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Sahara occidental

anciennement Sahara espagnol

Région du nord-ouest de l'Afrique, sur l'Atlantique, de part et d'autre du tropique du Cancer, correspondant à l'ancien Sahara espagnol.

  • Population : 355 519 hab. (recensement de 2004)
  • Nom des habitants : Sahraouis

Sur cette façade atlantique du désert saharien, la proximité de l'Océan entraîne un accroissement de la nébulosité (et des précipitations occultes), mais les vents humides s'assèchent en été en pénétrant sur le continent surchauffé.

Le Sahara occidental est essentiellement peuplé de Maures, établis entre les rives du Draa et celles du Sénégal. Pour la plupart, ce sont des Berbères islamisés et arabophones. Les principales tribus sont : Bérabichs, Braknas, Douaïchs, Kountas, Ouled Delim, Ouled M'Bark, Ouled Naceur, Sahraouis, Tadjakants, Trarzas.

Le nomadisme pastoral des Sahraouis a presque disparu depuis que le Front Polisario lutte contre les autorités marocaines. Ces dernières ont édifié, entre 1980 et 1987, un mur de 2 750 km de long, entre la montagne et la mer, pour protéger de ses attaques la région économiquement la plus utile, avec le gisement de phosphate de Bou Craa, dont l'exploitation, commencée en 1973, mais interrompue ensuite par la guerre, a repris en 1982 (l'exportation se faisant par le port d'El-Aiun) ; Smara, capitale religieuse des musulmans malékites, est aussi protégée, mais Dakhla (anciennement Villa Cisneros) se trouve à l'extérieur de la zone ceinturée par le mur.

HISTOIRE

1. Le Sahara espagnol

En 1884, l'Espagne déclare sous sa protection la région du Río de Oro, allant du cap Bojador au cap Blanc, après avoir conclu des accords avec les chefs des tribus locales. À l'issue de la conférence de Berlin (1884-1885), l'Espagne voit reconnus ses « droits » sur les territoires du Sahara. Les premières négociations entre l'Espagne et la France pour établir leurs zones d'influence respectives dans l'Afrique occidentale débutent en 1886. Elles aboutissent à trois accords successifs :
– le traité de Paris du 27 juin 1900 fixe les frontières méridionales et orientales du Rio de Oro.
– la convention de Paris du 3 octobre 1904 fixe la frontière septentrionale englobant le Saguia el-Hamra et la zone de Tarfaya jusqu'à l'oued Draa.
– la convention de Madrid du 27 novembre 1912 confirme ces frontières et limite celle de l'enclave d'Ifni.

Le Sahara dit espagnol comprend alors le Río de Oro, Saguia el-Hamra et la zone de Tarfaya qui deviendra un protectorat sous le nom de Maroc méridional espagnol. La présence espagnole reste cependant limitée aux zones côtières jusqu'aux années 1930.

Dès 1966, aussi bien l'ONU que l'Organisation de l'unité africaine (OUA) poussent l'Espagne à renoncer à sa colonie et à entamer des négociations avec le Maroc. Mais ce dernier, déjà en conflit ouvert avec l'Algérie à propos du tracé de leur frontière commune (guerre des sables, 1963-1964), s'oppose par ailleurs aux revendications de la Mauritanie sur le Sahara espagnol. De la sorte, l'Espagne de Franco s'emploie à préserver ses intérêts dans la région.

2. Le conflit du Sahara occidental

2.1. Naissance du Front Polisario

En 1974, l'Espagne décide de se retirer. En août, le roi Hasan II fait connaître les prétentions du Maroc sur le Sahara espagnol, puis conclut en décembre avec le président de la Mauritanie, Moktar Ould Daddah, un accord secret de partage.

Les visées maroco-mauritaniennes sont combattues par le Front Polisario (Front pour la libération de la Saguia el-Hamra et du Río de Oro), mouvement de libération nationale du peuple sahraoui créé en mai 1973 avec l'appui de l'Algérie et de la Libye. Le Front Polisario exige la création d'un État sahraoui indépendant, solution que préconisent également la Cour internationale de justice (CIJ) [octobre 1975] et une mission d'enquête des Nations unies (novembre 1975). La CIJ confirme d'une part l'existence « de liens juridiques d'allégeance entre le sultan du Maroc et certaines des tribus vivant sur le territoire du Sahara occidental », mais ne confirme l'existence « d'aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental d'une part, le Royaume du Maroc ou l'ensemble mauritanien d'autre part », et avalise la solution d'un référendum d'autodétermination. La résolution 34/37, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU le 21 novembre 1979, désigne le Polisario comme « le représentant du peuple du Sahara occidental ».

2.2. La « Marche verte » et le retrait de l'Espagne

Le roi Hasan II appelle alors son peuple à une « Marche verte » rassemblant 350 000 personnes. Le cortège pénètre symboliquement dans le Sahara occidental (novembre 1975), avant de rebrousser chemin vers le Maroc. L'Espagne est alors contrainte d'abandonner le territoire et d'en transférer l'administration au Maroc et à la Mauritanie (accords de Madrid du 14 novembre 1975). Le Maroc se réserve la Saguia el-Hamra, qui recouvre les trois cinquièmes du Sahara occidental et recèle d'importantes richesses minières (pétrole et surtout gisements de phosphates de Bou Craa) ; la Mauritanie s'empare du Tiris el-Gharbia.

