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Zambie

en anglais Zambia, anciennement Rhodésie du Nord

Nom officiel : République de Zambie

Carton de situation - Zambie
Drapeau de la Zambie
Drapeau de la Zambie

État d'Afrique australe, la Zambie est bordée au nord par la République démocratique du Congo, au nord-est par la Tanzanie, à l'est par le Malawi, au sud-est par le Mozambique, au sud par le Zimbabwe (le lac Kariba sépare les deux pays sur une partie de la frontière), le Botswana et la Namibie, et à l'ouest par l'Angola.
La Zambie est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 746 000 km2
  • Nombre d'habitants : 14 539 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Zambiens
  • Capitale : Lusaka
  • Langue : anglais
  • Monnaie : kwacha
  • Chef de l'État : Edgar Lungu
  • Chef du gouvernement : Edgar Lungu
  • Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
  • Constitution :
    • Adoption : 24 août 1991
    • Révision : mai 1996, janvier 2016
Pour en savoir plus : institutions de la Zambie

GÉOGRAPHIE

La Zambie, au climat tropical tempéré par l'altitude, est formée surtout de collines et de plateaux. La majorité de la population vit de l'agriculture (maïs surtout), mais ce sont les mines (cuivre en tête, cobalt, or, argent, etc.) de la Copper Belt qui fournissent l'essentiel des ressources du pays, qui souffre de son enclavement.

1. Le milieu naturel

La Zambie est une région de hautes terres dont la plus grande partie est située entre 1 200 et 1 500 m d'altitude. Plusieurs cycles d'érosion ont nivelé le vieux socle précambrien, donnant un relief de collines ou de plateaux où se dressent des inselbergs. L'altitude est plus élevée vers la frontière du Katanga, dans les monts Muchinga à l'est et le long de la frontière nord-est, où quelques sommets dépassent 2 000 m. Une série de fossés tectoniques s'alignent du nord-est au sud-ouest (fossés de la Luangwa et du Zambèze) ; à l'ouest, le socle est recouvert par des dépôts sableux du Kalahari. Les précipitations croissent du sud (moins de 700 mm de pluies par an) vers le nord, où elles atteignent 1 100 à 1 500 mm. La saison des pluies dure environ 6 mois (novembre à avril), mais la variabilité interannuelle est assez grande, et le pays connaît des années de sécheresse anormale, désastreuse pour l'agriculture. L'altitude abaisse les températures ; durant la saison fraîche (avril-août), elles peuvent descendre au-dessous de 10 °C, et le gel n'est pas rare localement ; les maximums sont atteints en fin de saison chaude (novembre : plus de 30 °C). La plus grande partie du pays est le domaine de la forêt claire, ou miombo (arbres à feuilles caduques peu serrées, couverture herbeuse), mais son défrichage a entraîné l'extension de la savane. De vastes zones périodiquement inondées occupent des dépressions : Ouest du pays, cuvette du lac Bangweulu. Le long de la Luangwa et du Zambèze s'étire une savane à baobabs. Les trois quarts du pays sont drainés par le Zambèze et ses affluents, la Kafue et la Luangwa ; des chutes séparent des biefs à pente faible, où les eaux s'étalent parfois en marécages. Le Nord-Nord-Est appartient au bassin du Congo.

2. La population

Plus de 70 groupes ethniques, essentiellement bantous, composent la population de la Zambie. Venues du nord entre le xvie et le xviiie s., les ethnies bantoues appartiennent, pour la plupart, à la zone de tradition matrilinéaire (où l'autorité sur les enfants est exercée par l'oncle maternel) qui s'étend du Mozambique (avec les Makondés) à l'Angola (où elle comprend les Ambos et les Tchokwés). Parmi les ethnies matrilinéaires, les Lozis peuplent, au sud-ouest, la plaine du Barotseland, les Bembas, le Nord-Est, les Tongas et les Ilas, le Sud. Les ethnies patrilinéaires, arrivées plus tardivement en Zambie, comprennent principalement les Kololos (mêlés aux Lozis) et les Ngonis, un clan zoulou originaire du Natal, établi dans le Sud. Bon nombre des quelque 70 000 Européens que comptait le pays avant l'indépendance ont quitté la Zambie.

