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Ghana

Nom officiel : République du Ghana

Carton de situation - Ghana
Drapeau du Ghana
Drapeau du Ghana

État d'Afrique de l'Ouest baigné au sud par l'océan Atlantique, le Ghana est limité à l'est par le Togo, au nord par le Burkina, à l'ouest par la Côte d'Ivoire.
Le Ghana est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 240 000 km2
  • Nombre d'habitants : 25 905 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Ghanéens
  • Capitale : Accra
  • Langue : anglais
  • Monnaie : cedi
  • Chef de l'État : John Dramani Mahama
  • Chef du gouvernement : John Dramani Mahama
  • Nature de l'État : république
  • Constitution :
    • Adoption : 28 avril 1992
Pour en savoir plus : institutions du Ghana

GÉOGRAPHIE

Au Sud, recouvert par la forêt dense, trouée par les plantations de cacaoyers (principale ressource du Ghana), s'oppose le Nord, pays de savanes. Le sous-sol fournit un peu d'or, de diamants, de manganèse et de bauxite (la production d'aluminium étant liée à l'aménagement hydraulique d'Akosombo). L'exploitation de gisements de pétrole (dont celui de Jubilee) dans le golfe de Guinée a commencé, prometteuse pour l'économie du pays. Cet État anglophone est l'une des rares démocraties d'Afrique.

1. Les régions

Situé entre les 5e et 11e degrés de latitude nord, le Ghana s'allonge, comme d'autres États du golfe de Guinée, des latitudes subéquatoriales aux pays soudaniens au nord. Il offre donc des paysages naturels contrastés depuis la savane de l'arrière-pays, au climat sahélien, jusqu'aux forêts denses tropicales qui bordent le littoral atlantique. On peut distinguer trois grandes régions : les savanes du Nord et du Centre, la région forestière du Sud-Ouest, les plaines du Sud-Est et leur arrière-pays montagneux.

Pays de savane, le nord et le centre du Ghana sont parcimonieusement arrosés par des pluies d'été, qui permettent l'existence d'une forêt très clairsemée. Le soubassement, apparent à l'ouest et au nord, est formé de granite et de gneiss. Il disparaît, au centre et à l'est, sous une épaisse couverture de grès ; celle-ci, qui couvre 45 % du pays, engendre des paysages monotones de plaines et de bas plateaux. Cet ensemble régional est peu peuplé ; c'est un pays rural où se sont développés une civilisation du mil et un élevage pastoral de bovins. La ville la plus importante est Tamale. Il n'existe pas de voies ferrées et le réseau routier est peu dense.

Le Sud-Ouest – qui englobe l'ancien royaume achanti – est une région forestière de climat semi-équatorial. Il reçoit entre 1 200 et 2 000 mm de pluies par an, selon un rythme à deux saisons des pluies et à deux saisons sèches. C'est un pays bien peuplé, doté d'une agriculture active, de mines et d'industries, et équipé d'un bon réseau urbain et portuaire. On y cultive traditionnellement les « racines vivrières » (manioc, igname, taro) et le riz sous pluie, mais c'est le cacao qui constitue la principale richesse agricole de la région. La forêt dense est trouée de plantations de cacaoyers, exploitées en petites propriétés, la plupart se trouvant en pays achanti. Le Ghana est le deuxième producteur mondial de cacao (410 000 tonnes en 2000), mais les exportations ont chuté (241 000 tonnes en 1995, contre 320 000 en 1977). Le Sud-Ouest est également la grande région minière du pays, grâce à la minéralisation de très vieux plissements : on y extrait de l'or, des diamants, du manganèse et de la bauxite. La plupart des gisements miniers sont compris à l'intérieur du triangle desservi par la voie ferrée Accra-Kumasi-Takoradi. Les principales villes sont Sekondi-Takoradi, port d'exportation du bois, du cacao et des minerais, Kumasi et la ville universitaire de Cape Coast.

