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Malawi

anciennement Nyassaland

Nom officiel : République du Malawi

Carton de situation - Malawi
Drapeau du Malawi
Drapeau du Malawi

État d'Afrique orientale, le Malawi est limité au nord par la Tanzanie, à l'est, au sud et au sud-ouest par le Mozambique et à l'ouest par la Zambie. Le Malawi est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 118 000 km2
  • Nombre d'habitants : 16 363 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Malawites
  • Capitale : Lilongwe
  • Langue : anglais
  • Monnaie : kwacha
  • Chef de l'État : Peter Mutharika
  • Chef du gouvernement : Peter Mutharika
  • Nature de l'État : république à régime présidentiel
  • Constitution :
    • Adoption : 16 mai 1994
    • Entrée en vigueur : 18 mai 1995
    • Révision : novembre 1998
Pour en savoir plus : institutions du Malawi

GÉOGRAPHIE

C'est un pays de hauts plateaux, presque exclusivement agricole, où le maïs constitue la base de l'alimentation. Le sucre, le thé et surtout le tabac assurent l'essentiel des exportations, toujours inférieures aux importations.

1. Le milieu naturel

Le Malawi, bordant, à l'ouest, le lac Malawi, s'allonge sur 900 km du nord au sud, mais n'est large que de 80 à 160 km. Dans le Nord et le Centre, des plateaux étagés jusqu'à 1 800-2 500 m d'altitude dominent le lac (plateaux de Nyika, de Vipya) ; ils se terminent par un escarpement de faille tombant parfois directement dans le lac ou dominant une plaine côtière. Au sud, le relief est plus compartimenté avec des horsts (plateau de Zomba, massif de Mulanje, qui atteint 3 000 m) et des fossés tectoniques : vallée drainée par la Shire, exutoire du lac Malawi, qui coule vers le Zambèze après avoir franchi des chutes, bassin du lac Chilwa. Le lac Malawi occupe aussi un fossé tectonique. Le climat est tropical avec une saison sèche de mai à octobre et un hivernage (saison des pluies) le reste de l'année. Les reliefs sont plus arrosés que les bassins ; ils reçoivent jusqu'à 3 m de pluies, alors que la vallée de la Shire est plus chaude mais plus sèche (moins de 700 mm de pluies). La savane boisée est la formation végétale la plus répandue.

2. La population

Le Malawi est peuplé d'agriculteurs bantous de tradition matrilinéaire. À ces populations locales (Chewas, Tumbukas, Chipetas, notamment) se sont d'abord ajoutés les Yaos, arrivés il y a plusieurs siècles, qui se sont mis au service des trafiquants d'esclaves après s'être convertis à l'islam, puis les Ngonis, un des groupes de guerriers zoulous qui se dispersèrent en Afrique australe au début du xixe s. Le pays compte environ 50 % de chrétiens et 30 % de musulmans. La densité de la population est importante (130 habitants par km2, inégalement répartis sur le territoire) et la croissance démographique soutenue (environ 2,8 % par an).

3. Une économie dominée par l'agriculture

Environ 90 % de la population active se consacre à l'agriculture – le tiers du produit intérieur brut (P.I.B.) et 90 % des exportations sont d'origine agricole. Ainsi, le taux d'urbanisation n'était que de 17 % en 2007. Le maïs constitue l'alimentation de base de la population, les cours d'eau et le lac Malawi fournissant du poisson (60 000 tonnes en 2005) tandis que l'élevage reste peu important : environ 750 000 bovins et 1,9 million de caprins en 2007. Les principales cultures offrant des débouchés commerciaux sont le tabac (120 000 tonnes en 2007), le thé (39 000 tonnes en 2007) et la canne à sucre (2,5 millions de tonnes produites en 2007) – le Malawi est le deuxième producteur africain de tabac (après le Zimbabwe) et de thé (après le Kenya). Tabac, thé et canne à sucre sont cultivés sur de grandes plantations privées, mais aussi sur de petites parcelles concédées dans le cadre de grands programmes d'aménagement rural, mis en œuvre dans les années 1970 et financés par l'aide étrangère, notamment dans la vallée de la Shire et à proximité de Lilongwe, la capitale. Ces petites exploitations produisent aussi une quantité importante de maïs (ainsi que des arachides, dont l'exportation a considérablement baissé).

Le sous-sol ne recèle pratiquement aucune ressource minière et l'industrie reste embryonnaire (cimenteries, textiles, brasseries, conserves, chaussures) : représentant 20 % de l'activité économique, elle est concentrée à Blantyre, la ville la plus importante du pays. Le commerce extérieur transite par les voies ferrées partant de Salima et aboutissant au Mozambique, à Beira et à Nacala (cette dernière ligne, la plus récente, a été construite avec l'aide financière de l'Afrique du Sud). La balance commerciale est régulièrement déficitaire. L'ex-président Banda a développé les relations économiques avec l'Afrique du Sud, qui est ainsi devenue le principal fournisseur du Malawi devant la Grande-Bretagne, le troisième partenaire commercial du pays étant actuellement le Japon. La dette extérieure s'est accrue de manière préoccupante, passant de 821 millions de dollars en 1980 à 3,1 milliards en 2005.

