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Gambie

en anglais Gambia

Nom officiel : République de Gambie

Carton de situation - Gambie
Drapeau de la Gambie
Drapeau de la Gambie

État d'Afrique de l'Ouest, la Gambie constitue une longue bande enclavée dans le sud du Sénégal, partant de l'océan Atlantique et s'étirant vers les frontières est du pays.
La Gambie a été membre du Commonwealth de 1965 à 2013.

  • Superficie : 11 300 km2
  • Nombre d'habitants : 1 849 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Gambiens
  • Capitale : Banjul
  • Langue : arabe
  • Monnaie : dalasi
  • Chef de l'État : Yahya Jammeh
  • Chef du gouvernement : Yahya Jammeh
  • Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
  • Constitution :
    • Adoption : 8 août 1996
    • Entrée en vigueur : 16 janvier 1997
Pour en savoir plus : institutions de la Gambie

GÉOGRAPHIE

La Gambie est le petit État continental d'Afrique. Enclavée dans le Sénégal, elle s'étend de part et d'autre du cours inférieur et de l'estuaire du fleuve Gambie, sur une mince bande de territoire (20 à 50 km de largeur, pour une longueur, d'est en ouest, supérieure à 300 km). Principale artère commerciale du pays, ce fleuve débouche sur la rade de Banjul, la capitale, jadis nommée Bathurst. Le climat est tropical, avec des précipitations annuelles de l'ordre de 1 200 mm en moyenne. La population, musulmane à 90 %, est constituée de Mandingues (40 %), de Peuls (25 %) et de Wolofs (plus de 10 %). L'économie associe cultures vivrières (riz, mil, sorgho) et d'exportations (arachide), élevage, pêche, commerce de réexportation et tourisme. L'industrie demeure très embryonnaire et concentrée à Banjul, seule véritable ville du pays. Le principal partenaire commercial de la Gambie est la Grande-Bretagne.

HISTOIRE

1. Période coloniale

Zone vassale, au moins partiellement, de l'empire du Mali, mais éclatée en multiples petites chefferies, Niumi et Badibu sur la rive droite vers l'embouchure, Niani, Wulli et Cantor sur le haut fleuve, la Gambie est explorée par les Portugais (xve s.), puis par les Anglais (xvie-xviie s.).

Elle devient le lieu privilégié d'acheminement de l'or du Bambouk vers la côte. Le commerce, encore très actif au début du xviie s., est aux mains de compagnies à charte anglaises et françaises. Les xviie et xviiie s. sont dominés par la traite des Noirs.

Pour en savoir plus, voir l'article traite négrière.

2. La domination britannique

Le traité de Versailles (1783) accorde la Gambie à la Grande-Bretagne ; sa prospérité date de l'établissement d'un comptoir anglais dans l'île Sainte-Marie (1816). Dépendant de la Sierra Leone (1821-1843), puis colonie de la Couronne, elle forme, en 1866, une partie des West African Settlements. Tandis que se développe la culture de l'arachide sur la rive droite, la haute Gambie, lentement infiltrée par les Peuls du Fouta-Djalon, est l'objet d'affrontements entre ceux-ci et les Malinkés. Des négociations avec la France, de 1866 à 1876, pour échanger la Gambie contre les comptoirs de Grand-Bassam, Assinie et du Gabon, n'aboutissent pas. L'accord sur les frontières avec le Sénégal est signé en 1889. La Gambie redevient autonome en 1888 ; le protectorat instauré en 1894 (à l'exception de l'île Sainte-Marie demeurée colonie) met en place le système de l'administration indirecte, définitivement concrétisé par la Constitution de 1913.

Des réformes ont lieu de 1946 à 1951 à l'initiative de la Grande-Bretagne, introduisant des membres élus dans le Conseil législatif. Le premier parti politique, le Democratic Party, n'est fondé qu'en 1951, bientôt suivi par d'autres, Muslim Congress Party et United Party. La nouvelle Constitution octroyée en 1954 est rapidement contestée et le suffrage universel formellement réclamé, sauf par le Muslim Congress Party et les chefs traditionnels. L'échec des projets économiques infléchit la politique anglaise, qui introduit en 1960 le suffrage universel, en même temps qu'est mis sur pied un cabinet ministériel sous la présidence du gouverneur. Apparaît alors un nouveau parti dirigé par Dawda Kairaba Jawara, le People's Progressive Party (PPP), qui remporte les élections de 1962, tandis que son chef devient Premier ministre. Les négociations pour l'union avec le Sénégal n'aboutissent pas, les Gambiens craignant de devenir des Sénégalais de seconde zone.

