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le Sahara

en arabe al-Ṣahrā’

Lac d'oasis au Sahara
Lac d'oasis au Sahara

Le plus grand désert du monde, en Afrique, couvrant plus de 8 millions de km2 (recevant moins de 100 mm d'eau par an), entre l'Afrique du Nord méditerranéenne et l'Afrique subsaharienne, l'océan Atlantique et la mer Rouge.

Le Sahara est un ensemble politiquement fractionné. De part et d'autre du tropique du Cancer, il s'étend sur une dizaine d'États : le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, l'Égypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali et la Mauritanie. Ce découpage frontalier, aujourd'hui assumé par les États africains, est toutefois source de contestations par les populations locales (fédération touareg), de revendications territoriales (Sahara occidental), de conflits et de mouvements de populations réfugiées. Pour les États du Maghreb ou du Makrech tournés vers la Méditerranée, les territoires sahariens constituent des arrières pays en voie d'intégration. Pour plusieurs États saharo-sahéliens (Mali, Niger, Tchad, Soudan), l'enclavement s'ajoute à l'aridité.

Le Sahara représente le modèle des déserts chauds, caractérisé par des étés longs et torrides, des contrastes thermiques (annuels et journaliers) accentués, une sécheresse extrême de l'air, la grande irrégularité et la rareté des pluies. Pourtant, se frontières connaissent la pluie : en automne, au nord, en été, au sud.
Le Sahara, peu peuplé hormis le couloir du Nil, dispose de ressources, principalement souterraines (phosphates, hydrocarbures, nappes aquifères fossiles). Il est aussi propice à un tourisme d'aventure, contrarié par une insécurité endémique.
Le Sahara est un espace convoité. Les enjeux géopolitiques et économiques des espaces sahariens suscitent de nombreuses convoitises entre de multiples acteurs internes à l'Afrique ou extérieurs : zones d'influence, contrôle de territoires, exploitation de ressources (pétrole, uranium, par exemple). Ces convoitises se manifestent dans les investissements en provenance, le plus souvent, d'autres parties du monde, et s'expriment, entre autres, dans les conflits intra et interétatiques dont les populations subissent les effets, conjugués à ceux de la mal gouvernance.

GÉOGRAPHIE

1. Le milieu naturel

1.1. Le climat

Le Sahara, un désert zonal caractéristique

Le Sahara est l'exemple le plus caractéristique du désert zonal, lié à la présence à cette latitude des hautes pressions subtropicales, séparées des basses pressions équatoriales par le F.I.T. (front intertropical). C’est le balancement saisonnier de cette ceinture anticyclonale qui engendre les divers types de temps rencontrés. Les hautes pressions centrées sur le Sahara sont responsables de la sécheresse, qui peut être très intense (l’humidité relative est descendue à 2,3 % à Tamanrasset).

Des pluies très faibles

Cette sécheresse explique l'indigence des précipitations annuelles. Les pluies sont particulièrement irrégulières au centre, et les plus faibles pluviosités sont enregistrées dans les plaines centrales de l'erg Chech et du Tanezrouft, ou dans les plaines orientales, au Fezzan (moins de 5 mm). Les moyennes n’ont d’ailleurs aucune signification, car la variabilité interannuelle des précipitations est très grande (159 mm à Tamenghest [Tamanrasset] une année, 6,4 mm une autre). Dans le Sahara septentrional, les pluies sont le plus souvent fines ; les pluies diluviennes y sont exceptionnelles, alors qu’elles sont plus fréquentes dans le Sahara central, où elles peuvent éventrer les maisons et transformer la palmeraie en bourbier. Au Nord, les pluies tombent à l'automne à l'Ouest, pendant l'hiver ou au printemps vers l'Est. Au Sud, les pluies de la mousson d'été s'avancent jusqu'au Zemmour à l'Ouest.

Dans les hauts massifs (Hoggar, Tibesti), des nuances climatiques apparaissent cependant avec l'altitude ; les précipitations sont plus fréquentes et les températures absolues moins fortes.

