En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies

pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d'intérêts et réaliser des statistiques.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Mali

Nom officiel : République du Mali

Carton de situation - Mali
Drapeau du Mali
Drapeau du Mali

État d'Afrique occidentale, le Mali est bordé au nord et au nord-est par l'Algérie, à l'est par le Niger, au sud-est par le Burkina, au sud par la Côte d'Ivoire, au sud-ouest par la Guinée et le Sénégal et à l'ouest par la Mauritanie.

  • Superficie : 1 240 000 km2
  • Nombre d'habitants : 15 302 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Maliens
  • Capitale : Bamako
  • Langue : français
  • Monnaie : franc C.F.A.
  • Chef de l'État : Ibrahim Boubacar Keïta
  • Chef du gouvernement : Modibo Keïta
  • Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
  • Constitution :
    • Adoption : 12 janvier 1992
    • Entrée en vigueur : 25 février 1992
Pour en savoir plus : institutions du Mali

GÉOGRAPHIE

Ce vaste pays (plus du double de la superficie de la France), enclavé, est situé pour la majeure partie dans la zone sahélienne et même saharienne.

Le Nord et le Centre appartiennent au Sahara et à sa bordure ; c'est le domaine de l'élevage nomade (bovins et surtout ovins et caprins), fondement de l'économie d'un pays très pauvre, qui souffre de l'absence de débouché maritime et de ressources minérales notables. Le Sud, plus humide et mis partiellement en valeur par les travaux réalisés dans les vallées du Sénégal et du Niger (Macina), fournit du mil et du sorgho, du riz, du coton, de l'arachide. Le tourisme (Tombouctou, Pays dogon) a été ruiné par le terrorisme islamique et aujourd'hui par l'état de guerre. La population, en quasi-totalité islamisée, est formée, au N., de Sahéliens, blancs, nomades (Maures, Touareg), et, au S., de Noirs (Bambara surtout).

1. Le milieu naturel

1.1. Le relief

Adossé au sud de la Dorsale guinéenne par l'intermédiaire de la retombée septentrionale du Fouta-Djalon, le Mali est centré autour de la cuvette du Niger moyen occidental et pénètre jusqu'au Sahara. C'est un pays plat relevé sur ses bords. Le territoire s'inscrit dans deux vastes triangles juxtaposés, traversés par le cours supérieur du Sénégal environ un tiers de ses 1 700 km) et par le cours moyen du Niger (1 700 km sur 4 200).

La plus grande partie du pays constitue la cuvette du Niger, un vaste ensemble de bassins et de plaines recouverts de dépôts sédimentaires continentaux, pour l'essentiel tertiaires et quaternaires. Au centre sud, le bassin du Macina est occupé par le « delta intérieur » du fleuve Niger.

Au sud, le long de la zone frontalière, des massifs anciens sont disséqués en blocs creusés de gorges profondes et parfois couronnés d'inselbergs. Plus au nord, de part et d'autre du Niger, les plateaux Mandingues à l'ouest et le plateau de Bandiagara à l'est, formés de roches sédimentaires gréseuses anciennes, s'élèvent de 200 à 500 m au-dessus de la plaine du socle par l'intermédiaire de « falaises » verticales. Ces falaises sont des cuestas tournées vers l'extérieur, au relief vigoureux, mais à l'altitude modeste :
– plateaux et falaises de Sikasso et de Bandiagara au sud-est (700 à 800 m en moyenne) ;
Adrar des Iforas dans le nord saharien ;
– plateaux ou monts mandingues au sud-ouest, avec des falaises et plateaux de grès (700 à 800 m).

Le socle précambrien se dégage en contrebas (bassins de la haute Falémé et du Baoulé), près de la frontière sénégalo-guinéenne. Le plateau de Bandiagara se prolonge vers l'est par les monts du Gourma.

1.2. Le climat

Le climat, tropical, varie du sud vers le nord.

