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Singapour

en anglais Singapore

Nom officiel : République de Singapour

Carton de situation - Singapour
Drapeau de Singapour
Drapeau de Singapour

État insulaire d'Asie du Sud-Est, Singapour est formé d'une île principale et de près d'une soixantaine de petites îles, situées sur le détroit de Singapour, entre le détroit de Malacca et la mer de Chine méridionale. L'île principale, où se trouve la capitale, Singapour, est située à l'extrémité méridionale de la péninsule malaise, dont elle est séparée par le détroit de Johore.
Singapour est membre du Commonwealth.

  • Superficie : 618 km2
  • Nombre d'habitants : 5 412 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Singapouriens
  • Capitale : Singapour
  • Langues : anglais, chinois, malais et tamoul
  • Monnaie : dollar de Singapour
  • Chef de l'État : Tony Tan Keng Yam
  • Chef du gouvernement : Lee Hsien Loong
  • Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
  • Constitution :
    • Entrée en vigueur : 9 juin 1959
    • Révisions : septembre 1963, janvier 1991, novembre 1996
Pour en savoir plus : institutions de Singapour

GÉOGRAPHIE

1. Le milieu

L'île principale est un plateau granitique vallonné, culminant à 170 m d'altitude (Bukit Timah), entouré de basses terres autrefois marécageuses (plaine de Jurong, à l'ouest, plaine de la Kallang, à l'est). Le climat est équatorial, chaud et humide (2 400 mm de précipitations par an, avec un maximum de pluviosité en décembre). Le port de Singapour s'est développé sur la côte méridionale. Un viaduc routier et ferroviaire ainsi qu'un aqueduc assurant la moitié de l'alimentation en eau relient l'île à la péninsule malaise.

L'ancienne cité, établie au S. de l'île sur la rivière de Singapour, s'est étendue jusqu'à former une zone urbanisée couvrant 35 % de l'île. Les anciens quartiers asiatiques, complètement rasés, ont fait place à une ville moderne (grands ensembles d'habitations, quartiers industriels, comme Jurong), qui se distingue par sa propreté impeccable et son hygiène (suppression totale des moustiques). L'économie repose principalement sur le secteur tertiaire : Singapour est le centre des affaires et du commerce de l'Asie du Sud-Est, un grand centre financier, le marché des asiadollars.

2. La population

Chinoise à 78 %, la population de Singapour comprend également 15 % de Malais et 7 % d'Indiens. La densité moyenne est l'une des plus fortes du monde : 5 840 habitants par km2. Il existe quatre langues officielles : l'anglais (administration), le mandarin, le malais et le tamoul. Dès sa fondation (1819), Singapour a été un centre d'immigration cosmopolite qui s'est rapidement sinisé : 20 % de Chinois en 1821 contre 75 % un siècle plus tard. Dans les années 1950, l'accroissement démographique était encore très fort (4,4 % par an en moyenne). L'immigration est aujourd'hui pratiquement stoppée (les travailleurs étrangers ne reçoivent plus désormais que des permis de séjour temporaires) et la population ne s'accroît plus que de 1 % par an. Une politique active de limitation des naissances a réduit la croissance naturelle. D'autres facteurs ont contribué à cette baisse de la natalité comme un meilleur accès à l'éducation (taux d'alphabétisation : 92 %) et aux services de santé (ces deux secteurs sont subventionnés par l'État) et un niveau de vie élevé.

Planifié par le gouvernement, le remaniement des infrastructures de l'île a donné lieu à d'importants travaux d'aménagement avec des quartiers urbains rasés puis reconstruits, des terres gagnées sur la mer par poldérisation et endiguement des estuaires, la création de villes nouvelles et de zones industrielles, l'assainissement de l'environnement et le maintien d'espaces verts. Associé à une politique sociale du logement efficace, il a modifié la répartition de la population, avec une urbanisation plus étalée.

3. L'économie

Jusqu'à la fin des années 1950, profitant de sa situation stratégique sur le détroit de Malacca et de ses qualités portuaires, l'île avait une économie dominée par le commerce d'entrepôt et les activités liées aux bases navale et aériennes britanniques. La séparation avec la Malaisie, en 1965, et le départ des Britanniques, en 1971, ont bouleversé cette organisation. Le gouvernement mit alors en œuvre une politique d'industrialisation accélérée à travers des institutions comme l'Economic Development Board (EDB, 1961) ou la Jurong Town Corporation (qui gère les zones industrielles), et des entreprises d'État (pétrole, chantiers navals, aciérie, agroalimentaire, industrie du bois, électronique). Spécialisée dans un premier temps dans les industries de main-d'œuvre, l'activité industrielle a ensuite évolué vers la fabrication de produits d'exportation à forte valeur ajoutée susceptibles d'attirer les capitaux étrangers. Les années 1970 virent ainsi le développement de nouvelles industries : raffineries, pétrochimie, constructions et réparations navales.