Des vents redoutables

Plus redoutées que les pluies, les tempêtes de sable peuvent provoquer des catastrophes. Elles se produisent généralement lorsqu’une dépression atlantique se rapproche de l’Afrique du Nord. L’alizé sec qui souffle du nord-est se transforme alors en vent venant du sud qui provoque une élévation de température (c’est la cheheli du Sahara du Nord, l’irifi du Sahara atlantique, le khamsin d’Égypte, le sirocco des Européens). La force de ce vent s’accroît, et un mur de sable qui peut cacher le soleil se forme à l’horizon.

De très fortes chaleurs

L'absence de nuages a pour conséquence une très forte insolation, le maximum d'ensoleillement étant enregistré à Adrar avec près de 4 000 heures par an. L’apport de chaleur solaire est maximal, et les 58 °C enregistrés à Aziziyya (Libye) le 3 septembre 1922 constituent un record mondial. En Algérie, à In-Salah, en 1941, le thermomètre n’est jamais descendu au-dessous de 48 °C pendant 45 jours de suite ; la moyenne du mois le plus chaud s’y établit à 36,8 °C. Les amplitudes des températures entre le jour et la nuit sont importantes (de 15 à 30 °C), mais, les maisons conservant la chaleur du jour, beaucoup d’oasiens dorment sur les terrasses ou sur le sable des dunes. En hiver, les moyennes de janvier s’établissent généralement entre 10 et 20 °C (12,1 °C à Timimoun, 20,9 °C à Faya, au Borkou), mais les minimums absolus inférieurs à 0 °C ne sont pas rares (2 ou 3 jours de gelée par an en moyenne à Timimoun), surtout dans les régions d’altitude élevée, où le thermomètre peut descendre à − 10 °C. D’une façon générale, l’amplitude annuelle est bien plus forte dans le Sahara du Nord (où elle peut même l’emporter sur l’amplitude diurne) que sur les marges du Sahara, où le gel est souvent inconnu. Sur la façade atlantique du Sahara, la proximité de l’océan entraîne un accroissement de l’humidité relative, une forte nébulosité, des précipitations occultes, mais les pluies ne se déclenchent pas par suite de l’existence du courant froid longeant la côte de l’Afrique (les vents humides de l’océan s’assèchent en pénétrant en été sur le continent surchauffé).

1.2. Le relief

Le Sahara est caractérisé par des horizons plats : plus de la moitié de la surface du désert est un reg, plaine semée ou non de cailloux laissés sur place par le vannage éolien. Les paysages sont immenses et monotones. Le Ténéré et le Tanezrouft ont une topographie quasi-plane. Le socle affleure à l’ouest, mais est couvert de sédiments principalement continentaux ailleurs.

Les montagnes, rares, correspondent à des bombements à grand rayon de courbure du socle qui réapparaît alors au milieu de sa couverture sédimentaire et est souvent surmonté de reliefs d’origine volcanique qui déterminent les points culminants (cas des aiguilles et des dykes de trachytes et de phonolites au Hoggar : Tahat, 2 818 m). Cette dorsale de terrains cristallins antécambriens se suit, d'Ouest en Est, par le Tiris, les Eglab, le Hoggar et le Tibesti. Le plus élevé de ces massifs est le Tibesti, dans le nord du Tchad, qui culmine à 3 415 m (Emi Koussi). D'immenses coulées volcaniques se sont étalées aussi en Libye et des manifestations éruptives d'importance plus réduite se sont produites jusqu'en Mauritanie. Dans les régions déprimées sont conservées des formations sédimentaires de couverture : grès primaires des plateaux de Mauritanie (Zemmour, Adrar et Tagant, djebel Hank), plateaux gréseux du pourtour du Hoggar (les tassilis, comme le tassili des Ajjer). grès du continental intercalaire (crétacé inférieur), marnes et calcaires du crétacé, dépôts éocènes de la cuvette du Tindouf, des plateaux du Tademaït algérien, de Tinghert, de la Hamada el-Homra, du Mezak, enfin formations tertiaires, généralement continentales.