Au sud du 14e parallèle, il est soudanien et soudano-sahélien, avec alternance d'une saison sèche (six à huit mois de l'année, d'octobre-novembre à mai-juin) d'abord fraîche, puis chaude, et d'une saison humide, domaine de la savane. Les précipitations passent de 1 200 à 600 mm. A Bamako, le total annuel des précipitations est de 1 100 mm, qui tombent surtout de juin à septembre, pour une température moyenne annuelle de 28 °C.

Plus au nord, la durée de la saison sèche augmente et les précipitations diminuent encore. Cette zone sahélienne steppique est comprise entre les isohyètes de 100 et de 400 mm (250 000 km2).

Il peut même ne plus pleuvoir tous les ans : de sahélien le climat devient aride dans le Sahara (300 000 km2). L'harmattan, qui souffle vers l'océan durant la saison sèche, accentue l'aridité. A Tombouctou, le total annuel des précipitations est de 225 mm, qui tombent surtout de juin à septembre, pour une température moyenne annuelle de 29 °C. Le Niger introduit cependant un microclimat le long de sa vallée : les écarts thermiques entre le jour et la nuit faiblissent et l'humidité relative est plus forte.

1.3. Les cours d'eau

Le réseau hydrographique regroupe le haut cours du Sénégal et le cours moyen du Niger. Le Sénégal coule à l'ouest du pays, le Niger le traverse du sud-ouest vers le nord-est. Le tracé en boucle du Niger, entamant profondément vers le nord la zone sahélienne et touchant la zone désertique, y apporte localement l'eau et la vie. Le Niger présente de fortes pentes et est coupé de rapides jusqu'à Koulikoro. A partir de Ségou, sa pente devient très faible et, avec son affluent, le Bani, il constitue un vaste delta intérieur. Après le coude de Gao, le Niger quitte la cuvette du moyen Niger occidental pour entrer dans la cuvette du moyen Niger oriental, et sa pente s'accentue de nouveau (rapides d'Ansongo). Son régime reflète assez fidèlement le rythme des précipitations avec des débits faibles à nuls en saison sèche et de hautes eaux en hivernage. Cependant on note un déplacement de la crue dans le temps de l'amont vers l'aval, en raison de la longueur de la distance à parcourir et de la diminution de la pente du lit mineur, notamment dans le delta intérieur, ce qui freine la vitesse des eaux (hautes eaux en août-septembre en amont de Bamako, en janvier seulement à Kahara, port de Tombouctou). Deux biefs sont navigables aux hautes eaux : Bamako-Kouroussa (374 km, juillet-septembre) et Koulikoro-Ansongo (1 300 km, juillet-janvier).

1.4. Les sols

Les meilleurs sols sont dans la vallée du Niger. Ailleurs, ils sont acides et souvent cuirassés.

1.5. La végétation

Dans le Sud, le paysage végétal est celui de la forêt claire ou des forêts-galeries, exploitées pour le bois de construction et les plantes à vertu médicinale. Plus au nord se trouve la savane avec tapis de graminées sous un étage arboré de karités, de nérés et de balanzans. En milieu soudano-sahélien, la savane se peuple d'épineux et passe progressivement à une steppe buissonnante à mimosées ou herbeuse. L'ensemble est bien fourni en baobabs, palmiers-doum et en graminées piquantes, tel le cram-cram. En milieu désertique, toute végétation disparaît et cède la place aux dunes de sable. L'usage domestique du bois et la crise climatique aggravent le processus de désertification. Par contre, les cuvettes profondes du Niger sont envahies par les hautes herbes du « bourgou ».

2. La population et l'économie

2.1. Le peuplement

La population, en quasi-totalité islamisée, est formée, au Nord, de Sahéliens, blancs, nomades (Maures, Touareg) et, au Sud, de Noirs (Bambaras surtout).