La troisième région est beaucoup moins étendue que les deux autres. Les plaines côtières du Sud-Est sont entièrement dominées par l'activité économique de la conurbation Accra-Tema, sur le golfe de Guinée. Avec Tema, ville industrielle née du barrage géant (Akosombo) édifié sur la Volta, qui fournit l'énergie mais dont le niveau est soumis aux aléas climatiques, l'ensemble urbain dépasse le million d'habitants. Une même ethnie, les Éwés, peuple la région située de part et d'autre de la frontière méridionale avec le Togo, ce qui est une source de conflit récurrent entre les deux pays.

2. Les activités et la population

Les activités et la population, majoritairement rurale, se concentrent au sud-ouest d'une ligne Kumasi-Tema. L'agriculture (cacao, tubercules, céréales, élevage bovin et ovin) représente 10 % du P.I.B. Malgré le relatif renouveau de la production de cacao, le Ghana tente de diversifier ses exportations agricoles (fruits, maïs, arachides). Le secteur industriel (7 % du P.I.B.) continue à s'appuyer sur la production minière. Le pays se situe derrière l'Afrique du Sud pour la production d'or. Le gisement de pétrole de Jubilee, dans le golfe de Guinée, possède des réserves estimées à 700 millions de barils. Son exploitation a commencé en 2010. Les ventes de cacao représentent toujours le principal poste des exportations : le Ghana en est le deuxième producteur mondial. Mais les recettes se sont réduites en raison de la chute du cours du cacao et de l'or. La Grande-Bretagne, l'Allemagne et les États-Unis sont les principaux partenaires commerciaux du Ghana. La Chine a prêté en 2011 3 milliards de dollars pour la construction d'infrastructures. Mais la balance commerciale reste déficitaire, en raison des achats de biens d'équipement et de produits manufacturés.

HISTOIRE

1. Période pré-coloniale

1.1. Les royaumes

Dans la zone de la savane existent depuis la fin du xive siècle des royaumes mossis, mampoursis, dagombas, nanumbas, qui ont peu à peu intégré un certain nombre de sociétés sans État, d'autres demeurant totalement réfractaires, comme les Tallensis. Entre ces royaumes et les Akans du Sud s'installent les Akans du Nord, ou Brons, les mieux connus étant les Bonos (aujourd'hui Takyimans), qui, au début du xviiie siècle, passent sous contrôle achanti.

Des musulmans mandingues, les Dioulas (ou Dyoulas), se fixent près de Bouna, où un petit royaume sera fondé au xviie siècle par des Mossis, ainsi qu'à Wa. La cité de Begho, à partir du milieu du xve siècle, connaît la prospérité grâce au commerce de l'or effectué entre les Dioulas (dont la présence est signalée à Elmina vers 1500) et les Akans, jusqu'à sa destruction par ceux-ci au début du xviiie siècle. Les techniques d'exploitation de l'or alluvial et filonien, importées du Bambouk et du Bouré, stimulent la production. Celle-ci, dirigée d'abord vers le nord par l'intermédiaire des caravanes transsahariennes, est sollicitée aussi par les commerçants européens sur la côte ; d'où rivalité pendant les xvie et xviie siècles, jusqu'à ce qu'à la fin de cette période la part des esclaves l'emporte dans les transactions.

C'est peut-être à l'occasion d'une expédition punitive envoyée par le roi du Mali pour s'emparer de l'or qu'est fondé au xvie siècle, après le sac de Bouna, le royaume de Gondja. Le xviiie siècle voit l'affrontement entre Gondja et Dagomba, qui se termine par la victoire du second.