Les plaines des régions cristallines sont dominées par des reliefs résiduels. Les plateaux sédimentaires sont limités par de longues falaises et leurs surfaces rocheuses et nues forment les hamadas tabulaires. Les hamadas sont une surface constituée par l’affleurement d’une couche résistante et correspondant souvent à un plateau en roche dure (calcaire pour la hamada el-Homra, en Libye, le Tademaït algérien).

Les dunes ne couvrent qu’une partie relativement modeste du Sahara (moins du cinquième). Elles sont rarement isolées (barkhanes) sauf dans le désert égyptien, mais se groupent fréquemment en massifs (ergs), formés par la réunion de cordons alignés parallèlement à la direction des vents dominants (nord-est) et séparés par des couloirs (feidj, lorsqu’ils sont creusés dans le sable ; gassi, si le plancher est un reg) qui servent de voies de passage pour les caravanes. Sur ces cordons, les dunes se rassemblent parfois en pyramides appelées ghroud (ghourd au singulier). Les ergs les plus importants sont situés dans le Sahara algérien (Grand Erg occidental et Grand Erg oriental), dans le Sahara central (erg Chech et ergs de Libye) ou dans le Sahara méridional (Ouaran).

Certaines régions sont situées au-dessous du niveau de la mer : les dépressions fermées à fond salé du sud de l’Aurès descendent jusqu’à − 31 m au chott Melrhir (le terme de chott désigne le pâturage situé au bord de ces dépressions, appelées sebkhas ; par extension, il désigne la sebkha elle-même). La dépression de Qattara, dans le nord-ouest de l’Égypte, est à − 133 m.

1.3. L'écoulement des eaux

Le Sahara est un désert sans écoulement extérieur : c'est le domaine de l’aréisme et de l’endoréisme. Pourtant, les marques de l’érosion fluviale sont nombreuses, et les réseaux de vallées témoignent de l’existence de climats plus humides dans le passé. Le Nil, né hors du Sahara, est le seul fleuve qui réussit à le traverser. Ailleurs, l'écoulement des oueds, encaissés dans des massifs montagneux, n'est que temporaire et se perd dans des dépressions fermées (endoréisme) où se trouvent des cuvettes salines (sebkha). Lorsque ces vallées n'ont pas d'écoulement superficiel, elles ont souvent un écoulement souterrain (inféroflux) et constituent une zone de prédilection pour la végétation à la recherche d’humidité.

1.4. La végétation et la faune

La rareté de la végétation

La sécheresse explique la rareté de la végétation, souvent limitée dans les lits d'oueds, aux ergs ou diffuse en touffes espacées de graminées, de légumineuses ou de composées. La végétation est représentée par un petit nombre d’espèces. Les mêmes paysages végétaux, les mêmes associations sont rencontrés sur de vastes espaces. On y observe peu d'arbres (acacias, tamaris). L’adaptation à la sécheresse se traduit par la taille réduite des arbres et des arbustes, qui ne possèdent que de petites feuilles ou des épines (ce qui limite l’évaporation), alors que les racines sont très développées. Des arbustes isolés, comme les cyprès du Tassili ou les oliviers du Hoggar, subsistent dans des refuges particuliers. La strate basse est dispersée, plus variée, formée de graminées, de composées, de crucifères et d'ombellifères. Les épisodes pluviaux du Quaternaire ont entraîné une invasion de la flore méditerranéenne ou de la flore tropicale suivant les cas, et une grande partie de la flore est résiduelle. Celle-ci est ailleurs très rare et adaptée à la sécheresse (taille réduite, épines, racines très développées).

