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Sierra Leone

Nom officiel : République de Sierra Leone

Carton de situation - Sierra Leone
Drapeau de la Sierra Leone
Drapeau de la Sierra Leone

État d'Afrique de l'Ouest, la Sierra Leone est ouverte sur l'océan Atlantique au sud-ouest ; elle est limitée au nord-ouest, au nord, au nord-est et à l'est par la Guinée et au sud-est par le Liberia.
La Sierra Leone est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 72 000 km2
  • Nombre d'habitants : 6 092 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Sierra-Léonais
  • Capitale : Freetown
  • Langue : anglais
  • Monnaie : leone
  • Chef de l'État : Ernest Bai Koroma
  • Chef du gouvernement : Ernest Bai Koroma
  • Nature de l'État : république
  • Constitution :
    • Adoption : 30 août 1991
    • Révision : décembre 2001
Pour en savoir plus : institutions de la Sierra Leone

GÉOGRAPHIE

Dans ce pays formé surtout de plaines et de plateaux, proche de l'équateur, au climat tropical humide, les industries extractives dominent (bauxite, rutile et diamants) malgré la présence de cultures commerciales (caféiers, cacaoyers). L'islam a progressé dans une population formée majoritairement de Mendé et de Temné.

Le pays doit son nom (la « montagne du Lion ») à la silhouette de la péninsule de Freetown, qui culmine à 915 m, et qui fut ainsi appelée par Pedro de Sintra, en 1462.

La Sierra Leone a un climat très pluvieux : Freetown reçoit 3 360 mm d'eau par an. Le Sud-Est est d'affinité subéquatoriale, mais le Nord relève du climat soudanien, avec une saison sèche de 5 mois, de décembre à avril. Ce pays portait de belles forêts, aujourd'hui très dégradées, surtout dans les régions intérieures et septentrionales, où dominent les paysages de savanes arborées. Le schéma des unités de relief est assez simple à esquisser : marais côtiers et plaines littorales ; basses surfaces d'aplanissement entaillées dans le socle ancien ; régions montagneuses dans la partie orientale, dominées par de lourdes coupoles granitiques et les barres de quartzites. Là se trouve le point culminant de l'Afrique occidentale, le pic Bintimane (1 948 m).

Deux ethnies, d'importance sensiblement égale, constituent environ 60 % de la population : les Mendés (au nord), venus du Soudan occidental (l'actuel Mali), et les Temnés (au sud), venus du Fouta-Djalon (en Guinée). Le nord-ouest du pays, le long de la frontière guinéenne, est peuplé par les Limbas et les Sussus. Les krios, ou créoles (2 % de la population), sont les descendants d'esclaves libérés qui, amenés d'Angleterre à la fin du xviiie s., s'établirent à Freetown, la capitale. La langue officielle est l'anglais, mais le dialecte créole, le pidgin, dérivé de l'anglais, est d'usage courant sur la côte.

La Sierra Leone connaît une rapide expansion démographique : la population a ainsi plus que doublé en quarante-cinq ans, passant de 2,2 millions d'habitants en 1963 à 5,8 millions en 2007. Cependant, malgré un taux de natalité (46 ‰) et un indice de fécondité (6,5 enfants par femme) très élevés, le taux d'accroissement naturel est plus faible que dans les pays voisins en raison d'une forte mortalité (de l'ordre de 22 ‰). La densité moyenne (82 habitants par km2), relativement faible, ne rend pas compte de l'inégale distribution de la population : les plaines et les bas plateaux, ainsi que la péninsule de Freetown, sont en effet plus peuplés que les plateaux et les montagnes intérieurs. Le pays est encore faiblement urbanisé, avec seulement 40 % de citadins, la seule grande ville étant Freetown (800 000 habitants).