2. La colonisation européenne

2.1. Premiers comptoirs

Les Portugais atteignent en 1471 la côte de la région qui sera désignée sous le nom de Côte-de-l'Or ou Gold Coast ; ils créent en 1482 le comptoir de São Jorge da Mina, mais en sont expulsés par les Hollandais, attirés comme eux par les profits du commerce des esclaves (1637). Les Anglais, à leur tour, installent des bases fortifiées, détruites par l'amiral Ruyler en 1664-1665. Marchands suédois, danois, brandebourgeois et français se précipitent à leur tour sur cette côte, si bien qu'en 1700 on compte 35 comptoirs fortifiés.

Le royaume akan d'Akwamu est créé vers 1500 dans l'arrière-pays d'Elmina par des Akans du Nord. Au milieu du xviie siècle, sa capitale, Nyanaoase, devient plus puissante qu'Accra. Deux autres royaumes, denkyéra et fanti (les Fantis venant de Bono), émergent au xviie siècle. Le royaume achanti apparaît à son tour à la fin du siècle et s'étend considérablement autour de Kumasi.

2.2. La colonisation britannique

La Gold Coast, colonie de la Couronne

Les Anglais commercent par l'intermédiaire de la Compagnie royale africaine (1672-1700), fondatrice d'Accra et d'Ouidah, puis de la Compagnie africaine des marchands (1750-1821). L'abolition de la traite en 1807 apporte de nombreuses perturbations. À partir de 1828, les intérêts britanniques sont confiés à un Comité des marchands de Londres. Dès 1824, les commerçants britanniques interviennent dans les affaires de l'intérieur du pays, sans soutien officiel jusqu'à la dissolution du Comité en 1843. La Gold Coast est rattachée à la Sierra Leone. Les forts danois sont rachetés en 1850, et les forts hollandais en 1872. La Gold Coast devient colonie de la Couronne en 1874.

Les États fantis, qui interdisent aux Achantis l'accès à la mer, sont défaits en 1807 par ces derniers, qui accroissent leur influence politique dans le Nord, développant le commerce avec la savane et facilitant la pénétration de l'islam vers le sud. Les Achantis infligent en 1824 un échec sanglant aux Britanniques à Insamankou (ou Nsamankow). Les hostilités s'intensifient après 1863. Pour sauver les Fantis, écrasés en 1873, sir Garnet Wolseley prend et brûle Kumasi en 1874.

Achèvement de la colonisation britannique

Cherchant à contrôler l'arrière-pays, le Royaume-Uni se heurte à la France aux confins de la Côte d'Ivoire et à l'Allemagne, installée au Togo en 1884, avec laquelle un accord est conclu en 1889. La convention de Paris (14 juin 1898) définit les zones d'influences française et anglaise, et fixe les frontières entre les colonies. L'Achanti est annexé en 1901. En 1902, tout le Ghana actuel devient colonie de la Couronne, avec le protectorat sur le Nord, l'Achanti et la colonie côtière.

La Grande-Bretagne se consacre alors à la mise en valeur de la colonie. Après le déclin de la culture du café, les plantations de cacoyers deviennent rapidement la propriété des Noirs ; il en résulte un capitalisme rural africain qui sera la base de la fortune de la Gold Coast à partir de 1900 (premier producteur mondial dès 1911) ; vingt ans plus tard, l'effort sera porté vers une diversification de l'économie agricole.

3. Depuis l'indépendance

3.1. Vers l'indépendance

Kwame Nkrumah, père de l'indépendance

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Kwame Nkrumah accélère le mouvement vers l'indépendance. La Constitution de 1948 accorde la majorité aux Africains au sein du Conseil législatif, mesure jugée insuffisante. L'UGCC (United Gold Coast Convention), parti d'intellectuels et de commerçants, réclame bien l'autonomie, mais Kwame Nkrumah le quitte pour fonder en 1949 le Convention People's Party (CPP), qui recrute ses adhérents dans le prolétariat urbain, les cadres venant de la petite bourgeoisie.