Depuis les années 1980, ce sont les technologies avancées (réparation d'avions, informatique, électronique) et enfin les services de pointe, qui dominent l'économie. Le port de Singapour, riche de cinq terminaux spécialisés, est le deuxième du monde, derrière celui de Shanghai, avec un trafic de 530 Mt en 2011. Réputée pour son efficacité et sa compétence, Singapour est devenue une grande place commerciale et financière non seulement régionale, mais aussi internationale (la valeur de son commerce extérieur est trois fois supérieure au produit intérieur brut). Elle est également un important centre touristique, avec plus de 9 millions de visiteurs en 2010. Ses principaux partenaires commerciaux sont les États-Unis, le Japon, la Malaisie et l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), sans oublier l'Europe. Son intégration accrue au sein de son aire régionale a été marquée par la création, en 1991, d'un « triangle de croissance » l'associant à l'Indonésie (Riau) et à la Malaisie (Johore) qui lui fournissent espace et main-d'œuvre, et par une politique d'investissements régionaux.

HISTOIRE

1. Les origines

Singapour (ou « Cité du Lion ») fut autrefois un port prospère sous le nom de Tumasik. Sa position sur le détroit de Malacca lui valut d'être occupée par les Cola d'Inde du Sud (début du xie siècle), avant d'être victime de la rivalité du royaume thaï d'Ayuthia et de l'Empire javanais de Majapahit (fin du xive siècle).

Devenue possession du sultanat de Johore, l'île, presque inhabitée, est cédée en 1819 au Britannique Thomas Stamford Raffles pour la Compagnie des Indes orientales qui y fonde un comptoir sur la route reliant Calcutta à Canton.

2. La colonie anglaise

En 1824, les Pays-Bas reconnaissent la souveraineté britannique. T. S. Raffles en donnant à Singapour le statut de port libre, encourage l'immigration et la colonisation se développe rapidement. Singapour, dont la population est essentiellement chinoise, devient le principal port de commerce et d'entrepôt de la région, rôle qui s'accroîtra encore avec l'ouverture du canal de Suez. En 1830, Penang, Malacca et Singapour sont réunis sous le nom de Straits Settlements (Établissements des Détroits) ; la ville, dont l'essor a été spectaculaire notamment grâce à son port, devient en 1832 la résidence du gouverneur.

L'île est devenue pour le Royaume-Uni à la fois une place forte économique et une forteresse commandant l'accès à l'Extrême-Orient ; c'est aussi par Singapour qu'arrivent en Malaisie les émigrants chinois. Mais les fortifications britanniques ne suffiront pas à arrêter les troupes japonaises, qui ont débarqué en Malaisie le 8 décembre 1941. L'île capitule le 15 février 1942 après une semaine de combats, et restera occupée jusqu'au retour des Anglais, en septembre 1945.

3. Vers l'indépendance

En 1946, Singapour est érigée en colonie distincte. Les Chinois boycottent les premières élections au Conseil législatif (1948). Les élections de 1955 au nouveau Conseil voient la victoire du Labour Front (Front travailliste) de David Marshall.

En 1959, l'autonomie interne et le suffrage universel entrent en vigueur, et le parti d'Action populaire (PAP) remporte les élections ; son chef, l'avocat Lee Kuan Yew, devient Premier ministre. En 1961, l'aile gauche du PAP, procommuniste, fait scission et forme le Barisan Sosialis. Craignant que l'île indépendante mène une politique trop à gauche, la Malaisie propose, en 1961, une Fédération incluant, outre Singapour, les territoires britanniques de Bornéo. Approuvée par référendum à Singapour en septembre 1962, la fusion devient effective le 16 septembre 1963 mais provoque de la part de l'Indonésie une « confrontation » qui durera jusqu'à la chute de Sukarno (1966). Très vite les choses se gâtent entre Singapour, qui souhaite un marché commun malaisien et un système politique égalitaire entre Malais et non-Malais (une « Malaisie malaisienne »), et Kuala Lumpur, avant tout soucieuse de préserver un équilibre ethnique et politique favorable aux Malais. Les élections de 1964 cristallisent cette opposition et des émeutes raciales éclatent à Singapour. Finalement, contrainte de quitter la Fédération, l'île proclame son indépendance le 9 août 1965.