L'instabilité politique, qui a débouché sur une guerre civile meurtrière, déclenchée par un mouvement rebelle au début des années 1990, a achevé de ruiner l'économie du pays, aujourd’hui l’un des plus pauvres du monde, et qui présente tous les caractères d'un pays en voie de développement : l'agriculture reste l'activité essentielle, les mines fournissent des matières premières à exporter, l'industrie de transformation est faible (valorisation de produits agricoles). L'agriculture vivrière et les cultures paysannes d'exportation constituent les deux aspects de l'activité agricole : riz pluvial, mil, arachide et manioc caractérisent l'agriculture vivrière des régions intérieures, le riz des marais et le riz irrigué étant cultivés dans les vallées et les régions littorales. Dans la péninsule de Freetown, les cultures maraîchères sont bien développées. Les principales cultures d'exportation étaient avant la guerre civile le caféier, le cacaoyer et les amandes de palmiste ; elles sont devenues presque négligeables. Les minerais fournissent la majeure partie des exportations : les diamants viennent largement en tête, suivis du minerai de fer, de la bauxite et du titane. Les possibilités hydroélectriques sont à peine exploitées. Les industries de transformation n'emploient qu’une toute petite partie de la population active (simples industries de consommation urbaine). C'est seulement depuis la Seconde Guerre mondiale qu'un réseau routier convenable a été établi et que Freetown a été reliée à son arrière-pays. C'est la Grande-Bretagne qui demeure le principal fournisseur et, surtout, client du pays.

HISTOIRE

1. La période précoloniale

Dès 1458, Diego Gomez atteint Kantora. La région est occupée alors par les Temnés. Pedro de Sintra établit le premier port auprès d'un alignement rocheux appelé Serra Leão. Au milieu du xvie siècle, des Manés arrivent de l'intérieur et se heurtent à la résistance des Lokos, des Temnés et des Sherbros, conflits qui alimentent le trafic négrier. Puis ils affrontent les Sussus et se fondent finalement parmi eux. Au xviie siècle, les Temnés s'imposent. La région est riche de produits très variés (coton, ivoire, cire, or, ambre, fer, bois, poivre, sucre, riz, huile de palme, pêche). Français, Hollandais et Anglais s'affrontent : ces derniers s'imposent.

2. La domination anglaise

À la suite des campagnes antiesclavagistes, , des abolitionnistes britanniques acheminent à Freetown en 1787 350 esclaves libérés de Nouvelle-Angleterre ou des Antilles qui vivaient en Grande-Bretagne, ainsi qu'une soixantaine de prostituées blanches. Ces personnes sont décimées par les maladies et par le roi temné en 1789. Le Parlement britannique met sur pied la Sierra Leone Company en 1791 pour faire cultiver café et coton sur la terre concédée par les Temnés. En 1792, arrivent plus d'un millier de Noirs américains loyalistes venus de Nouvelle-Écosse, suivis en 1800 par des « nègres marrons » de la Jamaïque. Mais la compagnie fait faillite.

Après l'abolition de la traite, en 1807, l'Angleterre transforme l'établissement en une colonie britannique en 1808. De nombreux captifs libérés sont alors installés en Sierra Leone et christianisés par l'Église anglicane et la mission méthodiste. Malgré le climat, très insalubre, la communauté créole se développe.

En 1885 est signé un accord de délimitation avec le Liberia et, en 1895, un traité avec la France reconnaît la suzeraineté britannique sur l'hinterland de la colonie ; le protectorat sur l'hinterland est proclamé en 1896, sous la pression de l'élite créole. L'administration de ces deux entités territoriales, colonie et protectorat, restera entièrement distincte pendant toute la période de la domination anglaise. Une révolte en 1898 contre les Britanniques et les créoles est sévèrement réprimée ; Londres favorise dès lors les élites autochtones du protectorat au détriment des créoles de la colonie.

La Constitution de 1924 admet 3 chefs du protectorat au Conseil législatif, à côté des élus de la colonie et des représentants britanniques. En 1947, une nouvelle Constitution prévoit la présence de 14 représentants du protectorat, pour 7 de la colonie. Ce projet soulève l'indignation des créoles. Les chefs du protectorat se regroupent alors au sein du Sierra Leone People's Party (SLPP), sous la direction de Milton Margai, un Mendé. La Constitution entre en application en 1951, et le SLPP remporte les élections qui ont lieu la même année.

3. La Sierra Leone indépendante

Milton Margai, devenu « ministre en chef » en 1954, conduit le pays à l'indépendance le 27 avril 1961, tandis que l'opposition s'exprime au sein du parti du Limba Siaka Stevens, All People's Congress (APC), implanté surtout parmi les militants syndicalistes. À la mort de Sir Milton Margai, son frère Albert lui succède. Il hérite d'une économie détériorée et de tensions internes persistantes. Le SLPP est battu aux élections de 1967 ; l'APC de Siaka Stevens l'emporte de justesse, mais est aussitôt écarté par un coup d'État militaire. Le colonel Andrew Juxon-Smith, qui dirige la junte, est lui-même renversé en avril 1968 par un groupe d'officiers subalternes qui désigne peu après Siaka Stevens comme Premier ministre.