Les Bambaras sont les plus nombreux (36 % de la population globale), devant les Peuls (13 %), les Sénoufos (9 %), les Soninkés (8 %), les Dogons (8 %), les Songhaïs (7 %), les Malinkés (6 %), les Dioulas (2 %), les Bwabas (2 %), les Touareg (1 %), les Maures ou Berbères (1 %). Ces découpages ethniques se retrouvent par ailleurs, dans une certaine mesure, dans la répartition socioprofessionnelle : les Bambaras, les Dogons et les Sénoufos sont pour la plupart paysans ; les Bozos, pêcheurs ; les Markas et les Malinkés, traditionnellement commerçants, constituent l'essentiel de la population urbaine ; les Touareg, les Peuls (Foulanis) et les Maures, nomades, sont en majorité éleveurs.

Le caractère désertique ou semi-désertique d'une partie du territoire explique la faiblesse du peuplement (la densité moyenne est inférieure à 15 habitants par km2) et la très inégale répartition de la population. Le rapport entre le Nord, domaine des Touareg nomades (régions de Tombouctou et de Gao), et le Centre-Sud (Ségou, Bamako, Sikasso), voué à l'agriculture sédentaire, est de l'ordre de 1 à 20, mais la densité n'atteint jamais des valeurs très élevées. Le Mali fait preuve, depuis de nombreuses années, d'un fort dynamisme démographique, avec l'un des taux de natalité les plus élevés d'Afrique et un nombre d'enfants par femme très élevé, supérieur à 6. Corrélativement, la population est très jeune (près de la moitié de la population a moins de 15 ans), le taux de mortalité infantile est élevé et l'espérance de vie est faible.

Parallèlement, l'urbanisation s'est accélérée depuis une trentaine d'années. Bamako a vu sa population multipliée par cinq entre 1960 et 1990, et le pays compte plusieurs centres secondaires, comme Mopti, Ségou, Gao, Sikasso, Kayes. Terre très accessible, le Mali a accueilli au cours des siècles des groupes humains venus de tout l'Ouest africain. Inversement, ses habitants font souvent preuve d'une grande mobilité, émigrant facilement au gré des opportunités de travail, mais généralement de façon temporaire. Le Mali est un foyer d'émigration vers la Côte-d'Ivoire, le Sénégal, l'Afrique centrale et la France.

La langue mandingue des commerçants dioulas est très largement parlée – ou au moins comprise – sur la quasi-totalité du territoire. Ces brassages de population ont également favorisé la pénétration de l'islam, aujourd'hui très fortement majoritaire (90 % des Maliens sont musulmans).

2.2. Les langues

La langue officielle est le français. Le bambara est, dans plusieurs régions, la langue véhiculaire.

Trois principales familles de langues africaines sont représentées au Mali :
1) la sous-famille des langues nigéro-congolaises, groupe mandé (bambara, soninké [ou sarakolé], dioula, malinké, xassonké, bobo-fing) ; groupe gur (bobo-oulé, sénoufo, dogon) ; groupe ouest-atlantique (peul) ;
2) la famille nilo-saharienne, sous-famille songhaï-zarma ;
3) la famille afro-asiatique, sous-famille berbère (tamacheq, la langue des Touareg) ; sous-famille sémitique (arabe hassaniya).

2.3. L'agriculture

Pays enclavé, dénué de ressources minérales facilement exploitables, le Mali fonde son économie sur l'agriculture. Il a longtemps été considéré comme le grenier de l'Afrique de l'Ouest, mais la croissance démographique et la sécheresse ont très fortement réduit ses capacités exportatrices.

Le Nord et le centre appartiennent au Sahara et à sa bordure. C'est le domaine de l'élevage nomade (bovins et surtout ovins et caprins), fondement de l'économie d'un pays très pauvre.