En 1950, K. Nkrumah lance une campagne de désobéissance accompagnée de nombreuses grèves et est incarcéré sous inculpation de rébellion. Les élections de 1951 (à la suite d'une nouvelle Constitution) voient le triomphe du CPP. K. Nkrumah est libéré et nommé Premier ministre. Une opposition de droite (chefs, planteurs, intellectuels) dirigée par le Dr Kofi Abrefa Busia s'organise à partir de 1954, tandis que K. Nkrumah, collaborant avec les Britanniques, développe les équipements du pays, grâce aux fonds de l'Office de commercialisation du cacao, sans opérer de réformes de structure. Aux nouvelles élections de 1956, le CPP remporte les trois quarts des sièges, et la Grande-Bretagne doit se résoudre à proclamer l'indépendance en 1957. C'est alors qu'est adopté le nom de Ghana.

3.2. La présidence de Nkrumah (1960-1966)

À la suite des élections de 1960, une nouvelle Constitution est approuvée et K. Nkrumah est élu président de la République. Cette dernière a été proclamée le 1er juillet 1960, le Ghana demeurant dans le Commonwealth.

Si K. Nkrumah, à l'extérieur, se fait l'avocat prestigieux du neutralisme et du panafricanisme (conférence d'Addis-Abeba, mai 1963), sa politique intérieure déçoit. Hésitant entre le libéralisme, le socialisme africain, le socialisme marxiste, il choisit, en 1961, de se rapprocher de la Guinée et du Mali, États socialistes marxistes, avec lesquels il forme l'Union (très éphémère) des États africains (UEA). Les rapports avec les États-Unis vont en se détériorant, tandis que des relations étroites s'établissent avec l'Union soviétique et les pays de l'Est. Divers attentats (en 1962, 1963 et 1964) démontrent le malaise intérieur. En 1964, la répression se fait plus dure. Le parti unique est institué, en même temps que se développe le culte de la personnalité de l'« Osagyefo » (le Rédempteur).

À la suite des élections de 1960, une nouvelle Constitution est approuvée et K. Nkrumah est élu président de la République. Cette dernière a été proclamée le 1er juillet 1960, le Ghana demeurant dans le Commonwealth.

Si K. Nkrumah, à l'extérieur, se fait l'avocat prestigieux du neutralisme et du panafricanisme (conférence d'Addis-Abeba, mai 1963), sa politique intérieure déçoit. Hésitant entre le libéralisme, le socialisme africain, le socialisme marxiste, il choisit, en 1961, de se rapprocher de la Guinée et du Mali, États socialistes marxistes, avec lesquels il forme l'Union (très éphémère) des États africains (UEA). Les rapports avec les États-Unis vont en se détériorant, tandis que des relations étroites s'établissent avec l'Union soviétique et les pays de l'Est. Divers attentats (en 1962, 1963 et 1964) démontrent le malaise intérieur. En 1964, la répression se fait plus dure. Le parti unique est institué, en même temps que se développe le culte de la personnalité de l'« Osagyefo » (le Rédempteur).

3.3. L'instabilité politique (1966-1982)

En 1966, l'armée, profitant d'un voyage de K. Nkrumah en Chine, s'empare du pouvoir et constitue un Conseil de libération nationale, présidé par le général Ankrah. La dénationalisation des entreprises aggrave encore la situation économique. Des tensions persistent par ailleurs au sein du Conseil de libération, entraînant arrestations et démissions.

En 1969, une vie politique pluraliste reprend avec la création de plusieurs partis, et les militaires cèdent la place aux civils. Aux élections législatives qui suivent, le parti du Progrès obtient la majorité et son président, le Dr Busia, devient Premier ministre. La IIe République est instaurée, le général E. Akufo-Addo devenant président quelques mois plus tard. Malgré l'aide occidentale, le Dr Busia ne parvient pas à redresser l'économie. La position dominante des Achantis, l'expulsion des ressortissants étrangers africains, un rapprochement avec l'Afrique du Sud suscitent le mécontentement.

