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Mozambique

en portugais Moçambique

Nom officiel : République du Mozambique

Carton de situation - Mozambique
Drapeau du Mozambique
Drapeau du Mozambique

État d'Afrique australe, le Mozambique est baigné à l'est par l'océan Indien (canal de Mozambique), limité au sud par l'Afrique du Sud et le Swaziland, à l'ouest par le Zimbabwe et la Zambie, au nord par le Malawi et la Tanzanie.
Le Mozambique est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 785 000 km2
  • Nombre d'habitants : 25 834 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Mozambicains
  • Capitale : Maputo
  • Langue : portugais
  • Monnaie : metical
  • Chef de l'État : Filipe Nyusi
  • Chef du gouvernement : Carlos Agostinho do Rosário
  • Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
  • Constitution :
    • Adoption : 2 novembre 1990
    • Entrée en vigueur : 30 novembre 1990
    • Révision : 1996
Pour en savoir plus : institutions du Mozambique

GÉOGRAPHIE

Le pays, généralement bien arrosé, est formé essentiellement d'une vaste plaine côtière, s'élevant vers l'intérieur. L'économie est à dominante agricole (manioc, maïs, sorgho, canne à sucre, coton, thé, noix de cajou). La guerre civile (années 1980 surtout) et des périodes de sécheresse ont ruiné le pays, en faisant l’un des plus pauvres du monde. Toutefois, soutenu par l’aide internationale, le Mozambique enregistre aujourd'hui des résultats encourageants en matière de développement : mise en valeur de son potentiel hydroélectrique, début d'exploitation des richesses de son sous-sol (gaz naturel offshore, charbon) et diversification industrielle (fonderie d'aluminium, sidérurgie).

1. Le milieu naturel

Le Mozambique s'étire entre 10 et 27° de latitude S. sur l'océan Indien. Le pays est de médiocre altitude. Les aplanissements anciens, fracturés dans la terminaison méridionale du Rift (fossés du lac Malawi et du Zambèze), couvrent une partie du Nord, à des altitudes comprises entre 700 et 1 200 m, avec quelques reliefs plus élevés (mont Namuli, 2 453 m). Entre la Ruvuma et le 16e parallèle, l'extrême Nord possède une côte découpée aux belles rades naturelles. Le sillon de la Lugenda tranche les chaînes Maniamba-Amaramba (1 848 m). La plaine côtière, large au sud, rétrécie au nord, couvre 44 % du pays. Elle est couverte d'épandages sableux et d'alluvions récentes sur des sédiments crétacés et tertiaires. À l'ouest, des plateaux s'étagent entre 200 et 600 m, suivis, par un second palier, entre 600 et 1 000 m. Sur les frontières sud-africaine et zimbabwéenne, ils prennent un aspect montagneux et dépassent 1 000 m (mont Binga, dans le massif de Chimanimani, 2 436 m, point culminant du pays). Plaines et vallées ont un climat chaud, et les pluies augmentent sur les régions d'altitude plus élevée.

Grâce aux influences conjuguées de la mousson de l'été austral venue du nord-est et du courant chaud du Mozambique, le pays connaît un climat de type tropical (longue saison des pluies de novembre à mars), mais les précipitations sont plus fortes sur le littoral, dans le Nord et sur les hauteurs. La chaleur est extrême dans le fossé du Zambèze, tandis qu'au sud des montées d'air polaire peuvent abaisser la température en hiver. La saison sèche, au cours de laquelle souffle l'alizé du sud-est, s'allonge et s'intensifie vers le sud, qui reçoit 780 mm de pluies par an.

La savane à graminacées domine, parsemée de forêts claires, infestées de glossines, dans les lieux plus humides et coupée de forêts-galeries le long des grands fleuves ; elle passe à la steppe dans les vallées sèches de l'intérieur. Sur les sols sableux du Sud apparaissent des forêts xérophiles. En haute altitude apparaissent les conifères, précédant la prairie subalpine. La forte érosion des sols due aux pratiques des feux de brousse est combattue par un grand effort de reboisement et la constitution de réserves naturelles (Gorongoza).