La densité moyenne de la population, très faible (17 habitants par km2), ne rend pas compte de l'inégale distribution de la population. Les densités sont en effet beaucoup plus fortes dans la zone minière (la Copper Belt, ou « Ceinture de cuivre »), au nord, où se trouvent les principales villes (Kitwe, Ndola, Mufulira), à l'exception de Lusaka, la capitale. Le taux d'urbanisation progresse rapidement (Lusaka compte 1,3 million d'habitants). La croissance démographique, de l'ordre de 3,2 % par an entre 1975 et 1979, s'est ralentie. La population s'accroît désormais au rythme de 1,9 % par an, le taux de natalité (41 ‰) et l'indice de fécondité (5,9 enfants par femme) restant, cependant, encore très élevés. La population est extrêmement jeune (46 % des Zambiens ont moins de 15 ans, 2 % seulement sont âgés de plus de 65 ans). L'espérance de vie à la naissance, 45 ans, est la troisième la plus faible du monde, après celle des habitants de l'Afghanistan et du Zimbabwe.

3. L'économie

La majorité de la population vit de l'agriculture, mais ce sont les mines de la Copper Belt qui fournissent l'essentiel des ressources commerciales du pays. L'explosion démographique et l'ampleur de la dette extérieure expliquent à la fois la grande pauvreté des habitants et la nécessité de l'appel à l'aide internationale.

3.1. L'agriculture

ELa faible production agricole ne suffit pas à nourrir la population et le pays a recours aux importations. Les paysans pratiquent encore, surtout dans l'Est, une culture sur brûlis (« système chitiméné »), à faible rendement, qui consiste à semer des céréales pauvres dans les cendres de branches d'arbres coupées et brûlées, sans labour préalable. La production vivrière repose principalement sur le manioc, les céréales (maïs) et les légumes (haricots). Au Barotseland, on plante le manioc sur les hauteurs qu'épargne la montée saisonnière des eaux, tandis que, à la décrue, la plaine offre des pâturages aux troupeaux de bovins. Le maïs est cultivé par les Tongas dans la région riveraine du lac Kariba. L'agriculture commerciale s'est développée essentiellement sous l'impulsion des colons : les planteurs européens, qui s'étaient installés le long de la voie ferrée traversant le pays du nord au sud, possèdent encore quelques centaines de grandes exploitations assurant environ 45 % de la production agricole (maïs, tabac, coton, canne à sucre, lait). Le cheptel bovin occupe un place prépondérante dans l'élevage, loin devant les caprins, notamment dans l'Ouest (Barotseland). La pêche est active dans les lacs et rivières du Barotseland et du Nord (lacs Moero et Bangweulu).

3.2. L'industrie du cuivre en difficulté

Les gisements de cuivre – qui prolongent ceux du Katanga, dans la République démocratique du Congo (ex-Zaïre) – donnent des signes d'épuisement. Le gouvernement du président Chiluba – au pouvoir de 1991 à 2002 – a entrepris de privatiser les mines, à l'origine propriétés du consortium sud-africain Anglo-American et de la société américaine American Metal Climax, mais nationalisées à 60 % par son prédécesseur Kenneth Kaunda. Le sous-sol de la Zambie recèle également du cobalt, à Kabwe (autrefois Broken Hill), du zinc et du plomb. La production des mines de charbon (non cokéfiable) de Maramba a diminué de moitié depuis 1970.

Le secteur industriel (ainsi que les banques) a été nationalisé à partir de 1968, à hauteur de 51 %. Les parts revenant à l'État ont été dévolues à un organisme gouvernemental, l'Industrial Development Corporation (INDECO), qui, en 1991, contrôlait 75 % de la production manufacturée. L'INDECO a favorisé, sous la présidence de K. Kaunda, la création d'entreprises industrielles en association avec des sociétés étrangères, mais plusieurs ont périclité, dont une usine textile à Kafue ou le complexe sidérurgique de Tika. Comme pour l'exploitation minière, le gouvernement de F. Chiluba a lancé un programme de privatisation de ces entreprises étatiques. Le secteur industriel, aujourd'hui, repose principalement sur la raffinerie de Ndola, qui traite le pétrole brut acheminé par un pipeline venant de Dar es-Salaam en Tanzanie, sur la métallurgie, le raffinage du cuivre, le textile, l'agroalimentaire, la chimie et sur plusieurs usines d'assemblage de voitures ou de tracteurs (de marques européennes ou japonaises).

Les communications intérieures restent médiocres et les liaisons extérieures, compliquées par l'enclavement du pays. La principale voie ferrée, le TAN-ZAM, construite par les Chinois et achevée en 1975, relie Dar es-Salaam à la Copper Belt. La ligne nord-sud relie le pays à l'Afrique du Sud, via le Zimbabwe, et à l'Angola, via la République démocratique du Congo (c'est le chemin de fer de Benguela, mis hors d'usage durant la guerre civile en Angola). Les barrages de Kariba (sur le Zambèze) et de la Kafue alimentent le pays en électricité.