4. Le gouvernement de Lee Kuan Yew

Lee Kuan Yew prône une rugged society (littéralement « société rude »), caractérisée par l'effort et où il n'y a guère de place pour l'opposition. Ainsi, en dépit de votes d'opposition atteignant de 25 à 30 %, le PAP.remportera tous les sièges aux élections de 1968, 1972, 1976 et 1980, devenant un parti unique de fait. Régulièrement ont lieu des arrestations d'opposants, suspectés de communisme, détenus ensuite sans jugement, parfois des années, ou contraints à des confessions publiques ; la plupart seront libérés vers 1980. En 1976, le PAP se retire de l'Internationale socialiste, qui s'apprêtait à condamner ses méthodes « antidémocratiques ». En 1981, le syndicaliste C. V. Devan Nair est nommé au poste, honorifique, de président de la République, après la mort de Benjamin H. Sheares, qui avait lui-même succédé en 1971 à Yusof bin Ishak. Le secrétaire général du parti des Travailleurs (centre gauche), J. B. Jeyaretnam, est le premier parlementaire d'opposition depuis 1968 à siéger au Parlement (1981-1986).

Les élections de 1984 sont marquées par un certain recul du PAP, l'opposition obtenant 2 sièges. En 1985, Wee Kim Wee remplace le président C. V. Devan Nair, démissionnaire. Les élections générales de 1988 confirment la suprématie du PAP, qui obtient 80 sièges sur les 81 à pourvoir. En novembre 1990, Lee Kuan Yew, après 31 ans de pouvoir qui ont fait de l'île-État un dragon asiatique, cède la direction du gouvernement à son vice-Premier ministre, Goh Chok Tong. Nommé ministre senior tout en restant secrétaire général du PAP, Lee Kuan Yew conserve beaucoup d'influence.

5. Le gouvernement Goh Chok Tong

Le nouveau Premier ministre, technocrate depuis 15 ans au gouvernement, va suivre la même politique, un peu assouplie. Il a comme vice-Premier ministre, le général Lee Hsien Loong, fils de Lee Kuan Yew, considéré comme son successeur à plus ou moins brève échéance. Il est toutefois momentanément écarté pour des raisons de santé, et Goh Chok Tong, devenu secrétaire général du PAP.en 1992, renforce sa position malgré le « mauvais » résultat des élections anticipées de 1991 où le PAP.n'obtient que 77 sièges.

En 1993, Ong Teng Cheong est élu – pour la première fois au suffrage universel – président de la République. Un remaniement ministériel permet à Lee Hsien Loong, rétabli, de coordonner les ministères du Commerce, de l'Industrie et de la Défense. Le pouvoir utilise les actions en justice au coût ruineux, aussi bien contre ses opposants (Tang Liang Hong, J. Jeyaretnam) qu'en moyen de censure contre les observateurs étrangers. Le succès du PAP aux élections de janvier 1997 (81 sièges sur 83) est salué comme un vote de confiance par Goh Chok Tong, qui réagit à la crise financière asiatique avec détermination, réussissant à maintenir une certaine confiance chez les investisseurs. En 1999, S. R. Nathan succède à Ong Teng Cheong à la présidence de la République ; le comité électoral ayant estimé qu'il était le seul candidat qualifié pour se présenter à l'élection, le scrutin prévu a été annulé. Il est renommé en 2005 dans les mêmes conditions. Aux élections de 2001, le PAP maintient sa domination avec 82 sièges sur 84. Le député d'opposition, J. B. Jeyaretnam, est contraint de renoncer à son siège en 2003 : victime de poursuites judiciaires pour diffamation intentées par l'État (pratique courante contre l'opposition), il a été acculé à la faillite. De 2001 à 2003, la récession internationale fait baisser les exportations de produits électroniques, ce qui entraîne une chute du taux de croissance tandis que le chômage augmente. À quoi vient s'ajouter l'épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) : Singapour est le quatrième pays le plus touché en Asie ; sa réaction énergique et transparente lui vaut les félicitations de l'OMS

