En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Empire colonial britannique

Mappemonde
Mappemonde

Expression qui désigne jusqu'en 1931 l'ensemble des territoires reconnaissant la souveraineté de la Couronne britannique.

1. L'expansion maritime (xve-xvie siècles)

1.1. Les prémices à la fin du xve siècle

La fin de la guerre de Cent Ans (1453) et la perte de ses domaines continentaux en France amènent l'Angleterre à se tourner vers la mer. Les Marchands aventuriers cherchent de nouveaux marchés et pénètrent en mer du Nord et en Méditerranée. Bristol est le centre de cet essor.

Dans les dernières années du xve siècle, l’Angleterre participe timidement à l’exploration du Nouveau Monde : en 1497, Jean Cabot, un Génois au service d'Henri VII (1485-1509), découvre Terre-Neuve, au large du Canada.

1.2. L'Angleterre devancée par les royaumes ibériques

Mais, en fait, il faut attendre la seconde moitié du xvie siècle pour voir apparaître d'autres ambitions que la domination de la Manche et de la mer du Nord. Encore cet éveil à l'expansion maritime est-il motivé par l'imitation et la crainte des Espagnols et des Portugais. L'Atlantique central et l'océan Indien restent le domaine réservé des Ibériques et, un peu plus tard, des Hollandais.

1.3. L’âge des aventuriers

Les expéditions anglaises sous le règne d'Élisabeth Ire (1558-1603) se limitent à l'Atlantique nord : recherche des passages du Nord-Est (→ Richard Chancellor) et du Nord-Ouest, premiers établissements en Amérique du Nord (1583-1585). Dans la zone espagnole, les Anglais se contentent d'effectuer coups de main et expéditions de piraterie, où s'illustrent John Hawkins, Francis Drake et sir Walter Raleigh. C'est l'âge des aventuriers qui risquent tout pour que le partage du monde ne se fasse pas sans eux. C'est aussi l'époque, pour les Anglais, d'une collecte systématique de l'information géographique et historique (Hakluyt, Purchas, Monson).

2. L'âge des pionniers et des négriers (xviie siècle)

Avec le xviie siècle s'ouvre l'époque de la colonisation. L'initiative privée demeure la règle, mais elle se fait méthodique et la législation royale la dirige.

2.1. L’œuvre des compagnies à charte

De grandes compagnies à charte s'organisent, dont la première est la Compagnie des Indes orientales (1600). Les premiers territoires occupés par des « entrepreneurs » en quête de la fortune s'échelonnent sur la côte atlantique de l'Amérique du Nord : Virginie (qui reçoit sa charte en 1606), avant-poste des Bermudes (1609).

2.2. L’émigration dissidente en Nouvelle-Angleterre

Un certain nombre de protestants puritains, mal à l'aise dans l'Angleterre des Stuarts, prennent le chemin de l'Amérique ; en 1620, les « Pères Pèlerins » (Pilgrim Fathers), en rupture avec les autres puritains, fondent ainsi sur une terre vierge la communauté de Plymouth, noyau de la Nouvelle-Angleterre. En 1630, ce sont de vrais puritains, cette fois, qui arrivent au Massachussets, fondent Boston, puis se répandent en petits groupes dans le Connecticut, le Maine et le New Hampshire, tandis que des baptistes, eux-mêmes persécutés par les puritains, fondent la colonie du Rhode Island.

2.3. L’intrusion aux Antilles

Ces colonies de peuplement, d'un médiocre rapport en elles-mêmes, constituent des bases commerciales et stratégiques au voisinage de l'Amérique tropicale, où l'Eldorado a pris la forme de plantations de canne à sucre. L'intrusion dans ce domaine espagnol, en concurrence avec les Hollandais, puis avec les Français, engendre un état de conflit chronique, avec des périodes de crise correspondant aux guerres européennes. La puissance maritime anglaise se forge à l'épreuve, et de nouveaux territoires sont arrachés aux puissances concurrentes : plusieurs Antilles en 1612 (Bermudes), 1627 (Barbade) et 1632 (Antigua, Montserrat), l'actuel Belize en 1638, Bahamas en 1648, Jamaïque en 1655.