Le commerce extérieur est souvent déficitaire. Les principaux fournisseurs de la Zambie sont l'Afrique du Sud, l'Allemagne et les États-Unis. Le Japon (premier acheteur du cuivre zambien) est le principal client.

HISTOIRE

1. Des origines à la colonisation

Comme nombre de pays de la région, la Zambie était peuplée à l'origine par les Twas, Pygmées vivant de chasse et de cueillette. Ils sont submergés à partir du second millénaire par des agriculteurs bantous qui introduisent la métallurgie et développent l'exploitation des gisements de cuivre. Les Tongas et les Ilas sont sans doute partis de la rive orientale du lac Tanganyika pour s'installer sur le territoire de l'actuelle Zambie à partir du xiie s. Ils sont suivis par d'autres immigrants venus des pays lunda et louba de la région du Katanga, dont les Bembas, qui ont vraisemblablement traversé la rivière Luapula avant la fin du xviie s.

Les Lozis, qui s'étaient installés à peu près à la même époque au Barotseland (province de l'Ouest), sont soumis au xixe s. par un clan sotho venu d'Afrique australe, les Kololos. Les Lozis se soustraient à cette domination en 1864 en massacrant en une nuit tous les chefs kololos.

Les Ngonis, arrivés en Zambie au début du xixe s., faisaient partie des troupes de l'Empire zoulou de Chaka (1818-1828) qui migrent en Afrique australe vers la fin de son règne (1826).

2. La colonisation britannique

2.1. La British South Africa Chartered Company

À la fin du xixe s., la British South Africa Chartered Company, créée par Cecil Rhodes, Premier ministre de la colonie britannique du Cap, obtient une concession au Barotseland et signe des accords de protectorat avec des chefs bembas.

2.2. La Rhodésie du Nord, la Rhodésie du Sud et le Nyassaland

En 1911, toute la région correspondant à la Zambie d'aujourd'hui est proclamée colonie britannique sous le nom de Rhodésie du Nord. Elle jouxte deux autres possessions de la Couronne britannique, la Rhodésie du Sud (le futur Zimbabwe) et le Nyassaland (futur Malawi).

Après la Seconde Guerre mondiale, la suprématie des Européens majoritaires dans les conseils législatifs des trois territoires commence à être contestée par des mouvement africains.

En 1948, Harry Nkumbula crée ainsi un parti rebaptisé trois ans plus tard le Congrès national africain (→ African National Congress, ANC) de Rhodésie du Nord, dont Kenneth Kaunda, un instituteur d'origine bemba, devient secrétaire général en 1953.

2.3. La fédération de Rhodésie et du Nyassaland

La même année, une fédération groupant les deux Rhodésies et le Nyassaland est imposée par la minorité européenne, dirigée par sir Roy Welensky, malgré l'opposition des partis nationalistes noirs. Leurs chefs, K. Kaunda en Rhodésie du Nord – surnommé le « Gandhi noir », et qui, séparé d'Harry Nkumbula, est devenu en 1960 président de l'United National Independence Party (UNIP) –, Joshua Nkomo en Rhodésie du Sud et Hastings Kamuzu Banda au Nyassaland, obtiennent en 1963 la dissolution de la fédération des Rhodésies et du Nyassaland.

3. L'indépendance et le contexte régional

L'UNIP l'emporte largement sur l'ANC aux élections de 1964 sur l'autonomie interne, et le pays accède à l'indépendance en octobre de la même année sous le nom de Zambie, tout en restant au sein du Commonwealth.

K. Kaunda est élu président de la République. Le Nyassaland devient indépendant la même année sous le nom de Malawi, tandis qu'en 1965 la Rhodésie du Sud rompt unilatéralement ses liens avec le Royaume-Uni, et prend le nom de Rhodésie tout court. Le nouveau régime, dominé par les Blancs et dirigé par Ian Douglas Smith, est soutenu par l'Afrique du Sud et par le Portugal (qui contrôle encore ses colonies d'Angola et du Mozambique).