Au Nord, l'Atlas saharien marque la limite septentrionale du désert, qui atteint la mer en Libye et en Égypte. Au Sud, aucun accident de relief ne permet de fixer une limite bien tranchée : celle-ci est constituée par la bordure sahélienne, où apparaît le cram-cram (Cenchrus biflorus), graminée à graines piquantes typique du Sahel, qui nécessite des pluies d'été relativement régulières et forme alors un tapis continu, tandis que les touffes vertes du had (Cornulaca monacantha), qui caractérisent le désert, ont disparu. Mais la transition entre désert et steppe sahélienne est loin d’être brutale.

Une vie animale adaptée au milieu aride

Les animaux sont économes en eau, comme le dromadaire, rapides, comme le fennec; la gerboise, l'antilope addax, ou encore enterrés dans le sol durant le jour, comme la vipère à cornes. La vie animale est présente jusque dans les zones les plus arides, où peuvent vivre insectes, petits rongeurs (gerbille), hyènes, parfois gazelles et antilopes. Oryx, chacal, guépard, varan, scorpion, vipère des sables, daman des rochers complètent la liste des hôtes du désert. L'adax, grande antilope présente dans le Ténéré, peut rester plusieurs jours, voire une année entière, sans boire. Parmi les espèces adaptées au milieu aride se trouve aussi la grande gerboise, rongeur passant ses journées à l'abri dans un terrier.

Le fennec, petit renard aux grandes oreilles, est bien implanté. Le chameau, appelé ainsi bien qu'il s'agisse en fait d'un dromadaire (il n'a qu'une bosse), est le maître incontestable de l'endurance en milieu aride : il est, depuis qu'il a été importé d'Arabie pour remplacer le cheval, le « moteur » des routes caravanières.

1.5. Le Sahara au quaternaire

Le Sahara n'est pas un désert immuable. Divers indices témoignent de périodes plus humides durant lesquelles la zone aride a changé d'emplacement, se rétractant ou se déplaçant vers le sud ou vers le nord.

Ce grand désert a probablement connu plusieurs périodes humides pendant le quaternaire, comme en témoigne l'organisation en réseau hydrographique d'innombrables vallées sèches et d'îlots de végétation.

2. Population et économie

2.1. La population

On estime à environ 1,5 à 2 millions le nombre d'habitants au Sahara (vallée du Nil exclue), dont la moitié environ de nomades. Mais le nombre de ces derniers diminue sans cesse, au fur et à mesure que l'économie moderne pénètre le désert et que l'administration des États sahariens accroît son emprise, amenant les nomades à abandonner leur genre de vie traditionnel pour se fixer près des localités déjà occupées par les sédentaires. Cet abandon des activités pastorales peut passer par un stade intermédiaire de semi-nomadisme, mais il correspond souvent à un processus de prolétarisation, car les nomades sont mal adaptés à leur nouvelle vie : aristocrates du désert, souvent réfractaires à tout travail manuel, ils vivent aujourd'hui misérablement.

Trois groupes humains vivent au Sahara : Tedas, Touareg, Maures.

2.2. L'agriculture

L’agriculture n’est possible que s’il y a irrigation ou au moins présence d’une nappe phréatique. Aussi les zones cultivées sont-elles ponctuelles et restreintes aux oasis. C’est là que vivent les sédentaires, dans des villages (ksur, singulier ksar) aux maisons construites en briques d’argile pure (tin) ou d’un mélange d’argile et de paille (toub). Le toit est constitué par une terrasse.

Une typologie des oasis peut reposer sur les procédés d’irrigation. Certaines oasis cultivent en bour (sans irrigation), car la nappe phréatique est proche de la surface (c’est le cas des palmeraies du Fezzan, en Libye). Dans le Souf, en Algérie, on creuse des dans le sable des entonnoirs d’une quinzaine de mètres de profondeur, ce qui permet aux palmiers qu’on y place d’avoir leurs racines à l’humidité. Sur le rebord de l’Atlas, les oasis du Draa, au Maroc, s’étirent le long des rivières descendues de la montagne et sont ainsi toujours alimentées en eau par simple dérivation (seguia). Les sources sont plus rares, mais Rhadamès, Djanet sont arrosées de cette manière.