2.4. L’achèvement des Treize colonies

En 1664, La Nouvelle-Amsterdam est prise aux Hollandais par la flotte du duc d'York (et rebaptisée New York en son honneur), ce qui permet d’unir la Nouvelle-Angleterre aux colonies méridionales, Virginie (1624), Maryland (1630), Carolines du Nord et du Sud (1663), Pennsylvanie (1682). En 1732, la fondation de la Géorgie complètera le dispositif des Treize colonies.

2.5. Premiers établissements en Afrique

Pendant ce temps, les besoins en main-d'œuvre des plantations américaines conduisent les négriers anglais à s'établir en Gambie (1618) et à intensifier le « commerce triangulaire ».

2.6. Débuts de l’implantation aux Indes

De son côté, la Compagnie des Indes orientales fonde des comptoirs fortifiés à côté de Madras (Fort Saint George) en 1639 et à côté de Calcutta (Fort William) en 1696. Le mariage de Charles II (1660-1685) avec la princesse portugaise Catherine de Bragance apporte Bombay à l'Angleterre en 1662. À la fin du xviie siècle, la Compagnie anglaise est presque aussi solidement implantée aux Indes que ses concurrentes.

3. L'Empire mercantiliste (vers 1700-1775)

La seconde révolution anglaise (1688-1689), profitant à la bourgeoisie commerçante, est suivie d'une période d'expansion maritime et coloniale qui couvre les trois premiers quarts du xviiie siècle. Un véritable Empire est créé et méthodiquement exploité en vue du profit commercial selon les théories du pacte colonial. Plus que jamais, la supériorité navale devient une nécessité impérative.

3.1. L’expansion coloniale

La rivalité avec la France et l’Espagne

Ce développement rencontre deux principaux obstacles : l'Espagne, qui garde sous son contrôle la majeure partie du continent américain, et la France, dont l'expansion outre-mer se poursuit vigoureusement. L'alliance contractée en 1700 entre ces deux monarchies, désormais entre les mains de la même famille des Bourbons, aggrave le danger. Le xviiie siècle est tout entier occupé par cette rivalité.

Les deux grandes guerres qui en découlent, guerre de la Succession d'Espagne (1701-1713) et guerre de Sept Ans (1756-1763), sont les deux principales occasions d'agrandissement pour la Grande-Bretagne.

La première (→ traité d’Utrecht, 1713) lui apporte Gibraltar et Minorque, l'Acadie et la baie d'Hudson.

La deuxième (→ traité de Paris, 1763) lui procure le reste de l'Amérique française au N. et à l'E. du Mississippi (Canada et Louisiane), la Floride, plusieurs Antilles (Grenade, Saint-Vincent, Tobago) et les comptoirs du Sénégal, sauf Gorée.

L’élargissement de l’implantation en Inde

En outre, la lutte contre les Français dans l'Inde a permis de considérables progrès aux établissements britanniques, augmentés du Bengale entier depuis la victoire de Plassey (1757). L'élimination des Français et l'énergique impulsion de Clive puis de Hastings permettent aux Britanniques d'augmenter les régions contrôlées par la Compagnie anglaise des Indes orientales.

3.2. L’empire britannique en 1775

Ainsi, en 1775, quand commence la guerre de l’Indépendance américaine, deux domaines principaux sont constitués : le groupe américain, du Labrador aux Antilles, et l'Inde, entamée dans la plaine nord-est du Gange et sur le plateau central du Deccan.

Mais la défense et l'exploitation de ces territoires vastes et éloignés posent de plus en plus gravement le problème des communications, donc des bases navales. D'autre part, le commerce avec l'Orient se fait encore en bonne partie par la voie méditerranéenne, d'autant plus que la route atlantique contournant l'Afrique est alors contrôlée par les Hollandais. Aussi la Méditerranée a-t-elle acquis une importance grandissante pour la Grande-Bretagne, qui en surveille déjà le bassin occidental, par Minorque et Gibraltar.

4. Le temps des crises (1775-1815)

4.1. De la guerre de l’Indépendance à la Révolution (1775-1793)

La guerre de l’Indépendance et ses conséquences (1775-1783)

Survient la révolution américaine ; l'indépendance des Treize colonies, proclamée en 1776, est acquise en 1783, après que la Grande-Bretagne a failli perdre la maîtrise des mers. Le traité de Versailles n'est pas seulement une revanche pour la France et l'Espagne, qui récupèrent plusieurs territoires (Sénégal, Floride, Minorque), il porte un coup à l'idée impériale britannique.