Durant les vingt-cinq années qui suivent, la Zambie, pays enclavé, déploie tous ses efforts pour se dégager de l'emprise économique du « bastion blanc » de l'Afrique australe (colonies portugaises, Rhodésie et Afrique du Sud), par lequel transite tout son commerce extérieur, notamment ses exportations de cuivre. L'étau autour de la Zambie se desserre en 1975 avec l'accession à l'indépendance du Mozambique et de l'Angola, et l'achèvement de la voie ferrée construite par les Chinois entre Dar es-Salaam et la province de la Copper Belt (« Ceinture de cuivre »). Mais les négociations auxquelles se prête K. Kaunda, tant avec la Rhodésie qu'avec l'Afrique du Sud, se soldent par des échecs. Pour ne pas dépendre de l'électricité fournie par la centrale du barrage de Kariba érigée sur la rive rhodésienne, K. Kaunda fait construire une centrale sur la rive zambienne et un barrage sur la Kafue.

La Zambie abrite des mouvements de libération noirs de l'Angola, puis de la Rhodésie, dont les camps sont bombardés respectivement par les aviations portugaise et rhodésienne. L'étau se desserre encore après l'accession à l'indépendance de la Rhodésie – qui devient alors le Zimbabwe – en 1980. La Zambie, qui fait partie des États noirs de la « ligne de front » opposés à l'Afrique du Sud, n'a plus pour adversaire que cette dernière, dont l'armée effectue des opérations de représailles pour la dissuader d'accorder asile aux mouvements de libération sud-africain et namibien. La libération de Nelson Mandela en 1990, qui entraînera le démantèlement définitif de l'apartheid, mettra un terme à vingt-cinq ans d'affrontements qui ont épuisé la Zambie.

4. La nationalisation et l'instauration du parti unique

Peu après son arrivée au pouvoir, le président Kaunda met fin au régime des royalties que versait la Rhodésie du Nord à la British South Africa Chartered Company pour les concessions minières accordées au début de la colonisation, moyennant une indemnisation payée à parts égales par la Zambie et le Royaume-Uni.

Il se lance ensuite dans un programme de nationalisation des entreprises privées, puis des mines de cuivre, dont des organismes d'État acquièrent la majorité du capital. Il doit cependant affronter l'opposition de l'aile gauche de l'UNIP, animée par le vice-président Simon Kapwepwe, bemba comme K. Kaunda, partisan d'un socialisme rigoureux et proche de la Chine populaire. Celui-ci entre en dissidence et fonde en 1971 son propre parti, l'United Progressive Party (UPP). S. Kapwepwe est arrêté, puis libéré en 1973, tandis qu'H. Nkumbula, un Ila, et son parti, l'ANC, se rallient à la formation gouvernementale (1972), que réintègre également S. Kapwepwe. La Zambie vit désormais sous le régime du parti unique.

En 1978, le président Kaunda se voit contraint de rouvrir la frontière avec la Rhodésie, fermée depuis 1973, pour permettre l'acheminement d'engrais nécessaires à la prochaine récolte de maïs. La même année, il écarte les candidatures de H. Nkumbula et de S. Kapwepwe à l'élection présidentielle, où il est seul candidat. En 1986, l'aviation sud-africaine bombarde un camp de l'ANC sud-africain, tandis qu'une augmentation du prix du maïs (aliment de base de la population) provoque des troubles sérieux.

5. Le rétablissement du multipartisme et les difficultés économiques

5.1. Le rétablissement du multipartisme

Malgré grèves et complots, l'UNIP et K. Kaunda – élu pour un sixième mandat en 1988 – se maintiennent au pouvoir jusqu'en 1991. En 1990, le prix du maïs double par suite de la suppression des subventions imposée par le Fonds monétaire international (FMI), alors que l'inflation dépasse les 120 %. Après de graves émeutes, qui font une trentaine de morts, et l'échec d'un coup d'État, le président rétablit le multipartisme réclamé, entre autres, par le Movement for Multi-party Democracy (MMD), créé par le leader syndicaliste bemba Frederick Chiluba. Ce dernier et le MMD remportent très largement les élections législatives et présidentielle (1991) qui suivent et K. Kaunda accepte sa défaite et celle de l'UNIP.

5.2. Frederick Chiluba (1991-2002)

Le nouveau président F. Chiluba entreprend de privatiser les entreprises sous contrôle étatique (dont les mines de cuivre), et de diminuer le nombre des fonctionnaires. Le gouvernement est secoué par divers scandales financiers, et l'ex-président Kaunda est écarté de l'élection présidentielle par une loi qui en exclut les candidats dont les parents ne sont pas zambiens (ceux de K. Kaunda sont originaires du Malawi). Le MMD et F. Chiluba remportent, avec une très faible participation électorale, les élections de novembre 1996, boycottées par l'UNIP. En 1997, à la suite d'une tentative de coup d'État, K. Kaunda, accusé de complot, est arrêté. Après diverses interventions en sa faveur, dont celle du président sud-africain Nelson Mandela, il bénéficie d'un non-lieu dès l'ouverture de son procès, en juin 1998.