L'agitation politique et sociale incite les militaires à reprendre le pouvoir en 1972 (peu avant la mort de Nkrumah, réfugié en Guinée), avec à leur tête le général Ignatius Kutu Acheampong. Mais l'armée se révèle incapable de remédier à la dramatique crise économique (la famine sévit en 1975-1976 et en 1977-1978). La bourgeoisie réclame le retour à un régime démocratique.

En 1978, une révolution de palais écarte le général Acheampong au profit du général William Fred Akuffo, et une Assemblée constituante est réunie en décembre. Elle élabore une nouvelle Constitution de type présidentiel et prévoit des élections pour le 18 juin 1979. Mais le 4 juin 1979 a lieu un nouveau coup d'État, fomenté par des jeunes officiers subalternes, des sous-officiers et des soldats dirigés par un capitaine d'aviation, Jerry Rawlings. Des généraux (dont les anciens chefs de l'État Akuffo et Acheampong) sont exécutés, mais les élections ont lieu à la date prévue et sont remportées par le National People's Party (NPP) du Dr Hilla Limann. Celui-ci, élu président de la République le 9 juillet 1979, s'efforce, en vain, de lutter contre l'inflation et d'assainir la situation socio-économique.

3.4. Jerry Rawlings et le retour à la démocratie

Critiquant la mauvaise gestion économique et la corruption du gouvernement civil, le capitaine Rawlings reprend le pouvoir par un nouveau coup d'État, le 31 décembre 1981, renversant le président Limann.

Jerry Rawlings suspend la Constitution, interdit les partis politiques et dirige le pays à la tête d'un Provisional National Defence Council (PNDC), qui entreprend de lutter contre la corruption et la contrebande. Le PNDC met en œuvre deux Economic Recovery Programs en 1983 et 1985, suivis en 1987 d'un programme d'ajustement structurel. Il parvient ainsi à rétablir la situation économique en réduisant de façon drastique les dépenses publiques. Une nouvelle Constitution, approuvée par référendum en avril 1992, permet le retour au multipartisme (mai).

J. Rawlings remporte dès le premier tour (avec 58 % des voix) l'élection présidentielle pluraliste organisée en novembre, mais les formations de l'opposition boycottent les élections législatives de décembre. La IVe République, mise en place en janvier 1993, met un terme à dix ans de régime militaire. Plusieurs partis d'opposition réussissent en revanche à s'entendre pour présenter un candidat commun à l'élection présidentielle de décembre 1996, John Kufuor. Mais celui-ci est largement battu par J. Rawlings, dont le parti, le National Democratic Congress (NDC), l'emporte aussi aux élections législatives.

En politique étrangère, le capitaine Rawlings – sa mère est une Éwé, de l'ethnie divisée par la frontière entre Togo et Ghana – a dû faire face aux tensions qui surgissent périodiquement entre les deux pays. À plusieurs reprises, Lomé et Accra se sont réciproquement accusées de soutenir les complots ou les attaques – parfois meurtrières – de leurs opposants respectifs, notamment en 1986 et 1994.

3.5. John Kufuor ou l'alternance (2001-2009)

Aux élections législatives et présidentielle de décembre 2000, les Ghanéens infligent une défaite historique au camp du président sortant, J. Rawlings. Ainsi, la principale formation d'opposition, New Patriotic Party (NPP), frôle la majorité absolue au Parlement en obtenant 99 sièges sur 200, tandis que son représentant John Kufuor arrive largement en tête au second tour de la présidentielle (57,4 % des voix), devant le vice-président John Evans Atta Mills, dauphin de J. Rawlings, dans l'impossibilité constitutionnelle de briguer un troisième mandat. Le départ volontaire de ce dernier –, au terme de près de 19 années de règne ininterrompu – suivi de l'élection de J. Kufuor, marquent la première alternance pacifique du Ghana.