3. De l’indépendance au coup d’État de 1994

Une conférence tenue à Londres en 1963 décide l'indépendance de la Gambie au sein du Commonwealth le 18 février 1965. Le référendum de novembre 1965 rejette le projet visant à établir une république. Le PPP de Jawara est vainqueur aux élections de mai 1966. La visite du président Senghor en avril 1967 est marquée par la conclusion d'un traité d'association entre Dakar et Bathurst, permettant une coopération dans tous les domaines.

Par un nouveau référendum en 1970, la majorité des électeurs adopte le projet de Constitution républicaine, celle-ci prévoyant un équilibre du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif et des élections tous les cinq ans. D. K. Jawara devient président de la République tout en conservant ses fonctions de Premier ministre, mais le pays ne quitte pas le Commonwealth.

Depuis les élections législatives de 1972, le PPP (auquel se rallie en 1978 l'United Party) conserve la majorité et le président Jawara est constamment reconduit dans ses fonctions. À la fin d'octobre 1980, une crise grave éclate, provoquée par des éléments extrémistes. Le gouvernement gambien fait appel aux troupes sénégalaises en vertu du traité de 1967. En juillet 1981, une nouvelle intervention du Sénégal fait échouer un coup d'État militaire. En décembre 1981, un accord intervient entre les deux pays, créant une Confédération de Sénégambie, qui devient effective le 1er février 1982. En 1989, le Sénégal décide unilatéralement le retrait de ses troupes stationnées en Gambie (août) et prend l'initiative de la suspension de la Confédération de Sénégambie (septembre).

3.1. Yahya Jammeh (1996-)

En 1994, les troupes gambiennes ayant participé à la Force ouest au Liberia, mécontentes du retard de paiement de leur solde, organisent un putsch, qui destitue le président Dawda Kairaba Jawara. Le lieutenant Yahya Jammeh prend alors le pouvoir, à la tête d'un Conseil provisoire des forces armées. Le nouveau régime, qui doit réprimer plusieurs tentatives de coup d'État, rétablit la peine de mort.

Une élection présidentielle est organisée en septembre 1996 dans des conditions que condamne le Commonwealth (plusieurs partis, dont le PPP de l'ex-président Jawara, préalablement interdits, ne peuvent en effet y participer). À la tête de l'Alliance for Patriotic Reorientation and Construction (APRC), Y. Jammeh, devenu colonel, est élu très largement. La domination du parti présidentiel se confirme aux législatives de décembre 1996-janvier 1997. Un régime répressif s'instaure : limogeages et arrestations arbitraires se succèdent, tandis que les partis de l'ancien régime continuent de se voir interdire toute activité.

Après chaque tentative de putsch (trois en 2000), la pression se fait plus forte sur la presse et les militants de l'opposition. En octobre 2001, le président Jammeh est réélu dès le premier tour, mais avec une audience affaiblie. L'APRC remporte de nouveau un très net succès aux législatives de janvier 2002, boycottées par l'United Democratic Party (UDP, le principal parti d'opposition).

Après une nouvelle tentative de coup d'État déjouée en mars 2006 pendant un voyage officiel en Mauritanie, Y. Jammeh est réélu à la présidence de la République en septembre avec plus de 67 % des voix devant Ousainou Darboe, candidat de l'UDP (26,6 % des voix) et Halifa Sallah, de la National Alliance for Democracy and Development (NADD, 6 % des suffrages). L'APRC remporte 42 sièges sur 48 aux élections législatives de janvier 2007.

En novembre 2011, affirmant être prêt « à diriger ce pays pour un milliard d'années » le président sortant est réélu pour un quatrième mandat avec 72 % des suffrages (et un taux de participation de 83 %) face à une opposition divisée représentée par O. Darboe (17 % des voix) qui qualifie ce scrutin de « frauduleux et grotesque » et Hamat Bah (11 %). Estimant que les conditions d’une élection libre, juste et transparente n’étaient pas réunies et dénonçant les intimidations et la répression subies par l’opposition, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) n’a pas envoyé d’observateurs.

Ignorant les décisions de cette dernière, les résolutions de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples ou les critiques de nombreuses ONG au sujet des violations répétées des libertés, des discriminations à l'encontre des homosexuels et de l'usage de la torture et de la peine de mort, Y. Jammeh durcit le caractère policier de son régime au cœur duquel sévit l'Agence nationale de renseignement (National Intelligence Agency, un groupe paramilitaire dont les membres sont surnommés les « Jungulers »), et dénonce de manière récurrente l'ingérence des Occidentaux ; en octobre 2013, il décide de retirer son pays du Commonwealth, avant de substituer en mars 2014 l'arabe à l'anglais comme langue officielle. Cible d'un coup d'État manqué le 30 décembre, il accuse un groupe de terroristes soutenus par des puissances étrangères d'être à l'origine de l'attaque.