La reprise en main de l’Inde par la Couronne

C'est aussi l'époque où s'épanouit un courant d'idées hostiles aux principes traditionnels de la colonisation. Cette crise morale entraîne une attitude nouvelle en face des problèmes humains qui se posent à l'intérieur de l'Empire. Celui-ci trouve un énergique défenseur en William Pitt, dit le Second Pitt, Premier ministre de 1783 à 1801, dont l'India Act de 1784 établit un certain contrôle de la Couronne sur une Compagnie des Indes violemment critiquée.

De nouveaux établissements

La croissance du domaine britannique en Asie n'en est pas arrêtée pour autant. Les marins de la colonie indienne, soucieux de se ménager une base vers l'Extrême-Orient, s'emparent en 1786 de Penang, en Malaisie, noyau des futurs Établissements des Détroits formés en 1826. Deux nouvelles colonies sont fondées, l'une en 1787, sur la côte africaine pour l'établissement d'esclaves affranchis, la Sierra Leone, l'autre en 1788, au S.-E. du continent australien, la Nouvelle-Galles du Sud. Cette dernière n'est alors qu'un lointain pénitencier ; elle n'en contient pas moins le germe de la puissante fédération australienne et installe solidement la Grande-Bretagne dans le Pacifique.

4.2. Les guerres contre la France révolutionnaire et napoléonienne (1793-1815)

Mais la situation redevient trouble en Europe. La Grande-Bretagne se trouve engagée en 1793 dans un conflit qui, à part une brève pause en 1802-1803, dure jusqu'en 1815, et où elle joue sa propre existence. Paradoxalement, la réapparition de graves soucis continentaux engage le Royaume-Uni dans une nouvelle expansion outre-mer. Face à un continent secoué par les guerres, il dépend plus que jamais de sa puissance maritime.

Si la guerre contre la France et ses alliés temporaires (dont l'Espagne et les Provinces-Unies, devenues République batave en 1795, autres puissances coloniales) constitue une charge de plus en plus lourde, elle rend à la fois nécessaires et possibles de nouvelles conquêtes. Tandis que dans l'Inde, agitée dans les dernières années du xviiie siècle par Tippoo Sahib, sultan du Mysore (sud-ouest), la défense du domaine britannique oblige à l'extension de celui-ci. La Grande-Bretagne, définitivement maîtresse des mers depuis Trafalgar (1805), conquiert et organise un puissant réseau de bases couvrant l'Atlantique et l'océan Indien.

4.3. L’Empire colonial en 1815

En 1815, le Royaume-Uni se trouve à la tête d'un gigantesque Empire. Aux possessions antérieures se sont ajoutés Malte, l'île de l'Ascension, la colonie du Cap, plusieurs Antilles (dont la Trinité et Sainte-Lucie), l'île Maurice, les Seychelles, Ceylan (→ Sri Lanka), la province de Wellesley en Malaisie et de considérables agrandissements en Australie et en Inde.

5. L'essor du libéralisme (1815-1870)

5.1. De nouvelles conditions

À cette date, le Royaume-Uni est entré dans une période de profondes transformations économiques, sociales et morales.

Le mouvement humanitaire

La campagne menée par les antiesclavagistes à la fin du xviiie siècle (→ William Wilberforce et la Société antiesclavagiste) obtient en 1807 l'abolition de la traite, en attendant la libération des esclaves en 1833. La répression de la traite et d'autres préoccupations humanitaires permettent au Royaume-Uni de s'attribuer la police des mers et lui fournissent de nombreuses occasions d'intervenir en Afrique et en Asie dans les affaires de certains petits États.

L’émigration vers les colonies

D'autre part, une formidable poussée démographique entraîne l'accélération de l'émigration vers les pays neufs, en premier lieu vers les colonies britanniques de climat non tropical. La découverte de richesses minérales en Australie et au Canada entre 1850 et 1880 et la grande famine irlandaise de 1845-1848 encouragent ces transferts de population. L’idée de stimuler les colonies de peuplement au détriment des colonies commerciales a pour principal théoricien le philanthrope Edward Gibbon Wakefield. Elle contribue à justifier l’expansionnisme.