Le nouveau chef de l'État se trouve confronté aux problèmes de l'inflation, d'une situation économique dégradée (provoquée notamment par la chute des prix de l'or et du cacao, les deux principaux produits d'exportation du pays) et du lourd héritage de son prédécesseur. En 2001, le gouvernement décide d'adhérer à l'initiative PPTE (pays pauvres très endettés), programme de réduction des dettes géré par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), avant de lancer un plan d'aide sociale urgente en faveur d'une population dont un tiers vit dans le dénuement. En quatre ans, le taux d'inflation a été réduit de 42 à 12 %, la chute du cedi, contenue ; la croissance économique s'est maintenue.

Surnommé le « géant débonnaire », J. Kufuor est réélu au premier tour de l'élection présidentielle du 7 décembre 2004 avec 52,4 % des suffrages devant John Evans Atta Mills (44,6 %), candidat du principal parti d'opposition, le National Democratic Congress (NDC). Son parti, le New Patriotic Party (NPP), sort également victorieux des élections législatives tenues le même jour. Alors qu'il est en train de sortir du groupe des pays à faible revenu, affichant désormais l'une des économies les plus performantes d'Afrique et ayant effacé quasiment sa dette, le pays célèbre ainsi les 50 ans de son indépendance le 5 mars 2007 en présence de 23 chefs d'État africains et de représentants de haut niveau de pays occidentaux, de la Chine, de la Russie et de l'Iran ainsi que du président de la Banque mondiale.

3.6. John Evans Atta Mills (2009-2012), John Dramani Mahama (2012-)

Les 7 et 28 décembre 2008, la succession de J. Kufuor se déroule dans des conditions de transparence saluées par les observateurs internationaux en dépit des fortes tensions entre les deux principaux partis en lice. Tandis que sa formation, le NDC, remporte 113 sièges contre 109 au NPP, J. E. Atta Mills est légèrement devancé par Nana Akufo-Addo au premier tour de scrutin, mais l'emporte d'extrême justesse (50,23 % des voix) au second tour – un résultat finalement reconnu par le NPP, conformément aux vœux du président sortant – et entre officiellement en fonctions le 7 janvier 2009.

Le 11 juillet, cette alternance démocratique exemplaire et la « bonne gouvernance » du pays, sont saluées par le président des États-Unis, Barack Obama, dans son discours prononcé devant le Parlement à l'occasion de sa première visite en Afrique subsaharienne. J. E. Atta Mills voit son mandat marqué par le début de l'exploitation du pétrole offshore (décembre 2010) découvert en 2007. Mais le 24 juillet 2012, il meurt brusquement, alors qu’il s’apprêtait à se représenter à l’élection présidentielle prévue en décembre après avoir très largement remporté la primaire au sein de son parti.

Le vice-président John Dramani Mahama assure l’intérim avant de se présenter comme candidat à la présidence. Avec 50,7 % des suffrages, il l’emporte face à N. Akufo-Addo au terme d’une campagne électorale centrée sur la meilleure manière d’utiliser la nouvelle manne pétrolière. Mais, pour la première fois depuis le début des alternances démocratiques, le résultat est contesté par l’opposition malgré la reconnaissance internationale de la victoire du président sortant.

Confronté à une crise économique due à l'effondrement des cours des matières premières (or et cacao notamment) et du pétrole, à un déficit budgétaire qui se creuse (10,5 % du budget de l'État en 2013), à une inflation en hausse et à une dépréciation du cedi, J. D. Mahama décide en 2014 de recourir à l'aide du FMI. En désaccord depuis 2010 – date de la découverte d'un important gisement offshore dans une zone maritime revendiquée par le Ghana et la Côte d'Ivoire –, les deux pays ayant échoué dans leurs nombreuses tentatives de conciliation bilatérale ont porté leur différend devant le Tribunal international du droit de la mer (TIDM) à Hambourg, qui doit rendre un avis définitif en 2017.