Les cours d'eau, rares au sud, se multiplient dans le nord, en coulant du nord-ouest vers le sud-est et en coupant ainsi le pays. Leur cours supérieur se coupe de chutes et de rapides à la descente des hautes terres. Sur les bas plateaux et dans la plaine côtière, ils coulent d'une manière indécise (méandres, lagunes) et se terminent par des deltas marécageux. C'est le cas de la Ruvuma, du Lurio, du Sabi (ou Save). Deux ont une importance particulière : le Limpopo (grossi de l'Olifants) et le Zambèze. Descendus des plateaux, ce sont des fleuves très abondants et chargés d'alluvions. La vallée du Zambèze, abritée, chaude et sèche (moins de 700 mm de pluies), ouvre une bonne voie de pénétration. Le fleuve, coupé de rapides en amont, traverse une région très minéralisée. Après de nouvelles gorges (Lupata), le Zambèze entre dans la plaine et s'achève par un delta de 70 km de front. Le Mozambique possède un fragment du lac Malawi enserré dans des chaînes dépassant 3 000 m.

2. La population

D'origine bantoue essentiellement, la population mozambicaine, composée d'une dizaine de groupes, est peu homogène et inégalement répartie sur l'ensemble du territoire. La densité n'y est supérieure à la moyenne nationale (29 habitants par km2) que sur le littoral, dans quelques régions au nord du 16e parallèle et surtout dans celles situées au sud, autour de la capitale Maputo – excentrée à l'extrême sud du pays –, d'où proviennent les élites politiques et administratives du pays. Les métis et la population blanche sont peu nombreux depuis l'indépendance. Ferment de guerre civile, les rivalités ethniques, que l'administration coloniale portugaise puis le gouvernement du FRELIMO ont eu tendance à ignorer, restent vives, notamment entre le Nord et le Sud, traduisant le caractère composite de la « nation » mozambicaine. À cette diversité ethnique correspond une forte hétérogénéité linguistique que masque imparfaitement l'usage du portugais – langue du colonisateur parlée par une minorité de la population – comme langue officielle. Marquée par un fort accroissement naturel (de l'ordre de 2,1 % par an), jeune (44 % de moins de 15 ans), la population est estimée en 2009 à plus de 22 millions d'habitants (contre 12 millions en 1980). La mortalité infantile reste élevée, de même que le taux d'analphabétisme (53 % des plus de 15 ans), malgré les efforts des autorités en matière de scolarisation. Les séquelles de quinze années de guerre civile (plus d'un million de morts) sont encore importantes.

3. L'économie

L'économie est sortie exsangue de la guerre civile et de la gestion pratiquée à la fin de la décennie 1970. L'agriculture qui occupe encore près de 85 % de la population active n'assure pas l'autosuffisance alimentaire ; les grandes cultures traditionnelles d'exportation (noix de cajou, coton, canne à sucre, maïs) ont considérablement souffert des conflits. La principale richesse du Mozambique demeure son potentiel hydroélectrique, avec la mise en service de plusieurs centrales sur les nombreux fleuves que compte le pays et, surtout, l'exploitation du barrage de Cabora Bassa construit sur le Zambèze en 1972. Longtemps la cible d'attentats durant la guerre civile, le réseau lié à ce gigantesque complexe hydroélectrique a été remis en état et peut désormais fonctionner à pleine capacité. La réhabilitation des lignes électriques permet d'exporter de l'électricité vers l'Afrique du Sud et le Zimbabwe voisins.

Les richesses du sous-sol restent en partie inexploitées. Le Mozambique dispose d'immenses réserves de gaz naturel et de charbon à coke, de bonne qualité, qui commence à être exploité. Les réserves de charbon sont estimées entre 25 et 30 milliards de tonnes, dont une grande part de bonne qualité. Ces réserves, situées dans la province de Tete, représentent 10 % des réserves mondiales. Les réserves de pétrole, off shore, sont estimées à 3 700 milliards de m3. Elles sont situées dans le bassin de Rovuma, dans le nord-est du pays. L'exploitation de ces immenses ressources est limitée par les faibles capacités du réseau électrique, du réseau ferroviaire et des ports. Elle se fait en partie grâce à l'aide internationale et s'établit sous la direction de grands groupes internationaux, qui construisent aussi les infrastructures.