HISTOIRE

1. Avant la conquête britannique

Les alentours du lac Malawi sont occupés depuis des siècles par des populations bantoues (Nyanjas, Chewas, Tumbukas, etc.), qui subissent, à partir de 1840, les razzias des négriers zanzibarites, en même temps qu'elles sont soumises par les Ngonis, éleveurs chassés du Zoulouland par le roi Chaka.

Les Yaos, Bantous à la solde des Swahilis, installés aux confins Malawi-Mozambique, se font les intermédiaires des esclavagistes de la côte au détriment des Chewas et des Nyanjas. David Livingstone, qui découvre le lac Malawi en 1859, a décrit les ravages de la traite des Noirs dans le pays.

2. Le protectorat britannique

Des missionnaires presbytériens d'Écosse (Church of Scotland) s'établissent à Blantyre (1875) et à Livingstonia, suivis en 1878 par les marchands écossais de la Compagnie des lacs africains.

En 1889, l'administrateur anglais, H. H. Johnston, proclame le protectorat britannique sur les hauteurs de la Shire et empêche le Portugais Serpa Pinto de s'emparer du territoire. En 1891, le pays devient le protectorat de la British Central Africa, qui, en 1907, prend le nom de Nyassaland. La population, demeurée pourtant propriétaire de sa terre, sera tentée très tôt par le travail salarié dans les deux Rhodésies et en Afrique du Sud.

En 1953, la Grande-Bretagne décide de la constitution d'une fédération de Rhodésie et du Nyassaland. Le retour au Nyassaland en 1958 du Dr Hastings Banda, à la tête depuis 1951 du Nyassaland African National Congress (fondé en 1944) pour s'opposer au projet de fédération, radicalise les luttes destinées à obtenir l'indépendance.

À la suite des élections d'août 1961 (94 % des voix au parti d'Hastings Banda), la Grande-Bretagne accorde au Nyassaland (décembre 1962) le droit de se séparer des Rhodésies. Après avoir bénéficié en 1963 d'un statut de large autonomie, le pays reçoit l'indépendance en 1964 sous le nom de Malawi.

3. La République dictatoriale du Dr Banda

Le 6 juillet 1966, il devient une république sous la présidence du Dr Banda, tout en restant dans le Commonwealth. Le président se rapproche des pays sous domination blanche, le Mozambique (alors colonie portugaise), la Rhodésie de Ian Smith et, surtout, l'Afrique du Sud, dont il refuse de condamner la politique d'apartheid et où il effectue une visite en 1971. En contrepartie, Pretoria finance la construction de la nouvelle capitale, Lilongwe, inaugurée en 1975, et celle d'une nouvelle voie ferrée qui aboutit à Nacala, au Mozambique.

L'accession à l'indépendance du Mozambique, en 1975, puis de la Rhodésie, sous le nom de Zimbabwe, en 1980, isole le Malawi, qui devient l'unique allié de l'Afrique du Sud dans la région.

En politique intérieure, le Malawi reste soumis au régime du parti unique, le Malawi Congress Party (MCP), le pouvoir étant concentré entre les mains du président et de son entourage immédiat : Cecilia Kadzamira, « hôtesse officielle » de la présidence et son oncle John Tembo, gouverneur de la banque centrale. Le chef de l'État détient la quasi-totalité du capital de Press Holdings, un trust aux ramifications multiples qui domine l'économie du pays.

À partir de 1975, le pays soutient – au nom de l'anticommunisme – le mouvement rebelle mozambicain, la RENAMO – appuyée également par l'Afrique du Sud –, contre le régime marxisant de Maputo. Ainsi, le Malawi ne rejoint pas les pays opposés au régime d'apartheid sud-africain. Parallèlement, la politique intérieure du Malawi se durcit et le chef de l'État élimine les dirigeants de l'opposition en exil : Orton Chirwa, leader du Malawi Freedom Party (MAFREMO), est arrêté en décembre 1981 (il meurt en prison en 1992) et Attati Mpakati, dirigeant de la Socialist League of Malawi (LESOMA), est assassiné en 1983. Le caractère policier du régime s'accentue : en 1990, Amnesty International dénonce la pratique de la torture sur les détenus politiques dans les prisons.

4. La « démocratisation » du régime

4.1. Bakili Muluzi

Cependant, en 1993, la pression internationale contraint le président à rétablir le multipartisme et, en 1994, Bakili Muluzi, leader de l'United Democratic Front (UDF), remporte l'élection présidentielle devant le Dr Hastings Banda et le leader syndicaliste Chakufwa Chihana, dirigeant de l'Alliance for Democracy (AFORD).

L'ancien chef de l'État, âgé de plus de 90 ans, est traduit en justice pour meurtre, en même temps que Cecilia Kadzamira et John Tembo. Ils sont tous les trois accusés d'avoir camouflé en accident de la route, en 1983, l'assassinat du secrétaire général du MCP, Dick Matenje, potentiellement leur rival. Ils sont acquittés en 1995 (Hastings Banda mourra en 1997).