Les puits à traction animale sont très répandus dans le Mzab, et les puits à balancier se rencontrent dans tout le Sahara (Saoura, Touat…). Les oasis situées sur le pourtour du plateau de Tademaït utilisent largement les galeries souterraines (foggaras). Le palmier-dattier (Phoenix dactylifera) constitue la ressource essentielle (les oasis de l'oued Rhir, en Algérie, constituent l'une des premières zones productrices de dattes du monde), mais il est complété par la culture de céréales : blé et orge au nord, sorgho et petit mil au sud, encore que le blé soit cultivé en pleine zone sahélienne. S’ajoutent divers légumes (fèves, pois, lentilles dans le Sahara du Nord, haricots au Fezzan, pour ce qui concerne les légumes d’hiver ; courge, melon, pastèque, tomate, piment en été). On trouve aussi des plantes non alimentaires : tabac en particulier dans le Souf et le Touat. Toutes les pratiques culturales se font à la main sur des exploitations minuscules, qui sont généralement insuffisantes pour assurer la subsistance des exploitants, surtout que ceux-ci, généralement, ne sont pas propriétaires, mais métayers (khanmès) ou journaliers et doivent payer une redevance pour l’utilisation de l’eau.

2.3. Les ressources minières

C'est l'exploitation des ressources minières qui a permis une intégration véritable du Sahara dans l'économie moderne. Grâce à l'Algérie et à la Libye, le Sahara fournit du pétrole et du gaz naturel. Grâce au Sahara occidental, il produit du phosphate et grâce à l'Aïr (Niger), il fournit de l'uranium. Le Sahara recèle du minerai de fer ; seule la Mauritanie en exploite.

3. Les dates clés de la découverte et de l'exploration du Sahara

Les dates clés de la découverte et de l'exploration du Sahara

DATES CLÉS DE LA DÉCOUVERTE ET DE L'EXPLORATION DU SAHARA



19 avant J.-C. : le Romain Cornelius Balbus Minor parvient au Fezzan.

Fin du Ier siècle avant J.-C. : traversée hypothétique du Sahara par le Romain Julius Maternus.

1352-1353 : voyage d'Ibn Battuta au Sahara et à l'empire du Mali.

Début du XVIe siècle : voyage à Tombouctou de Léon l'Africain, Arabe qui se convertira au christianisme.

1798-1801 : Friedrich Konrad Hornemann (Allemand) visite la Tripolitaine et est assassiné peut-être au Bornou.

1821 : les Anglais Dixon Denham et Oudney, avec l'Écossais Hugh Clapperton, traversent le Sahara, de Tripoli au Tchad.

1826 : le major Alexander Gordon Laing (Écossais) est assassiné près de Tombouctou.

1828 : visite de Tombouctou par René Caillié.

1850 : les Allemands Heinrich Barth et Overweg traversent le Sahara avec l'Anglais James Richardson.

1859-1861 : voyage de Henri Duveyrier (Français) au Sahara.

1862-1878 : voyages de Gerhard Rohlfs (Allemand) au Sahara.

1869-1875 : voyage de Gustav Nachtigal (Allemand) au Tibesti et au Ouadaï.

1881 : massacre de la mission de Paul Flatters (Français) au sud de Ouargla.

1883 : voyage de Charles de Foucauld (Français) dans le Sud marocain.

1899 : mission des Français Fernand Foureau et François Lamy de l'Algérie aux régions tchadiennes. Mission du géologue Georges Flamand (Français) au Tademaït et au Tidikelt.

1899-1901 : reconnaissances d'Edmond Maria René de Segonzac (Français) dans le Sud marocain.

1913 : le commandant Tilho (Français) cartographie le Tibesti et l'Ennedi.