Le développement de cultures nouvelles (riz, arachide), à côté des traditionnels mils et sorghos, remonte à la période coloniale. L'Office du Niger, créé au début des années 1930, fut la première opération de développement d'envergure réalisée en Afrique francophone (riz irrigué, auquel s'est ajoutée la canne à sucre). Malgré bien des vicissitudes, il est toujours en activité. L'intervention publique a aussi porté sur l'arachide et, avec beaucoup plus de succès, sur le coton : le Mali est, en effet, devenu le second producteur africain après l'Égypte. Avec l'urbanisation et la mise en service d'avions-cargos sont apparues des cultures maraîchères et fruitières, mais l'exportation de ces productions doit faire face à une âpre concurrence. Les techniques agricoles ont profondément évolué, ce dont témoignent le rapide essor de la culture attelée et l'emploi croissant d'engrais et de pesticides (qui varie, cependant, avec le revenu des paysans). Malgré les aléas climatiques, le cheptel (bovins et surtout ovins et caprins), grande richesse des populations pastorales berbères du Nord (Touareg et Maures), est aujourd'hui reconstitué.

Les trois grands barrages qui ont été édifiés ont donné lieu à de vastes aménagements : Manantali sur le Sénégal, Sélingué et Markala sur le Niger. Le barrage de Markala, qui date de 1934 et draine le canal du Sahel, avait été conçu pour développer la culture du coton, produit dépendant à l'origine des achats du Royaume-Uni. La zone aménagée est peuplée de colons. Le barrage de Manantali, construit pendant les années 1980, intéresse directement les trois pays (Mali, Sénégal, Mauritanie) qui sont regroupés au sein de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS).

2.4. L'industrie

Durant la période socialiste, c'est-à-dire jusqu'à la fin des années 1960, le Mali s'est efforcé de développer son industrie avec l'aide des pays de l'Est et de la Chine. Les entreprises publiques ainsi créées n'étaient guère viables, du fait de nombreuses erreurs de conception et de leur mauvaise gestion administrative. Aujourd'hui, le secteur secondaire se consacre à la transformation des productions locales (rizeries, huileries, tanneries, égrenage du coton) et à la fabrication de biens de consommation courante (boissons, chaussures, cigarettes). Sa part dans le produit intérieur brut reste faible. Les activités « informelles » sont en revanche omniprésentes et fournissent de nombreux emplois, y compris en milieu rural.

Le pays connaît une croissance continue depuis le début des années 2000, tirée par l'expansion des services (télécommunications) et par la production d'or (troisième producteur africain).

2.5. Les transports

Le pays souffre de l'absence de découchés maritimes. Les communications avec l'extérieur constituent un enjeu vital pour le Mali. Elles se sont beaucoup améliorées et diversifiées. Le chemin de fer Dakar-Bamako a perdu son quasi-monopole avec la concurrence de la route et, en particulier, de l'axe Bamako-Abidjan. Le « bitume » relie aussi la capitale malienne au Nigeria, via le Burkina et le Niger. D'importants investissements chinois sont réalisés. Les échanges transfrontaliers, qui échappent en grande partie aux statistiques, sont considérables. Ils s'appuient sur des réseaux commerciaux complexes et efficaces, capables de réagir très rapidement aux événements (variations du change, par exemple).

2.6. Les ressources minérales

Le pays souffre de l'absence de ressources minérales notables. Des gisements d'or sont exploités dans l'ouest et dans le sud-ouest. Le Mali est le troisième producteur d'or d'Afrique, derrière l'Afrique du Sud et le Gabon. L'or représente 15 % du produit intérieur brut et constitue la principale exportation depuis 2011.

2.7. Le tourisme

Le tourisme (Tombouctou, Pays dogon) est mis à mal par la progression du terrorisme islamiste.

Les sites du Mali inscrits à l'Unesco

Le Mali compte quatre sites classés au patrimoine mondial de l'Unesco :
–  Tombouctou ;
–  villes anciennes de Djenné ;
–  falaises de Bandiagara (Pays dogon) ;
–  tombeau des Askia.

2.8. Un pays dépendant

Le secteur industriel – traditionnellement peu développé – devrait se doter à court terme d'unités de transformation et de valorisation du coton. Peu urbanisé et connaissant un accroissement démographique annuel élevé, une balance commerciale toujours déficitaire et un fort endettement extérieur, le pays dépend très largement de l'aide internationale et de l'argent envoyé par ses ressortissants à l'étranger.

Pour en savoir plus, voir l'article Mali : histoire.