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Empire colonial britannique

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Empire colonial britannique

Expression qui désigne jusqu'en 1931 l'ensemble des territoires reconnaissant la souveraineté de la Couronne britannique.

La fin de la guerre de Cent Ans, la perte de ses domaines continentaux amènent l'Angleterre à se tourner vers la mer, à la recherche de nouveaux marchés commerciaux. De plus, les grandes découvertes et la fondation des empires coloniaux espagnol et portugais au XVIe s. la placent dans une situation nouvelle, sur la route des échanges et du grand commerce avec le Nouveau Monde. Sous Élisabeth Ire, les Anglais vont disputer de plus en plus âprement les terres nouvelles aux Espagnols et aux Portugais ; c'est l'époque où vont se distinguer les grands marins comme John Hawkins, Francis Drake, Walter Raleigh. Avec le XVIIe s. s'ouvre l'époque de la colonisation. De grandes compagnies à charte s'organisent (fondation de la Compagnie des Indes orientales, 1600) et d'importantes colonies de peuplement apparaissent en Amérique du Nord. En 1606, la Virginie (que les Anglais avaient explorée dès 1584) reçoit sa charte ; en 1612, les Bermudes sont occupées, tandis que les Pères pèlerins (Pilgrim Fathers) fondent en 1620 la communauté de Plymouth, noyau de la Nouvelle-Angleterre. La puissance maritime anglaise s'affirme, et de nouveaux territoires sont arrachés aux puissances concurrentes : Barbade (1627), Bahamas (1648), Jamaïque (1655). La conquête des territoires hollandais (Nouvelle-Amsterdam, 1664) achève la formation en un seul bloc des colonies anglaises d'Amérique (Virginie, Maryland, les deux Carolines ainsi que la Nouvelle-Angleterre). De son côté, la Compagnie des Indes orientales s'installe à Madras (1639), à Bombay (1668) et à Calcutta (1690). À partir du XVIIIe s., un véritable empire est créé et méthodiquement exploité en vue du profit commercial, selon la théorie du pacte colonial. Ce développement va opposer l'Angleterre à l'Espagne, toujours présente sur le continent américain, et à la France, qui poursuit son expansion outre-mer. Les conflits qui vont en résulter sont les deux principales occasions d'agrandissement pour l'Angleterre. Le traité d'Utrecht (1713) lui donne Gibraltar et Minorque, l'Acadie, les territoires de la baie d'Hudson ; celui de Paris (1763), le reste de l'Amérique française au N. et à l'E. du Mississippi, la Floride, plusieurs Antilles, les comptoirs du Sénégal (sauf Gorée). En outre, la lutte contre les Français en Inde, sous l'impulsion de Clive de Plassey, a permis l'annexion d'une partie du Bengale, de l'Orissa (1757) et du Bihar (1765).

   La fin du XVIIIe s. est marquée par l'indépendance des 13 colonies américaines (traité de Versailles, 1783) et par les guerres qui vont secouer l'Europe pendant près de trente ans. Durant cette période, la croissance du domaine britannique se poursuit en Asie (installation à Penang, 1786), en Afrique (Sierra Leone, 1787) et dans le Pacifique (Australie, 1788).

   Maîtresse des mers depuis Trafalgar (1805), l'Angleterre se trouve en 1815 à la tête d'un gigantesque empire. Aux possessions antérieures se sont ajoutés Malte, Le Cap, plusieurs Antilles, l'Arabie méridionale, Ceylan. Le début du XIXe s. est une période de profondes transformations économiques, sociales et morales. La traite des Noirs, abolie en 1807, est suivie de la libération des esclaves (1833). Parrallèlement à une nouvelle expansion territoriale, liée à la défense des intérêts et des établissements du Royaume-Uni, les réformes économiques et administratives sont réalisées à l'intérieur de l'Empire : un gouvernement représentatif est accordé au Canada (1848), à l'Australie et à la Nouvelle-Zélande (1855) ; la Compagnie des Indes orientales est liquidée (1858). Enfin, en 1867, est créé le dominion du Canada. L'ouverture du canal de Suez (1869), en modifiant les grandes routes du commerce mondial, va donner une nouvelle impulsion à l'impérialisme britannique. Sous la direction d'hommes politiques tels que Disraeli, J. Chamberlain, Churchill, une mystique de la grandeur britannique se développe, propagée par des théoriciens comme Dilke et par des poètes comme Kipling. Les Britanniques prennent une part importante au partage de l'Afrique et s'implantent au Nigeria (1879), en Égypte (1882), au Kenya (1890), en Afrique du Sud (guerre des Boers, 1900-1902), parfois secondés par des initiatives individuelles (installation de la British South Africa Company de C. Rhodes dans les Rodhésies et au Nyassaland, 1888-1889). En 1918, l'Empire britannique est à son apogée, agrandi des territoires cédés par les empires vaincus (Sud-Ouest africain, Palestine, Transjordanie, Iraq, divers territoires océaniens). Dès la fin du XIXe s., les colonies blanches de l'Empire se sont vu reconnaître le statut de dominion. Au Canada se sont ajoutées l'Australie (1901), la Nouvelle-Zélande (1907) et l'Union sud-africaine (1910). À la conférence de la paix (1919), ces dominions se voient reconnaître implicitement leur souveraineté, et leur accession à l'indépendance est consacrée par le statut de Westminster (1931). Dès lors, le Commonwealth succède à l'Empire.

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