éviter le contact physique avec l'agresseur et constitue sans aucun doute une défense plus sûre et moins risquée. Cette façon de cracher est exclusivement employée à des fins défensives, et jamais contre les proies. Ce comportement n'a aucune utilité lors de contacts intra- ou interspécifiques. En effet, les yeux des serpents étant recouverts par une paupière fixe et transparente, ils sont automatiquement protégés contre le venin craché.

À l'heure actuelle, aucune étude médicale complète n'existe sur les serpents cracheurs asiatiques. Le contact du venin avec les yeux entraîne des douleurs vives, une conjonctivite et une inflammation, aboutissant quelquefois à une cécité temporaire, ce qui donne largement le temps au cobra de fuir loin de son agresseur. Si l'œil est lavé, la vision est retrouvée au bout de quelques jours. Pour faire diversion et attirer le jet de venin loin de leurs yeux, les Africains portent des amulettes brillantes autour du cou. Cependant, des personnes ont été atteintes de cécité irréversible au Nigeria après avoir reçu un jet de venin d'un cobra cracheur à cou noir.

Le venin craché dans les yeux ne provoque en revanche jamais la mort, car son taux de pénétration reste très faible. La situation est différente lorsque ce même venin est injecté par une morsure, ce qui peut être le fait de tous les cobras cracheurs. D'après les observations faites en Afrique par le célèbre erpétologiste A. Loveridge, ces serpents sont capables de cracher une douzaine de fois successivement.

5.6. Le marché de la peau de serpent

En Thaïlande, le marché des reptiles est florissant et de nombreux fermiers se transforment en chasseurs de serpents un fois les récoltes achevées.

Ainsi, Naja kaouthia et Naja atra sont couramment vendus dans le centre du pays. Le prix du second est environ trois fois inférieur à celui du premier, qui possède une peau de bien meilleure qualité. Un grand nombre de serpents sont également exportés. Leur cuir sert à la confection d'articles de luxe. Avant les contrôles imposés par le gouvernement thaïlandais sur les exportations de cuir, de nombreux serpents ont ainsi été sacrifiés pour leur peau. Actuellement, les populations locales prennent de plus en plus conscience du rôle positif des serpents dans la régulation des densités de rongeurs. Malheureusement, l'industrie des produits issus des serpents n'est que très mal contrôlée et ces reptiles paient encore chaque année un lourd tribut. 13 espèces d'élapidés, dont 11 du genre naja, sont toutefois inscrites à l'Annexe II de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction).