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Maurice

en anglais Mauritius

Nom officiel : République de Maurice

Carton de situation - Maurice
Drapeau de Maurice
Drapeau de Maurice

État insulaire d'Afrique australe, Maurice est située dans l'océan Indien, à l'est de Madagascar et au nord-est de l'île de La Réunion.
Maurice est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 2 040 km2
  • Nombre d'habitants : 1 244 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Mauriciens
  • Capitale : Port Louis
  • Langue : anglais
  • Monnaie : roupie mauricienne
  • Chef de l'État : Ameenah Gurib-Fakim
  • Chef du gouvernement : Anerood Jugnauth
  • Nature de l'État : république à régime parlementaire
  • Constitution :
    • Entrée en vigueur : 12 mars 1968
    • Révision : mars 1992
Pour en savoir plus : institutions de Maurice

GÉOGRAPHIE

L'île Maurice (1 865km2) possède plusieurs dépendances (îles Rodrigues, Agalega et Cargados Carajos ou archipel Saint Brandon). Volcanique comme La Réunion, elle est cependant moins montagneuse, avec de vastes coulées basaltiques, à la pente faible, domaines des plantations de canne à sucre. Assez abondamment arrosée, avec cependant des différences liées à l'exposition et au relief, sur le trajet des cyclones intervenant pendant la saison chaude (été austral), l'île était initialement recouverte de forêts, qui n'occupent plus que les secteurs relativement accidentés (Sud-Ouest notamment) ayant échappé aux défrichements et à la plantation.

La population est assez hétérogène. Les Indo-Mauriciens sont, de loin, les plus nombreux, suite à l'importation massive, entre 1834 et 1925, d'une main-d'œuvre indienne destinée à la culture de la canne à sucre ; ils représentent, aujourd'hui, environ les deux tiers de la population, avec une nette majorité hindouiste, mais aussi une forte minorité musulmane. Le reste de la population est africaine (descendants d'esclaves), malgache, chinoise (immigration plus récente), européenne (d'origine française ou britannique), avec de nombreux métissages (le pays compte environ 250 000 créoles). La langue officielle est l'anglais, mais le français et le créole (dérivé du français) sont couramment parlés ou compris. La population s'accroît désormais à un rythme relativement réduit (de l'ordre de 0,7 % par an), suite à une active politique de planning familial, entreprise malgré l'opposition de l'Église catholique, particulièrement influente en milieu créole. L'indice de fécondité (1,8 enfant par femme) est aujourd'hui l'un des plus faibles d'Afrique. La densité moyenne est très élevée (630 habitants par km2), mais l'urbanisation progresse lentement (42 % de citadins en 2007).

La prospérité relative de l'île contraste avec la pauvreté de nombreux pays d'Afrique. L'économie reste dominée par la canne à sucre, quasi-monoculture couvrant environ 80 000 ha (soit près de 80 % des terres cultivées), dont la moitié sur de grandes exploitations privées. La production de sucre, relativement fluctuante, était de l'ordre de 500 000 tonnes en 2007. Elle est presque entièrement exportée, principalement vers la Grande-Bretagne et l'Union européenne, qui a accordé à Maurice, en 1975, un quota de 500 000 tonnes aux termes de la convention de Lomé. Les autres cultures commerciales (thé, tabac) arrivent loin derrière, les exportations de thé atteignant 5 000 tonnes en moyenne. L'agriculture vivrière (patate, maïs, riz) et l'élevage sont insuffisants pour nourrir la population, et Maurice doit importer du riz et de la viande.

L'industrie, longtemps réduite à l'agroalimentaire, s'est diversifiée depuis 1970-1971, avec la création de zones franches industrielles (électronique, textile, etc.). Employant plus de 80 000 travailleurs en 1995, celles-ci ont considérablement réduit le chômage. Le tourisme s'est remarquablement développé, à l'image du nombre de visiteurs, en forte augmentation (900 000 en 2010). La balance commerciale reste cependant déficitaire et la dette extérieure a nettement augmenté, passant de 863 millions de dollars en 1980 à 2,1 milliards en 2005, le pays restant largement dépendant du marché international. Ses principaux partenaires commerciaux sont l'Union européenne, le Japon et l'Afrique du Sud.

HISTOIRE

1. L'implantation néerlandaise et la colonisation française

1.1. Mauritius

L'île, repérée par les navigateurs arabes, est reconnue par les Portugais de la flotte d'Afonso de Albuquerque au début du xvie siècle. En 1598, l'amiral néerlandais Wijbrand Van Warwijck en prend possession, et la baptise Mauritius en l'honneur du stathouder des Pays-Bas, Maurice de Nassau. Les Néerlandais y fondent un établissement (1618-1710), qui sera abandonné au profit du Cap.

1.2. Île de France

Les Français de la Compagnie des Indes, déjà maîtres de l'île Bourbon (aujourd'hui La Réunion), établissent leur domination sur Maurice, et la nomment île de France (1715). Colonisée à partir de 1721 et peuplée d'esclaves, elle présente sur l'île française voisine l'avantage de posséder d'excellents ports. Son gouverneur, Mahé de La Bourdonnais (1735-1746), fait de Port-Louis une grande base navale et la capitale de l'archipel. Passée à l'administration royale (1767), l'île de France trouve un intendant de valeur en la personne de Pierre Poivre, qui donne une vive impulsion au commerce et à l'agriculture.

Entrant en rébellion contre le Directoire, les colons refusent la liberté à leurs esclaves que la Convention avait décrétée. Pendant les guerres napoléoniennes, le général Decaen résiste à partir de 1802 aux Anglais qui veulent détruire ce nid de corsaires, jusqu'à la capitulation du 3 décembre 1810.

2. La colonisation britannique (1814-1968)

Cédée au Royaume-Uni, qui tient à cette escale sur la route des Indes, lors du traité de Paris (1814), l'île reprend le nom de Mauritius. La période de la domination anglaise (1814-1968) fait perdre leur prépondérance aux anciens colons d'origine française. Elle est surtout marquée par l'essor de l'économie sucrière, qui entraîne, après l'abolition de l'esclavage (1833), l'immigration massive de travailleurs indiens pour cultiver la canne à sucre, dont beaucoup feront souche dans l'île (Indo-Mauriciens). À partir du milieu du xixe siècle, conséquence du développement de la culture de la betterave en Europe, l'économie sucrière subit une récession.

En 1885, l'île est pourvue d'un Conseil législatif élu au suffrage censitaire. Le suffrage universel est introduit en 1948, et l'île est dotée en 1961 d'un statut de semi-autonomie. Les élections de 1963 donnent la victoire au parti travailliste (Labour Party), composé surtout d'Indiens, aux dépens de l'Independent Forward Block, du Comité d'action musulmane et du parti mauricien social-démocrate (PMSD) du créole Gaëtan Duval.

En 1965, une conférence se tient à Londres. Le choix y est offert aux leaders de l'île entre l'association avec le Royaume-Uni, solution préférée par le PMSD, ou l'indépendance réclamée par les travaillistes. Ces derniers fusionnent avec l'Independent Forward Block et le Comité d'action musulmane en un parti de l'Indépendance. En 1965, les îles de Rodrigues sont définitivement rattachées à Maurice, tandis que l'archipel des Chagos (dont l'île de Diego Garcia), dépendant de Maurice, est cédé contre 3 millions de livres au Royaume-Uni (au plus fort de la guerre froide, en 1974, les Américains installeront une puissante base navale à Diego Garcia, avec l'accord du gouvernement britannique).

3. L'indépendance (1968)

Les élections de 1967 sont une victoire pour le parti de l'Indépendance, dirigé par sir Seewoosagur Ramgoolam. L'indépendance est proclamée le 12 mars 1968, sans rupture avec la Couronne britannique, représentée par un gouverneur général. La vie politique va être désormais marquée par des renversements d'alliance entre les différentes formations.

Le parti travailliste et le PMSD s'allient pour les élections de 1969, qu'ils remportent ; mais, à plusieurs reprises, la coalition gouvernementale menace d'éclater. Une série de grèves amène le gouvernement à instaurer l'état d'exception (décembre 1971), prorogé jusqu'à la fin de 1972. Sur le plan extérieur, Maurice, qui conserve des liens étroits avec Londres, se rapproche de la France en 1970, et adhère à l'Organisation commune africaine et malgache (OCAM), qui regroupe principalement des États africains francophones. Maurice signe la même année des accords de coopération avec la France.

En décembre 1973, le PMSD quitte la coalition gouvernementale. La détérioration de la situation économique et le chômage qui l'accompagne entraînent une agitation qui favorise un nouveau parti orienté à gauche, le Mouvement militant mauricien (MMM). Animé par son secrétaire général Paul Bérenger, le MMM remporte les élections de décembre 1976, mais il est aussitôt frustré de sa victoire par une coalition du parti travailliste et des sociaux-démocrates, avec à sa tête sir Seewoosagur Ramgoolam. Le MMM prend sa revanche lors des élections de 1982, où, avec son allié le parti socialiste mauricien (PSM) de Harish Boodhoo, il remporte une écrasante majorité. Anerood Jugnauth, président du MMM, devient Premier ministre. En avril 1983, il quitte son parti pour fonder le Mouvement socialiste militant (MSM), qui s'unit avec le PSM jusqu'en 1988 et constitue avec ses anciens adversaires travaillistes et sociaux-démocrates une coalition qui remporte les élections d'août 1983. Sir S. Ramgoolam devient gouverneur général de l'île en décembre 1983 ; à sa mort (décembre 1985), Veerasamy Ringadoo lui succède. Lors des élections d'août 1987, la coalition gouvernementale, bâtie autour du MSM, conserve la majorité au Parlement, et A. Jugnauth reste Premier ministre. En juillet 1990, un pacte électoral est conclu avec le MMM de P. Bérenger, en vue de l'instauration de la république.

