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anglicanisme

Henri VIII
Henri VIII

Doctrine, principes et institutions de l'Église officielle d'Angleterre.

Constituant une voie moyenne entre le catholicisme et le protestantisme, l'anglicanisme comprend, outre l'Église officielle d'Angleterre, les Églises dites « épiscopaliennes » établies principalement en Afrique du Sud, en Australie, au Canada et aux États-Unis.

La réforme d'Henri VIII

Le mouvement réformateur de Luther et de Calvin trouve en Angleterre un terrain favorable, d'une part grâce à l'influence qu'avait eue dans ce pays John Wycliffe, hostile à la papauté et condamné après sa mort comme hérétique par le concile de Constance (1415), d'autre part en raison des convictions personnelles d'Henri VIII, qui règne de 1509 à 1547.

Ce roi, initialement opposé à Luther, souhaite cependant sincèrement le retour de l'Église à ses sources évangéliques. En réalité, la séparation d'avec Rome se produit lorsque le roi, désirant épouser Anne Boleyn et n'ayant pu obtenir du pape Clément VII l'annulation de son mariage, fait bénir sa nouvelle union par Thomas Cranmer, qu'il vient de nommer, pour la circonstance, archevêque de Canterbury.

Excommunié, Henri VIII fait voter par son Parlement l'Acte de suprématie (1534), qui l'institue chef suprême de l'Église d'Angleterre. Tout en poursuivant ceux qui s'opposent à son entreprise schismatique (notamment Thomas More, son ancien chancelier et ami, ainsi que John Fisher), il maintient la hiérarchie et la doctrine catholiques (Bill des six articles, 1539).

L'enracinement de l'Église anglicane

C'est sous le règne d'Édouard VI que l'Église d'Angleterre s'engage dans une voie qui la rapproche du protestantisme, avec une confession de foi d'inspiration calviniste et l'adoption d'une liturgie en langue anglaise (Book of Common Prayer, 1549 et 1552).

Marie Tudor, reine de 1553 à 1558, s'efforce de restaurer le catholicisme, mais le sang qu'elle fait couler sera fatal à son œuvre. Élisabeth Ire, qui lui succède, sera la véritable instauratrice de l'Église anglicane. Avec ses Actes de suprématie et d'uniformité (1559) et surtout avec les Trente-Neuf Articles de religion (1563), elle parvient à trouver une voie moyenne reposant sur l'autorité suprême (sauf en matière doctrinale) du souverain, sur une hiérarchie et une liturgie de type catholique et sur des dogmes d'inspiration calviniste, bien qu'opposés à la prédestination.

Cette forme de compromis se heurte aux critiques du mouvement puritain. Pourtant, celui-ci ne souhaite pas dans sa majorité se séparer de l'Église d'État, laquelle se montre elle-même tolérante à l'égard des tendances calvinistes jusque vers 1620. À cette date, en effet, l'intransigeance du parti arminien (qui revendiquait la suprématie du pouvoir civil sur les ecclésiastiques) rompt l'unité protestante, ce qui favorise l'absolutisme de Charles Ier et, par là, le déclenchement de la guerre civile. Pendant l'interrègne (1648-1660) se développent les non-conformismes.

Pour en savoir plus, voir l'article puritanisme.

Le consensus du xviiie siècle

La restauration de 1660 rétablit l'Église d'Angleterre en privant les dissidents de la liberté de culte et de tout droit civil et politique ainsi qu'en définissant l'anglicanisme comme distinct des autres protestantismes. Mais la révolution de 1689, chassant le catholique Jacques II, donne par l'Acte de tolérance la liberté de conscience à tous les protestants en accordant aux anglicans le monopole en matière politique.

Ainsi s'instaure au xviiie siècle un consensus quant aux croyances essentielles, tandis que la High Church insiste sur le rôle de l'Église dans le salut et la Low Church sur une religion plus intérieure.

Par ailleurs, à partir de 1740 s'affirme un courant de « réveil » qui met l'accent sur la conversion personnelle à une foi plus sensible et débouche sur le méthodisme. Celui-ci se sépare de l'Église officielle en 1795.

La communion anglicane dans le monde

On dénombre environ 28 millions de fidèles en Angleterre et 34 millions en d'autres régions (Églises épiscopaliennes d'Écosse, d'Irlande, du pays de Galles, des États-Unis et des pays du Commonwealth).

Le souverain britannique demeure le chef de la communion anglicane et nomme les 44 évêques diocésains, mais c'est l'archevêque de Canterbury qui en a la primauté spirituelle ; depuis 1867, les évêques se réunissent tous les dix ans dans le cadre de la conférence de Lambeth.

Les prêtres et les évêques peuvent se marier, même après leur ordination (sacerdotale ou épiscopale) ; l'ordination des femmes est un problème qui a longtemps divisé le monde anglican (d'abord admise par les Églises des États-Unis, du Canada et de Nouvelle-Zélande, elle l'a été finalement en 1992 par l'Église d'Angleterre, en attendant une ratification du Parlement, puis par l'Église d'Australie) ; les ordres religieux, supprimés au xvie siècle, ont peu à peu réapparu à partir du xixe siècle.

L'Église catholique refuse de reconnaître la validité des ordinations épiscopales célébrées au xvie siècle ; elle a également désapprouvé l'ordination des femmes.