Le pays possède aussi des gisements de sel, de mica, d'or et de pierres précieuses.

Tournée essentiellement vers la satisfaction du marché domestique, l'industrie commence peu à peu à se diversifier. Depuis la fin de la guerre civile, de grands projets industriels ont été mis en œuvre, notamment grâce à des capitaux australiens et sud-africains : construction d'une fonderie d'aluminium et d'une usine sidérurgique dans la région de Maputo, projet similaire dans la région de Beira, exploitation du gaz naturel offshore. Cette usine d'aluminium est le quatrième producteur mondial de ce métal. La bauxite est importée d'Australie, l'électricité d'Afrique du Sud et la production exportée en Europe. L'usine assure 7 % du produit intérieur brut, la moitié de la production industrielle et les deux tiers des recettes d'exportations du Mozambique.

Le Mozambique est sorti en 1992 de quinze années de guerre civile qui l'ont totalement ruiné et en ont fait l'un des pays les plus pauvres du monde. Très fortement aidé par les bailleurs de fonds internationaux, il enregistre depuis des résultats encourageants en matière de développement. L'aide internationale représente la moitié des investissements publics et concerne l'aide alimentaire, la lutte contre les maladies (sida et paludisme) et la construction des écoles et des hôpitaux. Bien que le produit intérieur brut soit en constante progression (7 % en moyenne par an), le pays continue de pâtir des erreurs du passé et des retards accumulés, ainsi que de périodes de sécheresse, avec un endettement élevé et un lourd déficit commercial. La réduction des déséquilibres régionaux entre le Sud plus dynamique et le reste du pays constitue l'un des principaux enjeux. L'urbanisation reste encore très limitée. Les villes principales (sauf Nampula) sont aussi des ports (Maputo, Beira, Quelimane).

HISTOIRE

1. Des origines à l'arrivée des Portugais

Dès le xe siècle, il existe un important commerce d'ivoire, et peut-être d'or, avec la région au sud des bouches du Zambèze, où les Arabes créeront ultérieurement le port de Sofala. Les royaumes Maravi, entre le lac Malawi et le Zambèze, semblent avoir été une confédération de petites chefferies avec des dynasties héréditaires. Les rois étaient les organisateurs du commerce intérieur et à longue distance. La découverte à Manekweni du site d'une capitale bâtie de pierres atteste la présence dans les terres basses du centre du pays d'une civilisation comparable à celle de Zimbabwe.

2. xve-xviie siècles

Le pays est déjà prospère lorsque arrivent les Portugais (Covilhã [1490] et Vasco de Gama [1498]), qui s'installent dans les ports, remontent le Zambèze jusqu'à Tete (1632) et éliminent les Arabes. Ils signalent (voyage d'António Fernandes de 1512 à 1516) l'existence, en arrière de Sofala, de divers royaumes shonas, comme le Kitewe (ou Quiteve), tributaire du Monomotapa, dont la capitale était située au sud de la vallée du Zambèze. Les commerçants portugais s'installent dans la basse vallée et s'y métissent.

Au cours du xviie siècle, la suprématie du Monomotapa s'estompe : le royaume Barwe émerge, et, surtout, le Butwa, sur le plateau rhodésien, devient une menace sérieuse. En 1684, son roi bat le Monomotapa et s'assure la suprématie sur tout le plateau du Zimbabwe et la zone productrice d'or. Les Portugais déplacent alors leurs installations au nord de l'embouchure du Zambèze. Le rôle des Arabes s'accroît dans le Nord, et le commerce des esclaves, par l'intermédiaire des Yaos, s'amplifie.

3. La domination portugaise

En 1752 les Portugais détachent leurs établissements de la côte du Mozambique de la colonie des Indes portugaises et installent un administrateur autonome. Avec les explorations de Serpa Pinto (1878-1879), ils tentent d'unir l'Angola au Mozambique, agrandi depuis 1875 de la région de la baie de Delagoa, en un empire unique transafricain, mais se heurtent à l'hostilité britannique. Les accords de 1886 et 1890 fixent les frontières avec les possessions allemandes, ceux de 1891 et 1893 avec les possessions britanniques. Anglais et Allemands, profitant des difficultés économiques de Lisbonne, projettent un partage qui n'aura finalement pas lieu. Les Portugais confient l'administration de Manica, Sofala et Beira à la Compagnie du Mozambique (1891-1942) et celle de la province du Nyassa à la Compagnie du Nyassa (1893-1929). En 1929, ils annexent le triangle de Kionga, pris aux possessions allemandes (1919).