2.3. La République arabe sahraouie démocratique (RASD)

Le Front Polisario et l'Algérie réagissent. Au lendemain du départ du dernier soldat espagnol, le 27 février 1976, le Front Polisario proclame la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et engage ses combattants (3 000 en 1976, 12 000 en 1979) dans une guérilla contre l'armée mauritanienne et les forces royales marocaines.

L'Algérie, de son côté, reconnaît la RASD, expulse 30 000 travailleurs marocains (décembre 1975) etrompt ses relations diplomatiques avec le Maroc et la Mauritanie ; enfin, elle apporte aux maquisards sahraouis un soutien matériel et des bases de repli sur son territoire.

2.4. Le harcèlement du Front Polisario contre la Mauritanie

Jusqu'en juillet 1978, le Front Polisario concentre ses attaques sur la Mauritanie, considérée comme le maillon faible de l'axe Rabat-Nouakchott. La capitale mauritanienne subit deux assauts (juin 1976 et juillet 1977). Le centre minier de Zouerate et la voie ferrée qui le relie à Nouadhibou sont la cible privilégiée des raids sahraouis, qui entraînent l'intervention des forces françaises stationnées à Dakar (décembre 1977).

Devant l'incapacité de l'armée mauritanienne à faire face aux raids du Polisario, un contingent marocain de 10 000 hommes est dépêché dans les principales villes (Zouerate, Atar, Nouadhibou, etc.).

En juillet 1978, le Front Polisario décrète un cessez-le-feu unilatéral avec la Mauritanie, en espérant que les successeurs d'Ould Daddah (renversé en juillet) renonceront au Tiris el-Gharbia. Dès lors, les maquisards sahraouis dirigent leurs attaques exclusivement contre la Saguia el-Hamra, et plus particulièrement contre le « triangle » El-Aiun-Smara-Bou Craa.

En décembre 1978, l'Assemblée générale des Nations unies se prononce en faveur du droit à l'autodétermination des Sahraouis ; la XVIe assemblée des chefs de l'État et de gouvernement de l'OUA adopte (juillet 1979) une position similaire. En outre, la RASD est déjà reconnue par 70 États.

En août 1979, la Mauritanie et le Front Polisario signent, à Alger, un accord de paix. Nouakchott abandonne ses prétentions sur le Tiris el-Gharbia, qui est immédiatement occupé par le Maroc.

2.5. Guerre d'embuscades Front Polisario-Maroc et guerre diplomatique

Le dégagement mauritanien laisse face à face l'armée marocaine et les maquisards sahraouis, qui multiplient leurs attaques. En novembre 1979, l'Assemblée générale de l'ONU condamne l'occupation du Sahara occidental par le Maroc. Toutefois, sur le terrain, le Polisario est à la recherche de son second souffle, face à la contre-offensive déclenchée par les Forces armées royales, en mai 1980, et l'édification, à partir de 1980, d'un « mur de sable » destiné à protéger le Sahara utile (phosphates de Bou Craa, villes de Smara et El-Aiun), à interdire au Polisario l'accès à l'Atlantique et à verrouiller les frontières mauritanienne et algérienne. Le Polisario tente de reprendre l'intiative sur les terrains militaire (bataille de Guelta Zemmour, 1981 ; opération Grand Maghreb, 1984) et diplomatique.

L'admission de la RASD comme membre de l'OUA (février 1982) devient officielle au sommet d'Addis-Abeba en novembre 1984, provoquant le retrait du Maroc de l'organisation panafricaine. En 1985 et 1986, sous l'égide des Nations unies, les pourparlers indirects engagés entre le Maroc et le Polisario n'aboutissent pas. Mais, en 1988, le rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et l'Algérie favorise l'accord des différentes parties concernées par le conflit sur un plan de paix proposé par l'ONU. L'Algérie retire son appui militaire et financier au Front Polisario.

2.6. Le plan de paix onusien : un référendum d'autodétermination

Après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu (6 septembre 1991), la Mission des Nations unies pour l'Organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) se déploie pour veiller à son respect. Pour relancer un processsu de paix enlisé, le secrétaire État américain James Baker est nommé en 1997 envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU au Sahara occidental. À trois reprises, en 2001, 2002 et 2003, il propose des plans de sortie de crise ; tous sont rejetés.

Les tractations reprennent en 2007, quand le Maroc présente aux Nations unies un plan de large autonomie, soutenu par les États-Unis et la France. Cependant, le Front Polisario et l'Algérie refusent toute solution qui ne comporte pas l'option de l'indépendance du territoire contesté.

En 2013, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, évoquant une crainte partagée par plusieurs États d'éventuelles retombées du conflit malien sur l'ensemble du territoire sahraoui, prolonge d'un an le mandat de la MINURSO et entrouve pour la première fois l'élargissement de son mandat aux droits de l'homme ; cependant l'initiative des États-Unis, qui présentent un projet de résolution proposant la création d'une mécanisme de surveillance des droits de l'homme intégré à la MINURSO, est catégoriquement rejetée par le royaume chérifien.

Pour en savoir plus, voir les articles histoire de l'Espagne, histoire du Maroc, Maroc : vie politique depuis 1961, Sahara.