Cependant, l'instabilité politique n'est pas réduite pour autant. Les anciens dirigeants sont arrêtés et l'état d'urgence est proclamé. À la suite de nouvelles tentatives de coups d'État, un pacte de défense est conclu avec la Guinée en 1971 et un contingent de l'armée guinéenne s'installe dans le pays. Il y restera jusqu'en 1973.

3.1. La présidence de Siaka Stevens (1971-1985)

Au milieu du désordre, la République est proclamée en avril 1971, et Stevens en est élu président pour 5 ans (il sera réélu en mars 1976), tout en demeurant Premier ministre. Aux élections de mai 1973, qui se déroulent sous le régime de l'état d'urgence, ôtant ainsi à l'opposition tout moyen d'expression, l'APC enlève tous les sièges. En 1978, une nouvelle Constitution instaure l'APC comme parti unique. Stevens doit faire face à une situation économique toujours préoccupante et à une agitation endémique. En mars 1982, l'organisation centrale des syndicats est dissoute. Après les élections législatives de mai 1982, un nouveau gouvernement est constitué, et Salia Jusu-Sheriff, ancien leader de l'opposition, est ministre des Finances (1982-1984). En octobre 1985, le général Joseph Momoh est élu président de la République, succédant à Siaka Stevens qui, âgé de plus de 80 ans, a renoncé au pouvoir.

3.2. La guerre civile et le retour à la démocratie

Le président Momoh doit faire face à une très mauvaise situation économique, qu'il tente de pallier en 1986 par des mesures d'austérité draconiennes, engagées en accord avec le FMI. L'institution internationale, qui un temps retire son soutien, engage en 1989 le président Momoh à mener des réformes énergiques. Grâce à l'élaboration d'une nouvelle Constitution, approuvée par référendum (août 1991), le multipartisme est rétabli. Mais, en avril 1992, le président Momoh est renversé par un coup d'État militaire qui porte au pouvoir le capitaine Valentine Strasser.

Le nouveau régime, qui suspend la Constitution, est ébranlé par un mouvement rebelle, le Revolutionary United Front (RUF), que dirige le caporal Foday Sankoh. Pour réduire la rébellion, la junte fait appel à la Guinée et au Nigeria ainsi qu'aux mercenaires de la société sud-africaine Executive Outcomes. Malgré tout, à partir de 1994, les rebelles progressent de l'Est vers le centre du pays au prix de milliers de morts et d'un exode massif. En janvier 1996, Valentine Strasser est évincé par le général Julius Maada Bio, qui organise les élections promises par son prédécesseur. Les élections législatives de février sont remportées par le SLPP, et lea présidentielle du 15 mars par Ahmed Tejan Kabbah (un Mendé), candidat du même parti.

En mai 1997, à la faveur d'un nouveau coup d'État, le commandant John Paul Koroma s'empare du pouvoir. Les Kamajors, membres d'une milice de chasseurs mendés, soutiennent le président élu contre les forces de Koroma appuyées par le RUF, avec lequel toutes les négociations ont échoué. Les troupes nigérianes de l'ECOMOG (la force d'interposition de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, CEDEAO) prennent Freetown en février 1998 et le président A.T. Kabbah (qui s'était réfugié en Guinée) revient dans la capitale et retrouve ses fonctions de chef de l'État à la mi-mars.

Ce retour ne résout rien et le RUF intensifie les combats. Outre le pouvoir, l'enjeu de cette guerre est le contrôle de la zone diamantifère à l'est du pays. De plus, l'arrestation au Nigeria de F. Sankoh, chef du RUF, en 1997, puis son extradition et sa condamnation à mort en octobre 1998 entraînent un redoublement des massacres et des mutilations à l'encontre de la population civile. Afin de libérer leur leader, les rebelles du RUF, conduits par Sam Bockarie, investissent Freetown en janvier 1999, mettent la capitale à feu et à sang, puis sont contraints de battre en retraite sous la pression de l'ECOMOG.