Les colonisateurs essaient de tirer le maximum de profit du pays et d'y maintenir l'ordre. En 1942, les Portugais établissent à Lourenço Marques, devenue capitale en 1807, à côté du haut-commissaire, un conseil de gouvernement constitué de fonctionnaires et de membres élus. En 1951, le Mozambique devient « province portugaise » d'outre-mer, ce qui ne change pas grand-chose au sort des travailleurs, qui, depuis l'accord de 1909, vont dans les mines d'Afrique du Sud et de Rhodésie. En 1960, plus de 800 000 personnes sont encore soumises au régime du travail forcé sur les chantiers publics et les plantations de coton. La situation inférieure de fait des Africains entraîne des manifestations à diverses reprises (500 tués à Mueda en 1960), et des mouvements nationalistes se développent, avec l'appui des pays voisins, notamment la Tanzanie. La petite bourgeoisie « assimilée » et les paysans des coopératives agricoles se mobilisent les premiers.

4. L'indépendance

En 1962, Eduardo Mondlane crée, à Dar es-Salaam, le Frente de Libertação de Moçambique (FRELIMO), qui déclenche la lutte armée en septembre 1964 à partir du pays makondé dans le Nord. La réaction portugaise est sévère mais, dès 1965, le FRELIMO contrôle le cinquième du pays, obligeant le Portugal à envoyer des renforts militaires. Les clivages politiques au sein du FRELIMO aboutissent en 1969 à l'assassinat de Mondlane. Son successeur, Simango, ne parvient pas à préserver l'unité du mouvement. La ligne dure marxiste l'emporte avec la nomination à la tête du FRELIMO, en 1970, de Samora Moises Machel, qui repousse l'autonomie proposée la même année par le Portugal.

La « révolution des œillets » à Lisbonne (25 avril 1974) permet de trouver une solution politique à l'enlisement militaire des belligérants sur le terrain. Les accords de Lusaka (septembre 1974) organisent l'accession à l'indépendance du Mozambique, fixée au 25 juin 1975. S. Machel devient le premier président de la République populaire du Mozambique. De violentes manifestations d'extrémistes ruinent rapidement les espoirs de transition pacifique vers une société multiraciale. L'exode des populations européennes (200 000 départs) – principalement d'origine portugaise – s'accélère en 1975. Le Mozambican National Resistance (MNR) se replie en Rhodésie ségrégationniste où, fort du soutien de celle-ci et de l'Afrique du Sud de l'apartheid, il se transforme en Resistência Nacional Moçambicana (RENAMO) et entame une lutte armée contre le FRELIMO. Débute alors une longue guerre civile qui dure une quinzaine d'années.

4.1. Sur fond de guerre civile

Dès l'instauration de l'indépendance, le FRELIMO tente de transformer radicalement la société mozambicaine et d'y créer un « homme nouveau ». La « villagisation » vise à concilier traditions communautaires africaines et modernisation dans le cadre d'une nouvelle forme de « socialisme africain ». Le FRELIMO adhère officiellement au marxisme-léninisme et se présente comme un parti d'avant-garde révolutionnaire (1977). La situation de pénurie, les vagues de sécheresse et de famine, la guérilla anticommuniste menée par la RENAMO sur fond d'hostilité déclarée de l'Afrique du Sud, contraignent le FRELIMO à modifier sa politique. Une libéralisation de l'économie s'ébauche dès le début des années 1980 (adhésion au Fonds monétaire international [FMI], à la Banque mondiale et à la convention de Lomé en 1984). En mars 1984, S. Machel doit pactiser avec l'Afrique du Sud : celle-ci s'engage à ne plus soutenir la RENAMO en échange d'une renonciation par le FRELIMO à son appui à l'African National Congress (ANC) sud-africain. Cet accord n'étant pas respecté, la lutte se poursuit et, en septembre 1986, S. Machel disparaît dans un accident d'avion, aux origines restées mystérieuses.