Les réticences envers la colonisation

Cependant, les libéraux considèrent avec méfiance les entreprises coloniales. L'intérêt matériel des colonies a beaucoup diminué pour un pays maître désormais de l'économie mondiale. Une large fraction de l'opinion britannique est surtout sensible au coût de l'entretien et de la défense des colonies. De plus, dans cette nation dont le méthodisme et le mouvement évangélique ont ranimé le zèle religieux, beaucoup répudient l'esprit de lucre et la volonté de puissance.

5.2. L’essor de l’Empire

Pourtant l'opinion britannique continue de réagir vigoureusement chaque fois qu'une autre puissance cherche à s'installer dans une région où elle pourrait menacer les établissements ou les intérêts du Royaume-Uni. Cette agressivité défensive trouve en Palmerston (plusieurs fois ministre des Affaires étrangères dans les années 1830-1851, puis Premier ministre presque constamment entre 1855 et 1865) son champion le plus remarquable.

Le désir de faire échec aux ambitions étrangères et les initiatives des communautés d'outre-mer ajoutent de nouveaux territoires à la souveraineté britannique : Singapour et Malacca (1819 et 1824), Côte-de-l'Or (Gold Coast [→ Ghana]) [1821], Guyane occidentale (→ Guyana, 1831), les Falkland (→ Malouines, 1833), Aden (1839), la Nouvelle-Zélande (1840), Hongkong (1842), Natal en Afrique du Sud (1843), Sarawak et Labuan en Malaisie (1841, 1846), basse Birmanie (1826, 1852), les États encore indépendants de l'Inde (de 1831 à 1854).

5.3. L’évolution interne des colonies

Le libéralisme économique et politique

Plutôt que l'expansion, c'est l'évolution interne qui caractérise la période 1830-1870. Le triomphe du libéralisme transforme non seulement la physionomie du Royaume-Uni (abolition des lois protectionnistes, 1846-1851), mais encore celle de l'Empire. Les libéraux désirent éviter aux moindres frais les crises violentes.

À la suite des troubles qui agitent le Canada et de l'enquête de lord Durham (1838-1839), un gouvernement représentatif est accordé en 1848 à ce pays, puis à l'Australie et à la Nouvelle-Zélande ; en 1867, l'essai d'une formule nouvelle et hardie est tenté avec la formation du dominion canadien, État indépendant qui reconnaît librement la souveraineté du Royaume-Uni.

La fin de la Compagnie des Indes

Dans l'Inde, devenue la plus riche colonie du Royaume-Uni, les difficultés locales aboutissent, en 1857, à la révolte des cipayes ; la répression des mutineries est suivie par la liquidation de la Compagnie (1858) et par un train de réformes économiques et administratives.

6. L'impérialisme britannique

L'ouverture du canal de Suez (1869), accompagnant les progrès de la navigation, modifie les grandes routes du commerce mondial. L'expansion européenne entre alors dans une nouvelle phase de développement fiévreux. Le Royaume-Uni, comme les autres pays, est emporté par cet élan conquérant

6.1. Le mouvement impérialiste

Disraeli, Premier ministre de 1874 à 1880, donne l'impulsion décisive à ce mouvement. Celui-ci se heurte pourtant à une opposition libérale, menée par Gladstone, qui lui succède de 1880 à 1885. Mais l'impérialisme est devenu une mystique, propagée par des théoriciens comme Dilke et Seeley et par des poètes comme Kipling : culte de la grandeur britannique, mais aussi sentiment d'une mission civilisatrice à remplir dans le monde entier.

L'enthousiasme suscité par ce véritable messianisme gagne jusqu'aux rangs libéraux, parmi les radicaux (→ Joseph Chamberlain, ministre des Colonies de 1895 à 1903) aussi bien que parmi ceux qui évoluent vers le parti conservateur (→ Winston Churchill).