1926 et suivantes : nombreuses expéditions de Théodore Monod (Français).

HISTOIRE

1. La préhistoire et la protohistoire

Le Sahara a connu plusieurs périodes humides au cours du quaternaire, attestées par l'aspect du relief, les restes d'une végétation de type méditerranéen et les sites préhistoriques ornés de peintures rupestres.

Au paléolithique y vécurent des chasseurs-cueilleurs dont le nombre diminua à la suite d'une phase d'assèchement. Au néolithique ancien se développa une très importante population, sans doute noire, de pêcheurs, de chasseurs, d'éleveurs et même de cultivateurs. Près de 30 000 peintures et gravures ont été recensées depuis 1874. Elles ont été regroupées en trois périodes (celle des troupeaux, celle du cheval et celle du chameau). Le reste, d'une conception symbolique, qui relève de la période dite « archaïque », serait la plus ancienne forme d'art africain.

Pour en savoir plus, voir les articles néolithique, paléolithique

2. L'Antiquité

La route des chars, reliant le golfe des Syrtes à la région de Gao, sur le Niger, fut établie au Ier millénaire avant J.-C. par les Libyens et les Garamantes. Elle déclina à partir du ive siècle avant J.-C. à la suite d'une phase de sécheresse qui rendit impossible l'usage du cheval. Celui-ci fut peu à peu remplacé à partir du iie siècle avant J.-C. par le dromadaire, venu d'Arabie.

Le Sahara était alors traversé par des courants commerciaux qui amenaient l'or du Soudan vers la Cyrénaïque, et sans doute aussi l'ivoire, les plumes d'autruche et les esclaves. Le dromadaire permit aux grands nomades et aux Berbères d'Afrique du Nord de profiter du recul de la puissance romaine pour contrôler le désert et imposer leur loi aux sédentaires des régions bordières du Sahara. Les Berbères développèrent le commerce caravanier entre le monde méditerranéen et l'Afrique noire en utilisant les « ports sahariens » (Ghana, Aoudaghost).

3. L'islamisation

Après avoir imposé leur domination aux Berbères d'Afrique du Nord, les Arabes traversèrent le désert et atteignirent l'Afrique noire (viiie siècle), s'installant au Sahara par vagues successives jusqu'à l'époque contemporaine. Les populations sahariennes furent ainsi islamisées, arabisées, voire vassalisées ; seules celles qui étaient protégées par la dureté des conditions naturelles, comme les Touareg, gardèrent leurs coutumes. Le commerce caravanier s'amplifia grâce aux débouchés offerts par l'empire musulman.

Les peuples arabes ou arabisés et les Berbères du désert (→ Sanhadjas, Zénètes) intervinrent au Maghreb (mouvement des Almoravides, xie-xiie siècle) et progressèrent vers le Sahel. Ils en islamisèrent peu à peu les habitants et renversèrent les empires (→ Ghana, en 1076) qui contrôlaient le commerce transsaharien, qu'ils assurèrent désormais.

En 1591, les Marocains anéantirent l'Empire songhaï.

Pour en savoir plus, voir l'article Berbères,

3. De la colonisation à la décolonisation

Au xixe siècle commença l'exploitation du désert par les Européens. Après s'être installés au nord et sur les côtes occidentales du continent, ils cherchèrent à relier leurs différents territoires. Les Français occupèrent Laghouat (1852), Tombouctou (1893).

Des colonnes venues d'Algérie, du Soudan et du Congo firent leur jonction au Tchad (1898-1900). Mais la liaison entre le Maroc et la Mauritanie ne fut réalisée qu'en 1934.

Les Espagnols créèrent la colonie du Río de Oro (1884-1886). Les Italiens s'établirent en Tripolitaine et en Cyrénaïque (1911-1912). Les découvertes minières et pétrolières, la volonté des populations de recouvrer leur indépendance poussèrent à la décolonisation de la région (1951-1976).

Pour en savoir plus, voir les articles colonisation, décolonisation.