Région d'Afrique, sur l'Atlantique, de part et d'autre du tropique du Cancer.
Façade atlantique du Sahara, elle recèle d'importants gisements de phosphates.
En 1974, l'Espagne décide de se retirer de ce territoire. Celui-ci constituait jusqu'alors la province du Sahara (→ Sahara espagnol), qui comprenait les territoires du Río de Oro, de la Saguia el-Hamra et de Tarfaya. (Cette dernière région est devenu marocaine dès 1958). En août 1974, le roi Hasan II fait connaître les prétentions du Maroc sur le Sahara espagnol, puis conclut en décembre avec le président de la Mauritanie, Moktar Ould Daddah, un accord secret de partage. Les visées maroco-mauritaniennes sont combattues par le Front Polisario (Front pour la libération de la Saguia el-Hamra et du Río de Oro), mouvement de libération nationale du peuple sahraoui créé en mai 1973 avec l'appui de l'Algérie. Le Polisario exige la création d'un État sahraoui indépendant, solution que préconise également une mission d'enquête des Nations unies (novembre 1975) et la Cour internationale de justice (CIJ) [octobre 1975].
Le roi Hasan II appelle alors son peuple à une « Marche verte » rassemblant 350 000 personnes. Le cortège pénètre symboliquement dans le Sahara occidental (novembre 1975), avant de rebrousser chemin vers le Maroc. L'Espagne accepte alors de transférer l'administration du Sahara occidental au Maroc et à la Mauritanie (accords de Madrid du 14 novembre 1975). Le Maroc se réserve la Saguia el-Hamra, qui recouvre les trois cinquièmes du Sahara occidental et recèle d'importantes richesses minières (pétrole et surtout gisements de phosphates de Bou Craa) ; la Mauritanie s'empare du Tiris el-Gharbia.
Le Polisario et l'Algérie réagissent. Le Front proclame la République arabe sahraouie démocratique (RASD) le 27 février 1976, et engage ses combattants (3 000 en 1976, 12 000 en 1979) dans une guérilla contre l'armée mauritanienne et les forces royales marocaines. L'Algérie expulse 30 000 travailleurs marocains (décembre 1975), reconnaît la République sahraouie, rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc et la Mauritanie et apporte aux maquisards un soutien matériel et des bases de repli sur son territoire.
Jusqu'en juillet 1978, le Polisario concentre ses attaques sur la Mauritanie, considérée comme le maillon faible de l'axe Rabat-Nouakchott. La capitale mauritanienne subit deux assauts (juin 1976 et juillet 1977). Le centre minier de Zouerate et la voie ferrée qui le relie à Nouadhibou sont la cible privilégiée des raids sahraouis, qui entraînent l'intervention des forces françaises stationnées à Dakar (décembre 1977).
Devant l'incapacité de l'armée mauritanienne à faire face aux raids du Polisario, un contingent marocain de 10 000 hommes est dépêché dans les principales villes (Zouerate, Atar, Nouadhibou, etc.). En juillet 1978, le Front Polisario décrète un cessez-le-feu unilatéral avec la Mauritanie, en espérant que les successeurs d'Ould Daddah renonceront au Tiris el-Gharbia. Dès lors, les maquisards sahraouis dirigent leurs attaques exclusivement contre la Saguia el-Hamra, et plus particulièrement contre le « triangle » El-Aiun-Smara-Bou Craa.
En décembre 1978, l'Assemblée générale des Nations unies se prononce en faveur du droit à l'autodétermination des Sahraouis ; la XVIŭe des chefs de l'État et de gouvernement de Organisation de l'unité africaine (OUA) adopte (juillet 1979) une position similaire. En outre, la RASD est déjà reconnue par 70 États.
En août 1979, la Mauritanie et le Front Polisario signent, à Alger, un accord de paix. Nouakchott abandonne ses prétentions sur le Tiris el-Gharbia, qu'occupe immédiatement le Maroc. Le dégagement mauritanien laisse face à face l'armée marocaine et les maquisards sahraouis, qui multiplient leurs attaques. En novembre 1979, l'Assemblée génréle de l'ONU condamne l'occupation du Sahara occidental par le Maroc. Toutefois, sur le terrain, le Polisario est à la recherche de son second souffle, face à la contre-offensive déclenchée par les Forces armées royales, en mai 1980, et l'édification, à partir de 1981, de « murs » destinés à protéger le « Sahara utile » (phosphates de Bou Craa, villes de Smara et El-Aiun), à interdire au Polisario l'accès à l'Atlantique et à verrouiller les frontières mauritanienne et algérienne. Le Polisario tente de reprendre l'intiative sur les terrains militaire (bataille de Guelta Zemmour, 1981 ; opération Grand Maghreb, 1984) et diplomatique. L'admission de la RASD comme membre de l'OUA (février 1982) devient officielle au sommet d'Addis-Abeba en novembre 1984, provoquant le retrait du Maroc de l'organisation panafricaine. En 1985 et 1986, sous l'égide des Nations unies, les pourparlers indirects engagés entre le Maroc et le Polisario n'aboutissent pas. Mais, en 1988, le rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et l'Algérie favorise l'accord des différentes parties concernées par le conflit sur un plan de paix proposé par l'ONU. Après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, la Mission des Nations unies pour l'Organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) se déploie pour veiller à son respect. En 2001, un nouvel accord-cadre (plan Baker I) est proposé par l'ONU mais il est rejeté par le Front Polisario, qui le juge trop favorable au Maroc. Les tractations reprennent en 2007, quand le Maroc présente aux Nations unies un plan en vue d'octroyer l'autonomie au Sahara occidental. Cependant, le Front Polisario et l'Algérie refusent toute solution qui ne comporte pas l'option de l'indépendance du territoire contesté.
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