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Swaziland

Nom officiel : royaume du Swaziland

Carton de situation - Swaziland
Drapeau du Swaziland
Drapeau du Swaziland

État d'Afrique australe, le Swaziland forme une enclave dans le territoire de l'Afrique du Sud ; il est frontalier du Mozambique à l'est.
Le Swaziland est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 17 363 km2
  • Nombre d'habitants : 1 250 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Swazi
  • Capitale : Mbabane
  • Langues : anglais et swazi
  • Monnaie : lilangeni
  • Chef de l'État : Mswati III
  • Chef du gouvernement : Barnabas Sibusiso Dlamini
  • Nature de l'État : monarchie
  • Constitution :
    • Entrée en vigueur : 8 février 2006
Pour en savoir plus : institutions du Swaziland

GÉOGRAPHIE

Ce pays enclavé, peuplé très majoritairement par l'ethnie swazi, est presque exclusivement agricole et dépend économiquement et financièrement de l'Afrique du Sud.

1. Relief et population

Le Swaziland, enclavé entre l'Afrique du Sud et le Mozambique, est l'un des derniers royaumes d'Afrique noire. On distingue trois régions naturelles dans ce pays de montagnes verdoyantes : à l'ouest, les croupes schisteuses du Haut Veld (Highveld) dont l'altitude oscille entre 900 et 1 800 m ; au centre, le Moyen Veld (Middleveld), granitique, entre 600 et 900 m ; à l'est, le Bas Veld (Lowveld), où domine la savane boisée sur des terres alluviales et basaltiques. L'altitude s'élève à nouveau à l'est du Bas Veld avec les monts Lebombo, qui culminent à près de 1 000 m et marquent la frontière avec le Mozambique. Les précipitations atteignent jusqu'à 2 000 mm par an dans le Haut Veld, pour tomber à 700 mm dans le Bas Veld. Plusieurs rivières, le Komati, l'Umbuluzi et la Grande Usutu, traversent le pays d'ouest en est, avant de rejoindre le Mozambique et de se jeter dans l'océan Indien.

Le pays est peuplé à plus de 90 % de Swazis, un peuple bantou apparenté aux Zoulous d'Afrique du Sud ; les Européens ne sont que quelques milliers. La moitié environ de la population, qui ne s'accroît plus, est concentrée dans le Moyen Veld, où la densité atteint 50 habitants par km2. L'espérance de vie à la naissance, 45 ans, est une des plus faibles du monde. Le sida touche plus d'un habitant sur quatre.

2. Une économie équilibrée

Ses ressources agricoles et ses richesses minières ont permis au Swaziland d'atteindre une relative prospérité, le produit national brut (P.N.B.) par habitant y étant l'un des plus élevés d'Afrique. Le secteur minier a vu la fermeture, pour cause de trop faible rentabilité, des mines de fer de Ngwenya puis, en 1992, de la mine d'amiante d'Havelock, ainsi que de celle de Mpaka, qui produisait du charbon. Une nouvelle mine d'anthracite a cependant été ouverte à Maloma et des gisements de diamants sont exploités.

L'agriculture reste marquée par les méthodes traditionnelles. On distingue les terres appartenant à la communauté, appelées Swazi Nation Land (SNL), dont les chefs traditionnels attribuent les parcelles aux paysans – elles produisent surtout du maïs et du coton –, et celles appartenant à des propriétaires privés (essentiellement des Européens et des Sud-Africains), qui cultivent la canne à sucre, des agrumes et des ananas. La SNL représente 56 % de la superficie du pays, mais fournit seulement 12 % de la production agricole totale ; quant aux plantations de pins et d'eucalyptus, qu'exploitent de grandes sociétés, elles s'étendent sur environ 100 000 hectares.

L'industrie s'est développée dans les années 1980 avec l'afflux de capitaux en provenance de l'Afrique du Sud, alors soumise à des sanctions économiques : le secteur industriel est pour l'essentiel constitué d'usines de pâte à papier (notamment celle d'Usutu), de conserveries de fruits et de filatures de coton. La balance commerciale est équilibrée. Le principal partenaire commercial du Swaziland est l'Afrique du Sud, à laquelle le lie une union douanière et monétaire.