En 2001, F. Chiluba – qui a perdu une bonne partie de son crédit au cours de son second mandat – tente d'obtenir une modification de la Constitution qui lui permettrait de se présenter une troisième fois. Ayant échoué, il accorde son soutien à Levy Mwanawasa (MMD) qui, au terme d'un scrutin marqué par une fraude de grande ampleur, est déclaré en janvier 2002 par la Cour suprême vainqueur d'une courte tête de l'élection présidentielle de décembre 2001 (avec 28 % des voix contre 27 % à l'ancien homme d'affaires Anderson Mazoka, dauphin de Kaunda et leader de l'United Party for National Development, ou UPND, parti libéral créé en 1998). La nouvelle Assemblée est, en revanche, légèrement dominée par l'opposition dont la dizaine de partis (UPND en tête) devance de justesse le MMD (68 sièges).

5.3. Le MMD au pouvoir

Déterminé, Levy Mwanawasa s'attaque à la corruption tout au long de son mandat. Dès son élection, il engage le Parlement à lever l'immunité de son prédécesseur, mis en accusation pour détournements de fonds en février 2003. Le 28 septembre 2006, L. Mwanawasa est réélu à la présidence de la République avec 42,9 % des voix devant Michael Sata, candidat du Patriotic Front (PF) qui remporte 29,3 % des suffrages et Hakainde Hichilema, de l'United Democratic Alliance (UDA) et nouveau président de l’UPND, qui en obtient 25,3 %. Contesté par l'opposition, le scrutin est jugé transparent et démocratique par les observateurs internationaux dont l'Union européenne, contrairement à celui de 2002. À l'Assemblée nationale, le MMD obtient une courte majorité (grâce aux huit députés nommés par le président) devant le PF et l'UDA. Apurant les comptes de l'État et comptant parmi les chefs d'État africains les plus critiques à l'égard du président zimbabwéen Robert Mugabe, L. Mwanawasa a continué comme son prédécesseur à ouvrir largement la Zambie aux capitaux chinois.

À la suite du décès de L. Mwanawasa en août 2008, Rupiah Banda, vice-président en exercice et candidat du MMD, remporte l'élection présidentielle organisée le 30 octobre 2008 avec une très légère avance sur M. Sata du PF (40,1 % des suffrages contre 38,1 %). Bien que contestés par l'opposition, les résultats sont avalisés par la SADC et l'Union africaine. Le nouveau président, qui prête serment le 2 novembre, achève le mandat de son prédécesseur le mandat de son prédécesseur jusqu’aux élections générales de septembre 2011.

5.4. Le PF au pouvoir : Michael Sata (2011-2014), Edgar Lungu (2015-)

M. Sata, lors de sa quatrième tentative depuis la création de son parti en 2001 – qui devance le MMD au Parlement – l’emporte avec 43 % des suffrages face au président sortant. Si la situation économique globale du pays s’est améliorée, elle a surtout bénéficié de la hausse des cours du cuivre, un atout qui n’a eu que peu d’effet sur la pauvreté dans la mesure où le gouvernement ne tire que des recettes limitées de ces exportations. Après avoir dénoncé durant sa campagne la prédominance des intérêts chinois, le nouveau chef de l’État, qui a reçu le soutien des laissés-pour-compte de la croissance (6,7 % en 2011), s’engage notamment à revoir le régime fiscal des compagnies minières étrangères après consultation de ces dernières. Président très controversé, accusé notamment par ses adversaires de vouloir museler l’opposition et de freiner le développement économique du pays, M. Sata doit être hospitalisé et décède en octobre 2014. Le 25 janvier 2015, élu avec 48,3 % des voix, Edgar Lungu, ministre de la Défense et candidat du Patriotic Front (PF), lui succède jusqu’à la fin de son mandat en 2016.

Il est alors réélu de justesse dès le premier tour de scrutin avec 50,3 % des suffrages conformément à la nouvelle règle majoritaire introduite par la révision constitutionnelle de janvier 2016 – tandis que le PF remporte 80 sièges sur 156 –, devant H. Hichilema, de nouveau battu. L’UPND devient le premier parti d’opposition avec 58 députés, le MMD étant réduit à 3 sièges.

Les accusations de fraude ayant été rejetées sans être examinées, le résultat est validé par la Cour constitutionnelle. Investi le 13 septembre, le président doit notamment faire face à une situation économique critique (avec un taux de croissance ramené à environ 3 %), fragilisée par la baisse du cours du cuivre.