6.2. Une immense extension

L'Empire s'enrichit de nombreux territoires. Ainsi le Royaume-Uni prend une part considérable au partage de l'Afrique. L'action d'individualités entreprenantes entraîne ou dépasse parfois celle des gouvernements; tel est le cas de Cecil Rhodes et de sa British South Africa Company (fondée en 1889).

Les principales acquisitions sont : les États malais (1874, 1909), Chypre (1878), le Nigeria (1879), l'Égypte (1882) [protectorat de fait occupé jusqu'en 1936], le Bechuanaland (→ Botswana, 1885), de nombreux archipels océaniens (Cook [1888], Gilbert et Ellice [1892], Salomon [1893], etc.), les Rhodésies (→ Zambie et le Zimbabwe) et le Nyassaland (→ Malawi 1888-1889), le Kenya et Zanzibar (1890), l'Ouganda (1894), le pays achanti (1896-1897), le Soudan anglo-égyptien (1899), les Républiques boers de l'Orange et du Transvaal (1900-1902).

6.3. Organisation

En même temps qu'il s'agrandit, l'Empire s'organise. L'ensemble des colonies et protectorats indiens devient en 1876 l'Empire des Indes. Au dominion canadien s'ajoutent les États autonomes de la Fédération australienne en 1901, de la Nouvelle-Zélande en 1907, et de l'Union sud-africaine en 1910.

Dans l'opinion britannique se répand l'idée d'une vaste communauté d'intérêts et de sentiments groupant toutes les terres de l'Empire, que certains désirent poursuivre jusqu'à l'établissement d'une organisation fédérale plus étroite et s'étendant aux questions économiques (Imperial Federation League, fondée en 1884). Milner est l'un des plus vigoureux propagandistes de cette conception. Mais l'apparition d'un sentiment national en Inde, où se tient en 1885 le premier congrès nationaliste, constitue pour l'avenir de cet impérialisme une menace plus grave que les rivalités avec les autres puissances européennes.

7. De l'Empire au Commonwealth (1914-1931)

7.1. Les acquis de la Première Guerre mondiale

L'Empire britannique démontre sa solidité lors de la Première Guerre mondiale. Tous les pays d'outre-mer participent sans restriction à l'effort de guerre. La victoire de 1918 et le partage des dépouilles des Empires vaincus portent l'Empire britannique à sa plus grande dimension ; Sud-Ouest africain, Tanganyika, fractions du Togo et du Cameroun, enlevés à l’Allemagne, Palestine, Transjordanie, Iraq, pris à l’Empire ottoman, divers territoires océaniens (nord-est de la Nouvelle-Guinée, archipel Bismarck, îles de l'Amirauté, Nauru, etc.), encore ravis à l’Allemagne, complètent le domaine impérial.

Avec le développement des populations asiatiques et le rôle rapidement croissant du pétrole, l'axe de l'Empire n'est plus l'Atlantique, mais l'océan Indien et le Pacifique ; l'importance du Moyen-Orient s'en trouve accrue.

7.2. De nouveaux défis

Les revendications des dominions

Cependant, les problèmes s'accumulent, appelant de nouveaux ajustements. Les dominions, encore une fois menés par le Canada, réclament des responsabilités en rapport avec les sacrifices consentis, et se voient implicitement reconnaître leur souveraineté à la conférence de la paix.

Les tensions internes à l’Empire

Le Royaume-Uni se divise ; en révolte contre l'Union imposée depuis plus d'un siècle, l'Irlande, amputée de six comtés, obtient en 1922 le statut de dominion. Dans l'Empire des Indes, l'idée d'indépendance fait de rapides progrès. L'Indian Act de 1919 lui accorde d'amples réformes, qui, de retouche en retouche, aboutissent en 1935 à un statut de quasi-autonomie.

Vers le Commonwealth (1926-1931)

La promotion à l'indépendance des pays les plus évolués de l'Empire, impliquant l'abandon d'une union fédérale dirigée depuis Londres, est reconnue par les conférences impériales de 1926 et 1930, et consacrée par le statut de Westminster de 1931. Les dominions sont reconnus absolument indépendants du gouvernement britannique et prennent rang d’États souverains à la Société des nations (SDN) créée en 1919. L'Empire a vécu ; le Commonwealth lui succède.

Pour en savoir plus, voir les articles colonisation, Grande-Bretagne : histoire.