Joaquim Alberto Chissano lui succède à la tête de l'État et s'engage résolument sur la voie de la libéralisation. La référence au marxisme-léninisme est abandonnée en juillet 1989. Une nouvelle Constitution, instaurant le multipartisme, est adoptée en novembre 1990. La République populaire du Mozambique est rebaptisée République du Mozambique. En novembre 1992, après plusieurs échecs, le président J. A. Chissano et le chef de la RENAMO, Afonso Dhlakama signent à Rome un accord de paix, sous l'égide des Nations unies. Il met un terme à une guerre civile responsable de la mort de près d'un million de Mozambicains, du déplacement de plusieurs millions de personnes et du délabrement de l'économie.

4.2. Une démocratisation fragile

La démobilisation prévue par les accords de 1992 s'opère lentement sous le contrôle des Nations unies qui veillent également au bon déroulement des premières élections pluralistes d'octobre 1994. À l'élection présidentielle, J. A. Chissano distance largement A. Dhlakama. Aux législatives, le FRELIMO l'emporte moins nettement (44 % contre 38 %). Outre le maintien de la paix civile, la tâche principale du gouvernement FRELIMO est de reconstruire une économie exsangue. Écartée de toute fonction gouvernementale, la RENAMO tente de se réorganiser et de tirer parti de son audience populaire. De vives tensions persistent, perturbant l'organisation et le déroulement des élections locales en juin 1998 (après avoir été plusieurs fois repoussées en 1997). La large victoire du parti au pouvoir (FRELIMO) doit être tempérée par l'important taux d'abstention et surtout le boycottage des partis d'opposition, notamment de la RENAMO. En décembre 1999, J. A. Chissano et son parti remportent une nouvelle fois les élections générales. Début 2000, le Mozambique est touché par de graves inondations. L'année 2002 voit le lancement d'un « Plan d'action de réduction de la pauvreté ». Ainsi qu'il l'avait annoncé, J. A. Chissano décide de ne pas briguer un troisième mandat et laisse le soin à son successeur, Armando Guebuza, de porter le FRELIMO à la victoire. Lors des élections générales des 1er et 2 décembre 2004, marquées par un faible taux de participation, A. Guebuza, ancien combattant de la guerre de libération contre le colonialisme portugais, est élu avec 63,7 % des suffrages contre 31,7 % à Afonso Dhlakama, chef de la RENAMO. Au sein de la nouvelle Assemblée, le FRELIMO dispose de 160 députés sur 250. Après être arrivé largement en tête aux élections d’octobre 2009, tandis que son parti obtient 191 sièges, le président sortant est reconduit dans ses fonctions.

Le début d'une démocratisation de la vie politique s'est accompagné d'un renforcement de l'aide internationale (plan triennal de la Banque mondiale, 1996-1998) et d'un allégement de la dette, près de 70 % de celle-ci ayant été annulés par le Club de Paris. Le Mozambique a adhéré au Commonwealth en novembre 1995, et il est membre fondateur de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) depuis juillet 1996.

Fort de ses importantes réserves de gaz, de sa production de charbon et du développement de ses infrastructures, le Mozambique connaît depuis le début des années 2000 une forte croissance économique qui conserve un rythme de 7 % à 8 % en 2013-2014, mais dont les fruits restent très inégalement répartis : en dépit des engagements de l’État, le taux de pauvreté n’a pas diminué, atteignant toujours plus de 50 % de la population.

Après être parvenu à un accord de paix avec la RENAMO mettant ainsi fin à deux ans d’hostilités larvées, le FRELIMO, bien qu’en recul, conserve le pouvoir à l’issue des élections d’octobre 2014 avec une majorité absolue de 144 députés. Son candidat, Filipe Nyusi, ministre de la Défense dans le gouvernement sortant, accède à la présidence de la République avec 57,3 % des suffrages devant A. Dhlakama (36,6 % des voix) et Daviz Simango, maire de Beira et candidat du Mouvement démocratique du Mozambique (MDM, 6,3 %). La RENAMO dénonce la fraude et demande l’annulation du scrutin, mais sa requête est jugée sans fondement par la Commission électorale. Le nouveau gouvernement entre en fonctions en janvier 2015.