Au printemps, les négociations entre rebelles du RUF et autorités légales s'accélèrent et aboutissent à la signature d'un accord de paix à Lomé le 7 juillet 1999. La guerre civile a fait environ 75 000 morts et un demi-million d'exilés et plus de 2 millions de personnes déplacées en dix ans. D'importantes concessions sont faites par les deux parties : les rebelles s'engagent à déposer les armes, tandis que les autorités accordent une amnistie générale pour les faits liés à la guerre civile et font entrer le RUF au gouvernement. Une mission des Nations unies en Sierra Leone (MINUSIL) est constituée, conformément à une résolution du Conseil de sécurité adoptée en octobre 1999. Prenant la relève de l'ECOMOG, elle est chargée de veiller au respect des accords de paix et, en particulier, au bon déroulement du désarmement ; son champ d'action est élargi et ses effectifs sont presque doublés en février 2000. Mais les combattants du RUF rompent le processus en cours, en multipliant les attaques contre les soldats de l'O.N.U. (500 Casques bleus sont encerclés et pris en otages) et en avançant en direction de Freetown (mai). Grâce à l'intervention de l'armée britannique, les rebelles sont contenus et leur chef, F. Sankoh, est capturé. En juillet, une opération d'envergure de la MINUSIL parvient à libérer les derniers Casques bleus retenus par les rebelles.

3.3. Paix et reconstruction

En janvier 2002, la paix est officiellement conclue. Mais les militaires britanniques ne se contentent plus d'assumer les tâches d'évacuation des civils. Ils lancent une « réforme du secteur de la sécurité » (RSS), concernant aussi bien la police et l'armée que la justice, sans être requis par le pouvoir sierra-léonais ni par l'ONU.

L'élection présidentielle du 14 mai 2002 reconduit dans ses fonctions dès le premier tour le président sortant A.T. Kabbah, avec 77,98 % des voix, signe de l'aspiration à la paix des Sierra-Léonais. En août, en accord avec les Nations unies, la Sierra Leone crée une Cour puis un Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), internationalisé, pour juger les responsables de graves violations du droit international humanitaire commises depuis le 30 novembre 1996. Les chefs historiques du RUF – F. Sankoh et S. Bockarie – meurent en 2003, avant d'avoir été jugés, mais le procès de Charles Taylor, répondant de onze chefs d'inculpation de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, a lieu, pour des raisons de sécurité, à La Haye depuis juin 2007 (condamné en première instance en avril 2012 à 50 ans de prison, il verra sa peine confirmée en appel en 2013).

La mission de la MINUSIL s'achève le 31 décembre 2005 après avoir aidé le gouvernement sierra-léonais à démobiliser 75 000 combattants – dont 7 000 enfants-soldats –, et participé à l'aide au retour d'un demi-million de réfugiés.

Des élections générales – première consultation de cette ampleur depuis le début de la guerre civile – ont lieu le 11 août 2007. La participation est très élevée (75 %). Ne pouvant briguer un troisième mandat, le président sortant désigne le vice-président Solomon Berewa pour devenir le candidat du SLPP. Ce dernier est opposé à Ernest Bai Koroma, le candidat de l'APC, ainsi qu'à Charles Margai, qui, en dissidence avec le SLPP, a décidé de créer son propre parti, le Mouvement du peuple pour un changement démocratique (PMDC). E. B. Koroma remporte l'élection présidentielle au second tour avec 54,6 % des voix, grâce à l'appui des voix de C. Margai, contre 45,4 % pour S. Berewa. Issu du Nord, fief traditionnel de l'APC, le nouveau président n'a jamais été aux affaires, ce qui constitue un avantage, compte tenu de la réputation de mauvaise gouvernance et de corruption qui entache le parti avant que l'armée ne le chasse du pouvoir en 1992. L'APC remporte également 59 des 112 sièges à l'Assemblée, contre 43 pour le SLPP. La tâche à accomplir par les nouvelles autorités est immense : affectée d'un taux de chômage supérieur à 60 % de la population active, la Sierra Leone occupe l'avant-dernière place du classement du PNUD pour l'IDH et figure parmi les pays les plus corrompus du monde. E. B. Koroma réussit à stabiliser la situation sécuritaire, à mettre en œuvre une réforme de la police et à initier une reprise de la croissance économique dopée par l’exploitation minière ainsi qu'une stratégie de réduction de la pauvreté, mais cette dernière tarde à faire sentir ses effets. Réélu avec 58,7 % des voix au premier tour de la présidentielle de novembre 2012, E. B. Koroma nomme Victor Bockarie Foh en remplacement de Samuel Sam-Sumana, son vice-président évincé de l'APC. À partir de mai 2014, le pays est confronté, comme le Nigéria et la Guinée, à une épidémie de fièvre Ebola qui paralyse tous les secteurs d'activités et dont le bilan humain s'élève, en novembre 2015, date de l'annonce par l'OMS de la fin de l'épidémie, à 3 955 morts sur 14 089 cas enregistrés.