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Charles II

Charles II
Charles II

(Londres 1630-Londres 1685), roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande (1660-1685), deuxième fils de Charles Ier et d'Henriette-Marie de France.

Il prend part à la guerre civile, mais les défaites royales l'obligent à fuir à Paris, où il rejoint sa mère (1646). Après l'exécution de son père (1649), il débarque en Écosse, pays hostile à Cromwell, et obtient son ralliement moyennant la reconnaissance du Covenant presbytérien et l'abandon des « cavaliers » écossais. Il est couronné à Scone en janvier 1651, mais, en septembre, la victoire de Cromwell à Worcester le contraint à un nouvel exil sur le continent.

Il mène alors en France, puis aux Pays-Bas, une existence difficile. Le conflit entre l'armée et le Parlement, en 1659, lui donne sa chance et, tirant la leçon des négociations entreprises discrètement avec les principales personnalités puritaines anglaises, il publie en avril 1660 la déclaration de Breda, qui promet une amnistie générale, la liberté de conscience et le paiement des arriérés dus à l'armée. En mai, grâce au ralliement de Monk, le maître de la situation, la Restauration des Stuarts est effective. Le ministère de Clarendon (1660-1667) et celui qui est connu sous le surnom de « Cabal » (1667-1673) témoignent d'hésitations dans la recherche d'une ligne politique. Au cours de cette période, Charles II cherche à défendre sa prérogative contre un Parlement décidé à maintenir à son profit les conquêtes de la révolution. Malgré l'enthousiasme populaire qui a éclaté à la Restauration, malgré la magnifique dot apportée par Catherine de Bragance, qu'il épouse en 1662, Charles II rencontre tout de suite des difficultés : son impécuniosité d'abord, à laquelle un Parlement jaloux de son pouvoir ne voudra jamais remédier complètement ; la rigueur anglicane de ce Parlement, qui s'oppose à la politique royale de tolérance et qui oblige à remplacer la Déclaration d'indulgence (1662 et 1672) par le bill du Test (1673) ; les luttes de factions dans les milieux gouvernementaux, ruinant d'abord Clarendon, puis faisant disparaître la « Cabal » ; la terrible épidémie de peste qui ravage l'Angleterre en 1665 et l'incendie qui anéantit Londres en 1666.

Mais ce sont les vicissitudes de la politique extérieure qui contribuent le plus à causer des tensions. Maintenant l'héritage maritime du Commonwealth, le gouvernement anglais est entraîné en 1665 dans une guerre contre les Provinces-Unies, soutenue d'abord avec succès, mais qui s'achève en 1667 dans la confusion (→ paix de Breda).

Charles II, qui a longtemps manœuvré entre l'Espagne, la France et les Provinces-Unies à la recherche d'un équilibre, se laisse ensuite attirer par la France, source possible de subsides. Le 1er juin 1670, il signe avec Louis XIV le traité secret de Douvres, qui comporte des clauses en faveur du catholicisme. L'opinion anglaise s'alarme et détourne vers les Français son ancienne animosité contre les Hollandais. Aussi, quand une nouvelle guerre éclate contre les Provinces-Unies en 1672 (→ guerre de Hollande), l'opinion ne manifeste plus aucun enthousiasme, et l'Angleterre doit signer une paix séparée en 1674.

Le royaume semble approcher de l'état d'équilibre recherché pendant le ministère de Thomas Osborne, comte de Danby (1674-1679). Charles II doit accepter de voir son ministre maintenir une certaine indépendance et chercher la base de son pouvoir dans le Parlement. Le rôle politique de celui-ci, porte-parole de l'opinion, se précise. Des embryons de partis apparaissent : « parti de la Cour », autour du ministère, et, en opposition, « parti du Pays », animé par Shaftesbury, tandis que l'organisation et le contrôle des finances progressent. Un autre élément d'équilibre apparaît à l'extérieur dans le mariage de la nièce de Charles II, Marie Stuart, avec Guillaume d'Orange (1677). Mais en 1678 éclate l'affaire Oates. Les révélations calomnieuses de cet aventurier sur le « complot papiste », dans lequel seraient impliqués la reine et le duc d'York, secouent toute l'Angleterre. La psychose du complot, balayant Danby, entraîne une violente réaction protestante, devant laquelle le roi doit plier. La méfiance renaissante envers la monarchie inspire en 1679 la loi d'habeas corpus. L'opposition concentre ses attaques surtout sur le duc d'York, catholique et héritier présomptif du trône (→ Jacques II). En 1679, puis encore en 1680, les Communes présentent un « Bill d'exclusion », tandis que Shaftesbury intrigue avec un fils naturel de Charles II, Monmouth, pour assurer la succession à ce dernier. Mais les excès des groupes d'opposition, l'atmosphère de guerre civile qu'ils ont créée font reculer la majorité des Anglais, et Charles II peut sans difficulté dissoudre son dernier Parlement en 1681. La découverte du complot de Rye House, en 1683, accentue le revirement de l'opinion, et Jacques d'York a repris sa place légale lorsque Charles II meurt (1685), confessant la foi catholique.

Charles II a été un roi populaire. Attiré par les sciences, ce libertin sceptique et désabusé, qui eut nombre de maîtresses, est le prototype du « roué ». Son règne comporte des aspects positifs : progrès législatifs, développement maritime, commercial et colonial de l'Angleterre (sa prospérité est aussi celle de classes moyennes en plein essor), fondation de la Société royale de Londres en 1662, etc.

Pour en savoir plus, voir l'article Grande-Bretagne : histoire,