3. La république

À l'issue des élections de septembre 1991, remportées par la coalition MMM-MSM, P. Bérenger devient ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement formé par A. Jugnauth. En mars 1992, l'île devient une république, tout en restant dans le Commonwealth. V. Ringadoo en assure provisoirement la présidence jusqu'à la désignation à la tête de l'État (charge essentiellement honorifique) de Cassem Uteem en juillet (réélu en 1997).

En août 1995, l'île adhère à la Southern Africa Development Community (SADC), regroupant plusieurs États d'Afrique australe, dont l'Afrique du Sud. En vue des élections législatives de décembre 1995, le MMM de P. Bérenger (qui avait quitté le gouvernement en 1993) s'allie au parti travailliste mauricien de Navin Ramgoolam (fils de l'ancien gouverneur général). Après l'écrasante victoire de leur coalition, N. Ramgoolam succède à A. Jugnauth au poste de Premier ministre, et P. Bérenger devient vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères.

En juin 1997, N. Ramgoolam limoge P. Bérenger, dont le départ entraîne la démission des ministres MMM du gouvernement, qui conserve néanmoins la majorité à l'Assemblée avec ses 35 députés travaillistes, contre 25 au MMM Celui-ci conclut en août une alliance avec le PMSD, ce qui provoque une scission au sein du parti. Aux élections législatives de septembre 2000, l'alliance de l'opposition (MMM-MSM) remporte 54 des 62 sièges élus de l'Assemblée nationale. Cette large victoire consacre le retour de l'ancien Premier ministre A. Jugnauth.

Le 7 octobre 2003, dans le cadre de l'accord conclu en 2000 entre les principaux partis mauriciens, sir A. Jugnauth est élu par l'Assemblée nationale président de la République, tandis que P. Bérenger, chef du MMM, lui succède à la tête du gouvernement. Ce dernier devient le premier chef de gouvernement de Maurice non issu de la communauté indienne, mais il cède la place dès juillet 2005 à N. Ramgoolam. Leader de l'Alliance sociale, la coalition formée autour du parti travailliste qui vient de remporter une large victoire aux élections législatives (38 sièges sur 70), N. Ramgoolam retrouve ainsi les fonctions de Premier ministre qu'il avait occupées de 1990 à 1995. Les élections municipales qui suivent en octobre 2005 sont marquées par un véritable raz-de-marée de l'Alliance sociale, qui a pris plusieurs mesures très populaires en début de mandat. P. Bérenger est remplacé en avril 2006 à la tête de l'opposition par Nandho Bodha (MSM), avant d'en redevenir le leader en septembre 2007.

En septembre 2008, Sir A. Jugnauth est réélu pour un nouveau mandat présidentiel de cinq ans par l'Assemblée nationale, à l'unanimité. À l'occasion de la célébration du quarantième anniversaire de l'indépendance de l'île, le gouvernement remet à l'ordre du jour un projet de réforme du système électoral : alors que les alliances politiques caractérisent la vie politique mauricienne, son ambition est de permettre aux électeurs de voter sur une base politique et non ethnique, tout en ménageant une représentation fidèle de la société, par l'introduction notamment d'une dose de proportionnelle. Un projet cependant reporté, tandis qu’aux élections de mai 2010, la coalition au pouvoir renforce encore ses positions en obtenant 45 sièges, l’opposition menée par P. Bérenger attribuant sa défaite au communalisme et au système électoral. En conflit ouvert avec le Premier ministre N. Ramgoolam, le président démissionne en mars 2012 pour rejoindre l'opposition dont il prend la tête ; après un intérim assuré par la vice-présidente Monique Ohsan Bellepeau, Kaylash Purryag, président de l'Assemblée nationale, est nommé le 20 juillet par cette dernière à la tête de l'État.

Après dissolution de l'Assemblée nationale en octobre 2014 et la tenue d'élections générales en décembre, l'« Alliance Lepep », regroupant les MSM, PMSD et le Muvman Liberater (ML, un parti dissident du MMM), détient désormais la majorité (51 à 53 députés) devant l'« Alliance pour l’Unité et la Modernité » (16 sièges) résultant d'un accord électoral entre le parti travailliste de N. Ramgoolam et le MMM de P. Bérenger. Un nouveau gouvernement est formé, dirigé par Sir A. Jugnauth. À la suite d'un accord passé avec le Premier ministre, le président K. Purryag démissionne en mai 2015 ; une scientifique, Ameenah Gurib-Fakim, est la première femme à accéder à la présidence de la République.

En politique étrangère, Maurice revendique périodiquement Tromelin, une des « îles éparses » françaises autour de Madagascar. La question de la restitution à Maurice de l'archipel des Chagos fait l'objet de négociations avec le Royaume-Uni.