6. Le gouvernement de Lee Hsien Loong

Dans ce contexte morose, Goh Chok Tong annonce en août 2003 qu'il abandonnera la direction du gouvernement dès que l'économie sera rétablie. C'est chose faite en août 2004. Comme prévu, son successeur est le fils aîné de Lee Kuan Yew, Lee Hsien Loong, général de brigade, diplômé de Cambridge et de Harvard, qui était vice-Premier ministre et qui garde les Finances. Signe de continuité, Lee Kuan Yew reste dans le gouvernement comme ministre mentor, tandis que Goh Chok Tong y devient ministre senior. Moins populaire que son prédécesseur, Lee Hsien Loong trouve une économie rétablie et bénéficie d'un réseau familial puissant : sa femme Ho Ching dirige Temasek, la holding publique qui contrôle Singapore Airlines, Singapore Telecom, la Development Bank of Singapore et Singapore Technologies, et investit chez les voisins asiatiques (Inde, Indonésie, Malaisie, Corée du Sud, Thaïlande, Australie). Lee Hsien Loong entend « refaire Singapour » pour le xxie siècle. Il s'agit d'ouvrir la société, d'encourager une natalité en baisse pour lutter contre le vieillissement, de développer dans l'éducation l'esprit d'entreprise et la créativité, d'assouplir une économie très réglementée et dominée par l'État. Plusieurs avancées ponctuelles illustrent cette volonté de libéralisation : autorisation de bars dansants, ouverture de casinos, commercialisation du chewing-gum thérapeutique (interdit à la vente par Lee Kuan Yew), fin de l'interdiction pour les homosexuels de travailler dans la fonction publique.

Les élections de mai 2011 semblent marquer un début d’essoufflement pour le PAP qui ne remporte « que » 60 % des voix, contre plus de 75 % au scrutin précédent de 2006. Si le parti au pouvoir depuis l’indépendance conserve 81 sièges sur les 87 à pourvoir au scrutin direct, le parti des Travailleurs réalise le meilleur score pour une formation de l’opposition depuis 1965, alors que le gouvernement a dû répondre aux mécontentements suscités par la hausse du coût de la vie et du logement, les inégalités de revenus ainsi que l’afflux d’immigrés.

Autres signes de changement, Lee Kuan Yew (87 ans, décédera en 2015) décide de démissionner de son poste de ministre mentor pour laisser le champ libre à une nouvelle génération de dirigeants. Tony Tan Keng Yam, ancien membre du PAP, est élu de justesse à la présidence à l’issue d’une élection à laquelle se présentaient pour la première fois quatre candidats. À la suite d'élections partielles en 2013, le parti des Travailleurs compte 7 députés, le PAP 80.

7. Politique étrangère

Au plan diplomatique, Singapour s'efforce d'entretenir de bonnes relations avec ses voisins malais sans toujours y réussir.

L'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), créée en 1967, a favorisé la résolution pacifique des conflits. Farouchement anti-communiste, Singapour est à l'avant-garde des pays de l'ASEAN pour s'opposer à l'occupation du Cambodge par Hanoi entre 1979 et 1989. Il est, par la suite, le premier à développer des échanges commerciaux avec le Viêt Nam et la Chine, avec laquelle il établit des relations diplomatiques en 1990. Il favorise les négociations entre Taïwan et Pékin. Partisan de l'élargissement de l'ASEAN, il investit en Birmanie. Il se fait le champion de la libéralisation commerciale matérialisée par le projet AFTA (ASEAN Free Trade Area, 1992), ainsi que des « valeurs asiatiques » (famille, travail, consensus). Non-aligné mais pro-occidental, Singapour, soucieux de la sécurité régionale, est membre de l'accord de défense à cinq (1971) avec la Malaisie, le Royaume-Uni, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, et s'est montré prêt à accorder des facilités militaires aux États-Unis, privés de leurs bases aux Philippines après 1992. Il développe également sa capacité de défense (jusqu'en 1973, avec l'aide d'Israël).

Après les attentats du 11 septembre 2001, Singapour s'associe énergiquement à la lutte antiterroriste : dès la fin 2001, des arrestations visent à démanteler des cellules locales de la Jemaah Islamyah préparant des attentats contre des cibles américaines. Opposés au terrorisme, les musulmans singapouriens – qui représentent 15 % de la population – désapprouvent la guerre américaine en Iraq et regrettent l'alignement des autorités singapouriennes sur les États-Unis. L'île-État tente de se protéger par tous les moyens : conseillers israéliens, coopération bilatérale avec les voisins « à risque » tels que l'Indonésie ou les Philippines, mesures sécuritaires sur l'ensemble du territoire et ses abords, dont le très fréquenté détroit de Malacca.