La coalition précédemment formée par l'UDF et l'AFORD éclate en 1955. En 1996, l'épiscopat catholique dénonce la corruption du nouveau régime, qui est loin d'avoir achevé la normalisation de la vie politique. En 1999, Bakili Muluzi est réélu face à une coalition d'opposition formée du MCP et de l'AFORD, et menée par Gwandaguluwe Chakuamba-Phiri.

En 2002, le pays affronte sa plus grave crise alimentaire depuis 40 ans : faute de pluie, la récolte de maïs a atteint à peine un quart de la production habituelle. À la sècheresse s'ajoutent une mauvaise gestion et surtout la corruption, puisqu'il s'avère, qu'en août 2003, 167 000 tonnes de maïs, dont 60 000 vendues au Kenya, ont été dilapidées. Par ailleurs, l'épidémie de sida frappe 15 % de la population adulte.

4.2. Bingu wa Mutharika

Après avoir échoué dans sa tentative d'introduire un amendement à la Constitution qui lui aurait permis de briguer un troisième mandat – une initiative qui contribue à ternir son image de démocrate –, le président Muluzi désigne dès 2003 Bingu wa Mutharika comme son candidat à la prochaine présidentielle. Au terme d'une campagne électorale sans incident, à l'exception de la dénonciation par l'opposition de la mainmise du pouvoir sur les médias d'État, les troisièmes élections (législatives et présidentielle) démocratiques après le départ du Dr. Banda en 1994 ont lieu le 20 mai 2004. Après plusieurs jours d'incertitude, Bingu wa Mutharika, le candidat du parti au pouvoir, est déclaré vainqueur par la Commission électorale, avec une faible marge devant J. Tembo, candidat du parti du MCP et Gwanda Chakuamba de la coalition Mgwirizano (Unité) regroupant sept partis d'opposition. La promulgation des résultats, contestés, provoque des émeutes.

À la suite de dissensions avec son parrain Bakili Muluzi (2005), Bingu wa Mutharika quitte l'UDF pour fonder son propre parti, le Democratic Progressive Party (DPP). Cet économiste engage les réformes nécessaires (assainissement des finances publiques, programme de subventions agicoles, lutte contre la corruption) pour favoriser la reprise de bonnes relations avec les bailleurs de fonds et le Fonds monétaire international (FMI) alors que la croissance du pays est pénalisée par les pénuries alimentaires, la hausse du prix du pétrole, une situation sanitaire désastreuse.

Après trois années consécutives de bonnes récoltes, le Malawi parvient à devenir exportateur de maïs et mise sur une diversification de ses produits d’exportation en dehors du tabac, première ressource commerciale du pays. Mais son enclavement, son manque d'infrastructures, la forte concurrence des principaux partenaires commerciaux de la région (notamment de l’Afrique du Sud) le rendent toujours fortement dépendant de l'aide internationale qui représente 40 % des recettes budgétaires.

En outre, la dérive autocratique du président Bingu wa Mutharika (facilement réélu en 2009 devant J. Tembo) et la détérioration de la situation sanitaire et sociale, alors que le Malawi avait atteint la sécurité alimentaire en 2008, deviennent préoccupantes. Après plusieurs années de forte croissance – près de 9 % en moyenne entre 2007 et 2010 –, l’économie du pays connaît un ralentissement alors que certains bailleurs de fonds suspendent leurs contributions à la suite de la répression brutale de manifestations contre les pénuries de carburant en juillet 2011.

4.3. Joyce Banda

À la suite du décès du président Bingu wa Mutharika survenu le 6 avril 2012, la vice-présidente Joyce Banda assure la présidence du Malawi jusqu'aux prochaines élections en 2014, conformément à la Constitution.

Dès son arrivée au pouvoir, la présidente resserre les relations entre le Malawi et le FMI en mettant en application plusieurs réformes exigées par celui-ci dont une dévaluation de 50 % de la monnaie. Mais en 2013, elle doit faire face à un retentissant scandale de détournement de fonds publics impliquant de nombreux fonctionnaires et responsables politiques qui se seraient ainsi enrichis au cours des dix dernières années. Cette affaire éclate alors que le budget de l’État dépend très largement de l’aide internationale et que les dépenses publiques dans la santé et l’éducation ont dû être réduites. Un important remaniement ministériel a lieu en octobre et des poursuites pénales sont engagées mais la crédibilité de J. Banda est sévèrement entamée.

4.4. Peter Mutharika

C’est donc en position de faiblesse que la présidente sortante aborde les échéances électorales de mai 2014. Reléguée à la troisième place avec environ 20 % des suffrages, elle doit finalement s’incliner après avoir tenté en vain d’obtenir l’annulation du scrutin pour fraudes. Son principal adversaire, Peter Mutharika (frère de l’ex-président) déjà soupçonné d’avoir tenté d’empêcher son accession à la tête de l’État en 2012, l’emporte avec 36,4 % des voix avant d’être investi le 2 juin.