HISTOIRE

Le groupe bantou des Amangwanes, proche des Zoulous, installé entre Natal et Mozambique, prend au xvie s. le nom de son roi Mswati. Contrôlé par les Zoulous à partir de 1820, le roi Sobhuza Ier (1815-1836) est remplacé par Mswati II, qui institue une armée permanente et entretient de bons rapports avec les Blancs, à qui il accorde de nombreuses concessions. D'abord sous le protectorat du Transvaal, le pays passe sous celui de la Grande-Bretagne après la guerre des Boers, et son administration est confiée au haut-commissaire en Afrique du Sud (1906), charge exercée à partir de 1961 par l'ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l'Afrique du Sud. Un conseil représentait les intérêts des Européens attirés dans le pays par les mines d'or, d'étain et d'amiante, et un Conseil national swazi ceux des autochtones. Un conseil législatif élu est institué en 1963 et l'autonomie interne est octroyée en 1967. Le parti royaliste, l'Imbokodvo National Movement, remporte la totalité des sièges à l'Assemblée législative. Son chef, Makhosini Dlamini, est nommé Premier ministre.

Le roi Sobhuza II proclame l'indépendance de son pays le 6 septembre 1968. Aux élections de 1972, l'Imbokodvo reste largement vainqueur mais le Ngwane National Liberatory Congress, principal parti d'opposition, hostile au rapprochement avec l'Afrique du Sud, remporte 3 sièges ; en avril 1973, Sobhuza II abolit la Constitution et interdit les partis politiques. En 1978, il remplace le Parlement par un réseau d'assemblées tribales (tinkhundla). Il meurt en 1982 et deux de ses veuves, les reines Dzeliwe et Ntombi, se disputent la régence. Ntombi est officiellement intronisée le 5 septembre 1983. Le 25 avril 1986, son fils, le prince héritier Makhosetive, accède au trône sous le nom de Mswati III.

Peu après son couronnement, le jeune souverain, soucieux de renouvellement, dissout le liqoqo, une assemblée coutumière composée de notables et chargée de conseiller le roi. Le Swaziland de Mswati III connaît une période agitée. Jusqu'en 1990, date de l'abolition de l'apartheid en Afrique du Sud, les services secrets sud-africains multiplient les raids de représailles contre les militants de l'African National Congress (ANC) qui ont trouvé refuge au Swaziland. Les années suivantes, le gouvernement doit faire face à une agitation sociale importante, marquée par plusieurs grèves, déclenchées par la Fédération des syndicats du Swaziland, et par l'apparition d'un parti d'opposition, le People's United Democratic Movement (PUDEMO). Le PUDEMO est un mouvement clandestin, le régime continuant d'interdire les partis politiques. En 1993 cependant, sont organisées des élections générales auxquelles ne peuvent se présenter que des candidats sans étiquette. Après de nouvelles grèves en 1995 et 1996, suivies d'arrestations de responsables syndicaux, une commission est mise sur pied pour réformer la Constitution. En 1997, plusieurs des membres de la commission – dont ceux appartenant au PUDEMO –, estimant qu'elle n'est pas représentative, s'en retirent. Les chefs d'États voisins, le président sud-africain Nelson Mandela en tête, expriment alors publiquement leur inquiétude face à la situation politique du Swaziland.

Le régime n'a pas évolué récemment, le roi, Mswati III, étant persuadé que la monarchie absolue est le meilleur gage de stabilité pour le pays. Ainsi les élections d'octobre 1998, comme celles d'octobre 2003, sont une nouvelle parodie de démocratie avec une multitude de candidats sans étiquette, dont la désignation est étroitement encadrée, pour le renouvellement d'un Parlement qui n'a aucun pouvoir. En février 2006, une nouvelle Constitution entre en vigueur qui, tout en reconnaissant la liberté d'association, n'autorise toujours pas expressément la participation des partis politiques aux élections. Un nouveau scrutin a ainsi lieu dans ce cadre, le 19 septembre 2008, en présence, pour la première fois, d'observateurs de la SADC (Southern Africa Development Community) qui le jugent malgré tout « libre et équitable ». Mais l'opposition, qui tente de se réorganiser depuis le mois d'août au sein du Swaziland United Democratic Front (SUDF) réunissant Églises, associations politiques et syndicats, est maintenue à l'écart de cette consultation qui reste sans effet sur la nature autocratique du régime. La réunion du Forum social sud-africain, qui devait se tenir dans le royaume les 16-18 octobre et à l'occasion de laquelle un appel à la démocratisation et au respect des droits civiques devait être lancé, est interdite par le pouvoir.